P1ERR£ DE SAINT-MARTIAL, EN
A peine Raymond de GiuUiac fut-il promu au cardinalat par Oémeol VI qu'il donna la démission de son siège. U ne gai lia i archevêché de Toulouse que cinq années, et eut pour successeur Etienne Aldobraadini ou d*Aldebert, évèque de Saint-Pons et archevêque d'Arles. Le caidiiiai de Canillac fut créé plus lard évéque de Palestrine et mourut à Avignon en 1575.
Jacques de Bourlx)n comte de la Marche lut nonuné par le loi capitaine général de tout le Languedoc. Il exerçait cette charge en 1350. Au commeucemeut de cette année, les Anglais, ayant violé la trêve, s'avancèrent jusqu'aux portes de Toulouse ; ce qui engagea le prince à ordonner que tous les chefs de famille de la viguerie de Toulouse se rendissent en armes à Moissac le 26 janvier, pour résister à leurs entreprises. Le roi , de son côté, donna commission au prieur de Saint-Martin-desi-Champs de Paris et a Guillaume Balbet de se rendre à Toulouse pour y recueillir l'argent destiné à la garde du pays, li leur donna de plus le pouvoir d'accorder des rémissions pour toute sorte de crimes, d'anoblir et de légitimer moyeuuaiit Iluau-
TEMPS hNTËRMKUlAlllK».
ce. Ce fat là un des derniers actes du règne de Philippe de Valois, qui mourut à Nogeot-le-Rotrou au mois d'août suivant. La ville de Revel dans le Lauraguais doit son crigiûe à ce prince, qui éleva une bastide dans ce lieu, véritable désert où se retiraient auparavant les malfaiteurs. Une cité se forma insensiblement autour de cette bastide, • et elle se trouva bientôt peuplée par trois mille habitants, auxquels Philippe de Valois accorda de grands privilèges. Il nomma commissaire pour cette fondation Guillaume Flotte seigueur de Revel, qui donna son nom à la nouvelle ville. ^
Notre chroniqueur Rardin rapporte qu en 1550, le roi Jean se trouvant à Villeneuve-d*Avignon, on lui donna un tournoi , et que le vicaire général de Tarchevêque de Tou- ^ louse se présenta devant lui pour se plaindre des horribles traitements que les supérieurs des moines faisaient subir à leurs religieux en les jetant dans une prison perpétuelle appelée le Vade m pace, où ils étaient au pain et k Teau, sans autre secours. Le roi ordonna que tous les abbés, prieurs et gouverneurs des monastères visiteraient deux fois par mois ces religieux, et leur donneraient un compagnon de temps à autre. Il confia l'exécution de cette ordonnance à Olivier de Laya, sénéchal de Toulouse, et à ses successeurs. Les frères mineurs et prêcheurs en appelèrent au pape de cette sentence ; mais le roi déclara que , s*ils n'obéissaient pas, ils seraient forcés de quitter son royaume. Rs se soumirent.
Nos abbayes du Toulousain nous offrent, dans la période de vingt années, quelques faits que nous consignons dans cette histoire. Julienne de Ojmniiiiges, qui gouvernait l'ab-
ba>e de Sainl-L;iuieai de Guujou, eut suia de l'aire confirmer par Aymeric de Comminges quelques biens de son mouaslèie. Celte abbe^se existail encore en 1548, mais nous ignorons Fépoque de sa mort. Cette maison demenra quatre-vingts ans sans abbesse connue, car ce n est qu'en 1424 que Ton trouTele nom d*IIonorée de Motte. ^ Bonnefous de Durfort, prieur de la Daurade, obtint de Clément YI rautorisation de porter, dans la célébration des divers ofûces, une crosse ou bâton pastoral d*or ou d'argent. — Aymeric de Montaigut, abbé de Mas-Gamier, pourvut de revenus annuels plusieurs charges de son abbaye, telles que celtes de cubicutatre ou hôtelier, dinfirmieir, etc., avec lapprobation de Bernard-Roger de âaint-Sever, -qui présida le chapitre général de Saint-Benoît. Il fixa à vingtcinq le nombre des religieux qui devaient composer Tabbaye. Après sa mort, arrivée en 1547, on élut pour lui succéder Pierre de Marguerie, qui ne vécut quQ peu de mois.* A ce dernier succéda Raymond Hunaud de Montauban. — ^ Labbaye des religieuses de Saint-baturnin de Toulouse fut gouvernée pendant dix-huit années par Gancione, qui mourut en 1541. Aimengarde lui succéda.— Arnaud lil de Marcis, abbé d*Eaunes, mourut en 1545, et eut pour successeur Arnaud de Cabagnac, docteur en droit.— Grand- Selve venait de perdre son abbé Guillaume de Piret, qui eut pour successeur Raoul, en 1548.
Le siège de Rieux perdit Antoine de Lobens, son évéque, qui n avait gouverné cette église que deux années ; il eut pour successeur, en 1350, Durand des Chapelles, qui fut transféré au siège de Maguelonne. L'abbaye de Feuillants dans ce diocèse ne nous offre, pour cette période, que
la série de ses abbés : Guillaume de Villamolc , Aiaaud de Falgar, Raymond-Atton de Sé$, et Guillaume. Il en est de même de celle de Calers, où nous rencontrons les abbés Bernard Hugon, Pierre de Ménebac, Ërmengaud, Raymond Forlanier, qui transigea sur quelques domaines avec Artaud -Guillaume de Beaumont, et Raymond iiayle, qui fit quelques acquisitions dans la \ille de Pamiers. — Bolbonne vit élever à la dignité du cardinalat GuiUaunae de Lacoort, son abbé, qui d'abord fut fait évêque de Nîmes et ensuite d'Albi. Durand lui succéda. Nous apprenons des actes de son gouvernement que le pape Benoît XU avait fondé à Bolbonne deux cbapeiljes ou services pour le repos de son âme et de celle du cardinal de Saint-Prisque, son parent. Arnaud II lui succéda. Ce dernier, par Tordre de Tabbé de Citeanx, visita en 1390 Tabbayé de Valnègre.
Quant à l église de Comminges, Guillaume de Larvo la gouverna jusqa*en 1356, époque à laquelle il donna sans doute sa démission quand il fut créé conseiller du roi. Il eut pour successeur Hugues de ChatlUon , qui était cha-^
noine de Saint-Bertrand. Cet illustre prélat ût élever la belle chapelle où il voulut reposer après sa mort, et termina Féglise actuelle. Ën 1538, il détermina, de concert avec Pierre RaymondI , seigneur de Saiht-Frajou , les limites des domaines de révéché en ce lieu. Ce prélat mourut en 1352, et fut enseveli dans la cbapelle quil avait construite. On admire encore aujourd hui à Saint-Bertrand le superbe mausolée élevé à sa mémoire ; c'est Tun des plus beaux morceaux d'architecture qui existent dans le midi de la France. — Arnaud de Marque&ve gouverna Fabbaye de Boiineionl jusqu'en 1348* Nous trouvons, après lui, cette
nilK UtlBUlÉBlilEBS. 399
abbaye privée de ses che£s jusqu'en 1560. Pour celle de Nizors, elle eut pour abbés, après Arnaud de Falgar, Pierre ^ Sicardi, docteur en tbéologie, qui augmenta les domaines du monastère ; ensuite, Raymond de Castanet et Bernard Dupuy, en 1550.
La province voyait à cette époque les sénéchaux et les . lieutenants du roi be succéder avec une étonnante rapidité. Quoique nous ayons déjà parlé d*01ivîer de Laya ou de Laye comme séiiechal de Toulouse, néanmoins Charles de Navarre se qualifiait du titre de lieutenant en Languedoc, et ce fut en cette qualité qu'en 1551 il entreprit sur , les Anglais le siège de Montréal en Agenais. La noblesse ~ et les communes de la sénéchaussée de Toulouse se trouvèrent à ce siège. Au roi de Navarre succéda Gérard de Mûiitfaucon dans le gouvernement du Languedoc, qui, eu 1551^ expédia plusieurs lettres à Toulouse, de concert avec le prieur de Saiut-Martin, réformateur général. L'archevêque de cette ville, Ëtienne d*Aldebert, fonda une chapelle dans l'église du monastère de Sainl-Aii}ic, où il avait été moine» et reçut du roi Jean plusieurs privilèges en faveur de cette foudaiiuu. 11 parait qu'il avait conservé des droits de propriété sur cette maison puisqu'il délégua Jacques, abbé de Saint-André de Cleruiont, pour la distribution par égales parties des biens de Tabbé et des moines de Saint- Allyre.
Au mois de janvier 1352, Bertrand de Piperac, prieur
de Saint-Martin-des-Champs, se trouvait à Toulouse en qualité de réformateur, avec pouvoir de demander des subsides aux peuples des sénéchaussées de la province pour résister aux Anglais qui avaient résolu d'assiéger Toulouse. La trêve
400 mrS INTBBMÉDUItlS.
expirait ie it septembre. La. crainte de voir leur projet se réaliser, engagea les habitants à se fortifier. On détruisit alors tous les faubourgs : les cbanoiues réguliers de la cathédrale, le monastère des repenties de Saint-Loup, les vicomtes de Caraman et de ViUemur, Raymond de Castel* nau d*Estretefonds, Bernard de Darford de Màlauze virent leurs maisons détruites. Le sire de Craon commandait alors a Toulouse avec Charles d*Espagne, connétable de France. La plupart des Toulousains s'armèrent; d'autres $*enfuirent, car le comte de Strafford menaçait vivement Toulouse. Gaston-Phébus comte de Foix s y rendit aussitôt pour la défendre, et Âimery de Rochechouart sire de Mortemart y fut envoyé en qualité de sénéchal.
Sur ces entre&ites, mourut à Villeneuve-d'Âvignon le pape Clément VI. Peu de temps avant sa mort , Etieiine d*Âldebert avait convoqué , dans la cathédrale de Saint- Etienne, tous les clercs séculiers et réguliers pour rendre foi et hommage au pontife. Innocent VI succéda à Clément.
Le nouveau pontife, dans sa jeunesse, avait étudié dans Tuniversité de Toulouse, où il avait pris le degré de docteur en droit civil et où il avait même professé. On assure quMl avait aussi exercé en cette ville Toffîce de juge-mage. Il s'appelait Etienne d'Aubert.
Le diocèse de Toulouse vit s'élever, ou du moins se terminer, un nouveau monastère, celui des religieuses Salcnques. Gaston I*' comte de Foix avait jeté, quelque temps avant sa laort , les fondements de celte maison tout près d*une église dédiée à saint Félix, en un lieu appelé Saienqucs (de Salenchis), au territoire de Rieux. Les religieuses cisterciennes qui devaient Thabiter étaient au nombre ûe
^ TSM^S UMiEMKOUinES. 404
(rente. Gasloa, n'ayant pu terminer cette fondation , laissa ce soio à Eléonore sa veuve et à Gaston-Phébus son fils« A leur demande, les papes Qément VI et Innocent VI dé^ putèrent les abbés d*Eannes, de Lezat et de Calers pour Vexécution de cette œuvre. Les fondateurs se réservèrent pour eux et leurs successeurs le choix des religieuses à admettre dans leur maison ; ils la soumirent à Fabbé de Bolbonne, et voulurent qu*on donuât à ces filles deux religieux discrets et prudents pour la direction spirituelle. Us devaient recev(rir de l'abbesse huit florins par an% Un prêtre sécuiier fut aussi attaché à ce monastère, aiin d'y célébrer tous les jours la messe pour le repos des âmes des princes de la maison de Foix. On donna à cette abbaye le nom de VAhandance^Dim. Mantelène de ChatiUon, religieuse de la Lumière-Dieu ou Fabas, fut créée et installée première abbesse de Salenques. Son intronisation fut faite en présence de Tabbé de Lezat, qui entonna Thymne Te Deum, L*évéque de Couserans, Canard, ofBcia pontifica^ lement«
Le pape et le roi Jean approuvèrent, à cette même époque, le monastère de St-Pantaléon à Toulouse. Ce prince, dans un voyage qu'il entreprit en Languedoc en 1354^ se trouvant à Nîmes, exempta les religieux de Tabbaye de Grand-Selve de toute sorte de péages dans la sénéchaussée de Carcassonne, et ordonna au sénéchal de Toulouse d'informer sur Ynmge qu*avaient les religieux dans la forêt de fioutteviUe. Le roi se rendit à Avignon, et ce fut pendant son séjour en cette ville que le pape chargea Etienne d'Al* debert, archevêque de Toulouse, d'administrer r£glised'Avi* gnon. Ce prélat, ne pouvant alors se rendre dans sa propre