‹ Histoire générale de l'église de Toulouse (volume 2)Chapitre 13 sur 21 · III · texte numérisé non relu

III

Eglise, ia lit gouverner par son vicaire-général GaiUaume

Bragose, qui fut depuis cvùquc de Vabres et cardinal. Cotte clrcoDstance nous porte à croire qu*£tienDe fixa son séjour à Avi^aion vers ce même temps ; c'est là qu'il quittança Dnranâ, abbé, de ia somme de cinquante florins que ce dernier devait au pape, et qu li lui donna Fabsolution de la peine qu'il avait encourue pour avoir différé à les payer. Etienne attesta encore à la cour romaine quAudouin, abbé de Cluny, s'était pleinement acquitté à Tégard de la chami)re apostolique. iNous le ti'ouvons encore, deux ans après, à Avignon, où il reçoit Guillaume d'Alberti en qualité de chapelain domestique du pape.

Innocent VI, désirant ardemment rétablir la paix entre les rois de Fraiice et d'Angleterre, les engagea à envoyer devant lui leurs plénipotentiaires. Ceux-ci se rendirent en ciïct à Avignon, niais ne purent s'entendie : de sorte que les hostilités recommencèrent. Edouard envoya le prince de (jalies son fils prendre le ( unimandement de son armée, et Jean confia la direction de la guerre au comte d*Armagnac. Celui-ci, ayant appris qu'on devait célébrer des joûtes à Toulouse le jour de Saint-George 1355, les défendit. Le sénéchal arrêta aussi le cours des divertissements du carnaval. Ayant appris que le prince de Galles devait &ire une irruption sur Toulouse, le comte d'Armagnac somma tous les peuples des environs de se retirer dans rintériear de la ville, et ordonna à tous les habitants au-dessus de râge de quatorze ans de s armer, au moins uiî dans chaque maison, de se tenir prêts à marcher, et de porter en signe de ralliement une croix blanche sur leurs habits. Il fit vejiir à Toulouse un corps d'arbalétriers génois et lombards,

TUJkll>ï< l.M'IvUMÉUUiaC^. 402)

et leva des subsides pour soutenir les frais de )a guoire.

Cependant le prince de Galles débarqua à Bordeaux, traversa la Gascogne, vint camper à Portet près de Toulouse, pilla et brûla Castanet, Carbonne, Miramont, Montgiscard , Baziége, Villefranche, Avignonel, le Mas-Saintes- Pueiles, Castelnaudary, Fanjaux., Alzonne, Montréal, la ville basse de Carcassonne, et se dirigea vers Narbonne, d où il fut repoussé avec de grandes pertes par le vicomte Âimery. Apres cela il se retira vers Bordeaux, chargé des dépouilles de la province et emmenant un grand nombre de prisonniers. I.a consternation était générale ; de toutes parts on se mettait en défense.

Les muses ne furent pas toutefois aussi effrayées des préparatifs de la guerre, puisque ce fut à cette époque (1355) que Guillaume Molinier publia les préceptes dictés par la compagnie du Gai Savoir sur la poésie. Le recueil de ces préceptes fut appelé les Lois démolir (las Legs iïamof). Ce personnage, devenu célèbre dans nos annales académiques, avait été créé en i 523 chancelier ou secrétaire de la compagnie des Sept Troubadours. 11 était logé dans la me de las Baladas (me Valade), au quartier de Saint-Pierre-des- Cuisines. Quoiqull eut étudié avec succès la jurisprudence, cela ne Terapéchait pas de cultiver la poésie. Les troubadours lui confièrent alors la rédaction des lois de la poésie, de concert avec le docte et révérend seigneur Barthélémy Marc, docteur ès-lois* Trente années environ furent consacrées à ce travail avec plus ou moins d'assiduité ; enfin en 1355 la compagnie du Gai-Savoir réalisa les vœux de ses devanciers. Dans ce long intervalle, on avait établi les grades de bacbelier et de docteur en la Gaie-Science ; on avait

TEMPS IHiTEantoiAUlS.

dolé la compagnie d un bedeau (pedel) , Uxé ses atthbulioDs et les ÎDSignes de sa dignité. A cette époque, les premiers troubadours avaient disparu, et nous trouvons les noms suivants : Cavayer de Lunel , Barthélémy Izalguier, Pierre de la Selva, Jean de Seyra, Bertrand Delfaigar» liaymoDd Gabarra, Germain de Gontaut Ces nouveaux troubadours ajoutèrent deux prix à celui de la violette d'or, — une églantine et un souci , et déclarèrent aussi que, pour exciter rémuiation, on pourrait de temps à autre donner quelqu'autre prix aux poètes. H &ut observer cependant que les trois fleurs retinrent le nom de joies principales (las joyas principals).

Guillaume iMolinier publia son travail en 1355 ou 1356. On trouve dans ce livre les règles nécessaires à la compoposition des œuvres poétiques, au jugemeat des ouvrages, et à la réception des grades divers en la Gaie-Science. Las Leys d'amor ont été traduites en notre siècle par M. le marquis d'Escouloubre, et publiées de nos jours par les soins de Vun des plus savants mainteneurs du Gai- Savoir (1). On publia, au quatorzième siècle, d autres préceptes de poésie et de rbétorique en langue romane. L'auteur et répoque précise de cette seconde publication nous sont inconnus. Elle porte pour titre : Les Fleurs du Gai- Savoir (las Flors del Gay Saher). Ce traité a été traduit en français par M. le marquis d'Aguilar et publié aussi de nos jours.

Pendant que la poésie romane dictait ses gracieux préceptes, les états du Languedoc s'assemblaient à Toulouse

(I) M. Gatien-ArnouU.

TIMV8 WmHiDIilUS.

au mois de mars 1356. Bertrand de Piperac, prieur de gaint-MartîD-des-Oiamps, Jean Chalemard, président du parlement de Paris, et Robert de Germent» maréchal du duc de Normandie, s*y trouvèrent. Hs annoncèrent à rassemblée que le duc de Normandie allait venir pour se mettre à la tète des troupes et repousser Tennemi, et qu il était nécessaire de voter des subsides. Arnaud de Faye, l un des capitouls, répondit qu'ils étaient contents de rarrivée du prince, qu un était disposé à secourir le roi par tous les moyens possibles, et qu*on consentait à Timposition pendant un an de six deniers par livre sur toutes les demées ou marchandises qui seraient levées dans le pays, et de plus à celle d*un agneau ou mouton à ov par feu.

Le duc de Normandie fut remplacé dans ia province par son frère Jean comte de Poitiers. Le comte d'Armagnac contiuuait toujours à repousser les attaques des Anglais, et ne cessait, avec son armée rassemblée à Toulouse au mois de mai , d'épier avec soin les marches de l'ennemi qui cherchait à passer le fleuve de Garonne pour faire une nouvelle irruption du côté de Narbomie, Les familles, effrayées, quittaient la ville et se dirigeaient vers lËspagne : ce qui obligea d'Armagnac à rendre, le 1" juin, une ordunnancé pour arrêter les fuyards. Le comte de Poitiers convoqua toutes les milices à Toulouse pour le mois d'août, tandis que le prince de Galles, trompant son adversaire, se précipita dans TAuvergne, le Berri et le Poitou, qu'il ravagea. Le roi Jean , averti de sa marche, alla à sa rencontre et lui livra bataille a Maupertuis en Poitou, le 19 septembre. Dans cette bataille, le roi de France fut fait prisonnier

TEMPS hNTIUUlÉDlAlhlù?.

avec une grande partie des nobles, au nombre desquels se trouvait Pierre d'Aubigny, sénéchal de Toulouse.

A peine le comte d*Armagnac eut-il appris la captivité du mooarque, qu il convoqua les états à Toulouse pour la mioctobre. Ce fut dans cette circonstance mémorable que le clergé, la uoblessse et le tiers^tat de cette sénéchaussée se montrèrent pleins d*ardear pour la délivrance do monarque. Ou vota par acclamation des levées de troupes et des subsides en argent ; îl fut décidé qu'on prendrait le deuil jusqu à la délivrance du roi , et qu'on suspendrait tous les Jeux et divertissements publics. ,

L'année suivante (1357), on tint à Toulouse une nouvelle assemblée des états au commencement de mai, dans la salle royale du château Narbonnais, et on ordonna la levée des subsides ; mais le peuple, ayant appris qu'une trêve avait été conclue entre les deux rois au mois précédent , et qu'on lui avait caché cette circonstance, n'écouta plus que son ressentiment : il courut en foule au château où se trouvait d'Armagnac et les officiers du roi, et les y assiégea pendant une journée entière. Le comte s'évada dans la nuit. Les séditieux mirent le feu au château et le pillèrent, brûlèrent les maisons des oiiiciers du roi, enti autres celle de Montrevel, juge-mage, et tuèrent- plusieurs personnes. Le tomulte enfin s apaisa. Le comte, étant rentré à Toulouse, lit rechercher les coupables ; quelques-uns forent pris et exécutés, d'autres prirent la fuite.

Le 15 avril 1358, le comte de Poitiers, que le roi son père avait nommé son lieutenaïU-général en Languedoc, assembla encore les états à Toulouse. Ce fut dans cette assemblée, où ne ligura que le tiers-état , que la séné-

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chaussée de Toulouse donna en particulier k ce prince une graiilicalioa de vingt mille moutons d'or pour son entretien. Le comte passa quelques jours à Verdun-sur-Garonne. Le 20 mai, il se rendit a Gi aud-Selve, où il ordonna que Jean d*Armagnac serait mis en possession du comté de Gauré que le roi lui avait donné. Le G juin, il se trouvait à Grenade-sur-Garonne, où il manda au sénéchal de Beaucaire d'obliger tous les officiers royaux de faire un prêt au roi. Il indiqua rassemblée des états à Toulouse pour le mois de juillet, âlin de voter des secours pour la délivrance du roi. Cette assemblée fut tenue à Montpellier, et nous y trouvons les capitouls de Toulouse offrant de donner cinquante miile deniers d*or, à certaines conditions qui furent acceptées par le comte le 26 juillet, à Toulouse, où il se trouvait alors. Du reste, cette année et Tannée suivante, 11 parcourut rapidement toute la province pour des affaires la concernant, et convoqua les états des diverses sénéchaussées. Ces allées et venues continuelles prouvent que le pays était toujours menacé par les Anglais.

Ces peuples netaient pas les seuls k taire des hostilités puisque, en 1359, Gaston-Phébus comte de Foix se lia avec les Anglais contre le roi et ses lieutenants. 11 entreprit donc la guerre contre le comte de Poitiers et celui d^Armagnac dans le Toulousain. Les peuples de ce pays ayant voulu attaquer Gaston par une marche trop précipitée, ils furent entièrement défaits. Cette victoire ranima l ardeur de Gaston-Phébus, qui assembla un corps assez nombreux de Béarnais .Qt d'Anglais, se jeta sur le Toulousain, où il prit et brûla plusieurs châteaux, entr*autres ceux d*Hauterive et de Gntegabelle.

40S mm omiHiDuitii.

Le pape iDDOceot VI n^oiibliait pas Toulouse, où il avait

puisé la science sacrée. Possédant en cette ville une maison qu*jl avait pendant longtemps habitée, il y fonda, Tan 1359, un collège pour vingt pauvres écoliers clercs, dix ponr étodier en droit canon ét dix en droit civiL Sur ces écoliers, six devaient être du collège de Limoges, quatre de Toulouse, et les autres de tout le royaume. 11 dota qua* tre prêtres pour le service de la chapelle, qu*il dédia à saint Martial ainsi que le collège, et aussi pour la direction spiriluelîe des clercs. Tout en exemptant ce collège de la juridiction de Tordinaire, il confia la direction de cette mai* son à l archevêquc de Toulouse, et ordijuna qu'après sa mort les cardinaux Arnaud et Pierre, ses neveux, Tarche- vêque d*Aiich et Févêque d'Âlbi opérasseiit dans la direction du collège tous tes changements qu'ils jugeraient convenables. (Le collège Saint-Martial occupait le côté de la place du Capitole situé entre la rue Saint*Rome et celle de la Pomme. L*égUse était modeste et très obscure. Tout Tédilice est depuis longtemps détruit.) De nombreux bônétîces ayant été conférés à cette maison, larchevéque de Toulouse ordonna que les possesseurs de ces bènéUces seraient exempts des subsides qu*0B levait en France pour la rançon du roi Jean.

Nous ne suivrons pas ici le comie de Poitiers dans ses courses à travers le pays toulousain, convoquant les miltces, s opposant k la marche de Tennemi, épousant à Carcassonne, le 24 juin 1360, Jeanne, liiie de Jean d'Armagnac et de Béatrix de Oermont.

Edouard, roi d'Angleterre, qui avait débarqué à Calais avec une nombreuse armée, s'avançait vers Paris. Il était

TKMFS liNTSBMfiDUlRBS. 409

à Bretigny près de Chartres lorsque les envoyés da pape parYinreot à liaire adopter m traité, qui fut signé le 8 loars 1360. Par ce traité, le roi Jean devait être conduit à Calais ; sa rançon se portait à trois millions d'écus d'or. U donna, pour ôtage de ses promesses, ses deux fils les conates d'Anjou et de Poitiers, les ducs d'Orléans et de Bour]:K)n, quarante des principaux seigneurs du royaume, quatre bourgeois de Paris, et deux des plus notables habitants des principales villes du royaume, parmi lesquelles Toulouse tenait Tan des premiers rangs. Le comté de Poitiers ayant été cédé aux Anglais, Jean se qualifia depuis du titre de duc de Berri. 11 partit du Languedoc vers la mi-juillet, se rendit à Calais auprès du roi son père, et nomma pour ses lieutenants en son absence Pierre Âycelin de Montaigu, prieur de Saial-Marlin-des-Champs à Pans, et Jean Souvain, sénéchal de Beaucaire. On comprend que le royaume dût

tilro facilement épuisé par la sorurae éiiorme qu'il fallut payer pour la rançon du roi. La sénéchaussée de Toulouse fut Tune des plus chargées.

Par le traité de Brétigny, le Périgord, le Querci, TAgenais et la Bigoi re furent cédés au roi Edouard ; ainsi le Languedoc, dont ces provinces fusaient partie, fut restreint aux anciennes sénéchaussées de Toulouse, de Carcassoune et de Beaucaire. Nos rois rentrèrent plus tard dans la possession de ces provinces.

Au mois de janvier 1361, Innocent Vi publia une croisade dont le but était d'arrêter les brigandages commis par les Compagnies. On entendait par ce mot une armée d'Anglais que le roi d^ingleterre avait licenciée après le traité de Brétigny, et qui s'était accrue de beaucoup de gens sans

410 TSMPt» imiiiâDiàiais.

aveu. £Ue s'était emparé du Pont-SaiQt<-£sprit et meoaçait Avignon. Le roi et la reine d'Aragon euvoyciuiU cents hommes d*armes et mille hommes de pied ; celui de France ordouaa de iaire marcher ses milices, et chargea le connét^le de Fienne, sou lieutenant, de les chasser à main armée. Les coiiipagnies, qui avaieiil formé le dessein de se porter sur Toulouse, voyant qu'elles ne pouvaient long- . temps résister aux efforts réunis des croisés, envoycreot des dépotés au pape. Après certaines conditions stipuléesi les routiers promirent de passer les monts. Ils abandonnèrent en effet le Pont-Saint-Ësprit, et partirent, sous la conduite du marquis de Montferrat.

Le 15 mai , mourut k Toulouse Etienne d'Aldebert, archevêque de cette ville. Son corps fut porté à Cieimout, au monastère de Saint-Allyre, où il avait été moine. U gouverna ce diocèse pendant dix ans, et eut pour successeur Gaufride de Veyroles, que le pape fit passer de l'évtehé de Carcassonne à la métropole de Touiouse.

A peine ee prélat eut-il pris possession de son siège, que Toulouse se vit encore menacée par une partie de routiei's qui n*avaient pas suivi les autres. Bernard d*Albret, leur chef, les ayant conduits dans les diocèses de Carcassonne et de Toulouse, ils prirent la ville de Montolieu et celle de Saint-Papoul. Le général d'Audenham se mit à leur poursuite, aidé par des Espagnols castillans que Henri comte de Transtamare et Sanche son frère avaient conduits eu France. Ces princes, fils naturels d'Alfonse VII roi de Castille, avaient été obligés de fuir la persécution de Pierre le Cruel, leur frère légitime. Henri de Transtamare forma le projet de se servir des routiers pour aller combattre le roi de Cas-

TUFS INTBfeXÉDtàtiBS.

CiUe ; c'est ce qui le déteroiioa à se joindre au maréchal d'Audeiiham pour conclure un traité avec les compagnies, qui s'engagèrent à sortir du royaume dans six semaines.

Tranquille du côté des routiers, Toulouse reçut dans ses murs une nouvelle colonie. Les religieux de la Sainte- Trinité pour la rédemption des capliis, qui depuis bien des années ayaient fondé une Maison k Toulouse dans le faubourg Saint-Michel, désirèrent, à cause des guerres, se retirer dans Tintérieur de la ville. Le 23 janvier 1362, ils achetèrent du chapitre de Saint-Etienne, au prix de huit cents florins, une petite chapelle dédiée à saint Victor et une maison qui avait appartenu à la famille de Houaix, et s'établirent en ce lieu, qu'ils ont occupé jusqu'à la révolution française, en 1790. (Le couvent et i église de la Tiimte étaient situés dans la rue qui porte ce nom, à gauche. Ils sont aujourd'hui détruits.)

Peu de temps après rétablissement des trinitaires dans rintérieur de la ville, Innocent Vi mourut à Avignon, le 12 septembre. Il avait élevé au cardinalat Guillaume Bragose, né à Monde, docteur et professeur en droit dans luniverâté de Toulouse, que Ton regardait comme Tun des plus grands canonistes de son temps, et Hugues de Saint-Martial, docteur en droit civil de Toulouse, où il était à Tépoque de la mort du pape. Les cardinaux élurent, pour lui succéder, Guillanme de Grimoard, abbé de Saint-Victor de Marseille, qui prit le nom d'Urbain. V. Au commencement de son pontificat, il approuva une transaction que Gaufrid de Veyroles, archevêque de Toulouse, passa avec Villeneuve, prévôt de Saint-Etienne, au sujet de la collation et provision des bénélices du diocèse. La prévôté lut recomme

411 TUIM UmiMtDIàlRIS.

apparloDir de droit au chapitre, rarchevéqoe n*ayaot seulement sur ce bénéfice que le dioit de confirmation.

Uq des premiers soins d^Urbaiu V fut de réconcilier les comtes de Foix et d'Armagnac qui depuis longtemps se faisaient la guerre au sujet de la succession du Béam. L*archevêque de Toulouse et Charles roi de Navarre avaient fait accepter» au mois de mars 1362, aux deux princes une trêve : mais d'Armagnac la rompit bientôt après, et envoya le défi au comte de Foix, qui l'accepta. Leurs armées se rencontrèrent au territoire de Launac, au diocèse de Toulouse. La bataille se livra le 5 décembre. Du côté de Foix se trouvaîeiit Jourdain comte de Fille, les vicomtes de Cardonue, de Casteibou, de Couseraos, le seigneur de Paliés ; du côté d*Àrmagnac étaient le comte de Comminges, les seigneurs de la maison d Albret, et plusieurs autres. Le choc fut terrible. On combattit d*abord avec un égal succès, . mais la victoire se décida en faveur de Foix. Neut cents gentilshommes furent feits prisonniers avec d'Armagnac, et furent conduits au château de Foix. Le comte leur fit grâce de la vie, et leur donna quelques villes du comté pour prison jusqu'à ce qu*ils eussent payé leur rançon.

Le comté de Toulouse cessa à cette époque de fiaûre partie du domaine particulier du roi de France ; le roi Jean unit définitivement ce comté et quelques autres à la couronne, pour la dédommager des provinces 4}u'on avait été obligé de céder à TAngleterre. Peu de temps après, ce prince mourut à Londres, le 8 avril 1364, laissant ie royaume désolé par la levée des subsides et tes courses des brigands. — Charles V succéda à son père.

Bardin le chroniqueur nous rapporte que, le 16 avril, lé

TBm limiUliDIAIlBB. 443

maréchal d'Audentaam tint une assemUée à Nîmes où furent envoyés, comme députés de Toulouse, Etienne de Nogaret, docteur en lois; et Pierre Izalguier. Il parait que Gaufrid de Veyroles, archevêque de Toulouse, trouvait que les inquisiteurs de la foi usaient un peu trop largement de leur puissance dans son diocèse, et qu'il avait voulu les forcer à suspendre leurs poursuites, sous peine d'excommunicalion. Les députés tirent part à l'assemblée de cet incident, en la suppliant de vouloir intervenir dans cette affaire. Les évêques présents, à Texception de celui de Viviers, trouvèrent que cette intervention n'était point dans le droit. Le sénéchal alors évoqua Taiîaire à son tribunal , cassa la sentence de Tarchevêque, et rétablit dans leurs fonctions les inquisiteurs. Plusieurs graves historiens regardent ces faits comme controuvés.

Louis duc d'Anjou, frère de Charles V, prit le gouvernemenl du Languedoc, et se rendit à Toulouse le 24 février 1365. Il imposa d un marc d'argent tous les notaires dé la province, afin de pouvoir chasser les brigands ou pillards qui la désolaient ; et ce fut pendant son séjour à Toulouse qu*il renouvela, avec les ambassadeurs du roi d'Aragon, le traité d'alliance conclu depuis quelque temps entre les deux couronnes. Par ce traité, les deux rois firent une ligue offensive et défensive contre le roi de Navarre. Cette ligue devint pour le moment inutile, puisque la paix fût bientôt conclue entre Charles V et ce dernier prince.

On a déjà vu que Henri comte de Transtamare, frère aaturel de Pierre le Cruel, roi de Castille, devait conduire contre ce monarque les Compagnies ou Routiers qui se trouvaient encore en France. Il fut convenu entre le pape

et le lui qu'un coûlieiait la cuuduile de ces compagnies et des autres milices qui devaient se joindre à elles, à Bertrand Du Guesclin, chevalier breton, déjà renommé par sa valeur* Ce vaillant capitaine, ayant reçu ses instmctioDS, rassembla ses troupes, se dirigea vers Avignon, passa ensuite à Mon^llier, et se rendit à Toulouse au mois de décembre iôGo, d'où il emmena puui la guerre d'Espagne quatre cents des principaux habitants. Les Toulousains se rendirent à Carcassonne, uu les attendait le duc d*Anjou. Bertrand Da Guesclin arriva à Barcelonne avec ses troupes le premier joui de janvier 1-366, et après avoir chassé du trône Pierre-le-Cruel, il y plaça Henri son frère. Pierre se rélugia pai' mer à Bayonne, et appela à son secours le prince de Galles, qui chercha à le faire remonter sur le trône. Pendant cette expédiliou, le duc d'Anjou séjourna à Toulouse aux mois de septembre et d*octobre, et donna des lettres de sauvegarde à l'abbaye de Grand-Selve à cause des dommages qu'elle avait soufferts de la part des Compagnies.

Le prince de Galles se mit à même de gagner les routiers qui étaient passés en Espagne, et les engagea à venir dans son armée. Ces milices suivirent ses ordres et ne

tardèrent pas à rentrer en France par le pays de Foii, an nombre de douze mille hommes. Ces troupes, en sortant du comté de Foix, se partagèrent en trois corps ; deux passèrent par la Gascogne pour aller joindre à Bordeaux le prince de Galles; et le troisième, composé de trois mille hommes, entra dans le Toulousain pour se rendre à Montauban qui appartenait à l'Angleterre. Bertrand Du Guesclin repassa en France et rejoignit le duc d*Anjon à

TBHP8 INTBIUifiDUlBES. 415

Montpellier. On résolut de réunir immédiatement les milices de la province pour s'opposer au passage des compagnies. Gui d'Asai, sénéchal de Toulouse, prit le commandement (le cinq cents lances et de quatre mille archers. Le 9 août , les troupes françaises campèrent à Villedieu, entre le Tarn et la Garonne. Une compagnie de ces brigands fut battue à Montech par les communes de Toulouse : cent hommes furent tués, quatre-vingts faits prisonniers; on prit cinq* cents chevaux, et on mit le reste en déroute.

Mais les compagnies prirent bientôt leur revanche. Berducat d'Aibret,ieur capitaine, sortit de Montauban et fondit sur les troupes liaugaises. Celles-ci le reçurent avec intrépidité, et forcèrent les compagnons à se replier du côté de la ville, après eu avoir tué une partie. Le gouverneur do Montauban, qui avait mis la garnison sous les armes, rétablit le combat ; do nouvelles compagnies étant arrivées au nombre de quatre cents hommes, les Français se virent forcés de chercher leur salut dans la fuite. Plusieurs habitauts de Toulouse ainsi que le sénéchal furent faits prisonniers, et ne purent recouvrer leur liberté qu'avec une assez forte rançon.

En ce même temps Urbain V résolut de rétablir à Rome le siège du souverain pontiûcat. Etant venu à Montpellier le 1^ janvier 1367, il y consacra la nouvelle église quHl avait construite en Thonneur de saint Benoît, et ht présent au& franciscains de cette ville du bras droit de saint Louis de Marseille, évéque de Toulouse, qu'il leur fit remettre par Pierre d'Aragon, neveu du saint et oncle du roi d'Aragon. De retour à Avignon, il ht lever, le 24 avril, Tinterdit qu'il , avait jeté sur la ville de Toulouse à cause de l'emprison-

M TIHtS llimHi»t4tll8.

nemeni du grand-vicaire de TarcheTéque. Nous ignorons h cause de cet emprisonnemeiit, qui durait déjà depuis uq aD. Deux capitools et deux notables se rendirent à cette occasion auprès du pontife» et lui offrirent une pleine salisfaction sur cette afiiaire, à la suite de laquelle le cardinal de Paiestrine publia Tabsolution suivante :

« Guillaume, par la miséricorde de Dieu cardinal-prêtre » du titre de Saint-Laurent in Lucinà, à tous les prêtres, » clercs et laïques de Tun et de Tautre s6xe de la Tille de » Toulouse, salut. — Désirant accueillir tstvorablement m » humbles supplications, noos enlevons l'interdit qui avait » été lancé contie les habitants et les églises de cette cité » & raison de quelques procès apostoliques intentés à Tog- » casion de la violence exercée par les capitouls et bourgeois 9 de la dite ville, en jetant en prison le vicaire-général de > Tarcbevéque, ayant égard au consentement desdits ar> » chevêque et vicaire-général et à Vacte de réparation fait » pij^liquement par deux consuls et deux bourgeois devant » les portes du palais apostolique ; et cela, par lautorité » du pape, dont nous sommes le pénitencier, et par la » délégation spéciale que nous avons reçue. — Donné a » Avignon, le 8 des kal. de mai , Tan IV' du pontificat » d'Urbain V. »

Le pape désirait ardemment le rétablissement de la discipline ecclésiastique : aussi écrivit-il en 1568 à tous les métropolitains de tenir des conciles provinciaux. D'après ces lettres, Tarchevéque de Narbonne préviiit (iaufridde Veyroles, archevêque de Toulouse, de se trouver avec loi et les autres évêques de la province à Lavaur pour y tenir un concile, qui fut. ouvert le 27 mai« Ganfrid s*y trouva en

TBMFS IKTSBMtOUlBIS. 417

personne ; on y remarqua encore Amélius de Lautrec,

docteur en décrets, chanoine et chancelier de TEgUse de Toolouse, qui avait professé le droit canonique dans Funiversitc de celte ville. Après avoir été évêque de Couserans et de Comminges, il fut créé cardinal en 1390.

Gaufiid de Veyroles institua dans son église métropoUtaine quatre chapeilenies, qu'il dota très richement. Il se trouvait dans sa ville épiscopale lorsque le duc d'Anjou s'y rendit, .sur les bruits de rupture entre les rois de France et d'Angleterre. Le prince séjourna longtemps en cette ville, et y reçut Marie de Bretagne sa femme, qui fit son entrée solennelle le ±ô septembre. Cette princesse fit grâce, à cette occasion, à deux criminels, prétendant en avoir le droit toutes les l'ois qu elle faisait sa première entrée dans une ville de France.

Lannée loOii s uuvrit à Toulouse par la cérémonie de la translation solennelle du corps de saint Thomas d'Aquin. Urbain V ayant dirimé la iuugue controverse qui existait entre les cisterdens de Fosse-Neuve où le saint était mort et les dominicains, cette insigne relique fut remise au général des frères prêcheurs. Elle Raymondi. Le pape, en lui donnant le corps du saïut à Montefiascone, où il se trouvait , lui dit.: « Je vous avais laissé la liberté de déterminer « avec votre chapitre dans quelle de ces deux villes, de » Paris ou de Toulouse, vous feriez porter ces reliques ; • mais parce que je prévois que les fortes sollicitations » qu'on vous fera de toute part vous ôteront peut-être la » liberté d'agir selon vos désirs, je révoque cette permis- » sion, et je choisis moi-même la ville et votre maison de >* Toulouse, où je n ignore pas que vous avez une église

448 Tm& ummiÉftiiiRBft.

» magDîfiqae et où le peuple esi fort pieux. D'ailleurs, on

» vient detablir dans la même ville une faculté de théolo- » gie doat je veux que saint Thomas soit le docteur et le » maître, à cause de la solidité et de la pureté de sa doc- » trine. »

Urbain Y voulut prescrire loi-même Fordre dans lequel on devait transporter les saintes reliques. La châsse qui les renfermait fut scellée du sceau du pontife. Le proeureur général des dominicains, deux anciens religieux et Tauditeur du cardinal-évéque d^Albano, accompagnaient toujours le corps.qu*ils ne devaient jamais perdre de vue, et précédaient le père général de demi-journée. Celui-ci couchail où les autres avaient dîné, et dînait le lendemain là où ils avaient passé la nuit; Après deux mois de marche, ils arrivèrent heureusement au monastère de Prouille, sur la fin de novembre 1368. Ils s'arrêtèrent un mois entier pendant qu'on faisait à Toulouse les prépaiatils nécessaires pour la réception des reliques* La veille de Noël , on quitta PronlIleJ Le 26 janvier, oq s'arrêta à Avigûonet, et pins à Villefranctae. A Montgiscard, deux guérisons miraculeuses s^opérèreni. Le dimanche 28 janvier 1569, les reliques furent déposées, au point du jour, dans une petite chapelle appelée Notre-Dame de Plieretra (la chapelle de Saint-Roch). Le même jour, tout le clergé réguUer et séculier se rendit processionnellement à cette chapelle pour prendre les reliques. On assure que plus de cent cinquante mille personnes sortirent de la ville à la suite de Louis duc d'Anjou, qui assista à la cérémonie. On y voyait encore les archevêques de Toulouse et de Narbonne, les évecjiies de Lavaur, Beziers et Aire, les abbés de Saint-Saturnin et de Simorre,

TBM(*b t.NIKKMÉDIAlRES. 4 19

les Cours, rUniversité et tous les ordres de la ville. Un dais tout étincelaQt d'or et de pierreries était porté au-dessus des reliques par le duc et les principaux seigneurs de sa cour. Autour de la ctiâsse flottaient six étendards : les deux premiers élaieul aux armes de France, le troisième portait celles de la maison d'Anjou, le quatrième celles du pape, le cinquième celles de la maison dWquin, et le sixième celles de la ville de Toulouse. L'archevêque de Narbonne prononça le panégyrique du saint ; les reliques furent déposées dans réglise des Frères prêcheurs, et à Tofifertoire de la messe solennelle le duo d'Anjou donna cinquante francs* d'or (quinqwiginta francas auri).

Le duc d'Anjou, vers la lin de lévrier 15G9, assembla à Toulouse les communes du Languedoc et donna des lettres pour révoquer tous les commissaires royaux qu il avait institués, leurs fonctions ne servant qu'à opprimer le peuple ; il coidirma en même temps les traités que le comte d'Arnagnac et l'archevêque de Toulouse avaient passés avec les habitants de plusieurs villes voisines. Ces traités nous apprennent que Gaufnd de Veyroles était commissaire royal, qu'il attira à la France les habîtiints de Cabors et de Capdenae, et que le roi , pour le récompenser de ses services, lui accorda huit cents livres d'or.

An mois de mai on découvrit à Toulouse une grande conspiration dans laquelle se trouvaient Perrin de Savoie dit le Petit Mesquin^ Arnaud de Penne, Amanieu d'Artigues, Nobn Pavalhon, et quelques autres capitaines des compagnies que le duc d'Anjou avait prises au service du roi. Le plan des conjurés était de tuer ce prince ou de le livrer aux Anglais. Après que tous eurent été arrêtés et qn*on les eût

420 TEMPS IMtB3IÉDIAIttES.

promenés tous les quatre sur un cbar dans la ?iUe, on noya les (leu& premiers; tes deux aulres iureot décapités et leurs corps mis en quatre quartiers. Le prince partit de Toulouse au commencement de septembre, se dirigea vers le Rhône, revint au mois d'octobre dans cette ville, et y séjourna tout le reste de Tannée. 11 acccorda divers privilèges à plusieurs villes qui s'étaient placées sous l'obéissance du roi, établit James Izalguier, chevalier-bachelier, à Gimont en (jascogne, avec quatre-vingt-dix-huit écuyers de sa suite, et distribua aussi les gens d'armes de la province en divers quartiers. Nous le trouvons encore à Toulouse au mois de janvier 1370, convoquant les états de la province, quittant ensuite celte ville, et se rendant en France pour se concerter avec le roi sur les opérations de la campagne prochaine contre les Anglais.

Il fut arrêté dans les conseils du monarque que Ton met* trait deux armées sur pied : Tu ne suus les ordres du duc d'Anjou , vers le Périgord , et l'autre sous ceux du duc de Herri, vers le Limousin et le Querci. Ces deux princes devaient attaquer simultanément le prince de Galles dans Angouléme. Bertrand Du Gucsclin ful^ lappelé d'Espague et créé connétable de France.

Le duc d'Anjou arriva à Toulouse le 11 juillet et y trouva réunies toute la noblesse et les milices de la province. Parmi ces milices, il y avait un corps d'arbalétriers du pays de Gênes en Savoie- qui était commandé par Antoine Doria, chevalier génois. Peut-être le duc de Gênes, Duuiuiiquc Frégose, avait-il été porté à envoyer des secours au prince par l'iiili[)[)e Foucaud, fds d'un vigulcr de Tuulouse et qui jouissait d'un grand crédit auprès de lui. Philippe était un

TgKPS INTSRHÉDIAIRES.

4il

homiQe pleio de valeur ; il se signala daus itexpétiilioQ de Gênes contre l'île de Chypre, et revint a Toulouse chargé d'honneurs et de richesses. Sa famille devint puissante dans le pays.

Après avoir laissé à Toulouse l evèque de Chartres, son

chancelier, pour faire lever des subsides, le duc d'Anjou commença le cours de ses exploits ; Moissac, Agen, Tonneins, le Porl-Sainte-Marie, Aiguillon, Cahors, se soumirent à son approche. 11 rentra à Toulouse au mois d'août, et entreprit ensuite le voyage d Avignon pour saluer le pape, qui s'était rendu de Rome en cette ville. Ce pontife, à la prière de larchevêque de Toulouse, confirma la conslilutioii de Clément YI par laquelle il déclarait que les évèques suffragants étaient tenus de rendre hommage au métropolitain, quoiqu'ils n'eussent été ni élus par le chapitre ni conlirmés selon 1 antique usage par le métropolitain, mais seulement promus par le siège apostohque. Urhain mourut . bientôt après.

D'Avignon, le duc d'Anjou rentra à Toulouse, où Marie

de Bretagne sa femme donna le jour à une lille nommée Marie. Marguerite de Roquefort, damolselle, fut choisie pour nourrice de la jeune princesse. Le duc la gialiiia do cent francs d'or. Quelque temps avant l'arrivée du prince, on avait pendu à Toulouse Thomas de Walquetare, chevalier anglais, sénéchal du Querci pour le roi d'Angleterre. On éleva, poui' cette exécution, un immense cchafaud où treize charpentiers furent employés.

Grégoire VI succéda à Url)ain V au mois de décembre 1570. L'un des premiers actes de son pontificat fut une huile qui donnait plein pouvoir à Audouin cardinal d'Ostie

428 TEMPS umuiioiAïus.

de dresser des statuts pour m collège que ce prélat venait

de fonder à Toulouse. Ce collège élait celui de Maguelonne. 11 devait y avoir dix étudiants eu droit civil et canonique et un prêtre. Celte maison était biiuée rue du Taur , mii suii emplacement on a construit aujourd'hui un magnifique hôtel.

Nos annades nous montrent à cette époque le duc d'Anjou fixant son séjour à Toulouse, où il assemblait de temps k autre les états, et parcourant ensuite la province pour aviser a.ux moyens de résister à certaines compagnies de gens d*armes qui désolaient le pays.

L'archevêque de Toulouse permit, eu 1572, aux religieux de saint Dominique de fonder un couvent de femmes de leur ordre dans une maÏMjo appelée à Toulouse THOpital de la Ck)uronne. Cette maison était, à ce que nous croyons. Située l ue du Petit-Versailles. Elle fut placée sous la juridiction de la prieure de Prouilie,, et prit plus lard le nom de Sainte-Catherine de Sienne qui lui lut donné pour patronne. Gaufrid de Veyroles assista au contrat de mariage de Jean, fils du comte de Bologne et d Auvergne, etdllélionorde, fille de. Pierre-Raymond comte de Comminges.

D'après le chroniqueur Bardin, le duc d*Anjou créa en 1573, à Toulouse, de nouveaux capitouls dont les noms ont été conservés dans sa Chronique, et qui, pour être prorogés dans leurs charges, donntaent au prince six cents écus d or. 11 résidait toujours à Toulouse, où il assembla, en 1374, une armée forte de quinze mille gens tfarmes. Le connétable Du Cuesclin en prit le commandement. Sa marche fut contrariée par une mortalité, qui devint si grande dans le Toulousain qu on y vendit le qmrton de blé jus-

Tim IMTBUIWlàtRBS. 423

qu'à soixante florins. Lorsqu'elle eut cessé, le duc d'Anjou se précipita dans TAgenais, où il prit sur les Anglais plusieurs places. Les plénipotentiaires des rois de France et d'Angleterre, s'étanl réunis à Bruges, convinrent en 1373 d'une trêve qui devait durer une année entière.

Centulle d'Astarac, prévôt de Saint-Etienne, mourut en 1361, et eut pour successeur Jacques de Villeneuve. Celuici autorisa les religieuses augustines, dans la personne de Constance de Poitiers, leur abbesse, à bâtir une église dans la paroisse Saint-Etienne, n eut une discus^on avec les capitouls au sujet de la construction des murs d'encânte de la ville derrière la maison de la prévôté, discussion qui lut heureusement terminée. 11 mourut en 1375, et eut pour successeur Jean de Casillac, qui ne garda la prévôté qu'une seule année.

Hugues de Roger et Jean de Nogaret gouvernèrent successivement Tabbaye de Saint-Saturma. Ce dernier était docteur en droit et professeur très habile dans runiversité de Toulouse. 11 eut pour successeur Ramnulphe de Vaiiguac de Limoges, qui mourut en 1375.

Le prieuré de la Daurade perdit, dans cette période, Bonnefous de Dutfort, qui avait profité de sa médiation pour réconcilier avec le comte de Poitiers les habitants du lieu de Lagardelle qui s'étaient révoltés contre le juge de Rieux, au sujet de certaines levées de milices qu'il faisait dans la province. On place sa mort en Tannée 1361. Il eut pour successeur Guillaume de Lorme, qui fut transféré plus tard à Tabbaye de la Chaise-Dieu en Auvergne. A ce dernier prieur de la Daurade succéda Bernard de Maiudun. Nous apprenons qu'il existait depuis longtemps auprès de Téglise

4i4 ' Turs umuiiDiuui.

de ce nom ud hôpital du Saint-Esprit, puisque Urbain V

ordoiiiia a ce prieur de détruire cette maisou qia ne pouvait plus se soutenir. Bernard mourut en 1370 ; Bernard Dufaur lui succéda en 1570.

Guillaume de Médère succéda à Hunaud de Montauban dans le gouvernement de iabba^e du Mas-Gai nier. Il avait été abbé de Sainte-Sophie de Bénévent, et devint abbé de Saint- GiUi-'S. Jean d'Alberli vint après lui. Ce dernier, prieur de Saint-Ëmereni au diocèse d'Auch, assista au chapitre général des religieux bénédictins des trois provinces d*Auch, Toulouse et Narbonne, qui se tint à Lavaur en 1368.

C'est à cette époque que nous trouvons la première abbesse de Saint-Pantaléon appelée de Naves, ainsi que les noms de Saure, de Navatte de la Ville-d'Yers, qui lui succédèrent. L'abbaye d'£aunes ne nous offre que le nom de ses abbés Bernard, Jean, Jacques et Pons Dupuy. Grand- Selve avait à sa tète Raoul, qui est connu dans notre histoire pour avoir agrandi les bâtiments du collège de Saint- Bernard à Toulouse, et avoir eu quelques démêlés avec le prieur de Grenade. 11 mourut en 1368, et eut pour successeur Bernard de la Fours.

L*abbaye de Salenques avait à sa tête Marguerite, qui avait succédé à Mantélie de CbàiiUon. Une autre Marguerite de Levis, de la noble famille des seigneurs de Mirepoix, lui succéda bientôt après. ^ Arnaud III occupa Fabbaye de Calers ; il mourut en 1374, et eut pour successeur Bernard il.

Ce fut en Tan 1353 que les religieuses de Sainte-Claire s'établirent sur le territoire de la paroisse de la Dalbade. Bernard, cardinal-évéque de Porto, lenr céda plusieurs

TEMPS INTEKMéDlJlIlBS. 4âl5

maisons qu'il possédait, et le nouveau monastère s*établit sur leurs ruines. Guillaume de Quinbal, curé de la Dalbade, prétendit que cet établissement portait un grand préjudice à son église et en-demanda la destruction. Ce différend fut terminé par la médiation du souverain pontife. Les religieuses de Sainte-Claire iondèrent un autre monastère dans un lieu nommé les Carrelés, au diocèse de Toulouse. Une noble dame toulousaine nommée Françoise de Saint-Raymond fournil aux frais de cette nouvelle maison. Les guerres continuelles dont la contrée fut le théâtre détruisirent ce monastère, qui, avec la permission dlnnoceot VI en 1357, fut reconstruit dans Fintéri^ur de la ville d'Auterive, sur un emplacement que Gaucelme Mascon, seigneur du lieu, leur céda.

De Tannée 1350 a Tannée 1575, le siège de Rieux fut occupé par Durand des Chapelles dont nous avons déjà parlé. Jean 11 lui succéda, et gouverna cette Eglise jusqu'en 1359. Pierre de Saint-Martial, né dans la paroisse de Saint- Thomas de la Chapelle du Plan, au diocèse de Tulle, fut élu évèque de Rieui immédiatement après la mort de Jean H. Il lui transféré sur le siège de Carcassonne et de là à Tarchevéché de Toulouse, comme nous le dirons en son lieu. Jean de Lanta succéda à Pierre de Saint-Martial.

L'ahbaye de Feuillants ne nous offre, dans cette période, que les noms de ses abbés : Germain, Jean du Falgar et Bernard de Calme. — Bernard Vi de Planvillars, Martin, Pierre 111, Pierre IV, d'Aulier moine de Bolbùjiiie, occupèrent tour à tour Tabbaye de Calers. — Arnaud 11 abbé de Bolbonne visita, en I.IjO, le monastère de Valnègre, par délégation de Tabbé deCiteaux. Guillaume IV, son succès-

496 TBHK iiinBatoi&iu».

seur, reçut trois mille florins d'or de ia libéralité de Guillaume évêqne de Tuscuium, pour rentretien de trois religieux de fiolboune dans Tuniversité de Paris. Après lui, Raymond fonda un anniversaire solennel pour le repos de Fâme de cet insigne bienÊûtenr, qui légua tous ses biens à cette abbaye. Pierre d'Aulier lut iait abbé de Boibonoe après Raymond.

A Hugues de Cbâtillon succéda, sur le siège de Comminges, Rertrand de Cosnac né au territoire de Limoges. H était religieux de Vordre de saint Augustiu lorsqu en 1332 il fat fait évèqne de cette ville. Nous trouvons son nom dans des accords qui lurent passés entre Pierre de Mirepoix et Arnaud d*Auton, ainsi que dans des lettres de Mathe comtesse de Comminges. Innocent VI avait la plus giaude confiance dans son adresse à diriger les afiEûres les plus délicates : c'est ce qui détermina le pape à le charger de recouvrer les sommes qui étaient dues au collège des car- n dinaux. £a 1366, il assista au concile de Lavaur. Ayant été créé cardinal par Grégoire XI sous le titre de Saint-Marcel, il donna ia démission de son siège en 1572, et eut poui successeur à (bmminges Guillaume dTspagne, fils d'Arnaud de Montespan et de Marguerite de Barthe. Il avait gouverûé TEglise de Pamiers avant d'être promu à l'évêché de Comminges*

L'abbaye de Bonnefont ne nous offre que le nom de deux de ses abbés dans cette période, — Bertrand F et Arnaud V. n en est de même de celle de Nizors, que gouvemà^nt successivement Bernard du Puy et Bernard V.

Le cardinal de Périgord, en 1576, acheta la maison d'un nommé Hauran, sur la paroisse de Saint-Sernin, et ycon-

struisit un collège. La mort Fempêcha de terminer son œuvre, qui lut conduite à son terme par les soins de Gré^ goire XI. Cette maison devait renfermer vingt pauvres écoliers, dix pour le droit civil et dix pour le droit canonique, n y avait, de plus, quatre prêtres destinés à la direction spirituelle du collège et au service de la chapelle qui fut dédiée à saint Front de Périgueux. Cette maison était située rue du Taur, et est aujourd'hui occupée par le grand séminaire dn diocèse.

Gauliid de Yeyroles ne survécut pas longtemps à la fondation du collège de Périgord : il mourut à Toulouse dans la même année, le 10 mars. Il avait gouverné cette ËgUse pendant seize ans. Après sa mort, le siège resta vacant pendant deux années, et ne fut rempli qu'en 1578.

L'ordre de saint Dominique possédait alors à Toulouse Tune de ses plus grandes lumières, — Vincent Ferrier. 11 était né à Valence, en 1357. Ayant commencé à quatorze ans ses études théologiques, il entra en 1374 dans Tordre des dominicains. Aussitôt qu'il eut fait sa profession, il vînt à Toulouse pour y compléter ses cours, et après deux ans de séjour en cette ville, il la quitta pour se rendre à Lerida, où il reçut le grade de docteur. Nous le retrouverons plus tard à Toulouse exerçant avec un étonnant succès le ministère de la prédication.

Vincent Feri ioi était encore à Toulouse lorsque, le 7 oc- Ujlbre 1377, la duchesse d Anjou y donna le jour à un prince qui lut appelé Louis, et qui succéda k son père dans le royaume de Naples et le comté de Provence. Le duc apprit la nouvelle de la naissance de cet enfant au siège de Montségur en Bazadois : il revint aus^tôt à Toulouse et y fit

4S8 TEMPS imaiitouitBS.

célébrer de grandes fêtes pour les releyailles de la da-

chesse.

Jean de CardaiUac fut nommé à cette époque arche?6que

de Toulouse. O lut l'un des plus illustres prélats qui aient gouverné cette Eglise. Il naquit dans le territoire de Cahors, au lieu qui porte son nom, d'une très illustre famille. Après avoir terminé ses études à Toulouse avec la plus haute distinction, il y fut reçu docteur et y professa le droit civil. L*académie de Toulouse Tenvoya auprès de Clément VI pour défendre ses privilèges. Le pape ne put s empêcher d'admirer son éloquence, et le nomma évêque d'Orense en Espagne. C^idiiillac ne parlit pour son diocèse qu'après la mort de Clément VI, dont il prononça Téloge funèbre ; il prêcha aussi pour la cérémonie de riiili oui^aliou d'Innocent, qui fut le successeur de Clément.

Jean de CardaiUac fut transféré de révéché d'Orense à larchevéché de Bragues en Portugal. 11 tint plusieurs synodes dans son nouveau diocèse, visita réglise d'Astorga, où il lit une très belle harangue, et fut choisi pour prottcmcer Toraison funèbre d'Agnès de Castro, reine de Portugal. Sous Pierre le Cruel, il fut jeté dans les fers à Burgos; mais il fut délivré par Henri, frère de Pierre. Le roi de Ca^tiiie Tayaut envoyé à Home auprès d'Urbain V, il traversa la France, s'arrêta au château de CardaiUac pour y visiter sa i^mille, et se trouva dans cette contrée à répoque de la mort de Bertrand, évêque de Nontauban, son frère, dont il prononça Téloge. Sur ces entreiaites, Urbain V mourut à Avignon; CardaiUac fit son éloge à Spolète. Il revint ensuite en France, donna sa démisbiou de rarchevèclié de Bragûes, et fut nommé patriarche d'Alexandrie et admi-

TEHfS 1NTBUIÉ0UIRES. . 4S9

iiistrateur du diocèse de Rodez. Ed 1372, nous le trouvons

légat apostolique auprès de rcmpcreur pour traiter de la paix entre ce prince, le roi de Hongrie et les Bavarois ; en 1375, il prêcha à Paris devant le roi Charles, le jour de rAnnonciation, et baptisa à Toulouse, Tannée suivante, le fils du duc d'Anjou.

Ce prélat revint à Rome en 1378 ; il assista à la mort de Grégoire XI et à l electiuu dUrhain VI, qui le nomma administrateur du diocèse de Toulouse. Sa nomination fut confirmée par Clément VU. Dans celte haute position, Cardaillac se montra fidèlement attaché à son prince le roi de France, qui se servit de son habileté et de son élotiuonce pour réduire sous sa domination les villes de TAquitaine anachees au Joug des Anglais. La grande coniiauce qu on avait en lui, fit que Pierre deChalais, évéqùe de Mon-^ tauban, rinstitua son exécuteur testamentaire en 1379.

En 1380, Cardaillac prit sous sa protection Tordre des frères pi êoheurs, et ordonna à ses suffra^anis de se charger de la défense de ces religieux, en exécution des bulles que Grégoire XI avait données en leur faveur. Par suite de sou dévouement à cet ordre, il voulut que la fête de saint Thomas d'Aquiu lut célébrée le 7 mars avec toute la solennité possible, et enrichit Téglise des Dominicains de Toulouse de plusieurs ornements très précieux. H publia à la même époque, avec Taide de Bertrand de Nogaret, son officiai , un ouvrage qui a pour titre : Stalula cai iaium civilis, crminum , appelkuUmuni et moUrimoniorum Archiepiscopalus tolosaai.

Les peuples du Languedoc, fatigués des exactions commises par le duc d'Anjou, obtinrent du roi qu'il serait.

410 TBMPS INTIBIÉMllUS.

remplacé dans son gouvernement. Bertrand Du Guesclin fat

nommé après lui ; mais ce grand capitaine mourut au siège de ChâteanneuC de Randon, le i3 juillet 1380. Gaston- Phébus comte de Foix fut alors chargé de commander en Languedoc. Ce prince ne jouit pas longtemps de son commandement, car, Cliailc^ V étant mort, Charles VI son fils nomma le duc de fierri pour gouverner la province à la place de Gaston.

Gaston ne vit qu'avec un extrême déplaisir que le roi lui eût enlevé cette chai gc , il assembla les notables à Toulouse pour solliciter une décision dans les circonstances délicates où il se trouvait placé. Les uns opinaient pour la soumission aux volontés du prince, les autres au contraire pour la résistance. Un parti mitoyen remporta : il fut décidé qu'on députerait au roi pour lui faire de très humbles remontrances, le suppliant de confirmer le choix qu'avait lait son père de Gaston-Phébus. Du reste, ce prince s'était attiré Taffection des peuples par la douceur de son gouvernement et les victoires remportées à Rahastens-du- Tarn sur les compagnies, quil tailla en pièces, après avoir Êtit pendre à un noyer plus de quatre cents prisonniers faits dans le combat.

Les capitouls de Toulouse se rendirent en France auprès du roi, qui les admit à son audience ; le duc de Berri, oncle du monarque était présent. La demande qu ils adressèrent ne Alt point accueillie : Charles déclara que le Languedoc naurait point d'autre gouverneur que le duc. Les députés partirent , résolus k résister. Le roi , dans l'espoir de sauvegarder le choix qu il avait fait, écrivit à Gastoa- Phébus pour lui annoncer sa détermination. Le comte ré-

TBHPS INTBRMiDUIEBS. 434

pondit att roi qa*U ne souffrirait en Languedoc seigneur ni

partie, ni par conséquent le duc de Berri. Charles écrivit alors aux barons et aux prélats de la province pour les engager à se soumettre k ce dernier prince. Toulouse, Narbonne, Beziers et NUnes persistèrent dans leur désobéissance.

On devait s'attendre à ce que le duc de Berri cherche*

rait à se soutenir dans son gouvernement par la force des armes, et que Gaston-Phébus ne négligerait rien pour persister dans ses projets. Ces deux princes se rencontrèrent dans la plaine de Revel, au diocèse de Lavaur. Le combat ne fut pas de longue durée : Gaston mit en déroute les troupes du duc de Berri , le 15 juillet 1381. Cette guerre dura quelque temps encore jusqu'à ce que le cardinal d'Amiens, par les ordres de Gément VII, fit accepter la paix à Capestan, vers la lin de décembre 1381. Toutefois cette paix ne mit pas un terme aux troubles qui désolèrent la province, car, le duc de Berri ayant voulu lever de uou* veaux subsides, les paysans des trois sénéchaussées se soulevèrent de toutes parts et s'armèrent contre les oiUciers du roi et les maisons les plus opulentes ; ils prirent le nom de Tuchim ou Coquins et se donnèrent des chefs. On eut beaucoup de peine k réduire ces bandes de vrais brigands. Ce fut à cette fin que le roi convoqua à Lyon, au mois d*aoùt 1383, les communes du Languedoc ; il y déclara qu'il évoquait à son conseil tout ce qui regardait le tuchinaX, et appela dans cette ville Jean de Cardaillac, archevêque de Toulouse, pour qu il Faidàt de ses conseils. Charles VI, en récompense de Tancienne fidélité de ce prélat, lui fil présent de 2000 pièces d or.

432 IWÊH laTBBMtoUIBBS.

Avaal de se rendre à LyoQ, Cardaillac, iguorant Tépoque de son retour, voulut doter son église métropolitaine de plusieurs joyaux destinés à orner les vases sacrés. Parmi tous les objets d'ai l dunl il eiirlcliit cette métropole, on distinguait un magnilique reliquaire d'argent doré qui représeulail U Lcie ou ligure de saint Etienne soutenue pai do^ anges ; sur le piédestal on voyait saint Martial portant une liole pleine liu sang du martyr ; dans Uintérieur du buste, étaient conservées des reliques de la téte de saint Ëtienoe et une ampoule renleimaut des parcelles de son sang. Ce reliquaire périt dans Tincendie qui consuma le chœur de la métropole au dix-septième siècle.

De Lyon, Jean de Cardaillac se rendit à Paris, où il sacra, le 1" janvier 1384, Piniippe Dumoulin, évêque d'Evreux. Il était de retour à Toulouse au mois d octobre 1385, puisqu'il assista à deux imposantes cérémonies qui eurent Heu à cette époque dans cette ville. La première fut rélévation solennelle des reliques de saint Jacques le Majeur à Saint- Saturnin. La basilique devait ces reliques à la libéralité du comte Alphonse Jourdain, qui les avait obtenues des rois de Castille. Ces reliques consistaient en une partie du ciioe et quelques ossements. Le 15 octobre, Jean de Cardaillac, assisté de Tabbé de Saint-Saturnin et de plusieurs prâats, se rendit dans la grande nef, qui était décorée de riches tentures. Toute là noblesse de la ville remplissait d*élégaDtes estrades élevées à grands frais autour de la nef; on remarquait pairmi les assistants le duc de Berri, frère du roi Charles VI. L'archevêque lit la vérilication exacte des ossements et les montra au peuple. Les reliques fureot ensuite divisées ; la plus grande partie fut renfermée dans

Uûe caisse en forme de tombeau, armée de bandes de 1er. Le procès-verbal de cette élévation fut placé à côté des ossemenU dans une boîte de plomb supportée par quatre taureaux. Cette caisse fut renfermée dans une châsse de bois revêtue de lames d argent. Quci(iues autres reliques du saint furent renférmées dans un buste d'argent. Ce buste était dû à la muniticence du duc de Berri, qui donna, à cette occasion huit cents écus d*or, une chaîne d'or d'où pendait un saphir d un grand priK bordé de rubis et de perles, avec un cliâton de quatre rubis d'où pendaient encore de magniliques perles ; il oûrit de plus deux pièces de drap d'or. Tous les seigneurs de sa suite présentèrent à Toffrande de riches vases d'argent. À la procession solennelle que l'on fit autour de l'église, les reliques étaient portées par des prêtres sous un riche dais. La cérémonie fut temûnée par le chant des vêpres.

La seconde cérémome l'ut la consécration solennelle de l église des Jacobins, qui eut lieu lé 22 octobre. Le cardinal Guillaume de Godive ou de Godiu, religieux de Tordre de saint Dominique et évêque de Sabine, avait terminé ce majestueux édilice, où il voulut reposer après sa mort. L archevêque de Lesbos, religieux carme, présida à la consécration. On y voyait Jean de Cardaillac, de Castelnau évéqoe de Cahors, Jean de Rieux, Gui d'Auxerre, Jean duc de Berri, le comte d'£tampes, le comte d Armagnac, celui d'Albret et de Pardiac, le patriarche de Jérusalem, Raymond Béquia de l'ordre des Irèrcs prêcheurs^ et le cardinal de Thureï.

Après ces cérémonies, le duc de Berri qujtta Toulouse et établit gouverneur général du pays le comte d'Armagnac

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