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de SaiDt-Gilles. Ce prince, dont tous les historiens nous on fait le plus bel éloge, marcha, au mois de juillet 1113, yei
Tibériade au secours de Baudouin qui venait d'éprouver ui 1
* rude échec, et parvint a le dégager. On le vit, plus tard- , voler au secours d'Antioche menacée ; et ce fut à cette épo — •que que Baudouin, ayant pris avec lui Cécile veuve d^^ e Tancrède, la conduisit a Tripoli et la maria a Pons, don' .^Bt les noces furent célébrées avec beaucoup de magniOcence ^• L'histoire nous montre ce héros presque invincible ven — -»geiant la mort de Roger, prince d'Ântioche, dans une bataillc^»^ ^ où il met les infidèles en complète déroute, contribuant ^t puissamment à la prise de Tyr en arborant son éteadanlEzsd sur ses murailles, prenant ensuite Zaphania, et marcbanV ^^ enfin vers Damas pour l'assiéger.
Pendant que le comte de Tripoli remplissait l'Orient di bruit de ses exploits, un conquérant d'un autre genre remportait d'éclatantes victoires à Toulouse et dans les voisins : c'était le B. Robert d'Arbrisselle, qui était venu ei cette ville à la suite de GuiUaume IX comte de Poitiers el de sa femme Philippia. Nous avons déjà vu que ce sei — gneur prétendait toujours avoir des droits sur le Qpmté d^ Toulouse, n profita, en 1114, de la jeunesse et de l'inexpérience d'Alphonse, et le chassa de cette ville. D'anciens monuments rapportent que cette nouvelle invasion de Guillaume fut accompagnée de quelque grand combat dans lequel périt Pierre, évêque de Pampelune. Ce prélat , cherchant à réunir les esprits, fut atteint d'un coup de pierre, et mouinit peu de temps après des suites de sa blessure. Il appartenait à un seigneur du Rouergue, Didôn d'Andoque. Après avoir embrassé l'état monastique à Conques, il était
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monté sur le siège de Pampelune, et s'était montré le bienfaiteur de Fabbaye de Saint-Saturnin. Après sa mort, son corps fut porté à Pampelune et inhumé dans la cathédrale, où sa mémoire est encore honorée. Après l'invasion de Guillaume de Poitiers, les tuteurs du jeune Alphonse le conduisirent en Provence, dans quelque domaine de sa maison, car on regarde comme peu prouvé son voyage à la cour des rois d'Aragon et de Castille à cette époque. Nous avons une preuve certaine de la présence de Guillaume et de Philippia à Toulouse en 1114, par un accord qui fut passé cette année-là entre cette comtesse et le vicomte de fieziers, Bernard Atton. Par cet acte, le vicomte prêta serment de fldéUté à Philippia pour tous les domaines que Guillaume de Toulouse son père avait possédés, et cela, à raison des fiefs du Rouergue qu'il tenait d'elle. La comtesse, de son côté, promet au vicomte de lui conserver sa vie et ses biens. Cet accord fut passé en présence d'une illustre ^semblée dans laquelle on distinguait Geraud évoque d'Angoulême, Bertrand de Bazas, Léodegard de Bourges, Mainard chantre d'Angoulême, Geraud archidiacre de Bourges, Robert d'Arbrisselle, Bertrand de Villemur, Arnaud de Casteloau, Oger d'Angles, Pons de Montpezat et Raymond - Guilbem d'Auterive.
Le B. Robert d^Arbrisselle sut profiter des bonnes dispositions du clergé, des grands et du peuple à son égard ; excité par Amélius, il demanda une terre à la comtesse de Poitiers pour y bâtir un monastère de son ordre. Cette princesse lui céda un bois nommé Espezez ou Espinasse, situé près de Toulouse, vers le nord-ouest , ainsi que les terres environnantes. Plusieurs nobles chevaliers, Pons Ray-
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mundi , Pons Bérenger et Calvet Roberti y ajoutèrent quelques autres terres et forêts povir y construire l'église et le monastère. Amélius approuva la fondation, ainsi que les prévôts des chapitres de Saint-Etienne et de Saint-Semin. L*acte fut passé à Téglise de Saint-Etienne, un samedi, le 12 de mars 1114. Telle fut l'origine du célèbre prieuré de FEspinasse, de l'ordre de Fontevrault, le premier du diocèse de Toulouse, qui donna plus tard naissance a ceux de Longages, de la Grace-Dieu, de Sainte-Croix de Volvestre, de Notre-Dame de Bragairac, etc.
Le saint fondateur de Fontevrault fut accompagné à Toulouse par Geraud de Sales. Geraud était né au diocèse de Périgueux ; il prit l'habit de chanoine régulier au monastère de Saint-Avit, situé non loin de sa ville natale ; il s'associa aux travaux apostoliques de Robert, et embrassa toutes les austérités de la vie monastique. Il devint le fondateur de beaucoup de monastères en Aquitaine ; il jeta, vers l'an 1114, les fondements de celui de Grand-Selve au diocèse de Toulouse, vers le nord, et de celui de Cadouin. Les premiers qui habitèrent Grand-Selve furent de pauvres ermites, auxquels Geraud donna pour prieur Etienne, qui est regardé comme le premier abbé de cette maison.
Il régnait toujours une certaine agitation à Toulouse à cause des deux partis d'Alphonse et de Guillaume de Poitiers. Celui-ci forma le projet d'une grande cérémonie religieuse, soit pour obtenir du ciel la paix , soit plutôt afin d'opérer quelque diversion dans les esprits trop agités. Vers la fin d'octobre, il pria Amélius d'indiquer une procession générale à laquelle on devait porter toutes les reliques des saints reposant dans la province. L'évêque de Toulouse fit
inviter tous les évêques, abbés, prieurs, clercs et seigneurs des lieux voisins à se rendre à Toulouse. Odon de Berjas, abbé de Lézat , prit alors le corps de saint Antoine, que Ton prétendait avoir été porté de Constantinople en ce lieu, et âe mit en marche avec une foule immense. La pluie étant survenue, on fut obligé de s'arrêter à Corneillan : on passa la nuit dans une forêt qui appartenait à un riche citoyen de Toulouse ; là , ceux qui portaient la châsse de saint Ferréol , martyr, se joignirent aux religieux de Lézat, et on entra dans Toulouse. Le nombre des étrangers fut si considérable, qu'on fat obligé de camper sous des tentes. Toutà-coup une foule d'aveugles, de sourds, de boiteux, de possédés, de frénétiques, se précipita devant les sacrées reliques ; une vieille femme y conduisit sa mère complètement percluse. A peine l'infirme eut-elle touché la châsse, qu'ellese trouva subitement guérie. Un cri d'admiration se fit entendre ; mais , les uns attribuant le miracle à saint Ferréol , les autres à saint Antoine, la dispute s'échauffa à tel point qu'on allait en venir aux mains : il fallut se séparer promptèment. Saint Antoine opéra cependant des miracles, et le bruit de ces prodiges étant venu aux oreilles du comte, il était à craindre qu'il n'enlevât le sacré dépôt. CMioD de Lézat le fit alors protéger par une garde dévouée. Lorsqu'on voulut transporter la châsse, tous les efforts furent inutiles. AméUus, comprenant que le saint désirait être honoré en ce heu, promit de lui élever un oratoire ; après cette promesse, la châsse pût être facilement levée , et on la transporta à Lézat.
Pierre, deuxième du nom, gouvernait toujours Fabbaye de Sorèze. Il parait qu'il existait une famille de Sor dont l'un
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des membres nommé Bernard prit Thabit religieux dans ce monastère. Il avait donné une terre que Pierre, du consentement de ses religieux, céda à deux autres membres d& cette famille, Hugues Saint-Paul et Hugues Bernard, à con — dition qu'après leur mort elle reviendrait au monastère. est très probable que cette antique famille de Sor donna so nom à Tabbaye qui était déjà construite au viii^ siècle (Sort cinium). Un autre seigneur nommé Aldelbar se fit moine l Sorèze, et donna une terre allodiale. Pierre de Semalens^ avant son départ pour la Terre-Sainte, lui avait cédé lesdroits d'albergue et quelques terres pour le prix de cin — quante sols Melgoriens.
Les nombreux miracles qu'avait opérés saint Antoine à^ Toulouse excitèrent en faveur du monastère de Lézat la {Hét^ du comte Guillaume : par une charte qui porte la date du . mois d'août 1115, il céda à saint Antoine et au monastère d& Lézat un terrain situé au faubourg de Toulouse, devant la porte du château Narbonnais, avec exemption de toute domination, et le droit de justice sur tous ceux qui y habiteraient. Amélius, évéque de Toulouse, Gérard de Verfeil et plusieurs autres seigneurs souscrivirent à cet acte. Après cette donation, les religieux de Lézat firent bâtir en ce lieu une église en Thonneur de saint Antoine, avec un prieuré conventuel sous la dépendance de leur abbaye.
Au moment où Guillaume IX faisait toutes ces largesses, il fut excommunié par le pape Pascal II , pour avoir persécuté TEgUse, disent les chroniques. Nous croyons que ce fut plutôt à cause de sa vie scandaleuse et des persécutions qu'il avait suscitées à Tévêque de Poitiers qui lui reprochait sa conduite. Cest à tort qu'on Fa accusé d'avoir répudié
la comtesse Philippia pour épouser Hildegarde. Philippia, touchée des prédications du B. Robert, résolût, du consentement sans doute de son époux, de se retirer dans le cloître; et quoique certains auteurs aient avancé qu'elle avait suivi Robert à Fontevrault, nous croyons , avec d'autres , qu'elle choisit le monastère de FEspinasse, qu'elle avait fondé, pour le lieu de sa retraite. En 1115, Philippia était encore à Toulouse ; en 1119, Guillaume avait épousé Hildegarde : la retraite et la mort de Philippia doivent donc être placées dans cet intervalle. Du reste, on n'a aucune preuve que cette princesse ait embrassé la profession monastique ; elle suivait seulement les exercices religieux qu'on lui avait prescrits, et voulut , avant sa mort , qui arriva un 28 novembre, se revêtir de l'habit monastique. Tant que PhiUppia vécut avec Guillaume, la piété et les grandes qualités de cette comtesse soutenaient le parti de ce seigneur ; mais , après la retraite et la mort de sa fidèle épouse, les Toulousains abandonnèrent sa cause et le chassèrent de leur ville.
Au mois d'octobre 1115, il se tint une grande assemblée dans la province pour la consécration de l'égUse du monastère de Cassan au diocèse de Béziers, assemblée à laquelle assista, avec beaucoup d'autres prélats, Raymond de Barbastro. Nous ne mentionnons ici cette assemblée que parce que, dans la consécration de l'autel , on plaça des reUques insignes de saint Saturnin, premier évêque de Toulouse, et de saint Exupère.
L'égUse consacrée, à Toulouse, à la mémoire de ce saint martyr reçut, en 1117, un nouvel éclat par l'institution de la dignité abbatiale. Jusqu'à ce jour, ceux qui la gouvernaient n'avaient pris que le simple titre de prévôt. Ray-
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mond, deuxième du nom, avait succédé au saint évêque de Barbastro : on rappelait Willenni ou Roberti. Il est le premier abbé de Saint-Saturnin, et ouvre la longue série des personnages illustres qui ont été revêtus de la dignité abbatiale jusqu'à la destruction de Fabbaye. Cette église, pendanft. le onzième et au commencement du douzième siècle, avaifc déjà compté un grand nombre de bienfaiteurs : ainâ C^e de Miremont et Thècle sa femme lui donnèrent Téglise Saint-Martin de Campaja située dans le territoire d^Aire^ avec toutes ses dépendances et droits seigneuriaux ; Belhomme et ses sœurs, les fiefs de Lavalette, de Fontenille^. et quelques autres ; un seigneur dont le nom est inconnm lui donna la terre de Drignil ou Dremil ; Raymond Fort Hugues son fils, un fief situé près de la rivière de THers ^ Pons-Bernard de Pietés, le village de Saint-Georges ; Arti— mond-Pons et Bonnet Bainguier la terre de La Salvetat r Bernard Jourdan et Guillemette sa femme, l'église de Columaria ; Bernard de Marennes et ses frères, Içs églises d'Artiguelongue et de Cépède. Bernard d'Albinac, Adhémar son frère et Blanche sa sœur confirmèrent l'église de Saint- Saturnin dans la possession de plusieurs biens que lui avaient déjà cédés leurs devanciers.
Si l'église de Saint-Saturnin eut ses bienfaiteurs, le nouveau monastère de Grand-Selve eut aussi les siens. Au mois de janvier 1117, Olivier de Bessens et sa femme Algarde donnèrent à Gérard de Sales une partie du territoire de Grand-Selve. C'est ici la première donation faite à ce monastère dont il soit parlé dans l'histoire. L'évêque Amélius confirma cette donation, ainsi que toutes celles que Grand* Selve pourrait recevoir à l'avenir ; il désigne les lieux de
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Figarède, de Beaumont, de Bouillac et de Saint-Germain, et déclare que Géraud de Sales et ses ermites pourront y bâtir des cellules et un oratoire en Thonneur de la Sainte- Vierge et de sainte Marie-Magdeleine. Il place ces religieux sous la règle de Oteaux. On trouve ainsi dans ces actes rhistoire détaillée des origines de ce célèbre monastère.
Eïi cette même année mourut à Toulouse Bernard, saeriste et chanoine de Saint-Etienne ; il fut enseveli dans le doftre de cette église, et c'est peut-être Fun des premiers t(»nbeaux que ce cloître ait reçus. Les archéologues prétendent que ce cloître fut construit pendant le xi"" siècle, peut-être sous Fépiscopat d'Izam. Il était formé par quatre galeries à peu près égales, qui présentaient des arcs à plein ceintre supportés par des colonnes de marbre blanc ; an milieu, jaillissait une fontaine. Au point de jonction de chacune des galeries, se trouvaient des piliers sur lesquels on voyait les images de saint Pierre, de saint Saturnin, de saint Exupère et d un diacre. Des peintures murales ornaient le pourtour intérieur du cloître ; sur le côté du midi , se tat>uvaient les chapelles de Saint-Jacques et de Sainte-Anne; au levant , furent élevés plus tard les bâtiments de la pré^ voté et de la chancellerie, les salles capitulaires, les caveaux des chanoines et des hebdomadiers, des chapeHes consacrées à des corporations d'ouvriers. Nous avons vu les ruines de ce cloître et de ces bâtiments dont la dernière pierre a aujourd'hui disparu.
L'année 1118 s'ouvre, dans nos annales, par la tenue d'un concile ou plutôt d'un synode convoqué à Toulouse, et que nous regardons comme le huitième de cette ville. Al- {riionse ^^ roi d'Aragon, qui avait résolu de déclarer la
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guerre aux Maures d*Espagne et de s'emparer de la ville de Saragosse, envoya des ambassadeurs aux princes voisins de ses états pour solliciter des secours. Ce concile fut assemblé pour recevoir les députés d'Alphonse et répondre à sa demande. Puisqu'un roi sollicitait le secours des évéqûes pour une guerre sainte, il faut supposer qu'on reconnaissait alors la force de leur pouvoir, même temporel. Il fut; décidé qu'on protégerait l'expédition d'Alphonse. On connaît l'issue de cette guerre. Le pape Gelase II écrivit un^ lettre à l'armée qui assiégeait Saragosse, promettant à ceuic. qui périraient dans le combat la rémission de leurs péchés^ et toutes les grâces spirituelles. Saragosse fut prise ; lesrois de Maroc, de Grenade et de Tamit furent tués ou Csdts. prisonniers dans le combat. Après cette victoire, huit ailtres» villes et plusieurs châteaux se rendirent à Alphonse. On. croit que Raymond de Barbastro assista au concile de Toulouse.
Quelque temps après, mourut en cette ville Arnaud Raymundi , prévôt de Saint-Etienne. Il eut pour successeur dans cette dignité Aicard archidiacre du chapitre, qui entra dans sa charge en souscrivant à la donation d'une église de Saint-Martin faite à Saint-Etienne, et à celle de Jourdan et de Stéphanie, nobles seigneurs se consacrant, eux et leur maison, au service de la cathédrale, entre les mains de l'évêque AméUus.
Ce prélat devait bientôt recevoir dans sa ville épiscopale le pape Calixte II, qui venait de succéder à Gelase, mort à Cluny le 29 janvier 1119. Calixte se nommait Guy, et était archevêque de Vienne à l'époque de son élection. Il arriva à Toulouse au commencement de juillet, et le 8 il fit l'ou-
verture d'un concile dont les canons nous ont été conservés :
« 1*» Marchant sur les traces des anciens pères, nous défendons par l'autorité apostolique d'ordonner ou d'élever qui que ce soit à aucune dignité pour de l'argent. Si quelqu'un obtient par cette voie cette ordination ou dignité, qu'il en soit entièrement privé.
2® Qu'aucun ne soit nommé prévôt, archiprétre, doyen, s'il n'est prêtre ; et archidiacre, s'il n'est diacre.
3" Nous ordonnons qu'on chasse de l'Eglise avec le secours du bras séculier, comme hérétiques, tous ceux qui nient le sacrement du corps et du sang du Seigneur, le baptême des enfants, le sacerdoce et les ordres, et la légitimité du mariage; que leurs fauteurs soient soumis au même anathème.
4* Nous défendons à tout seigneur ou laïque de s'emparer des prémices, dixmes, oblations, cimetières, bâtiments, et autres biens, après la mort de l'évêquè ou en l'absence des clercs.
5" Qu'aucune personne ecclésiastique ou séculière ne place au rang des serfs des hommes libres, soit clercs, soit laïques.
6" Qu'aucun clerc ne soit forcé par son titre à servir des seigneurs laïques.
7*» Que personne n'ait la témérité de s'emparer de la part de l'évêquè.
8** Qu'aucun évêque, prêtre ou clerc, ne laisse par héritage des dignités ou bénéfices ecclésiastiques.
9^ Qu'on n'exige rien pour les saintes huiles et les sépultures.
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10^ Si quelque homme ayant un titre ecclésiastique, moine, chanoine ou clerc, abandonne son état et nourrit sa barbe et ses cheveux, qu'il soit excommunié.
Tels sont les canons de discipline qui furent dressés dans ce concile. Le 14 de juillet, septième jour de rouTerîme de rassemblée, le pape termina un différend qui s'était' élevé entre Fabbaye de la Grasse et celle d'Alet, au sujet d^ Fabbaye de SaintrPolicarpe, sur laquelle les deux premières avaient des prétentions. Le pontife décida la question ecB. faveur de Fabbaye d'Alet. Le lendemain, une autre a£Eair^ fut traitée dans le concile ; elle avait pour objet le monastère de Sainte-Marie de Goudargues au diocèse d'Uzès. Leis moines de la Chaise-Dieu et ceux d'Aniane prétendaien'8^ avoir des droits sur cette maison ; les uns et les autres &i — saient valoir leurs droits diversement établis. Aton, archevêque d'Arles, appuyait les prétentions de la Chalse-Dîeu • Les députés d'Aniane parurent au concile, et tout ayant été examiné avec soin, le pape donna gain de cause à Aniane- Un grand nombre de prélats assistèrent à ce concile , l& neuvième de Toulouse ; savoir : Conon de Préneste, Olligaire de Tarragone, Raymond de Barbastro, Bernard d'Auch, Lambert d'Ostie, Richard de Narbonne, Pierre cardinal de Saint-Côme-et-Damien, Boson cardinal-prêtre du titre de Sainte-Anastasie, Aton d'Arles, Grégoire diacre-cardinal de Saint-Ange, Deusdedit cardinal-prêtre du titre de Saint-Laurent in Damaso, Foulques d'Aix, Amie abbé de Saint-Laurent hors les murs, Arduin abbé de Saint-Savin, le cardinal Chrisogon. Nous ne trouvons pas le nom d'Amélius, évêque de Toulouse, dans les souscriptions du concile.
Le 16 juillet, le pape se rendit en grande pompe à la
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basilique de Saint-Sâturnin , sur la demande de Raymond Willelmi qui en était abbé et des chanoines, pour y consacrer un autel. Calixte y fut accompagné par l'archevêque de Tarragone et l'évêque de Barbastro. Cet autel fut dédié à saint Augustin, et nos documents ne nous apprennent rien sur le lieu qu'occupait cet autel dans Féglise. En invitant le pape à se rendre dans la basilique, les chanoines voulaient l'engager dans leurs intérêts; ils prévoyaient sans doute qu'ils allaient être l'objet d'une violente attaque de la part du chapitre de Saint-Etienne. En effet, sur la fin du concile, le prévôt Aicard prétendit que l'église de Saint-Saturmn dépendait de la cathédrale d'après une charte impériale et un privilège du pape Jean. Ces pièces furent lues dans le concile. Les chanoines de Saint -Saturnin répondirent que leur égUse appartenait spécialement au pape. GaUxte ayant demandé qui l'avait ainsi donnée au siège apostolique, les chanoines affirmèrent que cette donation était le fait de leurs devanciers. Le pape ajouta : Mais des clercs qui viennent de divers endroits , à qui le fonds n'appartient pas, peuvent-ils le donner? L'affaire s'arrêta là pour l'heure, parce que d'autres questions importantes furent engagées. Le pape renvoya celle-ci après le concile, mais il partit sans l'avoir Jugée.
Calixte quitta Toulouse, accompagné de sa cour, d'Amélius et d' Aicard. A Fronton, petite ville située au nord de Toulouse, il consacra la nouvelle église. Le lendemain , il se proposait de confirmer les privilèges de Saint-Saturnin, mais, sur la demande de l'évêque et du prévôt de Saint- EUenne, il différa cette confirmation. La cour pontificale arriva ensuite au monastère de Saint-Théodard (Montau-
ban); là, on reprit cette discussion, les titres furent lus une seconde fois. Pierre de Montpellier , clerc de Saint-Saturnin, donna alors lecture du privilège d'Urbain II en faveur de cette église. Le pape répondit qu'il était présent au concile de Nîmes quand cette affaire y fut traitée, et qu'il y soutint les prétentions d'Izam alors évêque sur la quatrième partie des revenus de cette église; que si Urbain avait accordé quelque chose, ce n'avait été qu'aux instances ducomte Raymond. Calixte ordonna à l'abbé de Saint-Satur— nin et à ses clercs de répondre. Ils demandèrent du temps; alors il remit la décision de l'affaire à Vienne, pour la fêt^ de la Vierge, appelée Hypapante, L'évoque Amélius ne s^ rendit pas, et l'église de Saint-Saturnin conserva ses privilèges. Parmi les clercs qui suivaient le pape, on distinguait::^ Izarn, prieur de Frédelas; le prieur de Saint-Jean d'Amantian; Guillaume, paraphoniste de Saint-Etienne. Le prieur de Saint-Jean s'était rendu au concile pour y défendre son prieuré contre les prétentions du prévôt Aicard; il ne fut pas heureux dans sa défense, le pape ayant ordonné que ce prieuré situé dans le Toulousain serait sous la dépendance du chapitre de la cathédrale.
On a dû remarquer que dans les canons du neuvième concile de Toulouse il est question de quelques hérétiques qui renouvelaient les erreurs des Manichéens et des Bulgares. Les premiers sont connus ; les seconds avaient été convertis à la foi catholique dans le ix* siècle, et s'étaient laissé ensuite infecter des systèmes de Manès. Il est certain que ces hérétiques répandirent leurs dogmes à Toulouse, au commencement du XII* siècle; ils virent venir avec eux, ou après eux, Tranchellin, Pierre de Bruïs, Arnaud de Bresse, Henri,
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les Vaudois, et prirent plus tard le nom d'Albigeois. Leurs symboles présentaient bien des variations ou des différences ; ils s'unissaient tous en un point : la haine contre la religion catholique portée jusqu'à la fureur.
L'abbaye de Sorèze fut cédée, à cette époque, par le vicomte Bernard Atton, à l'abbé et aux religieux de Moissac, pour y introduire la discipUne réguUère de saint Benoît. Ce seigneur nomme dans cet acte Cécile son épouse et ses enfents Roger et Raymond. La charte porte la date de 1 119. L'année suivante, Amélius, évêque de Toulouse, et Pierre, abbé de ce monastère, qui sans doute avait succédé à Roger auquel la charte de Bernard Aton était adressée, déterminèrent le pape Calixte à prendre Sorèze sous l'autorité immédiate du saint-siége. Calixte, qui se trouvait alors à Avignon, confirma cette abbaye dans toutes ses possessions. Plusieurs églises de sa dépendance sont citées dans l'acte du souverain pontife, telles que le lieu de Sorèze et les églises de Saint-Martin et de Saint-Michel qui s'y trouvaient, celles de Saint-Vincent de Candels, de Saint-Martin de Puylaurens, de Saint-Anatole, de Saint-Salvi, de Saint-Saturnin de Villepinte, et quelques autres, ainsi que
le monastère de Simorre.
Non content de placer Sorèze sous la dépendance immédiate du pontife romain, Amélius voulut, en 1120, donner aux hospitaliers de Saint-Jean une preuve de son dévouement : il leur céda l'église de Saint-Remi où ils s'étaient déjà établis, mais dont ils n'étaient point encore propriétaires. Cette église très ancienne appartenait à l'évêque de Toulouse. Il permit aussi à Gérard, prieur de l'hôpital de Jérusalem, d'acquérir des biens-fonds tant ecclésiastiques
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que laïques daus son diocèse. Amélius était frère de Raymond du Puy, seigneur de haute considération, et il est probable qu'il était proche parent du second grand-maîbre de Saint-Jean, du môme nom, qui succéda à Gérard.
L'ordre de Saint-Benoit prenait tous les jours des accr(Hssements ; ainsi, dans cette année, Fabbé de Tenailles aa diocèse de. Saintes fonda, près le château de Sayerdun, sur les bords de FAriége, le monastère de Sainte-Marie de Vajai; Bertrand de Beaupuy, seigneur du pays, le dota magnifiquement et lui donna une grande partie de ses domaines. Le château de Saverdun dont il est ici question venait d'être construit ; Roger II comte de Foix en est regardé comme le fondateur. Il en donna la possession aux seigneurs de Villemur, d'Hauterive et de Marquefiave, qui possédait des terres au voisinage. Le lieu de Saverdun existait déjà dès le siècle précédent.
Le chapitre de Saint-Etienne acquérait toujours de nouveaux domaines : en 1121 , Hunaud de Puylaurens lui céda en toute propriété tous les biens qu'il possédait dans l'archidiaconé de Vidlmur. Cette cession eut lieu entre les mains d'Aicard, prévôt de la cathédrale.
Amélius, évêque de Toulouse, fut appelé à cette époque en qualité d'arbitre entre Hugues abbé de Saint-Théodard * et Gérard prieur des, hospitaliers de Jérusalem, Celui-ci avait acquis d' Amélius, qui sans doute avait agi a la bonne foi, une église dédiée à saint Saturnin, au lieu de Verlhac, au-delà du Tarn ; les chevaliers l'avaient en leur possession, et y construisirent des bâtiments à titre de propriété. L'abbé de Saint-Théodard et ses religieux vinrent alors à Toulouse.
Ceux-ci plaidèreRt leur cause devant Févêque, et prouyèrent que cette église appartenait depuis très longues années à leur abbaye. Après avoir examiné leurs titres, Amélius reconnut la justice de leurs prétentions, et déclara que les hospitaliers payeraient au monastère une rente annuelle de deux sols toulousains. Cet accord eut lieu devant plusieurs témoins, tous moines de Saint-Théodard ou seigneurs du pays. Nous trouvons la langue romane employée dans cette charte : aquesta carta facta de consenm de las pars. Cette langue, comme on le voit, n'est que le latin altéré et corrompu,
Roger II, comte de Foix, touchait au terme de sa carrière. Sur le point de paraître devant Dieu , il voulut donner une marque éclatante de sa religion : il donna au monastère de Lézat et à Odon son abbé Falbergue qu'il exigeait au lieu de Saint-Eparche (Saint-Ybars) ; il renonça pour lui et les siens à l'obligation où était cette abbaye de les nourrir ; il enjoignit à tous les seigneurs' du voisinage, entr'autres, au comte Fortanier et à son neveu Raymond-Guillaume, de protéger ce monastère. Cette première charte est datée du mois de mars de l'an 1121, au château de Saverdun, bâti seulement depuis deux ans. Par un second acte, Roger II s'engagea a ne rien exiger et à ne prélever aucun cens sur ce monastère; il se réserva seulement qu'il serait logé et Boorri dans l'abbaye à son passage, mais sans son armée. n fit prendre le même engagement aux seigneurs de Villemur, d'Hauterive et de Marquefave ; il leur défendit d'exercer aucune domination sur ce monastère, permettant seulement qu'ils pussent, une fois l'année, manger dans l'abbaye
avec dix hommes de leur suite. Quant aux épouses de ces II. 11
seigneurs et a la comtesse de Foix, il était interdit à ces comtesses et à leurs filles de manger au monastère et tfy recevoir aucune offrande.
Dans ces actes, Roger II nomme ses trois fils, Roger, Bernard et Pierre. On croit qu'il en a eu un quatrième qui s'appelait Raymond Roger. Furent présents à ces donations et privilèges, Guillaume abbé de Lézat, les moines Pons- Raymond, Bernard de Basignac, Bernard de Saint-Sulpice, les chevaliers Emilius de Rabat et Aicard son fils, Pierre de Durban, Raymond de Pissiniac et ses frères, Arnaud de Maurnac et Olivier de Quintavalle. Il est dit dans le dernier acte qu'il fut fait sous l'évêque Amélius, Alphonse étant comte de Toulouse. Après ces actes de piété, Roger II se retira à son château de Foix, dont il avait fait élever la seconde tour. D'après le témoignage de Bertrand Hélie, historien des comtes de Foix, il aurait cédé, peu de jours avant sa mort , à l'égHse de Saint-Nazaire, les lieux de Garrabet et d'Amplaing, et quelques jardins. Roger II mourut en 1121, dans un âge assez avancé; il eut pour successeur Roger III son fils. Il avait été marié deux fois, n'avait pas eu d'enfants de Sicarde ou Arsinde, sa première femme, et en eut quatre de Stéphanie, sa seconde.
Alphonse Jourdain occupait le comté de Toulouse a l'époque de la mort de Roger II. Guillaume de Poitiers avait quitté Toulouse vers l'an 1119. Après avoir rassemblé une armée en Poitou, il s'était rendu au-delkdes Pyrénées avec son fils pour porter du secours au roi Alphonse d'Aragon contre les Sarrasins. En son absence, il avait laissé le commandement du comté k Guillaume de Montmaurel, un de ses capitaines. Les Toulousains, comme nous l'avons déjà
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dit, chassèrent ce gouverneur, qui s'était réfugié au château Narbonnais, et reconnurent pour leur souverain Alphonse Jourdain. Ce jeune seigneur était alors en Provence. Ayant été instruit de cette révolution de palais, il envoya à Toulouse un homme dévoué à sa cause, Arnaud de Lévezon , évêque de Béziers, pour y gouverner à sa place, parce cpi'il se trouvait alors retenu aux environs du Rhône par un différend qu'il avait avec Raymond Bérenger III comte de Barcelonne, au sujet du partage de la Provence. En récompense de ses bons et loyaux services, ce prélat fut promu bientôt après à la métropole de Nar bonne par Alphonse, son protecteur. ^
Ce seigneur est encore désigné en qualité de comte de Toulouse dans une charte de 1122 par laquelle Aimeric, prieur de Sainte-Marie de Bragairac au diocèse de Toulouse, et ses religieux, cédaient k Sainte-Marie de Fontevrault et aux reUgieuses qui y habitaient ce prieuré et ses dépendances. Aimeric déclare qu'il se place, lui , ses moines et leurs successeurs à perpétuité, sous l'autorité et juridiction de Pétronille, abbesse de Fontevrault. Amélius fut présent à cet acte qui fut dressé dans l'église de Bragairac, ainsi que Guillaume évêque de Lectoure, Béatrix vicomtesse de Lomagne, et plusieurs religieux et religieuses. Guillaume de Poitiers y est nommé comme duc d'Aquitaine.
De Bragairac, Amélius se rendit à Auch avec saint Bertrand, évêque de Comminges, pour y assister à la consécration solennelle de l'égUse de SaintOrens que fit vers ce temps Bernard de Sainte-Christie, archevêque de cette ville. On tf est pas très fixé sur l'époque précise de cette consécration qui fut très imposante, et pour laquelle on fit trans-
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porter toutes les reliques de la province ; les uns la placent en 1121, les autres à Tannée suivante. Nous trouvons encore révoque de Toulouse en qualité de témoin dans une donation qui fut faite à Arnaud abbé de Saint-Sardos, à Sarlat , d'un alleu nommé Grassunas et de deux églises par Raynaud-Raymond de Borret. Guillaume d'Andozile, évêque de Lectoure, la ratifia aussi avec Amélius.
L'abbaye de Lézat reçut à cette époque un nouveau lustre par l'entrée en religion d'un jeune seigneur du pays nommé Raymond ; il était fils d' Amélius de Moressac, homme de haute lignée, qui voulut en cette occasion doter le monastère en lui donnant plusieurs terres. Ce fut Odon de Baréjas qui donna l'habit religieux à Raymond. Il termina, l'année suivante, un procès qu'avait son abbaye avec un seigneur nommé Vital de Francor, au sujet de l'église de Salas. D mourut quelque temps après, et eut pour successeur à Lézat Guillaume- Raymond d'Espel.
Nous venons de voir le comte Alphonse aux prises avec Bérenger de Barcelonne. Hugues abbé de Saint-Gilles et ses religieux s'étaient déclarés en faveur de ce dernier. Le comte de Toulouse, ne pouvant contenir son ressentiment, se jeta sur l'abbaye, la dévasta et en chassa les paisibles habitants. Calixte II, ayant été informé de ce sacrilège attentat, lança une sentence d'excommunication contre le comte Alphonse et ses complices. Les lettres du pape sont adressées a Aton archevêque d'Arles et au comte de Barcelonne ; il y désigne les complices d'Alphonse, Raymond de Baux , Guillaume de Sabran, Elzéar de Castries, Raymond de Médènes et Raymond du Caylar. Le pontife délie ensuite les vassaux du comte du serment de fidélité, jusqu'à ce qu'il ait
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rendu le monastère et détruit le château qu'il avait fait construire.
L'excommunication lancée par Calixte contre Alphonse n'empêchait pas ce comte de posséder la souveraineté de Toulouse ; il est désigné comme seigneur de cette ville dans le plaid dont nous venons de parler, qui fut tenu entre Odon abbé de Lézat et Vital de Francor, en 1123, au sujet de l'église de Salas. Ce plaid fut présidé par Fortaner ou Portanier, comte de Comminges. La généalogie de cette maison présente de grandes obscurités à cause de la diversité des branches et de la similitude des noms. Cette illustre famille remonte à Arnaud F, comte de Comminges, de Couserans et de Carcassonne, et seigneur du pays de Foix. Arnaud eut un frère nommé Roger, souche des comtes héréditaires de Comminges ; Roger eut un fils nommé Arnaud comme son oncle, et dont il est question dans un acte de donation faite, en 979, par Roger 1" de Carcassonne à l'abbaye de Saint-Hilaire.
Arnaud 11 eut un fils qui vivait en 1021 et 1026 et qui s'appela Roger. Celui-ci eut un fils appelé Arnaud comme son aïeul. 11 eut aussi un frère appelé Odon qui posséda une partie du Comminges. Arnaud 111, fils de Roger 11^, eut un fils appelé Roger qui succéda à son père, en 1 114. A cette époque, nous ne trouvons plus la descendance de Roger III, qui peut-être mourut sans enfants. Quoi qu'il en soit, Odon, frère de Roger II , occupa , comme nous l'avons dit , une partie du Comminges ; il eut un fils, qui prit le nom de Bemard-Odon et qui posséda ce comté en 1075. Bernard- Odon eut plusieurs enfants : Roger, qui fut abbé de Peyrissas, Raymond-Bernard , Bernard et Fortanier. Bernard , le
troisième des fils d'Odon, devint père de Raymond-Guillaume, sur la tête duquel passa une grande partie du Comminges, qui fut alors gouverné par Fortanier son oncle. Celui-ci gouvernait le comté aux années 1121 et 1122.— Raymond-Guillaume, son neveu, eut un frère nommé Bernard IV, qui, en 1130, transmit le comté de Ck)mmiDges à ses descendants.
L'abbaye de Saint-Saturnin de Toulouse reçut , à cette époque, une donation assez importante pour notre histoire, et qui prouve combien le culte de ce saint martyr était répandu en Espagne, culte qui confirme les traditions primitives sur l'apostolat du premier évêque de Toulouse en ce pays. Un évèque d'Espagne nommé Michel , dont le si^e n'est pas désigné, donna à Raymond Willelmi abbé de Saint- Saturnin et a son chapitre l'église de Servaria avec tontes ses appartenances, dîmes, oblations, et autres biens. La charte de donation fut signée par Raymond de Barbastro. Cette abbaye possédait une terre considérable au Ueu de Saint-Avit au diocèse de Périgueux ; la religion cathoUque y éprouvait tous les jours de nombreuses attaques, par l'effet sans doute des prédications des hérétiques qui commençaient à se répandre dans la province : c'est ce qui détermina Willelmi , évèque de Périgueux, à écrire à Tabbé de Saint- Saturnin pour réveiller sa soUicitude sur les peuples soumis à sa juridiction.
Vers la fin de Tannée 1123, ou plutôt au commencement de l'année suivante, le comte Alphonse Jourdain se lia d'une étroite amitié avec Bernard- Aton vicomte de Béziers ; il s'engagea à lui laisser la vie sauve, à ne pas le trahir, à ne pas lui enlever Carcassonne, les autres cités, châteaux, bourgs
et serfs (hommes ou femmes) ; il lui promit secours contre 16 comte de Barceloune et ses enfants, contre le comte de Poitiers et ses enfetnts. Amélius, évêque de Toulouse, signa cet accord avec plusieurs autres seigneurs.
S'il faut avoir foi à un ancien chronicpieur (Wernerus), révêque dé cette ville aurait reçu des lettres du cardinal Richard, évêque d'Albano, dans lesquelles ce légat lui parle d'un second concile qui aurait eu lieu à Toulouse, Fan 11 24, et aaquel il aurait lui-même présidé au nom de Calixte. Nous ne trouvons aucune trace de ce concile, et il faut admettre que les lettres du légat à Amélius ont trait au seul concile que Calixte II ait tenu à Toulouse, en 1119. Le nom de cette évêque et celui du comte Alphonse se retrouvent encore à cette époque dans quelques actes. Aii\si , ils sont mentionnés, 1^ dans une charte par laquelle Bernard de Durban, sa femme Guillelmine, et leurs enfants Roger, Bertrand et Guillaume-Aton cèdent et donnent au monastère du Mas-d'Azil la quatrième partie des dîmes du lieu de Sales , village situé sur les rives de la Garonne, entre le château de Muret et le Fauga ; 2^ dans un accord passé entre un archidiacre nommé Baron et Etienne prieur de Sainte- Marie, au sujet de quelques redevances qui appartenaient à ce prieuré appelé Sainte -Marie de Castillon ; 5** dans une donation par laquelle Guillaume de Corneillan et sa fille Ponce cèdent à Saint-Pierre de Lézat la dîme de la terre de
Bedvèze.
L'EgUse de Toulouse reçut, en 1125, une donation remarquable dans la personne de son évêque et de son prévôt : Arnaud , abbé de Sainte-Marie de Lombez, céda cette église et les terres allodiales qui en dépendaient au chapitre
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de Saint-Etienne, ainsi que les églises de Saint-Saturnin de Pompiat et de Sabonnëres. Arnaud appartenait à une grande famille du pays, et d'après la charte on serait porté à croire que la terre de Lombez était sa propriété ; d'où l'on doit conclure qu'il descendait de Raymond Rafinel qui , au Iraitième siècle, avait cédé l'oratoire de Sainte-Marie de Lombez et l'église où reposait le corps du martyr Majan au monastère de Saint-Thibéry. On avait donc construit à Lombez un monastère, et Arnaud qui en était abbé avait été marié avant d'embrasser la vie religieuse, puisqu'il est question de son fils dans l'acte de donation. Ce fut le prévôt Aicard qui reçut cet acte. Ce dignitaire avait fait , l'année précédente, un accord avec un seigneur (Hugues Guillermi) aa sujet du droit de sépulture dans le cimetière de l'église cathédrale. On sait que ce droit était toujours sujet à de grandes contestations.
Alphonse Jourdain gouvernait à Toulouse avec toute lautorilé d'un souverain et la sollicitude d'un père de famille ; il accorda, en 1125, un privilège qui lui attira la reconnaissance de ses nombreux vassaux : il fut statué qu'on construirait un pont sur la Garonne, vis-à-vis de Thôpital de Sainte-Marie et des marais situés sur la rive opposée. Il déclara ce pont libre de tout droit de péage, et le plaça sous sa sauvegarde immédiate ; il l'accorda à Sainte-Marie de la Daurade, à Raymond prieur du monastère et à ses religieux, aux abbés de Cluny et de Moissac, aux martyrs saint Etienne et saint Saturnin, et à tous les habitants de Toulouse. D impose pour condition qu'on chantera, une fois dans l'année, Totûce et une messe des morts pour le repos des âmes de son père et de ses parents, et qu'on récitera pour lui une
oraison afin que Dieu lui accorde la rémission de ses péchés et le don de la persévérance.
Peu de temps après la cession du pont sur Garonne, le comte Alphonse renonça, par un acte solennel , à la nomination de l'abbé séculier de Moissac ; il déclara que c'était au mépris de la justice et de la religion qu'il avait envoyé an chevalier en ce lieu, et promit à Roger, abbé de ce monastère, qu'à l'avenir ni lui ni aucun comte de Toulouse n'instituerait d'abbé sécuUer pour cette abbaye. Il est à remarquer qu'il appelle dans cette charte Amélius, évêque de Toulouse, son seigneur, paraissant reconnaître par ces mots Tine espèce de souveraineté temporelle dans l'évêque. Roger <M)mte de Foix signa cet acte. En vertu des bonnes dispositions qui animaient le comte, il souscrivit à l'engagement <jue Gausbert de Fumel, abbé ^séculier de Moissac, fit à ce monastère de certains droits qu'il avait d'y être logé et défrayé deux fois l'an , moyennant la somme de 1225 sols monnaie de Cahors. On entre dans de très minutieux détails dans cet acte sur la quantité de cire que devait brûler, le ^ soir, le chevalier. Le monastère lui donnait quinze cierges pour l'éclairer (le plus gros de ces cierges avait près d'un pied de long) ; il est dit que la cire employée pour le culte divin était beaucoup plus forte et plus belle que celle qui était destinée aux usages domestiques. Parmi les signataires de l'acte, nous distinguons Engelbert, viguier de Toulouse. Alphon3e s'occupa alors d'une affaire beaucoup plus importante, au moins sous le rapport politique : il désira terminer la longue lutte qui existait entre le comte de Barcelonne et lui , au sujet de la Provence. Par un accord passé au mois d'octobre 1 125, il fut stipulé : 1° que le comte de
Barcelonne, Douce sa femme, et leurs enfants, céderaient à Alphoûse, la partie de la Provence située entre l'Isère et la Durance, Beaucaire, Argence, le château de Valabrègue, la moitié de la ville d'Avignon, ainsi que les villes, châteaux et évêchés que leurs vassaux possédaient dans ces pays ; les châteaux du pont de Sorgues, de Caumont et de Tor sont réservés ; 2* qu'Alphonse et sa femme Faydide céderaient à Bérenger ces mêmes lieux réservés, toute la terre de Provence depuis la source de la Durance, le long de cette rivière jusqu'au Rhône et à la mer, et les villes, châteaux et évêchés que leurs vassaux possédaient dans ces pays. 3* Ils s'obligèrent à ne rien aliéner, et se substituèrent les uns aux autres à défaut de postérité. Après cet accord, la Provence iut partagée en deux, la haute et la basse. La première appartint à Alphonse : elle comprenait une partie du diocèse d'Avignon , ceux de Vaison, Cavailhon, Carpentras, Orange, . Saint-Paul-Trois-Châteaux, Valence et Die ; elle forma le marquisat de Provence. La seconde fut nommée le comté d'Arles et de Provence. Nous apprenons par cet acte qu'Alphonse avait épousé Faydide, fille de Raymond Decan, seigneur d'Uzès et de Posquières.