LIVRE XVII
DEPUIS LA RÉCONCILL\TION DU COMTE ALPHONSE AVEC LE SIEGE APOSTOLIQUE EN, 1143, JUSQUAU SIEGE DE TOULOUSE PAR HENRI II ROI d'aNGLETERRE, EN 1159.
Le comte de Toulouse était un prince naturellement pienx. Se trouvant encore en 1143 du côté du Rhône, il eut une conférence avec Févêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux qui rengagea fortement à se réconcilier avec Rome. Le comte promit à Févêque d'agir avec une entière bonne foi. Cette clause ferait supposer qu'avant de se soumettre, il établit certaines conditions, qui sans doute furent acceptées. D écrivit alors une lettre à Hugues, archevêque de Rouen et légat du pape, pour lui faire part des bonnes dispositions qui ranimaient. Le légat fut comblé de joie en recevant les lettres d'Alphonse, et lui répondit en ces termes :
« Hugues , archevêque de Rouen , légat du sainl-siége » apostolique, à Alphonse très noble comte de Toulouse, » duc de Narbonne, marquis de Provence, tout ce que nous » pouvons et nous devons vous mander de bien.
» Dieu ayant placé votre illustre personne dans une » dignité éminente, et vous ayant donné la probité en par- » tage, vous devez tâcher de lui plaire, puisque vous tenez » de lui Tune et l'autre et qu'il les a en sa main. Votre » libéralité nous a écrit de venir à votre rencontre à Lyon, » à Vienne ou à Valence ; nous choisissons cette dernière " » ville, si vous le trouvez bon, et nous nous y trouverons,
TEMPS INTERMÉDIÂinES. 309
» Dieu aidant, Suivant votre demande, le 7 de mars. Nous » espérons que vous ^irez de bonne foij ainsi que vous » Favez promis à notre vénérable frère l'évéqùe de troîs- » Cbâteaûi et à nôus-même par votre lettre. Hâtez-vous, » illustre prince et seigneur, de vous réconcilier avec l'Eglise » votre mère, afin dé croître toujours en honneur. Adieu. »
Cottséquéminent à ces lettres, Alpbonse se rendit à Valence et y reçut l'absolution de l'excoiumunication qu'il avait encourue. Depuis longtemps il avait dés démêlés avec léâ àrcHévêquéS d'Arles au sujet dé la ièrre d'Argétiêe. Ces préldftâ ptétendaiènt que le comté avait usurpé Certains droits sur eux. Pour satisfaire ces prélats, le èoùité prêta semiéni, eh lf43, à RaymoM afcbevêque d'Arles, de ne jamais attaquer Éat vie ou ses bîen:s, ni l'église d*Arlés, ni son cloître, ni les châteaux de Sellon et de Saint-Amans.
Peff de temps après avoir fait ces accords, Alphonse partit pour l'E^pagn-e, en H44. Ce fut dans ce voyage qu'il négocia la p^ entré Alphonse roi de Castille, son cousin germain, et Gafcias roi de Navarre, qui s'étaient diviséà eiAfmx par suite de la guerre q^tre ôelui-ci avait déclàfée au comté de Éarcelonne, allié du rôi de Castille. La paix ftit coûclue, grâce à l'intervention du coiînte dé Toulouse, et ïé àiarîagè d'Ûrraque, fiUé d^Alphoïïse, avec GàMas vint en àssfurér la durée.
Alphonse Jourdain i^evinf dans ses élfats, où il s*occupa' d'une* manière active de fonder uùe ville nouvelle. Noûâ avons déjà dit qu'à la fin du ix* siècle, lé corps dé ààînt- Mdktà an Théodàî^Û, atchévêque de Nàrbônne, avait été inhuififé dEans utofe sâibaye fondée paf ses* attcêtréis soifs l'invocafî(rt^ de sain^ Màrt$ti, assez près de Toulouse, et au con-