‹ Histoire générale de l'Église de Toulouse (volume 3)Chapitre 30 sur 38 · DU COMTE DE TOULOUSE, EN · texte numérisé non relu

DU COMTE DE TOULOUSE, EN

Les hérétiques trouvés dans Lavaur furent presque tous brûlés vifs, au nombre, dit-on, de quatre cents. Pierre de Vaux-Sernay raconte cet affreux supplice avec un laconisme effrayant : « Nos pèlerins, dit-il, brûlèrent une foule » immense d'hérétiques avec une extrême joie (innumera- » biles hereticos peregrini nostri cum ingenti gaudio com- » busserunt. Pétri Cern., 52). » Quelques habitants furent cependant épargnés, mais à certaines conditions. Simon de Montfort s'empara de tout le butin et s'en servit pour acquitter une dette considérable qu'il avait contractée envers un riche marchand de Cahors.

Ce fut pendant le siège de Lavaur que Roger de Comminges, qu'il ne faut pas confondre avec le comte de ce nom, vint faire sa soumission à Simon de Monfort. S'étant approché du chef de la croisade, celui-ci se prit à éternuer. Roger prit cet unique éternuement en mauvaise part et allait se retirer, lorsque ses chevaliers lui firent comprendre qu'il se couvrait de ridicule. Il fit alors son hommage. L'acte porte la date du 3 des nones d'avril. Il y déclare qu'il tient ces domaines du comte de Montfort et qu*il

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lui en fait hommage-lige. Guillaume abbé de Gombelongue, Raymond d'Onges, Gui de Lucé, le maréchal Gui de Levis, révêque de Paris et plusieurs seigneurs furent présents à cet acte, qui fut signé aussi par Foulques évêque de Toulouse et Navarre de Couserans. Ce Roger de Comminges était seigneur du pays de Savès dans le Toulousain ; il portait le titre de vicomte de Couserans, et était cousin germain de Bernard, véritable comte de Comminges à cette époque.

Après le siège de Lavaur, Févêque de Paris, Enguerrand de Couci, Robert de Courtenay et Juël de Mayenne quittèrent le camp des croisés , Foulques fit rentrer à Toulouse les confrères qui en étaient sortis, et Simon de Montfort tourna ses armes contre Raymond VI, que le pape avait déclaré devoir être dépossédé de ses états. Au sortir de Lavaur, Montfort ruina Monljoire de fond en comble ; il marcha ensuite vers le château de Casser situé dans le Lauraguais, près de Saint-Félix de Caraman. Le comte de Toulouse s'avança pour le secourir ; mais il s'arrêta à Castelnaudary pour le livrer aux flammes, dans la crainte qu'ils ne s'en emparassent. La garnison de Casser s'étant rendue, tous les hérétiques y furent brûlés. Raymond, qui voulait éviter de grands malheurs, avait déjà fait une première tentative auprès des croisés pour se réconcilier avec eux, mais cette tentative avait échoué. Il la renouvela après la reddition de Casser, et demanda une conférence ; il s'avançait même vers le camp des croisés, lorsque Simon de Montfort fondit sur lui à l'improviste pour le prendre ou le tuer. Lé projet de négociation ne put ainsi se réaUser.

Le château de Montferrand, occupé par Baudouin, frère

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du comte de Toulousa^' vit quatorze mille hommes sous ses murailles, tandis qu'il n'avait que quatorze chevaliers pour sa défense. Baudouin était un prince brave et expérimenté; il repoussa avec tant de succès une première attaque, que Simon comprit qu'il lui serait très difficile de s'emparer de la place. Il fit alors avertir Baudouin qu'il désirait avoir avec lui une conférence. Baudouin descendit au camp, et Simon usa de tant de ruses et fit tant de promesses, que ce seigneur finit par rendre la place et s'engagea à ne jamais porter les. armes contre les croisés. Raymond VI, ayant appris cette défection honteuse, reçut Baudouin avec une juste indignation et lui ordonna de ne jamais plus paraître devant lui.

La soumission de Montferrand amena celle de Gastelnaudary ; de là, Montfort dirigea ses troupes du côté du Tarn, qu'il passa a Rabastens. Une grande partie des châteaux de l'Albigeois se soumirent à son autorité.

Au milieu des agitations des combats, Foulques n'oubliait pas saint Dominique et ses saintes filles de Prouille. Aux ides de mai, il donna à cette maison l'église de Bram, dans la personne de Guillermine prieure, d'Alazaïcie, de Raymonde et de Passarine officières ; il la donna avec le consentement du prévôt de Saint-Etienne : ce qui montre qu'elle appartenait au chapitre de la cathédrale. — Déjîi Prouille avait reçu, quelque temps auparavant, des marques de la munificence d'une dame du pays appelée Frémis Francigène, qui avait cédé à Sainte-Marie, a Dominique chanoine d'Osma, aux frères et sœurs habitant à Prouille, la terre de Romengar.

Dans le cours des expéditions des croisés contre les hé-

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rétiques, nous n'avons encore rencontré nulle part saint Dominique. Il demeurait ordinairement à Fanjaux, où Simon de Montfort lui avait donné un abri dans le château dont il s'était emparé et où Ton montre encore le modeste asile qu'il habitait. Lui, n'avait pour armes contre les hérétiques que la prière et la patience ; il avait composé une formule bien touchante qu'il récitait toujours, k genoux et en plein air, avant d'entrer dans les villes qu'il évangélisait : « Seigneur, dans votre bonté, n'ayez pas égard à mes » fautes; ne répandez pas, à mon entrée, votre colère sur » ce peuple; ne le châtiez pas, ne vous éloignez pas de lui » à cause des iniquités de ma vie. » Lorsque les croisés s'étaient emparés d'un château ou d'une contrée, Dominique venait après eux pour convaincre les hérétiques que le glaive ou le bûcher avait épargnés. Cette conviction n'était autre chose qu'un simple examen que saint Dominique faisait subir à ceux qui désiraient se convertir, leur imposant les pénitences publiques, alors en usage dans l'Eglise, avant d'opérer leur réconciliation.

Nous possédons deux diplômes de conviction donnés par saint Dominique; ils nous montrent en quoi consistait ce ministère de charité.

L'un est ainsi conçu : « A tous les fidèles du Christ à » qui les présentes parviendront, frère Dominique, cha- » noine d'Osma, humble ministre de la prédication, salut et » sincère charité dans le Seigneur. Nous faisons connaître » à votre discrétion que nous avons permis à Raymond » Guillaume de Hauterive Pélaganire de recevoir dans sa » maison de Toulouse, pour y vivre de la vie ordinaire, » Guillaume Huguecion, qu'il nous a dit avoir autrefois

porté l'habit des hérétiques. Nous le lui permettons jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné à nous ou à lui par le seigneur cardinal, et cette cohabitation ne devra tourner en rien à son préjudice ou déshonneur. L'autre diplôme porte ce qui suit ; « A tous les fidèles du Christ à qui les présentes lettres parviendront , frère Dominique, chanoine d'Osma, salut dans le Christ. Par l'autorité du seigneur abbé de Citeaux, qui nous a enjoint cet office, nous avons réconcilié à l'Eglise le porteur des présentes. Ponce Royer, converti par la grâce de Dieu de l'hérésie à la foi, et nous ordonnons en vertu du serment qu'il nous a prêté, que, pendant trois dimanches ou jours de fête, il ira de l'entrée du village à l'église nu jusqu'à la ceinture et frappé de verçes par le prêtre. Nous lui ordonnons aussi de s'abstenir en tout temps de chair, d'œufs, de fromage, et de tout ce qui tire son origine de la chair, excepté les jours de Pâques, de la Pentecôte et de Noël, où il en mangera pour protester contre ses anciennes erreurs. Il fera trois carêmes chaque année, en jeûnant et en s'abstenant de poisson, à moins que l'infirmité du corps ou les chaleurs de l'été n'exigent une dispense. Il se vêtira d'habits rehgieux tant dans la forme que dans la couleur, auxquels il attachera aux extrémités extérieures deux petites croix. Chaque jour, s'il le peut, il entendra la messe, et il ira à vêpres les jours de fête. Sept fois par jour, il récitera dix Pater noster, et il en dira vingt au milieu de la nuit. Il observera la chasteté, et une fois par mois, dans la matinée, il présentera le présent diplôme au chapelain du village de Céré. Nous ordonnons à ce chapelain d'avoir grand soin

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» que son pénitent mène une bonne vie, et celui-ci obser- » vera tout ce qui Tient d'être dit jusqu'à ce que le sei- » gneur légat en ait autrement ordonné. Que s'il né^^ige » avec mépris de l'observer, nous voulons qu'il soit tenu » pour excommunié, comme parjure et hérétique, et sé- » paré de la société des fidèles.

C'est donc k tort qu'on a cru que saint Dominique avait été nommé inquisiteur pour la recherche des hérétiques et pour les Uvrer ensuite au bras séculier. Jamais ce saint homme n'a rempli un semblable office.

Sa prédication au miUeu des hérétiques était soutenue par d'innombrables prodiges. D'incontestables monuments attestent sa présence dans le pays castrais, où l'on montre encore les grottes de saint Dominique. Un jour qu'il priait avec sa ferveur ordinaire dans l'église de l'abbaye de Castres, où étaient renfermées les reliques du martyr saint Vincent, il tomba en extase. Lorsqu'on vint l'avertir que les religieux l'attendaient pour le repas, on le trouva élevé de terre. — Dans une autre circonstance, arrivant à Marsac en Albigeois, il voulut traverser le Tarn, quoiqu'il ne portât sur lui ni or, ni argent. Le nautonnier lui ayant demandé ou le prix du passage (qui était un denier) ou la chape, Dominique leva lies yeux au ciel, puis les baissant vers la terre, il aperçut un denier qu'il s'empressa de donner au nautonnier. — Un autre jour, traversant TAriége, il laissa tomber dans l'eau par mégarde quelques Uvres qu'il portait sous son manteau ; trois jours après le batelier les retrouva sans aucune mouillure et aussi intacts que s'ils venaient d'être tirés de la bibliothèque. — On raconte que, prêchant près de Fanjaux, et une affreuse tempête

étant survenue, la pluie qui tombait par torrents épargna ses auditeurs; aussi, toutes les fois qu'un orage menaçait le pays, les habitants se rendaient en toute hâte au lieu qui avait été le théâtre du prodige, dans la confiance qu'ils y seraient en sûreté contre la foudre.

Nous avons lu dans les archives de Prouille l'histoire d'un miracle qui semble surpasser tous les autres. — Une des premières filles que Dominique avait réunies auprès de l'église de Prouille fut tentée de quitter le monastère et de rentrer dans le monde. Elle était d'une beauté remarquable. Dominique employa toutes les ressources de son éloquence pour la dissuader ; tout fut inutile. Après avoir versé d'abondantes larmes, elle dit adieu à ses compagnes et se disposa à partir. Comme elle essuyait son visage encore baigné de pleurs, elle éprouva tout-à-coup une vive douleur semblable à celle que cause une incision dans la chair vive; aussitôt elle aperçoit dans le linge quelques fragments de chair teints de sang qui s'étaient détachés de son nez. Elle court à l'instant se jeter aux pieds du saint, qui, après s'être mis en prières, lui ordonna d'essuyer de nouveau son visage. Cela fait, les chairs reprirent leur place. Elle renonça désormais à son projet et conserva toute sa vie une marque qui perpétua la vérité du prodige. L'histoire de ce miracle était représentée dans le réfectoire des Dames de Prouille.

Le zèle de Dominique pour le salut des âmes était si grand, qu'un jour il offrit à un hérétique qui refusait de se convertir, par la raison quelles sectaires lui donnaient à vivre, de se vendre lui-même pour qu'il pût subsister du prix de sa liberté vendue.

Simon de Montfort fit, à cette époque, une donation au

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monastère de Prouille : il céda tout ce qu'il possédait aa territoire de Saussens, possession qui consistait en bois, terres labourables et vignes ; de plus, une vigne située à Fanjaux et qui avait appartenu à Bertrand de Seissac , et une autre à Raymond Vital. Cest ici la première donation faite à Prouille, et c'est pour la première fois que les personnes qui s'y trouvaient reçoivent le nom de Dames (Dominabus).

Simon se trouvait sur les bords du Tarn quand il apprit que Thibaut comte de Bar, Henri son fils, le comte de Chalons et plusieurs autres seigneurs étaient arrivés à Carcassonne avec de nouveaux croisés. Il envoya dire à Thibaut de faire marcher ses troupes vers Toulouse. Ayant pris lui-même les devants, il alla le joindre à Mongiscard. Ce fut là que le siège de Toulouse fut résolu. Toutes les troupes se réunirent à Montaudran, hameau situé près de la ville, sur la petite rivière de l'Hers.

On vit alors arriver au camp des croisés les députés de Toulouse, demandant une audience aux légats et à Foulques, leur évêque, qui venait d'arriver du pays de Liège, où il avait été consulter, sur la destinée de Toulouse, une sainte fille nommée Marie d'Oignies. Ces députés manifestèrent leur étonnement des préparatifs qui se faisaient contre les habitants de Toulouse, attendu qu'il se soumettaient en tout à l'Eglise, depuis surtout le serment prêté. On leur répondit que ce n'était pas à cause d'une faute personnelle qu'on assiégeait la ville, mais bien parce qu'ils reconnaissaient encore le comte Raymond pour leur seigneur et qu'ils le gardaient à Toulouse; on leur promit de ne leur faire

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aucun mal s'ils chassaient Raymond et tous ses adhérents. Dans le cas contraire, ils devaient s'attendre à être traités comme des hérétiques et des récélateurs de ces infâmes sectaires. Les Toulousains répondirent qu'ayant prêté serment de fidélité à leur comte, ils ne voulaient pas passer pour traîtres ; que, d'ailleurs, Raymond VI s'offrait d'ester à droit, et qu'ainsi ils ne pouvaient accepter les propositions qu'on leur faisait. Alors les légats et Foulques ordonnèrent au prévôt de la cathédrale et à tout le clergé de quitter la ville et d'emporter avec eux toutes les hosties consacrées.

Les députés rentrèrent à Toulouse et rendirent compte de leur mission. Il n'y eut qu'un cri d'indignation parmi les habitants. Mettant de côté toute querelle religieuse, il fut résolu qu'on n'abandonnerait pas le comte, et qu'on ne formerait qu'un seul corps pour repousser l'ennemi. Il eût été très facile à Raymond VI et aux habitants d'empêcher les clercs de sortir de la ville ; mais on ne voulut point exposer les prêtres ni les saints mystères aux hasards des combats : on laissa partir le clergé, quoique avec peine. Mascaron, prévôt de Saint-Etienne, portant le saint-sacrement et suivi de tous les clercs, sortit de la ville et se rendit au camp des croisés.

Raymond, qui avait auprès de lui les comtes de Foix et de Comminges, tous leurs vassaux et les habitants de sa capitale, s'avança aussitôt vers les croisés avec cinq cents chevaliers d'élite et un corps considérable d'infanterie. Son premier soin fut de couper le pont qui était à Montaudran, en sorte qu'il n'était plus séparé de Montfort que par l'Hers. Celui-ci prit un détour et rencontra un autre pont que le

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comte de Toulouse faisait abattre. Il se jeta alors avec impétuosité sur ses troupes et parvint à leur faire traverser la rivière, soit à la nage, soit sur le pont. Ce passage oe s'exécuta pas sans que Raymond fît beaucoup de prisonniers et tuât un assez grand nombre de croisés. U se replia alors sur Toulouse. Le lendemain, les ennemis ayant en tête les légats' et Tévêque Foulques, dévastèrent toute la campagne, tuant sans pitié les paysans, les enfants et les femmes qui travaillaient aux champs, arrachant les vignes, les arbres, les moissons, et détruisant toutes les fermes qui se trouvaient sur leur passage. Ils arrivèrent ainsi, du côté du nord, vers Fabbaye de Saint-Saturnin, et plantèrent leurs tentes assez loin des murs, vis-à-vis de deux portes de la ville. Les Toulousains laissèrent ces portés ouvertes nuit et jour, et en ouvrirent même quatre autres afin de pouvoir sortir en plus grand nombre pour accabler les croisés.

L assaut fut enfin tenté, de l'avis des légats; mais les assiégés montrèrent tant de bravoure que Monfort se vit obligé de rétrogader. Dans une sortie qu'exécutèrent le comte de Toulouse et celui de Foix, ils tuèrent plus de deux cents hommes et firent autant de prisonniers. Raymond-Roger eut un cheval tué sous lui et vit périr à ses côtés Raymond de Castelbon, l'un de ses braves chevaliers. Les jours suivants, les assiégés firent de nouvelles sorties. Ce fut dans l'un de ces combats qu'ils attaquèrent un convoi escorté par Eustache de Quen et le châtelain de Melphe ; le premier resta mort sur place.

Le 20 juin, Guillaume de Cardaillac, évêque de Cahors, arriva au camp des croisés pour faire hommage du cmnté de Cahors à Simon de Montfort, qui le lui donna en fief.

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Cévêque lui prêta serment de fidélité, avec promesse de le tenir de lui comme il Tavait tenu de Raymond qutrefois comte de Toulouse. Dans Fade authentique de cet hommage, il est dit qu'il fut dressé en double pendant le siège de Toulouse, en présence de Tévêque d'Uzès et de labbé de Qteaux, légats du pape, de Foulques évêque de Toulouse, de l'abbé de Saint-Antonin de Pamiers, de maître Thédise chanoine de Gênes, de Bochard de Marii, de Fer-^ rie de Isse, Théobald de Neuville, Rotrou de Montfort, Philippe de Roquefort chevaliers, de R. de Cahors, de frère Aimery moine de Grand-Selve, de frère Nicolas, frère 4'Obazine, et enfin dé frère Dominique^ prêcheur (Fra. Dominici, prsedicatoris)* C'est ici le seul acte authentique où il soit parlé de saint Dominique dans cette expédition. On a déjà vu qu'il parcourait l'Albigeois, uniquement occupé à la sainte prédication ; il n'est donc pas étonnant que, s'étant trouvé à Marsac, entre Albi et Toulouse, il ait rencontré ' Farmée des croisés et l'ait accompagnée jusqu'auprès de cette ville.

Le lundi 27 juin, quelques cavaliers et quelques fantassins, a l'insu des habitants de Toulouse, attaquèrent à main armée le camp des croisés. Conduits par Hugues d'Asfar sénéchal d'Agenais et Pierre d'Arsis son frère, ils en tuent un grand nombre, entr'autres Eustache de Canits , déchirent les tentes, s'emparent des cuirasses et des armures, des manteaux de soie, des chevaux, des vases d'argent et de sommes considérables, enfin délivrent les prisonniers et les conduisent sains et saufs dans la ville. Le comte de Foix, à la tête des Béarnais et des Aragonais, attaqua ensuite les troupes du comte de Bar et les mit en déroute.

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