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ville de Muret était sérieusement menacée par les alliés. Sur-le-champ il ordonna de se mettre en marche. Au moment du départ, sa femme lui déclara qu'elle avait été grandement troublée par un songe. Montfort traita cela de superstition; il quitta Fanjaux.et se dirigea vers Saverdun. Chemin faisant, il rencontra un autre exprès qui le prévint que le siège de Muret était commencé. Aussitôt il envoya un courrier a Carcassonne où sa femme s'était rendue, et ordonna à la comtesse de faire partir un corps de troupes. L'abbaye de Bolbonne se trouvant Sur sa route, Maurin, sacristain du monastère, aUa à sa rencontre. Montfort lui ayant appris qu'il allait combattre le roi d'Aragon, — « Vous » n'êtes pas assez fort, lui dit Maurin, pour vous mesurer » avec ce prince qui est très expérimenté dans l'art mili- » taire, et qui a sous ses ordres une nombreuse armée. » Ne hasardez pas le combat avec si peu de monde. » Alors Simon ôta un papier de son portefeuille et le montra à Maurin : c'était une lettre que Pierre écrivait à une grande dame du diocèse de Toulouse, dans laquelle il lui déclarait que c'était pour lui plaire qu'il allait combattre et chasser les ennemis du pays. — « Eh bien ! dit Maurin, que vou- » lez-vous dire par cette lettre? — Je ne crois pas, ré- ». pondit Montfort, que le roi d'Aragon renverse l'œuvre de » Dieu pour une femme. »
Cette femme n'était autre que la princesse Eléonore, sceur du roi d'Aragon et épouse de Raymond VI. L'existence de cette lettre et les mots équivoques qu'elle renfermait ont fait croire qu'il était question ici d'une des maîtresses du roi ; mais rien ne le prouve. Simon entra dans l'église. de Bolbonne, se prosterna au pied du sanctuaire.