‹ Histoire générale de l'église de ToulouseChapitre 25 sur 71 · TROISIEME SIÈCLE · texte numérisé non relu

TROISIEME SIÈCLE

Nous ne pouvons nous empêcher de citer ici un passage des Actes de saint Denis. Il est dit qu'après le martyre de ce saint et de ses compagnons, les païens se proposant de jeter /eurs corps dans la Seine, une matrone nommée Catulle leur servit un grand repas, et que, pendant qu'ils se livraient à de copieuses libations, Catulle fit enlever les corps et les ensevelit dans un champ labouré près Paris. On ajoute que Catulle fit placer plus tard ces corps dans un magnifique sépulcre. Or, ce ne fut qu'au troisième siècle ou au commencement du quatrième, qu'il fut permis dans les Gaules d'élever ainsi les corps des martyrs.

Ce passage confirme donc l'opinion de ceux qui placent l'apostolat de saint Denis, et conséquemment de saint Saturnin, au nie siècle, appuyés qu'ils sont sur Sulpice Sévère, Grégoire de Tours, les plus anciens martyrologes, la tradition primitive ; opinion qu'Hilduin, abbé de Saint-Denis, attaqua le premier avec Hincmar de Reims, son disciple ; opinion qui parut abandonnée pendant plusieurs siècles, qui reparut ensuite victorieuse de toutes les fables du moyen-âge, et qui aujourd'hui semble vouloir être encore attaquée par la publication récente de quelques monuments qui n'ont aucune valeur historique.

Nous laissons ici de côté les Actes de Regulus d'Arles, de , Lucien de Beauvais, de Taurin d'Evreux, d'Eutrope de Saintes, de Gatien de Tours, d'Ursin de Bourges, de Nicaise de Rouen, de Quirinus. et de Sixte de Reims. Quant

à saint Julien du Mans, sa vie fut écrite en fan 1000 par le moine Lethalde, qui se montra, à cette époque, l'intrépide défenseur de l'opinion de Grégoire de Tours, se plaça ainsi en contradiction manifeste avec des opinions depuis longtemps accréditées, et soutint que saint Denis avait été envoyé dans les Gaules par saint Sixte, sous l'empire de Dèce. Il affirme que la paix ayant été rendue à l'Eglise, des missionnaires furent envoyés dans les Gaules, et il désigne à peu près les mêmes que Grégoire de Tours, k l'exception de Pothin de Lyon, qui est évidemment antérieur k celte époque.

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