II
sous la foi du mariage d'Alphonse et de Chimènc, mariage qui fut rompu pour cause de parenté. On croit que la brillante alliance que fit alors le comte de Toulouse avec le roi de Castille, fut le prix des services que Raymond avait rendus à ce prince dans la conquête de Tolède sur les Maures, en 1087. Quelques auteurs ont toutefois mis en doute le concours de Raymond dans toutes ces expéditions.
L'année même de l'avènement de Raymond de Saint-Gilles, mourut au monastère de Saint-Papoul le saint religieux Bérenger, dont nous avons parlé plus haut. Après avoir édi- • fié ses frères par l'exemple de toutes les vertus, il se rendit, dans la semaine sainte de Tan 1095, au château de Lautic, où il sentit arriver sa fin prochaine. La maladie se déclara le jour du jeudi-saint. Ayant désiré d'être reporté a Saint-Papoul, il y termina sa carrière le jour de l'Ascension. Sa sainteté éclata aussitôt par de nombreux miracles. Il est honoré d'un culte public, et ses reliques furent gardées dans l'église qui , plus tard, devint la cathédrale d'un nouveau diocèse. Raymond Ier, abbé de Saint-Papoul, fit écrire sa vie par un moine nommé Anselme, de l'abbaye du Bec, qu'il ne faut pas confondre avec saint Anselme le Grand. — Geraud 1er et Olric gouvernèrent successivement le monastère de Saint-Papoul après la mort de Bérenger. Sous le gouvernement de ces religieux, cette abbaye fut enrichie et dotée d'un très grand nombre de fondations et de domaines. ' Raymond de Saint-Gilles se rendit , au mois de septembre 1094, à l'abbaye de ce nom avec Elvire et son fils Bertrand qu'il avait eu de sa première femme ; là, dans l'église, et en présence des saints autels, il renouvela l'engagement qu'il avait pris de restituer la part des offrandes faites au
saint. Pour marque de l'abandon de ses droits, il mit sur l'autel deux écus (monnaie de Saint-Gilles). Au commencement de l'année suivante, il se rendit avec sa cour au monastère de Psalmodi au diocèse de Nîmes, et promit aux religieux de ne rien exiger à l'avenir des droits qu'il pouvait avoir. Au mois de juin 1095, il maria Bertrand son fils avec Electe ou Hélène, fille d'Eudes Ier duc de Bourgogne et de Mathilde fille de Guillaume Tête hardie, comte palatin de cette province. Bertrand était âgé de 25 à 30 ans. Il assigna lui-même pour douaire à sa nouvelle épouse les villes, comtés et évêchés de Rhodez, de Viviers, d'Avignon et de Digne, et , selon quelques-uns, de Cahors.
On a déjà vu que, vers l'an 1060, Roger comte de Foix avait cédé à Hugues abbé de Cluny le lieu de Saint-Antonin de Frédelaz (Pamiers) pour y introduire la vie monastique. Les religieux bénédictins ne demeurèrent pas longtemps en possession de ce monastère ; ils y furent remplacés par des chanoines, qui occupaient cette abbaye à la fin du onzième siècle. Pierre est regardé comme le premier abbé régulier, et ce fut à lui qu'en 1095 Roger II, comte de Foix, céda, pour la somme de cinq cents sols toulousains, l'abbaye de Saint-Antonin avec toutes ses dépendances. On ignore à quel ordre appartenaient les premiers chanoines ; il est toujours certain qu'à dater de cette époque, ils embrassèrent la règle de saint Augustin. Le comte de Foix fit cette donation avant de partir pour la croisade.
Les pèlerinages a la Terre-Sainte étaient aussi anciens que l'Eglise ; au onzième siècle, le désir de visiter ces lieux consacrés par la vie, la passion , la mort et la résurrection de Jésus-Christ, s'était emparé de presque tous les cœurs;
le récit dos voyages, la description de ces lieux, excitaient un saint enthousiasme ; on voyait dans toute l'Europe de pieuses caravanes se diriger vers la Palestine ; on racontait les souffrances auxquelles étaient exposés les chrétiens d'Orient : on les représentait tendant vers l'Occident des mains suppliantes. Parmi les nombreux pèlerins venus en ces temps à Jérusalem, se trouva un ermite appelé Pierre, né au diocèse d'Amiens ; petit de taille, d'un extérieur pauvre et négligé, vêtu d'un méchant froc , les reins ceints d'une grosse corde, nu-pieds, mais doué d'une imagination ardente, d'un regard doux et pénétrant /d'une éloquence entraînante. Il fut présenté au patriarche de Jérusalem, Siméon, qui lui exposa tous les maux dont les chrétiens étaient accablés dans la ville sainte. Pierre dit au patriarche qu'il fallait écrire au pape, à l'Eglise romaine, aux rois et aux princes de l'Occident, et lui déclara qu'il irait porter ces lettres et qu'il les conjurerait de venir hâter la délivrance des chrétiens opprimés.
Pierre, fortifié , dit la chronique, par une vision céleste, reçut les lettres du patriarche, s'embarqua sur un vaisseau qui mettait à la voile pour la Pouille, arriva à Rome et remplit sa mission auprès d'Urbain II. Un motif politique, tout autrement sérieux que le désir, d'ailleurs si naturel , de visiter les Lieux-Saints, avait depuis longtemps fait naître le projet d'une vaste coalition des peuples chrétiens contre les infidèles. Sylvestre H (Gerbert) et Grégoire VII (Ilildebrand) s'étaient occupés de ce projet. Les mahométans menaçaient de tout envahir'; après avoir entamé l'Europe par l'occident , ils cherchaient à l'attaquer par la rive orientale de la mer Egée. Sylvestre mourut avant d'avoir pu réaliser
ce dessein , et Grégoire en avait été empêché par de grandes affaires, et surtout celle des investitures. Urbain II écouta d'autant plus volontiers l'éloquent ermite, qu'il venait de recevoir des lettres très pressantes d'Alexis Comnène, empereur de Constantinople. qui l'exhortait à cette expédition contre les envahissements redoutables des infidèles.
Le pape, cédant à l'entraînement , passa aussitôt les Alpes dans le mois de juillet 1095, arriva au mois d'août à Valence sur le Rhône, se rendit ensuite au Puy où il célébra la fête de l'Assomption , et indiqua un concile à Clermont pour le 18 novembre. 11 parcourut ensuite diverses provinces de France, alla à la Chaise-Dieu, dont il consacra l'église, passa à Chirac sur les frontières du Gévaudan et du Rouergue, y lit consacrer l'église par les légats qui étaient à sa suite, arriva à Nîmes vers la fin d'août, et célébra la fête de saint Gilles dans l'abbaye de ce nom. Il y a lieu de croire que le comte de Toulouse, qui habitait ordinairement en Provence, eût une entrevue avec le pape dans ce monastère. On assure qu'il avait déjà écrit à Urbain pour lui annoncer la résolution où il était d'aller avec ses vassaux au-delà des mers combattre les infidèles. Le 7 septembre, le pape se rendit à Tarascôn , continua sa route par Avignon, remonta le Rhône, passa à Cluny, parcourut une partie de la Bourgogne, et arriva enfin à Clermont le 14 novembre. Le concile s'ouvrit au jour marqué. Un très grand nombre de canons furent dressés dans ce concile pour la discipline et la réforme des mœurs du clergé et du peuple. Après les sessions ordinaires, le pape se rendit dans une grande place, et, en présence d'une immense assemblée, parla avec tant de force et d'onction pour la délivrance des Saints-Lieux,
qu'un immense cri se fit seul entendre : Dieu le veut ! Dieu le veut ! Il accepta ces mots comme le cri de guerre, remit toutes les pénitences canoniques à ceux qui feraient partie de l'expédition, leur donna à tous une croix d'étoffe rouge qu'ils devaient placer sur l'épaule droite : signe qui leur fit donner le nom de Croisés.
En terminant la cérémonie, l'un des cardinaux nommé Grégoire prononça le Confiteor. Tous les assistants, se frappant la poitrine, tombèrent à genoux et reçurent l'absolution des pénitences qu'ils avaient encourues. Peu de jours après la publication de la croisade , les ambassadeurs de Raymond de Saint-Gilles arrivèrent au concile ; ils déclarèrent que ce seigneur et un grand nombre de chevaliers ses vassaux avaient déjà prix la croix : « 11 est prêt, dirent-ils, de faire part de ses richesses à ceux qui n'ont pas de bien, et il ne refusera ni son secours ni son conseil à aucun de ceux qui voudront s'engager dans, cette expédition. » — Aymar de Monteil, évêque du Puy, homme plein de prudence, fut nommé chef de la croisade. Quelques évêques se croisèrent avec lui, entr'autres, Guillaume d'Orange et Bernard de Lodève.
Avant la clôture du concile, Urbain chargea les évêques de prêcher la croisade dans leurs diocèses. L'effet de ces prédications tint du prodige : toutes les populations s'ébranlèrent à la fois ; les troubadours et les trouvères excitèrent l'enthousiasme par leurs chants; la piété poussée jusqu'à l'exaltation, l'amour de la gloire et des aventures, le désir de changer de place et de situation, l'espoir d'un meilleur avenir déterminèrent cet élan magnanime ; chevaliers, barons, princes, souverains, manans et vilains, se croisaient
ensemble. Parmi les grands seigneurs qui prirent la croix, on distingua Hugues le Grand, frère du roi Philippe, Robert duc de Normandie, Robert comte de Flandre, Henri comte de Chartres et de Blois, Garnier comte de Gray, Baudouin comte de Hainaut, Isoard comte de Die, Raimbaud comte d'Orange , Guillaume comte de Forez , Rotrou comte du Perche, Hugues comte de Saint-Pol. Mais les deux hommes qui dominèrent la croisade, furent Raymond de Saint-Gilles et Godefroy de Bouillon. Le comte de Toulouse était âgé de cinquante-trois ans environ quand il prit la croix. Plusieurs seigneurs du pays toulousain, entr'autres Bertrand de l'Isle, Raymond d'Hautpoul, Galon de Calmont, Roger de Mirepoix, Roger de Foix, se croisèrent avec lui. Plusieurs grandes dames voulurent suivre leurs maris dans cette expédition ; Elvire, comtesse de Toulouse, fut de ce nombre.
Deux abbés du diocèse de Toulouse se trouvèrent au concile de Clermont : Seguin, abbé de Lézat, et Bertram Ier, abbé de Saint -Pierre de la Cour (le Mas). Le premier porta plainte au pape Urbain II de ce que le second ne voulait point reconnaître sa souveraine autorité. Le pape désigna l'archevêque de Tolède pour terminer ce différend. Ce prélat était parent de l'abbé de la Cour : il décida la question en faveur de l'abbé de Lézat. Seguin promit de se soumettre ; mais l'abbé de Lézat s'étant rendu au Mas pour y introduire la règle de saint Benoît, Seguin s'opposa à son entrée; et comme les religieux de Moissac, par ordre de Brunon, légat du pape, s'étaient ' introduits dans le monastère, il les chassa ignominieusement. Les moines de Saint- Pierre de la Cour, pour se soustraire à l'autorité de l'abbé
de Lézat, se donnèrent plus tard au monastère de Cluse en Savoie.
Après le concile de Clermont, le pape quitta cette ville au commencement de décembre, se rendit à Saint-Flour, monastère dépendant de Cluny, et en consacra l'église le 7 de ce mois. Il célébra la fête de Noël à Limoges; au commencement de janvier 1096, il parcourut le Poitou, l'Anjou, le Maine, prêchant partout la croisade. Au commencement de mars, il tint un concile à Tours, revint à Poitiers, célébra la fête de Pâques à Saintes; sur la fin d'avril, il passa à Bordeaux, et arriva à Toulouse au commencement de mai. Il y fut reçu par Izarn et Raymond de Saint-Gilles. Le premier acte de son autorité fut une bulle qu'il adressa à cet évêque en faveur de l'abbaye de Moissac, qu'il alla visiter lui-même et où il passa plusieurs jours.
A son retour, le 24 du mois de mai, Urbain II se rendit solennellement à la basilique de Saint-Saturnin, assisté de dix-sept archevêques ou évêques, parmi lesquels on distinguait Izarn de Toulouse, Bernard de Tolède, Amat de Bordeaux, Gautier d'Albi, Pierre de Pampelune. Il consacra la nouvelle église, ainsi qu'un autel en l'honneur de saint Saturnin et de saint Asciscle, et plaça dans cet autel la plus grande partie de la tête de saint Sernin, des reliques de saint Asciscle, de saint Exupère et de beaucoup d'autres saints. L'autel consacré par Urbain II reposait sur une vaste crypte, dans laquelle étaient placés et exposés à la vénération des peuples les tombeaux de saint Saturnin, des autres saints évêques de Toulouse et de plusieurs martyrs. On descendait dans cette crypte par des degrés, et il paraît que le sépulcre de saint Saturnin et celui de saint Ascis-
cle étaient fermés par quelque grille, puisque nous avons déjà vu Tévêque Izarn réserver pour lui seul la clef de ces tombeaux. Il est très probable que la partie inférieure des grandes cryptes actuelles faisait partie de la crypte primitive. Ses formes sont assez en harmonie avec le reste de l'édifice.
A la cérémonie de la consécration de l'église de Saint - Saturnin, Raymond de Saint-Gilles et le pape déclarèrent cette basilique entièrement libre ; le comte renonça par un acte authentique au droit qu'il avait sur une partie de la cire qu'on y offrait. Les chanoines de la cathédrale de Saint- Etienne se présentèrent à l'audience du pape, et lui portèrent plainte contre les moines de l'abbaye de Cluse en Savoie. On a déjà vu que Hugues, évêque de Toulouse, et Loup, prévôt de Saint-Etienne, avaient cédé au chapitre la terre allodiale et l'église de Sainte-Gabelle. Après la mort des donateurs, cette terre était tombée plus tard au pouvoir de quelques seigneurs laïques, qui, par un accord particulier, la cédèrent aux religieux de Saint-Michel de Cluse. Les chanoines, ayant appris cette cession, revendiquèrent leurs droits; l'abbé de Cluse vint à Toulouse, et là, dans l'église de Saint-Saturnin, se tint une assemblée à laquelle se trouva Arnauld Raymundi , prévôt de Saint-Etienne, et les parties intéressées. On montra à l'abbé la charte de donation : il promit de faire droit; on fixa le jour pour terminer ce différend, mais l'abbé de Cluse ne comparut pas : c'est ce qui détermina les chanoines de Saint-Etienne à avoir recours au pape. Urbain II les ajourna à l'abbaye de Sainte-Marie d'Alet.
Les chanoines de Saint-Saturnin eurent aussi recours à
son autorité au sujet d'un différend qui existait entr'eux et l'évêque Izarn. Ce différend , dont nous allons parler, fut diriraé au concile de Nîmes.
Au mois de juin 1096, le pape quitta Toulouse et se rendit à Carcassonne; après y avoir séjourné cinq jours, il se rendit a Alet. L'évêque Izarn et les chanoines de Saint- Etienne le suivirent jusqu'en ce lieu. On reprit alors l'affaire de Sainte-Gabelle. Les religieux de Cluse ayant fait défaut, le pape, de l'avis de Bernard archevêque de Tolède, les condamna à payer au chapitre un cens annuel de vingt sols toulousains. L'autorité suprême du pape ne termina pas ce différend, et la force obtint ce que l'obéissance due au pontife n'avait pu obtenir. En vain Izarn lança-t-il une excommunication et des anathèmes contre les moines réfractaires, tout fut inutile. Alors les chanoines de Saint- Etienne revinrent à Toulouse, levèrent sur leurs domaines une armée de quatre mille hommes, se mirent à leur tête-, s'emparèrent de Sainte-Gabelle et dévastèrent ce lieu. Guillaume de Maurelion, avoué des moines de Cluse, entra aussitôt en composition avec les chanoines et s'engagea à payer le cens exigé.
D'Alet, le pape se rendit a Maguelonne, et le 3 juillet il arriva a Nîmes, où il fut reçu par Raymond de Saint- Gilles. Urbain y fit l'ouverture du concile. Ce fut dans cette assemblée qu'on termina le différend qui existait entre Izarn et les chanoines de Saint-Saturnin. Le premier prétendait avoir droit a la quatrième partie des oblations de cette église, d'après ce qui avait été établi par Pierre Roger à l'époque de sa reconstruction ; les chanoines, au contraire, revendiquaient ces oblations. Izarn fut appuyé dans ses
prétentions par Guy, archevêque de Vienne, et plusieurs autres prélats ; il plaida sa cause avec tant de force, que le pape n'osa le condamner en plein concile; mais Urbain, ayant ensuite fait venir Izarn dans sa chambre, le pressa si vivement, en présence de Raymond de Saint-Gilles et des clercs de la basilique, qu'il se rendit enfin au désir du pontife.
Le pape consacra la cathédrale de Nîmes en présence de tous les prélats assemblés, et à cette occasion Raymond de Saint-Gilles déclara qu'il épousait cette église, c'est-àdire qu'il la prenait sous sa protection, et lui donnait pour dot ou douaire le lieu de Foncouverte et ses dépendances. Il unit en même temps par un acte authentique l'abbaye de Saint-Gilles et les terres qu'il possédait dans la vallée flavienne à la congrégation de Cluny. Ces donations furent approuvées par le pape. Urbain arriva à l'abbaye de Saint- Gilles, où il demeura jusqu'au 20 juillet, et se rendit de la à Saint-André sur le Rhône, où il confirma par une bulle spéciale tout ce qui avait été arrêté dans le concile de Nîmes en faveur des chanoines de Saint-Saturnin de Toulouse, leur accorda divers privilèges, défendit qu'on changeât à l'avenir l'état régulier de ce chapitre, lui prescrivit de n'avoir jamais rien en propre, et lui accorda la liberté d'élire son prévôt particulier. Ces concessions et ces privilèges ne dûrent pas satisfaire l'évêque de Toulouse, qui, tous les jours, redoublait d'activité pour assurer l'indépendance de son Eglise. 11 ne fut pas sans doute étranger à la restitution que deux seigneurs du pays toulousain, Bernard Ebbon et Pierre de Lévignac son fils, firent au chapitre de la cathédrale et à Arnaud Raymundi qui en
TEMPS MiTEUMÈDUlRES.
en était encore prévôt, des biens qu'ils avaient usurpés
sur la prévôté et le doyenné.
Tout se préparait pour la croisade. Les croisés, au nombre de trois cent mille hommes, se partagèrent en trois corps. Le premier, conduit par Godefroy de Bouillon et son frère Baudouin, partit le 15 août 1096 et se rendit à Constantinople, par l'Allemagne et la Hongrie. Le second avait à sa tête Robert de Normandie, Robert de Flandre, et Hugues, frère du roi Philippe; il prit, au mois de septembre, la route de l'Italie et de la Calabre. Le troisième, commandé par Raymond de Saint-Gilles, se mit en marche vers la fin d'octobre.