LIVRE XXVII
DEPUIS LA MORT DE RAYHOTfD VII, EN 1249, JLSyU A LA RÉtlSIOlV- DU COMTÉ DE TOULOUSE A LA COURONNE, EN 1271.
A peine Raymond eut-il rendu le dernier soupir que Gufllaume de Pian, sénéchal du ror à Carcassonne, partit pour la cour atia d'avertir de ia mort de Raymond la reine Blanche et recevoir ses ordres. Alphonse et Jeanne étaient
partis pour l'Orient. La reine lit expédier aussitôt des lettres, datées du mois d'octobre 1249, qu elle adressa à m chm du chapitre, c*est-k*dir6 aux consuls ou capitouls de Toulouse.
« Blanche, par la grâce de* Dieu reine des Français, à > ses chers du chapitre et les probes-hommes de la Tille
• et du faubourg de Toulouse, salut et dilection. — Nous » avons appris avec une extrême douleur la mort de notre » cher couiia le cuinle luiymond. Vous n'ignorez pas (^iie » ses états sont tombés au pouvoir d'Alfonse, notre lils >» bien-aimé, époux de Jeanne, sa noble fille. En consé- » quence, nous vous ordonnons d'obéir et prêter serment
• à Gui, à Hervé de Ghevreuse, et à Philippe, trésorier de » Saint-Hilaire de Poitiers et chancelier de notre fils, que » nous avons nommés commissaire:^ pour prendre posses- » sion des états du comte. »
t98 TEHFS IHTBBIIÉDIAIBVS.
Les commissaires porteurs de ces lettres, étant arrivés à Toulouse, se rendirent, le 1*' décembre 1249, au château Narboanais, et ûreut prêter aux cousuls, principaux vassaux, et autres seigneurs, serment de fidélité à Alfouse, à Jeanne sa fille, et à leurs eniaiits. On tiouve dans cet acte, qui est d'une gr^e étendue, les noms de toutes les plus illustres familles 4u Toulousain (1), et la yéritable source de leur noblesse. Ce sermeut lut prêté on présence de rarchevé(]ue de Narbonne, des évéques de Toulouse, d'Agen, de Comminges, du prévôt de Saint-Etienne, d Âmaury vicomte de IHarboune, de Pons d'AsIoand, chancelier d^Alfonse, de Guy Foucaud, de mattne Guillaume de Puylâurens, de Guillaume Izarn, archiprêtre de Rieux, de Guillaume de Pian, sénéchal de Garcassonne, et de Pierre des Voisins.
Le jeudi 6 décembre, les consuls et tout le peuple de Toulouse s'étant assemblés, les commissaires déléguèrent,
pour gouverner le pays au nom d'Alfonse, Sicard Âlaman, et déterminèrent la forme du serment que celui-ci devait
(1) Voici ces noms: Bernard de Coiniiiinges, Sicaid du MdùUiuI, Jourdain de rillu, Bertrand de Pailhès, Sicard Alarnaii, Bernard de MoiiUigiit, les d'Astirac, Bernard de Beaumont, Raymond d'Alfar, Izarn de Saint-Paul, Pons de Villemiir, Jourdain de Lanta, Beraard de Miremont, Pierre de Sainl-Sernin, Arnaud de Marquefave, Pons de Noë, Guasberl de Puylaurens, Bernard de Villenenve-Caranian, Bernard de Montesquieu, Olric de Rieutort, Arnaud du Falgar, frère de Vévêque de Toulouse, Guillaume de Baredge, Jourdain de Rabastens, Bersard de Foucaud, Auger d'Avelane, Bernard de Saint-Amans, Guillaume de Vilèle, Ary- Jbert de Dieupentale, Guillaume de Roquefort, Bertrand de BessiëreSy Baymond de RoqueviUe, Aton de FnmcarviUe, Guillaume de Seysses; Âymeric de Roaix, Adhéniar 4e GsMan, Fons Duninti, «I un très gnnd nombre d'autres.
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TEUfS U«T£RMKbUmËi». 499^
prêter aux babilanls de ^.onserver tKwtes iôurs Ubertés, coutumes et fraBchises. Sicaid prêta donc ce serment eu présence 4le rarchenéque de Nar])omie et de révéque de Toulouse, qui attestèrent qu'ils avaient vu la formule oiigwale de cet acte envoyé la reiae.
Le lendemain 7 décmbre, ies commissaires reçurent, à Toulcrase le serment de Hugues comte de Rodez ; à Verdun, celui de plusieurs seigneurs du Rouergue; et à Moissac, celui de fdusienrs barons du Qoercf et de rAllMgeois : en sorte que tout le pays se soumit à Alioiise.
À peine ce prince eut-ii appris la mort de Raymond, son beau-pore, qu il songea à repasser m France pour prendre possession de ses nouveaux, états ; mais ayant été fait prisonnier le 5 avril i9!S0, 'û ne put arriver en Provence qu'au: mois de juin. S'étant rendu à Beaucaire avec Jeanne sa femme, il y reçut, en présence de Tévéque de Toulouse, le serment de fidélité de quelques-uns de ses vassaux, en- , tr'autres, de Bernard comte de Comminges, des vicomtes de Lantrec, de Jourdain de Setssac et de Jourdain de
riiie.
Raymond du Falgar quitta Beaucaire où il se trouvait avec Alfonse, et quelques actes nous apprennent qu'il
était dans son diocèse dans Tannée 1250 puisqu'il accorda aux moines de Grand-Selve Tautorisatton d*ériger des oratoires et des chapelles dans tontes leurs fermes, et d*y célébrer les oi'tices divins. 11 donna aussi son approbation à une transaction que Raymond Ëscrivan, prévôt de Saint- Etienne, avait passée avec le viguicr de la ville au sujet des limites de la juridiction de TEglise de Toulouse. On marqua ces limites de trois croix. Cet acte nous révèle le
tQQ mifS UITIU1KDU11I8.
pouvoir temporel des Eglises, qui exerçaient à cette époque une certaine juridiction sur uoe portion du territoire.
L*âbbaye de Grand-Salve yoyaît 8*élever en ce temps-là les murs de sa nouvelle église, pour laquelle Raymond Vil avait donné une somme d'argent assez considérable. Noos igoorons Tépoque précise où fut commencé cet édifice, qui était d'une grande étendue et dans le style ogival. Les travaux de construction furent poussés avec vigueur sous le gouvernement de Pierre Raymond et poursuivis encore très activement par son successeur Richard, dont nous trouvons le nom dans un accord qu'il passa avec Bernard et Montarin Gautier au sujet d un iief nommé Argumhad.
£n 1250, s*ouvre la série des abbesses de rOraison-Dieu. Raymond VH, ;L\ant sa mort, avait donné de grands biens à cette maison, qui avait alors à sa tète Marie de Benque, première abbesse. Elle reçut aussi des marques éclatantes de la munificence du comte de Comminges.
L'abbaye de Feuillants était alors gouvernée par Tbéobald m, qui avait succédé à Arnaud Garsias; et celle de Calers Tétait par Raymond de Bajula, qui reçut de Morin abbé de Saint-Âutonin quelques maisons dans la ville de Pamiers. En ce mêiiie temps le inonastère de Saiiii-Papoul perdait Raymond d'Atthinac son abbé, à qui on donnait pour successeur Guiraud II.
Aifonse et Jeanne, après avoir fait quelque séjour en Provence, se rendirent à Toulouse et y firent leur entrée solennelle le 25 mai 1251. Le dimanche suivant, le comte fit assembler tous les habitants dans la maison de ville, et jura en leur pirésence de les maintenir dans l'usage de leurs libertés et de leurs franchises. Le 28 mai, il assembla vingt
TEMPS INTBMIÉOUIRES. 204
célèbres jurisconsultes pour leur suumettrc le testament de Raymond VU et soo codieille. Les docteurs crurent reconnaître dans le premier acte des causes de nullité, et déclarèrent que le codicille seul devait être exécuté, au moins pour les legs pies. Ces legs ne furent cependant acquittés qu*en partie; il y eut des accommodements avec certaines abbayes, entr'aulres, avec Fontevrault, Grand-Selve et Belleperche.
Alfonse et Jeanne ne firent pas, un très long séjour à Toulouse. Le 30 mai 1251, Alphonse donna à Verdun-sur- Garonne une charte en foveur de Vabhaye de Grand-Selve ; puis il parcourut ses domaines pour recevoir le serment de ses vassaux et confirmer les anciennes coutumes. Le comte et la comtesse se retirèrent ensuite au château de Vincennes, et ne revinrent dans la province que sur la fin de leur vie. Os partagèrent leurs vastes douiiaines en quatre grandes sénéchaussées : la première fut celle de Toulouse; la seconde, celle de TAgenais et du Querci ; la troisième, celle du Ronergue, et la quatrième celle de Provence.
Alfonse, avant son départ, avait refusé de rendre hommage à Raymond du Falgar, évêque de Toulouse, qui se contenta de l'hommage offert seulement par son sénéchal. Cet éyèque fut, à cette époque, choisi pour arbitre suprême dans le difiérend qui existait entre Tarchevêque de Narbonne et le vicomte de cette ville ; mais il ne put le conduire à bonne ûn. Il reçut une bulle d'Innocent IV par laquelle le pape plaçait sous sa protection les religieux de saint Dominique et le tribunal de Tinquisilion.
L'abbaye de Calers était alors gouvernée par Ëtienne III, qui avait succédé k Raymond Bajols, et qui lit, eu 1251,
20âl TUFS ieiTBUlftD1i»B&
me 4raiisa6lioa av«c Tabbé de Lézat. L*hi$tûira Q*en désigne
pas l'objet.
GitieSt BtM «de BeUeperche, qui avait succédé à Laurent, passa dans la même anoée un traité avec Bernard d*Âsta-
fort toucbaat ks limiies d im lieu nommé Larazet. . Bérenger HI gouvernait Tabbaye de fiolbonne. les comtes de Foix en étaient regardés comme les fondateurs, puisqu'il obtint alors du chapitre général de son ordre Tautorisalxm 4e célébrer un service anniversaire pour le repos de Tàme de ces puissants seigneurs. Il mourut en 1251, et eut pour successeur Adbémar.
L'abbaye de Sorèze perdit aussi , vers ce même temps , Pierre de Pierreiale, son abbé. 11 eut pour successeur Pierre de Goust.
iia^moad d'Âatissan, abbé de Boanefont , mourut cette même année. Il avait reçu pour son monastère de grands biens des libéralités de Bernard de Gomminges, qui confirma toutes les donations que ses prédécesseurs avaient Mtes à son abbaye. U eut pour successeur Raymond VU (Arnaud d'Osson). Un certain Guillauuie lui disputa la possession de l'abbaye, mais sans succès. Sous le gouvernement de Raymond, le jcbevalier Adhémar de Punctis embrassa la vie monastique à Bonnefont.
Quoiqu'absent de ses états, le comte Âlfonse ne s'occupait pas avec moins d'ardeur du bien de ses sujets. Il envoya pour commissaires à Toulouse, vers l'année li52, Jean de Maisons, maître Gui Fulcodi , Pierre Bernardi, frère Jean de Castelnau et frère Philippe de Tordre des frères mineurs, avec mission expresse de réformer tous les abus. Ce fut à Toccasion de ces commissaires que les évéques de Tou>
TEMPS IKTERMKDiAlttËS. 803
louse, d'Agfen , d^Albi ét de Càipeotras aârotsëmt'des Ifiittres très jpressaates aux frères prêcheurs pour les eugager à «lercer roffîse d^ifiqiiisileiirs ûmi& leurs diocèses, après <pi% auraient «été désiffoés «eoifiidCiveme^t par Gm F^eodi et Jean de.Matsoos. Ces letU^s sej^ datées de lUott &à Awofgne.
Au retour de Riom , Raymond du Falgar se rendit k Grand-Selve pour y consacrer la DouveUe é^tise. U ^4 a&sislé dans cotte oérémonie par Gailhard, énèqÊè de Lecrloure, et Nicolas de Couserans. Après cette coosécratioo , il se rendit à Montanlian, et assista à une assemblée dans 1 église de Saînt^iaeques, oCi les cowmissaires d*Alfoiise dressèrent divers statuts contre les héi éti<{ues <et les excoaunaniés.
Vers la fin de 1252, ce dernier prince tut atteint d'une attaque de paralysie. Se voyant dans un danger imminent, il fit TQBu de revenir dans la Terre^nte et de reprendre la croix. Il ne put cependant exécuter de si tôt sa promesse. £n attendant , H envoya plusieurs seigneurs de ses deimainés en Palestine et fit lever i^nsieurs subsides pour cette expédition.
Il était toujours au château de Vincennes Avec Jeanne^
sa femme, lorsqu'au mois de mai 12i>5 il lit un accord avec Ëtienne, abbé de Oairvaux^ touchant les sommes quil leur devait au nom de son père. Il assigna aux religieux de cette abbaye cent quatre livres parisis de rente sur la prévôté delà Rocbelie, pour Tentretien de vingt étudiants en tiiéO" logie de cette maison dans le collège Saint-Bernard k Paris, et puis ii se prépara à effectuer son voyage, innocent IV, pour seconder son zèle, lui accorda : i*" trois mille marcs
204 TUK UNTEaMÉDUIBES.
d*argent sor les restitutions des usures et des biens mal acquis qui seraieut faites dans le royaume de France, les comtés de Toulouse, Poitiers, Provence et Bretagne; ^ les rachats que devaient payer ceux qui , s'étant croisés pour la Terre-Sainte, ne pourraient ensuite exécuter leurs Toeux; 3' les legs faits en général pour la Terre-Sainte. Alfonse ne profita pas de ces concessions : plusieurs obstacles s'opposèrent à son départ.
Au mois de mai , Tarchevêque de Narbonne et les évêques de Beziers, de Lodève et d'Agde, réunis à Beziers, éerivirent au comie Alfonse touchant un bruil qui s'était répandu — qu'il allait faire restituer aux plus proches parents des hérétiques les biens qui avaient été confisqués sur ces derniers ; ils lui montraient les dangers auxquels l exposer^t une semblable démarche, et rengageaient à abandonner ce projet. Nous lisons dans cette lettre que Raymond du Falgar, évêque de Toulouse, avait déjà écrit . au comte sur ce même sujet.
Au mois de juillet, il fit un bail nouveau au sujet de la monnaie qui devait être battue à Toulouse ; ce bail fut passé entre le comte, Arnaud Bonaldi d'Albi et Bernard de Croisse. Vers la môme. époque, il envoya des députés à Tabbesse de Fontevrault pour réclamer les vases d'or et d'argent et les autres joyaux que son père avait laissés à ce monastère. L'abbesse lui écrivit, par ces mêmes députés, qu'elle accédait à ces demandes moyennant une rente annuelle qu*il payerait à l'abbaye. D fit avec Gilles, abbé de Belleperche, d'autres accords touchant certaines églises de sa dépendance, accords qui furent approuvés par Raymond du Falgar.
TEHPS INTËaMÉDlÀlUS. 205
Nous trouYODS aussi plusieurs seigneurs du pays toulousain eu qualité dinsigaes bienfaiteurs de quelques mooastères : ainsi, Adhémar de ViUeneuTe céda ses domaines à iabbaye de Saint Papoul et y embrassa la vie religieuse. Etienne 111, abbé de Calers, reçut des marques de libéralité d'Ayral de Blancheroche et de Fabre de Birad. Deux fils de Bertrand de riUe entrèrent dans l'abbaye de Nizors, dont Jacques était abbé, et y apportèrept de grands biens.
Dans les premiers mois de Tan 1254, les commissaires d'Âlfonse, Jean de Maisons, Gui Fulcodi , Pierre Bemardi , frère Jean de Gastelnau, et frère Philippe de Tordre des frères mineurs, publièrent à Toulouse les règlements qu'ils avaient dressés pour la réforme de quelques abus ; l"" Les sénéchaux obligeront, par la saisie des biens on par Temprisonnement à 1 égard des pauvres, tous ceux qui, au mépris des censures ecclésiastiques, seront demeurés plus iWm an excommuniés, à rentrer dans le sein de l'Eglise , à moins qu'ils n'aient appelé de la sentence qui les excom; mnnie ou qu'ils n*aient été excommuniés pour les dîmes.
Il est défendu aux juifs de construire de nouvelles synagogues et de sortir de leurs maisons le vendredi saint. ^ Les sénéchaux ne donneront pas des bailliages à des clercs, et révoqueront ceux auxquels ils en ont donné aûn de les empêcher ^e se dissiper. Hs ne mettront pas non plus dans ces charges ceux qui sont suspects d'hérésie. 4*" il est défendu aux ^néchaux, sur les plaintes des barons et des chevaliers du pays, de construire de nouvelles bastides sans l'exprès consentement du comte. On réglera la juridiction des baillis, et il leur est ordonné de se tenir dans les bornes qui leur furent prescrites par ce prince
TBD8 nraiiiloiAius.
lorsqiill aUa dans le pays. ^ Enfin on marque de qnelle
manière les officiers du comte doivent agià dans la coufiseatu» des biens des bi^étiques el pour ka reslitiilioa dee dets des fMnmes catholiques dont les maits avaient été condamaés pour crime d'hérésie.
Ces règlements étaient à peine pidilîés que les Ânl^lais, qui, par les ordres d'Henri III, aTaient passé la mer poar punir les Gascons de leur révolte, s'approchèrent de Toukmse et comimrent quelques excès dans les terres du comte Alfonse. Celui-ci en porta plamtc au roi, qui s engagea» pour réparer CQs dommages» à payer 72l^li¥re8ide Bordeawx, qn'AHonse ehargea Hugues d*Ards, son sénéchal, de répartir entre ses sujets.
AUbnse, ayant à se plaindre des ca^itouls de Toaloufie, envoya, en 1255, deux commissaires dans cette ville, — Guillaume de Rossand, chanoine de Paris, et Phihppo d*Eaiiboone, chevalier. Geux-d assemblèrent les ca|ii1oals dans la maison commune, et représentèrent de la part du comte que plusieurs coutumes inti odiiiles étaient conicatves à réqiHté. Les capilôuls eonvequèrent' alors, le 3^ jm, une assemblée générale des habitauts, à laquelle assistèrent les évèques de Toulouse et de Couserans, les abbés de Saint- Sernin et de Sorèze, le prévôt de la cathédrale, les deux nouveaux, inquisiteurs et pluâieuirs autres reJigiQU&, Sieard d'Akunaud et Pons d*Âstoand. 11 fiât déddé' dans cette assemblée qu'on continuerait d'observer les coutumes jusqu'à Fanivée d'ÂJiDnse ; on députa eu même temps des fondés de pouvoirs an prince pour le sup^^r de maintour ces coutumes.
Alfonse répondit qu*il désirait conserver ces privilèges,
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et ordonna k ses commissaires de hii envoyer les articles des anciens usages des Toulousains, promettant de ré^^ toute cette afiàire. Ces articles furent envoyés, nais sans résultat : car, le dimanche après la Saint-Nicolas 1255, il rendit une ordonnance au châteait de Vincennes dans laquelle n se plaignait des entreprises qu*on avait feites contre son autorité et dressa des règlements contraires aux usages. Cette ordonnance fut notifiée' aux consuls et habitants de Toulouse par Etienne de Bagnols, chanoine de Reims, Philippe d'Ëaubonne et lierre Bernardi. 11 déclara aussi qu'il ' voulait rentrer dans le droit dont avait joui son prédéc^seur de nommer les consuls de la ville. Ce droit pouvait être contesté, car il est certain que Raymond son père avait laissé aux habitants la liberté d*é1îre leurs conseillers municipaux. Les commissaires, après avoir notilic cette ordonnance, firent plusieurs règlements concernant la justice de la cour du viguier, les avocats, les huissiers, et tes notaires.
On trouve les noms des capitouls de cette époque dans
les accords que passèrent entr'eux, l'année précédente, Raymond du Falgar, évôque de Toulouse, et Bertrand de Montaigut, prieur de la Daurade, an sujet de la permutation de quelques églises : c'étaient Gnillaume de Septène, Bertrand de Palais, GuUlaume de Rouaix, Raymond Baranbon, Guillaume Saurine, Bertrand Peytavit, Bérenger de Portel, Pons de Gaillac et Vital de Fumel. L'évêque et le prieur avaient choisi pour arbitres Guillaume Isarn, archiprêtrede Rieux, et Guillaume Rotberti, jurisconsulte. Bertrand de Montaigut confirma en même temps la cession des moulins du Bazacle, récemment construits. Il obtînt aussi du pape
SOS TUFS nmmtDiàtttt.
Innoeent IV plasieurs Indulgences pour son église par une
bulle donnée dans la ville d'Assise. — Bui traad de Montaigat gouverna encore pendant quelques années le prieuré de la Daurade, et eut poiir successeur Bernard de Geniés.
Nous avons observé que les deux nouveaux inquisiteurs se trouvèrent à rassemblée générale des habitants de Toulouse : c'était Reginald de Carnot et Jean de Petra, l'un et l'autre dominicains. Les évéques de Rodez, de Toulouse, d'Albi et de Cahors, assemblés à GaiUac en Albigeois, leur adressèrent des lettres pour les autoriser à publier des indulgences dans leurs diocitees, à y exercer la sainte inquisition, et à y réconcilier les pécheurs à FEglise.
Ces inquisiteurs contribuèrent puissamment à la constraction de la nouvelle et belle église de Saint-Ëlan de Lavaur, dont les fondeménts furent jetés en 1255, d'après l'acte ainsi conçu :
« Faisons savoir k tous que Raymond Galvet, Pierre de » Marlhac, Guillaume Peyrolcr, et plusieurs autres habi-
• tants de Lavaur, ont promis à F. Reginald de Carnot et » F. Jean de Petra, inquisiteurs, qu'ils emploieraient tous
• leurs soins à la construction d'une grande église qui pût » contenir tous les habitants de Lavaur, construction qdi » doit être commencée dans l'espace de cinq ans. Les dits » inquisiteurs ont permis d employer à la construction de » cette église tout Fargent qu*on pourra retenir de la com- » mutation des pénitences ou pèlerinages imposés (on ex- » cepte les pèlerinages qui doivent être faits à Saint-Ëtienne » et à Saint-Saturnin de Toulouse). Les inquisiteurs décla- % rent qu ils ont ainsi réglé les choses à la prière d'Hugues » d*Arcis, sénéchal de Toulouse, d*Odars de Pouhs, viguier
mm imnurtDiiiBD. 10^
» de Toulouse, et avec le consentement de révéque de cette
• yille et de plusieurs autres prélats. •
Cest ainsi que fut construite la grande et magnifique église de Saint-Elan ou Alain de Lavaur, sous le règne d*Alfonse et le puiililicat de Uaymoiid du Falgar, par les soins des nobles habitants mentionnés dans l'acte. Cet édifice religieux, un des plus beaux du Midi, appartient à Tarchitecture gothique.
Raji&ond du Falgar confirma, à cette époque, Tabbaye du Mas-Garnier dans la possession de plusieurs églises dont les noms suivent : Verdun, Caniac ou Savenes, AucanviUe, IfauTers, Boîville, Seil, Osmont, Gouas, Margastaud, BrÎTO- - Castel, Bourret, Saint-€assian, Signan, Moulbequi, Saint- Asert, Montbartier.
Nous trouvons, au m^me temps, révêque de Toulouse au concile qui fut tenu à Beziers le 8 des ides de mai, et dans lequdi furent promulgués les statuts que SaintliOuis avait dressés jiour la réforme des mœurs du clergé et du peuple dans la Gaule Marbonnaise. Eaymond du Falgar perdit, cette même année, Raymond Escrivan, prévôt de Saint-Etienne, qui fut enseveli au chapitre avec une épitaphe. Il eut pour successeur dans la prévôté Bertrand de TlUe-^ourdain, qui commença sa charge par rachat de plusieurs terres en &veur de 1 église cathédrale.
L'année précédente, Pierre de Dalbs abbé de Lézat était mort dans ce monastère. Cet abbé, Fun des plus illustres qui aient gouverné cette maison, eut pour successeur, en 1255, Gmud de Villenenve. On trouve le nom de ce dernier dans une sentence qu Adémar de Burnos, raoïae de
Lézat, et Bernard, prieur de Puyyert, rendirent en ferveur m u
S40 TDI?S IMTBUIÉDUIMS.
de Lézai contre ie monastère de la Grâce-Dieu, au sujet de quelque hommage pour certaines terres. Geraud de Villeneuve fit aussi quelques transacUous avec Etienne abbé de Calers. Ce dernier mourut en 1255, et eut pôur successeur Raymond d^Visac, qui gouverna Calers pendant quatre années et reçut de grands biens pour son abbaye de la libéralité de Bernard de Chaurac*
L ciljl)aye de Saini-l inudard était alors gouvernée par Pierre de Bermond, chapelain du pape Alexandre IV, qui lui accorda la permission d'user des ornements pontificaux dans la célébration des sacrés mystères.
Gilles de Belleperche reçut â cette époque, de Guillanme évêque d'Agen, plusieurs églises désignées dans la charte de cession ; il mourut en 1255, et eut pour successeur Simon. Cétait alors chose assez commune que la cession et permutation des églises entre les évêchés et les monas-* tères ; ainsi, en la même année, Raymond du Falgar échangea quelques églises avec Pierre de Goust, abbé de Sorèze, pendant que labbé de ISizors, Guillaume de Ar, recevait en qualité de frère G^ilhard de Benque.
Alfonse comte de Touiuuhe désirait toujours partir pour la terre sainte. Âtîn de lui faciliter cette expédition, le pape Alexandre IV rendit en 1256 une ordonnance qui prescrivait a tous ceux qui avaient pris la croix dans les comtés de Toulouse et de Provence, et qui n'avaient pu foire le
voyage, de lui en payer le lacliLit. Avant son depai l, Alfonse présenta au roi son frère un mémoire dans lequel il lui adressait plusieurs demandes, entr*antres, celle de lui rendre les lieis du comté de Foix ; de lui garantir la vicomté de Milhaud contre les prétentions du roi d'Aragon ;
TEMPS INTBBMÉDUIBBS. 244
de lui céder rhommage du seigneur de Mirepoix ; et enfin de lui {permettre de lever dans le comté de Toulouse et ses autres domaines les legs faits pour la Terre-Sainte.
Nous ignorons pour quels motifs Alfonse u exécuta pas son projet de voyage d*ontre-iner ; il demeura au cbâteau de "^^ncennes, où il doiiiia plusieurs chartes en 1250. Ou trouve dans Tune d'elles que Bernard seigneur de Montesquieu était alors vmmuré pour cause d*hérésie ; ses biens avaient été confisqués et donnés, en échange contre la ville de Baziége, à lierre de Montbrun par Etienne de Bagnols et Philippe d^Eaubonne. Il fit ensuite le bail de la monnaie de Toulouse pour trois ans sous certaines conditions, avec promesse de n*en pas &ire fabriquer ailleurs dans cet espace de temps.
Alfonse reçut à cette époque Thommage de Nicolas, évêque de Gouserans, qui reconnut tenir m fief honoré de ce prince la ville de Couscrans et quelques autres châteaux. A ce sujet, le comte de Toulouse écrivit à son sénéchal de prendre sous sa sauvegarde et protection spéciale l'évéque et son chapitre.
Cette même année, mourut à Toulouse Pierre Cellàhi , ce noble toulousain qui avait donné à saint Dominique sa maison située près du château Narbonnais. Le saint fondateur lavait envoyé à Paris, où il prêcha avec beaucoup de zèle et de succès, et de là à Limoges pour y fonder un couvent de son ordre qu'il gouverna avec une extrême sagesse. Après avoir rempli une longue et glorieuse carrière dans remploi d'inquisiteur de la foi et de prieur de son ordre, il mourut dans un âge très avancé, laissant après lui la réputation d'un homme éminent en sainteté.
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