‹ Histoire générale de l'église de Toulouse depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours recueillie des monuments les plus authentiquesChapitre 29 sur 37 · LIVRE XXXIV · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIV

DErUIS LÊPISCOPAT DU CARDINAL DE MEUDON EN 1551 J.USQU4 LA MORT DE GERMAINE DE PIBRAC EN 1601.

L'année 1551 s'ouvre dans nos annales par les grands jours tenus à Beziers, et où se troavëreQt, en qualité de (léffutés de la sénéchaussée de Toulouse, Donatian Buor, grand-vicaire du cardinal de Meudon, Miciiel Du Faur de Saint-Jory, juge-mage de Toulouse, et un ^capitoul. .Ces grands jours étaient des assemblées extraordinaires tenues dans les provinces par des conunissaires royaux pour la réforme des abus, la révision de certains procès, et en général pour le rétablissemenl de Tordre. Donatian de Buor publia donc une ordonnance tendant à réprimer les scan« dalos qui avaient lieu dans les diverses églises où les nouveaux sectaires et beaucoup de ûdèles, à leur exemple, faisaient des promenades et entretenaient des conversations sur les aûiaires séculières : les coupables devaient payer cent sous tournois d*amende pour la première fois, à la seconde être condamnés à la prison, et à la troisième payer vingt-cioq livres tournois.

Les sectaires étaient peu intimidés par ces ordonnances, eu\ qui ne reculaient pas devant les bûchers. De temps a autre, Toulouse était témoin de quelques exécutions: ainsi un jeune bomme nommé Jean Jouery, né dans

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VAlbigeois, fut saisi à son passage à Meode, accompagné d'uD garçon ; ils fùrent conduits Fim et Tanlre h Tonlonse et brûlés chantant des psaomes. Le parlement faisait exécater de semblables arrêts en d'autres lieux de son

. ressort.

On crut nécessaire, pour diminuer le nombre des écoliers à Toulouse, de supprimer plusieurs collèges : les capitouls obUiirent du roi des lettres patentes par lesquelles les collèges de Saint-Gtrons, de Monlezun, de Verdale, de Saint-Exupère, des Innocents, du Temple, et quelques autres, étaient supprimés et réunis à deux principaux collèges où Ton devait enseigner les langues hébraïque, f^reèque et latine. L'un de ces établissements fut ûxé à TEsquille, où se trouvait déjà depuis bien des années une école connue sous le nom de CoUegium studii. Les capitouls jetèrent un peu plus tard les fondements du nouveau collège de FEsquilIe.

Le roi venait de déclarer la guen e à l'empereur et s'était ligué contre lui avec plusieurs princes de Fempire. Pour soutenir cette nouvelle expédition, il alicua iiuc iiarlio de son domaine et établit un impôt de 25 livres sur chaque clocher du royaume, et un autre sur rargenterie des églises. Il nomma pour ses commissaires à Toulouse le cardinal d'Ârmagnac et Paul de Carreto, évéque de Gahoi*s ^ ayant pour adjoints les deux frères Du Faur, l'un président et Tautre juge-mage. Ces conunissaires firent leur entrée à Toulouse le 2 mai 1552, et assistèrent le lendemain au diné des Jeux floraux et à la séance de la distribution des prix de poésie. Le journal de Peirms^ nous apprend comment fut levé rimpôt sur Targcnterie des églises : « On dé*

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» nombra, dit-il, tous les calices, croix, reliquaires et » autres ouvrages d*or et d^argeiH; rîeii ne fal épargoé,^ » tout fut porté devaiit M. de Maduroii, grand-vicaire de % rarcbeY^q^e de Toolovise, le^el> avec 1^ cardioat » d*ÂrmagDao, cotisait chaque pièce d'argenterie comm» » bon lui semblait. » L'auualiste affirme que 1 oq vit avec nn grand déplaisir prtf ever cet impôt, attendu qu'on croyait Fargent beaucoup moins destiné aux frais de la gueire qu'à, lavarice de U ducbesse^ de* Valeatiaois.

lies Qommi^saivee du* roi firent à Toulouse m dénombrement de toi}s les habitants de cette ville qui étaient en état d^ porter les lUTmes. Le but de^ cette opération étail de se tenir prêts à repousser les Espagnols dont la flotte^ sous les ordres d^Aodré Doria, semblait menacer les côte^ de France, tandis que^ le duc d*Albe méditait une irruption daus la proviuce. Ou apprit bientôt que les galères d'Espagne s'étaient retirées.

A la faveur de la nouvelle hérésie, des fanatiques parurent à Toulouse prêchât les erreurs leis plus estravagaates. L'un d*entr*eux se disait passer pour saint Jean rEvan-» géliste et prétendait avoir été envoyé de Dieu pour la c(M»er8ioii^ des pécheurs. On lui fit son procès ; mais il fui ftcile de reconnaître que son cerveau était dérangé, csu* ayant été coodaaujié ^ ê(re détenu, pendant le resta de sa ne, il mit le fou h, la prison. B fut alors cond»nné à étr» brûlé viL Ou chassa aussi de la ville un autre visionnaire qui, sous Thabit d'ermite, harangjciait le peuple dans les rues et îes places publiques.

Le parlement de Toulouse eut alors à déplorer la triste défection de l'un de ses membres : Antoine de Lautrec S^-

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Germier abandonna le catholicisme pour embrasser les noovelles opinîoiis. Ayant t}Qtttô Ia ville^ où il fat pendu en effigie, il se rendit à Genève avec sa femme et une religieuse sa parente qu'il fit aussi apostasier. I\ n'était pas étonnant que le lathéramsme fît tant de progrès k Toulouse : les libraires de cette viiie recevaient de Genève une infinité de Ums où Fhérésie était présentée sous mille formes diverses, depuis la discussion théologique jusqu'à la chanson.

On s*oceapaît activement de l'organisation des études

dans ic nouveau collège de TEsquille. Les capitouls char* gèrent» en 1553, Jacques Du£&uW abbé de li. Case-Dieu, homme très versé dans la litlcralure, de choisir de bons professeurs. Le président Dufaur y appela Adrien Turnèbe et le trop célèbre Marc-Antoine Muret. Cè dernier professeur enseignait la rhétorique à TEsquille avec le plus éclatant succès ; mais la passion de la pédâ^tie fobligea de quitter Toulouse avec ie jeune Frérniui, son complice ; il passa les monts, se rendit à Venise et de là à Rome où il fut appelé par le cardinal Hyppolîte dTsIe, qui Thonora de so» amitié. Elevé ensuite au sacerdoce après une conversion éclatante, il mourut à Rome à Tâge de cinquante-neuf ans^ dans les sentiments de la plus sincère piété. 11 légua sa bibliothèque aux pères minimes de la Trinité duMonir ou il voulut être enterré.

Le parlement de Toulouse poursuivait les fauteurs de la nou?elle hérésie avec toute la sévérité dont il était capable. Ainsi un jeune homme de Condom nommé Lignac, qut s'était rendu à Genève pour y acheter des livres hérétiques, les avait portés à Toulouse ; ayant été surpris^

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il fat coDdamoé maigre soa exiréme jeunesse à être brûlé vif avec ses livres. Uo bachelier en droit nomiDé Litoy, (iCtaud Bonnet clerc du palais, Pierre Serres du diocèse de Goaserans, forent brûlés vifs pour cause d'hérésie. Leur constance au milieu des supplices était digne assurément d*une meilleure cause.

Pour ranimer la foi dans les âmes, on formait des confréries en riionneur de la très-sainle Vierge et des saints : ainsi en 1553, on publia de nouveaux statuts de l'antique confrérie de VAssomption de Notre-Dame établie dans réglise métropolitaine Saint-Elienne. Ces statuts sont pré-

cédés d'une très4ongue dissertation philosophique sur le

principe d'unité; ils sont divisés en trente-quatre articles et sortent des presses de Boudeville. Dans Téglise du Taur on renouvela aussi une très-ancienne confrérie de Sainte- Anne, dont on publia les nouveaux statuts.

Les états du Languedoc s'occupèrent aussi des moyens à prendre pour arrêter les progrès de Thérésie. Celte assemblée, qui eut lieu au muis de septembre loI)4, exhorta les prélats et bénéficiers à résider dans leurs diocèses ; il fut ordonné que, pendaul le sermon (dans lavent et le carême), les plaids des cours cesseraient alln que personne ne pût s*excii5er d*y assister ; on créait de nouveaux collèges pour que la jeunesse pût s'y préserver du venin de l'hérésie : ainsi messire Jacques Secondât, chanoine de S*- Ëtienne et vicaire-général du cardinal de Meudon, fonda une maison pour cinq écoliers en théologie et un prêtre destiné a les gouverner.

' Les écoliers de l'université de Toulouse étaient puissamment excités à embrasser les nouvelles erreurs par l'exem-

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pie de leurs professeurs, ear ce fut à peu près à cette époque que Jean de Ck)ras se déclara luthérien. Il était né à Toulouse eu 1515. Ses succès dans l'étude du droit furent si rapides qu'à Fàge de dix-huit ans, il en donna des leçons publiques. Après avoir parcouru la France et ritalie, il revint dans sa patrie et vit jusqu'à deux mille écoliers assister à ses leçons. Henri II lui donna une charge de conseiller au parlement, et la reine de Navarre le choisit pour son chancelier» Nous Terrons plus tard quelle fol la fin de ce célèbre jurisconsulte.

Quatre écoliers de Funiversité, s'étant déclarés partisans de la nouvelle hérésie, furent arrêtés par les capitouls et condaranés au feu par le parlement. Effrayés du supplice, ils abjurèrent leurs erreurs entre les mains de Farchevéque de Toulouse, et furent cependant envoyés dans ^ les prisons de \ ericil où ils passèrent quelques semaines, jeûnant au pain et à Feau de temps à autre. Les capitouls se montrèrent a cette époque zélés défenseurs du catholicisme : ce qui détermina le roi à leur accorder des lettres patentes à Feffet de connaître du crime d'hérésie pourvu qu'ils fussent assistés de dix docteurs ou licenciés.

Ce fut en 1554 qu'eut lieu à Toulouse un concours pour une chaire de droit civil, devenu célèbre par le nom des concurrents : c étaient Martin Kossei, £tienne Forçadel, Jacques Gujas, Pomisson et de Costa. Il est certain quEtienne Forcadel eut le premier rang dans la dispute. Plusieurs auteurs se sont élevés contre les juges du concours de ce qu'ils hé donnèrent pas alors la première plac« à Cujas. Pour que ce reproche fût fondé, il iliudrait pouvoir assurer que ce dernier entra véritablement en lice. Il

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est aojoard'hui prouvé qu'au inonieiit où commençait la dispate pour le concoars, on offrit à Gujas une diaire à

Caliors, chaire qui était beaucoup plus rétribuée que celle de Toulouse. Aiusi l iutérèt de sou aveuir détermina seul le prétendant à se tourner du côté où les émdluB(ieiit$ étaient plus en harmonie avec ses besoins.

Jacques Gujas, le plus habile jurisconsdte que la France ait produits, naquit à Toulouse en 1520, dans la rue qui porte aujourd'hui sou nom. Son père, quoique simple tondeur de draps, n'était cependant pas dépourvu des biens de la fortune , et dans sa position il ne négligea rien pour favoriser Téducatiou de son fils. La nature avait doué Gujas de dispositions si heureuses, quMl apprit seul le grec et le latin, n eut pour maître dans réiutlti du droit le célèbre Arnaud Ferrier. Il se chargea de léducation des enfiints du président Du Kaui , et ce fut pour eux et quelques autres qu*ii commença à donper des leçons en 1H7 sur les In^Hutes. En 1$94, comme nous venons de îevoir, il ac* cepta une chaire de droit à Cahors, Il ne resta qu un an dans cette ville, et fut nommé k Bourges par le crédit de Michel de rHôpital. Après avoir habité à Valence, il alla à Avignon où il épousa Madeleine Roure, Me d'un médecin de cette ville et doot il eut un fils qui mourut jeune. D'Avignon Gujas revint à Valence, puis à Turin; de Turin il retourna à Paris, et vint enfin se fixer à Bourges qu*il ne quitta plus. Nous parlerons plus tard de ses rares talents et de tout le reste de sa vie.

L*hérésie de Galvin avait déjà pénétré dans Toulouse et la plupart des partisans de Lutlicr l'avaient embrassée. Ces sectaires, poussés par le plus aveugle fanatisme, forme-

renl en 15()5 m odieux complot contre les catliuiiqaes : le 15 avril, aa milieo de la naît, ils parcoararent toutes les rues de la viilc cL jetèrent dans les puits communs toutes les images et statues de la S'^Vierge et des sainL» qui se tronYaient placées dans les carrefours et aux angles de la plupart des maisons. On conçoit quelle dût être riudignation des catholiques à leur réveil. Une procession fut aussitôt organisée et parcourut toute la ville, s'arrétant aux divers lieux qui avaient été le théâtre de ces profanations. Quelque temps après un écolier a^ant été pourstiivi jusque dans l'église S'-Etiennc par des sergents, le peuple, croyant à quelque soulèvement de la part des hérétiques, courut aux ajrmes, les prêtres et les fidèles quittèrent les offîces (c'était io jour de la Fête-Dieu), et le peuple transporté de fureur se serait porté dans les maisons des sectaires pour les égorger si les capitouls et le président de Masencal n'étaient parvenus à calmer cet épouvantable tumulte. On venait de terminer la eonstrution des fonts baptismaux qui avaient été bénits par lévêque d'Albe, collégial de S*-Jean.

La cour faisait tous ses efforts pour s'opposer I Thérésie; ainsi, en 1556, Henri 11 écrivit au parlement de Toulouse pour lui ordonner de faire sans merci le procès aux sectaires : aussi Jean Escallier, religieux de saint François, qui avait embrassé les nouvelles doctrines, fût-il brûlé vif dans cette ville. La fiimine et la peste exercèrent tour à tour leurs ravages, et dans Tespace de deux mois quatre mille cinq cents maisons furent frappées par co dernier fléau. Le bon histoiieu Aiiloiiie Nuguier nous donne des détails assez curieux sur ces calamités publiques dans son

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livre qui a pour titre : HiHoire Tolosaine, sorti des presses de Boudôville, en 1556. Il nous apprend qua Launaguet, village situé près de Toulouse, ia peste enleva pres^ que tous les habitants, et que les morts demeurèrent sans sépulture ; qu'un certain Jean Ândrieu, qui avait été député pour veiller à Tinhumation des corps et 8*était montré très-cruel à Végard des infortunés qui avaient survécu aux ravages de la peste, fut condamné à être étranglé : ce qui reçut son exécution a la porte de Tille à St-Cyprien.

Antoine INoguier était né à Toulouse, au commencement du seizième siècle. Ayant montré dès sa jeunesse un grand attrait pour les recherches historiques, il passa une grande partie de sa vie au milieu des poudreuses archives de la ville. Noguier trouva parmi les documents de ces archives divers cahiers composés par Pierre Delpech et Raymond Baldaire qui s'étaient appliqués à réunir toutes les traditions populaires sur les événements relatifs à Vexistence de la cité toulousaine. L'histoire de IXoguier est divisée en trois livres : dans le premier, il traite de la fondation de Toulouse et de son fondateur, de ses premiers rois, du trésor de Toulouse et de son enlèvement par Cépion, des écoles de cette ville, des divers chefs qui la gouvernèrent sous 1 auluritê romaine, de la prédication de l'Evangile par saint Saturnin, de l'invasion des bar])ares et de la délivrance de Toulouse par saint Exupère, de la domination des Visigoths, et après eux de celle des Francs. Dans le second livre, Noguier parle de Térection du royaume de Toulouse en comté, de ses comtes, de l'hérésie des albigeois et des faits qui s'y rattachent. Le troisième livre est, consacré aux événements relatifs à la guerre du comte de Montfort et du fils du comte

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de Toulouse, à Foulques évcque de cette ville (fort maltraité par Noguier), au siège de Toulouse, à la mort de Montfort, à la Daissaoce de Jeanne fille de Raymond VU, à la moi l de ce seigneur. Ici se termioe ï Histoire Tolosaim.

Il est incontestable que le bon Nogaier a admis beaucoup de fables, aussi est-il assez difficile de connaître la vérité au milieu de tous ces récits puisés dans des chroniques plus que suspectes. On ne peut cependant refuser à Noguier une enlicrc bonne foi, de la probité, une ceiiuine bonhomie qui plaît au lecteur, et uu grand respect pour la religion. Son style est très diffus, il s*e$t habituellement écarté de cet adage qu'il avait pris pour devise : Ne trop ne peu. Il publia la première édition de son livre en 1556, et annonça qu'il espérait travailler à une seconde. En effet, celle nouvelle édition parut trois ans après. Noguier avait déjà publié quelques autres opuscules qui n'offrent aucun in« térét.

À côté de rhistorien Noguier brillait alors à Toulouse le célèbre médecin Augier Ferrier. Né en cette ville au commencement du seizième siècle, il se livra particulièrement à rétude de la médecine et de Tastrologie. Le plus célèbre de ses ouvrages porte pour ùivo : Vera medendi methodtis; il est divisé en deux livres. Parmi les indications à suivre pour la guérison des maladies, on trouve celle de la lumière et de rinOuence des corps célestes. Le second livre . est consacré à Tindication des remèdes curatifs. Ferrier

choisit pour le Mécène de son ouvrage le cardinal Jean Bertrand chaucelier de France, qui le fit nommer premier médecin de Catherine de Médicîs. Après avoir demeuré

quelque temps à Rome et à Paris, il revint a Toulouse, où

80 TBHK MODIINBS.

il mounil en 1588, à l'âge de soixante -quinze ans, heureux si la paix dont il jouissait dans sa patrie n*eût point été troublée par la longue dispute littéraire qa*il eut avec Bodin au sujet de Fouvrage de ce dernier Sur la R^w

Le tribunal de rinquisition avait aluis à sa tête le dominicain Esprit Rotier. Ce religieux était doyen de la Acuité de théologie de Toulouse. Sa juridiction ne s*étenâait pas seulement sur le midi de la France, mais encore sur tout le royaume. H se montra plein de zèle pour Textirpation de rhérésie, et composa plusieurs ouvrages de controverse. On distingue celui qui a pour titre : Antidotes contre la peste Shérém,

Au fléau de l'erreur se joignirent encore, pour désoler Toulouse, ceux du brigandage et de la peste. £n 1559, on découvrit une société infernale de brigands qui avait ses chefs et ses lois. Hors de la ville, dans le quartier Saiot- Gyprien, entre les chemins qui conduisaient à Muret et à rille, se trouvait uiie vaste prairie appelée de Santo-Petro ; là se rendaient pendant la nuit Jean Ducos> Raymond Monet, Léonard Esquarré, Jean Moret et Jean Montauriol, qui arrêtaient les passants, les dévalisaient, et souvent les mettaient à mort. Ces terribles maliàitenrs furent enûn découverts et subirent divers genres de supplice.

La peste renouvela ses ravages. Pour mtéresser le ciel en faveur des Toulousains, tes capitonls envoyèrent deux officiers à Notre-Dame du Puy avec ordre d'y faire chanter une messe et d'offrir un cierge de cire blanche à la statue de la Vierge. L*accoi!iplissement de ce vœu n*empêcha pas de prendre de grandes précautions sanitaires. Ainsi on

coDStruisit à côté de Thospice de la Grave, sur ua espace immense, des loges séparées pour placer les pestiférés, et Ton iït UQ règlement très-êtendu pour la subsistance des pauvres:

Après de longs démêlés, le roi Henri II et Philippe d'Espagne conclurent un traité de paix au mois d'avril 155$. Cette paîx n'était pas très-glorîeuse pour la France, voilà pourquoi les parlements s opposèrent k renregislrement des artides. Ce ne fut qu^à la suite de deux jussions que celui de Toulouse consentit à les enregistrer. Le roi tint à Paris, att sujet des religionnaires, une assemblée à laquelle il présida lui-même. Toulouse y avait envoyé pour députés Arnaud Ferrier, célèbre jurisconsulte et président aux enquêtes, François Dufaur, conseiller, et Anne Dubourg. Ces magistrats, ayant paru &voriser dans leurs discours les calvinistes, furent arrêtés et renfermés k la Bastille. Dubourg, s'étant déclaré luthérien, fut pendu et brûlé sur la place de Grève ; les deux autres furent condamnés a perdre leur chaîne, dans laquelle ils rentrèrent plus tard.

Mais au milieu des fêtes royales qui se célébraient à Paris pour lès deux mariages d'Elisabelb, Ulle aînée de Henri H, avec Philippe, et de Marguerite Sa sceur avec le duc dé Savoie, Henri fut blessé mortellement dans un tournois, et mourut k 1 âge de quarante-deux ans des suites de sa blessure. R laissa, de Catherine de Médicis son épouse, quatre tils : François II, qui lui succéda, Charles, Alexandre et Hercule ; trois Mes : Elisabeth, qui devint reine d'Espagne, Claude qui épousa Charles UI de Lornane, et Marguerite qui épousa Henri de Bourbon roi de Navarre.

Henri U mourut le 10 juillet 1359. François H son fils

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lui succéda. Soo âge, la délicatesse de sou iempérameot , son indolence naturelle favorisèrent les brigues an sein de la cour, où se formèrent bientôt deux partis — ceiui du connétable et celui des Guises. Catherine de Médicis se jeta du côté de ces derniers. Le conseil de ville envoya vers le roi quatre députés ; les capitouis Supersantis, Bosquet, Saint-Félix de Maurémont et d*Aliez. Le tmrlement envoya aussi les siens : le président de Masencal, de Paulo, Barthélémy et Robert. Ces députés furent reçus par le jeune monarque à Reims. Ce prince confirma tous les officiers do parlemeut ainsi que les privilèges de la ville, et renouvela pour cent ans Tabonnement des tailles que Louis XI avait accordé à la ville pour ce même nombre d années. — On ût au roi Henri de ^plendides funérailles dans TégUse Saint- Etienne ; Tuzaine, docteur en théologie et chanoine de cette église, y prononça l'oraison funèbre.

De lamentables désordres vinrent à cette époque attrister les sincères amis de la religion à Toulouse : nn cons^ller clerc nommé Raymond Bounail, accusé d enlreteair des relations criminelles avec une jeune fille dans sa maison située près de Téglise des Récollcls, fut dépouillé de sa charge et banni pour dix ans de la sénéchaussée. Âu monastère de la Danrade, quelques moines forcenés tuèrent à matines le pncur claustral. Deux des assassins lurent arrê-. tés et écartelés sur la place du monastère. Les auteurs de la Gallia christiana passent sous silence cet événement. Aux Augustins» on surprit quelques religieux qui avaient introduit des femmes dans Fintérieur du couvent à des beurres suspectes. Ils furent condamnés à être pendus. Mais comme Tun ne passa que quelque temps dans les prisons

de rofficialité et qae les autres furent rendus à h liberté,

* cela fait supposer que leur faute n était pas aussi grave ^'on rayait cru d^abord.

Le 25 novembre, Antoine Sanguin cardinal de Meudon et archevêque de Toulouse, mourut k Paris ; il fuliuhumé dans régUse dû Val des EcolierSé II avait gouverné son Eglise pendant neuf ans, mais n'était jamais venu dans sa ville épiscopale. Ses vicaires-généraux publièrent sous son nom dés décisions sur la Ckaipt^ épimpak^ citées dans les statuts du cardinal de Joyeuse. Nous trouvons encore ces vicaires-généraux dans un grand pardon général, de ptamère indtdgmcê qui fut octroyé aux religieuses de S*"- Monique ou Augustines, pour leur couvent situé en lajue Saint-^Louop à Porte-Nove, étant en grande pauvreté, sans rente ni revenu. Ce pardon fut accordé pour qu'on pût, à la faveur des aumônes, commencer à rebâtir ce couvent qui était tombé en ruines. Le cardinal de Meudon était un homme de mérite ; on dit qu'il dût, en partie, son élévation aux dignités de TEglise à la faveur d'Anne de Pisseleu duchesse d'Etampes, sa parente.

Sous répiscopat du cardinal de Meudon fut instituée dans la basilique de Saint-Saturnin une célèbre confrérie de la Passion qui choisit pour son autel la chapelle du Crucifix, située près de la porte des fonts baptismaux. Ce crucifix» d'après les anciennes traditions, aurait reçu à ses pieds Raymond de Saint-Gilles et les croisés partant pour la terresainte. Cette image du Christ^ remarquable par la raideur

. de ses formes, a été classée au nombre des œuvres de l'an, bysantin. Le corps, revêtu dans sa partie inférieure d une espèce de tunique, repose sur une croix de bois recouverte

TEMRS MODERNES.

de lames de cuivre, de crucifix existe encore, mais la coii-

IVéric s'est éteinte.

A peine Odet de Chatiilon eut-il appris la mort du cardinal de Meudon qa*en vertu des bulles dont nous avons déjà parlé, et qui lui donnaient le druii de retour, il prit de nouveau possession de Tarclievéché de Toulouse, qu*ll garda encore trois ans. Il n'eut pas besoin de nouvelles provisions de Rome ; mais il obtint des lettres patentes de François II qui confirmaient la validité du retour. Le chatpitre métroiiolitain exi*îea que l'archevêque payât une seconde fois le droit de chapelle.

Ce fut à la fatale époque que nous parcourons que prirent naissance les troubles de religion qui désolèrent la France entière. Malgré la rigueur des édits et les exécutions capitales, les huguenots (c'est ainsi que furent nommés les partisans des nouvelles doctrines) s étaient prodigieusement multipliés, surtout dans la classe moyenne ei parmi les nobles, car le 8imi)le peuple était généralement demeuré attaché à la religion de ses ancêtres. Nous avons déjà dit que Catherine de Medicis s'était rangée du côté du cardinal de Lorraine et des Guises : dès-lors le prince de Gondé, Famiral de Coligny et quelques autres grands seigneurs se mirent à la tête du parti des huguenots, plus encore peut-être par jalousie que par zèle pour les nouvelles erreurs. Les trois Coligny, l'amiral, d'Ândelot et le cardinal archevêque de Toulouse, furent disgraciés. Tous ces mécontents s'assemhlèrent à La Ferté, où il fut résolu qu'on enverrait des émissaires dans toute la France pour engager les sectaires à s'assembler et à demander le libre exercice de leur religion, les armes à la math. La conjara-

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tiûu devait éclater le 15 mars 1560, à Amboise, où sô trouvait la cour ; mais, ayant été découverte, la plupart des conjurés furent arrêtés et quelques-uns mis k mort. Le roi écrivit aussitôt à tous les parlements de France pour leur &ire part de ces événements et indiquer une grande assemblée destinée à remédier aux désordres et à réformer les mœurs.

En effet, le roi réunit les notables à Fontainebleau à la

ÛQ daoût, et on décida que les Etats généraux s'assembleraient à Meaux pour le 10 décembre. Une lettre écrite au cardinal de Lou ai ne par Bertrand Sabbalier, procureur général m parlement de Toulouse, nous iait connaître Tétat des esprits : « Les esmeutes et les assemblées eroissenr dé » jour en jour dans ce ressort; mesme aux villes de Mont- » pellier, Nismes, Massilargues, Gauvisson, Âigues-Mortes, » Vaiivert, Gignac, Lodève et Castres, et qui plus est dans » cette ville de Tbolose il y en a quelque descouverte tant » par advertissement des officiers de Montpelliep que inqui- » sitions commencées par le juge criminel et capiiols de » Tboiose, non que par leurs procédures Tautheur ne com- » plices soient descouverts. Monseigneur, je crains quelque » sédition en ces prochaines vacations, s'il ne plaît à Dieu, . » au roi, et à vous. Monseigneur, y remédier. »

Cette sédition ne tarda pas à éclater, car quatre cents écoliers se rendirent chez le président de Masencal pour liii demander une église afin d'y prêcher k la mode de Genève. Cette manifestation indigna les catholiques, qui dès-lors se tinrent sur la défensive. On augmenta la garde municiiialc, et l'on prit des précautions pour i)révenir les événements. Le parlement taisait toujours parvenir de se-

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crels avertissements aa cardinal de Lorraiiic, ainsi, le 13 septembre 1560, il lai aoQODça « qu il y avait à Tholose déeoQTerte de certaines GoUigatioDs et entrepriDses aveo les mimstres de Genève. » Eu effet, Vignaux, ministre hugaenot, après avoir semé Terreur dans plusieurs villes do la province, était arrivé à Toulouse, où il avait été reçu par trois personnages importants. Vignaux prêchait donc à Tou-. louse et s'était adjoint le carme Nicolas Folioo et fiarelles qui, sous ses ordres, parcoururent les contrées voisiaes. Les trois personnages dont il est ici question étaient les trois capitouk DuÊinr de Maraac, Puymîssoaet Jeau Denos qui avaient embrassé les erreurs nouvelles.

L'Eglise prétendue réformée fut établie à Toulouse pac les soins de celle de Montauban, qui y envoya pour fondateur Jean Le Masson et Vignaux dont noqs venons de par^ 1er. On s'assembla d'abord dans quelque msùson particulière le dimanche pour y chanter des psaumes et y lire quelques passages de TEcriture sainte : c est ce qui détermina le cha-f pitre de Saint>Etienne à députer un chanoine au connétable de Montmorency pour Tinstruire que la ruine de la religion catholique était imminente à Toulouse par les in^

trigues d'un homme d'autorité et hérétique.

Le roi transféra les Etats généraux do Meaux à Orléans, et le 18 octobre 1560 il fit son entrée dans cette ville. Le roi de Navarre et le piiace de Condé sou frère s'y trouvèrent et furent arrêtés. Celui-ci aurait iniisdlliblement payé de sa téte son imprudence si le crédit de la reine-mère ne l'avait sauvé. Le 5 décem))re. suivant, François 11 mourut des suites d'un abcès à la téte. Charles d'Orléans sou frère lui succéda a l'âge de dix ans ; il prit le nom de Chaiies IX,

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La politique de Caltierine de Medicis sut d'abord balaocei* les idtéréts des deux partis qui divisaient la cour. L'ouverture des Etats eut lieu le 15 décembre; la sénéchaussée de Toulouse envoya au tiers-état Gai Du Faur, juge mage, et Claude Terlon, ancien capitoul.

Cest pour la première Cois que le nom de Gui Du Faur se rencontre dans notre histoire. Il était né à Toulouse en 1528, et eut pour père Pierre Du Faur, président du parlement de Toulouse* U eut pour maîtres Bunel pour les lettres, Cujas et Aleiat pour le droit. A vingt-neuf ans, il fut nommé juge mage. Lorsqu'il eut perdu son père, ii épousa Jeanne de Cuslos dame de Taral)el. Les Etats du

Languedoc avaient dressé des cahiers de doléances qui furent présentés aux Etats généraux ; ceux de Toulouse furent dressés par Gui Du Faur et sont représentés comme ^expression véritable des vœux des populations.

Pendant la tenue des Etats généraux à Orléans, le 15 janvier 1561, on célébra k Toulouse les funérailles do François U dans Téglise de Saint-Etienne, il y eut une grande discussion au sujet des préséances. La messe fut célébrée par Jean de Tournoir, archidiacre, et l oraison funèbre prononcée par frère de Lana, jacobin.

Les Etats se terminèrent le 31 janvier. On y rendit une célèbre ordonnance par laquelle le roi rétablissait les chapitres et les monastères dans le droit d*élire leurs évèques et leurs abbés. Les huguenots cherchèrent par tous les moyens possibles à ot>tenir des temples et le libre exercice de leur religion. Leur demande fut renvoyée aux prochaine Etats ; on leur accorda cependant une amnistie, et on défendit toute poursuite contr'eux. Ces Etats, qui avaient été

sa mite vovnns.

convoqués à Melun, furent transportés à Pontoise pour le mois d*août. Le roi venait d'être sacré à Reims (le 15 mai). La grave question du libre exerciee de la religioB pour les huguenots occupait toujours les esprits. Le cardinal de Lorraine parla avec beaucoup de force an conseil do roi sur la nécessité d'at rùter les désordres qui désolaient la France, il fut décidé que le roi tiendrait un lit de justice au parlement et qu'on y prendrait des moyens efficaces pour les réprimer. Cousêquemment à cette décision, ce lit de justice fat tenu, et au mois de juillet le monarque rendit le fameux cdit de 15G1, dont nous rapportons ici les principaux articles ;

i* H défendit aux catholiques et aux rdîgiomiaires é» se molester les uns les autres et de se donner des noms odieux. 2*" il défendit aux calvinistes toutes assemblées et toute levée de gens de guerre. 3* Il défendit aux prédlear* teurs de mêler dans leurs sermons des traits qui pussent exciter à la sédition. 4* R attribua aux juges présidianx le^ jugemenL en dernier ressort des conlra\eiitions ;i cet édit. 5" il ordonna que les sacrements seraient administrés uni^ quement suivant le rite de l^Eglîse romaine. 6* Le roi réserva aux juges ecclésiastiques la connaissance du crime d*hérésie, à condition néanmoins que lorsque les coupables: seraient livrés au bras séculier, ils no pourraient être punis que de la peine, de Texil, jusqu'à la décision du concile général que le pape avait conroqué de nouveau à Trente, on d*un concile national. 7"" Le roi accordait amnistie générale à tous ceux qui avaient contrevenu aux édits Ou qui étaient coupables de révolte depuis la mort du roi Henri IL Cet édit était plein de sagesse, et en sujets fidèles de Sa

nais xoDBUiES. 89

Majesté les huguenots auraient dû s'y couiuruicr. Il n'en lut pas ainsi; ils excitèrent, au contraire, de nouveaux trouves, n est très important de faire connaître ici qaéls étaient les hommes auxquels les callioliques avaient aiïaire. A Montauban, les huguenots se saisirent d*un prêtre, Fégorgèrent, arrachèrent ses entrailles et les exposèrent en vente sur la place puhlique ; au village de Bressols , le curé portant le saint-sacrement fat arraché de son église, placé à Tenvers sur un âne, promené et battu de verges dans toutes les rues; les saintes espèces furent foulées aux pieds; à Rabaslens, François de Lerm, calviniste, lit massacrer plusieurs religieux cordeliers. Guiihot, chanoine d Alhi, ayant envoyé un de ses domestiques nommé Girossens avec des lettres missives de Tabbé de Beaulieu au < ardmal de Guise, ee domestique fut pris et conduit à François de Lerm. Gomme il ne vouhit faire aucune réponse aux questions qui lui étaient adressées, il fut d'abord jeté dans une citerne, dont on le retira bientôt après pour Tétendre nu sur un banc; puis on lit dégoutter sur lui pendant deux heures et à trois reprises différentes du lard fondu et brûlant, malgré les cris déchirants qu'il îaïss&t entendre. Après cet afireux supplice, on le renvoya demi -mort, ayant reçu sur son corps cent-sept brûlures. U ne fiuit pas oubËer que lorsque l'on condamnait les huguenots à mort, ce n'était pas seulement pour le crime d'hérésie, mais parce que par suite d*héré6ie ils attentaient à la vie des autres et se rendaient coupables de tous les excès.

Les calvinistes s'étaient établi aussi à Lectoure.. Un des consols de cette ville nommé Borcio, très zélé catholique, avait donné avis au parlement des séditions qu'ils y occa-

dO TEMPS «OOBmiBS.

sionDaieot. Les conseillers d'Âlzon, d'Aussonne et GateU Dumas snbstital da |)rociir6ar général, et le greffier Bellet, lurent envoyés à Lectoure. Dans la nuit qui suivit ieui arrivée, les capitaines calvinistes Peyrecave, Mesnin et Delort firent entrer secrètement à Lectoure deux mille religionnaires, et pendant que les commissaires du parlement étaient à Féglise assistant à la messe, ils cernèrent Téglise, se jetèrent dans le clocher et y mirent le feu. Les commissaires furent obligés de se rendre et de délivrer leurs commissions. Les huguenots n*osèrent point massacrer les membres du parlement : ils lièrent Borcio à une potenco devant la porte de l'église, et firent conduire les autres à Franciscas où ils ftirent rendus à la liberté, gardant pour ôtages le substitut Dumas et le greffier Bellet. Le premier fut dirigé sur Agen et le second sur Pradels. fiellet se racheta pour une forte somme ; quant à Dumas, il dut sa délivrance à une véritable intervention divine. Le président de Masencal envoya à Agen de Villa, receveur de Guienne avec deux cents écus pour sa rançon ; mais un envoyé d& Montauban s*opposaà sa délivrance et demanda que Dumas^

lui lYit livré.

Dans cette extrémité, de Villa sadressa à un Limousin nommé ViUetierri qui avait quelques relations d*amitié avec

les huguenots. Celui-ci parvint à faire évader le substitut, le cacha pendant trois jours dans un lieu de sa maison, d'où il entendait proférer contre lui d'horribles menaces. Alors, désespéré de se sauver par des secours humains, il eut recours à la prière. Tout-à-coup sa cachette fut éclairée par une grande clarté qui lui causa beaucoup do frayeur. Ce phénomène se produisit une seconde fois. Alors son àme

reçut par une inspiration secrète l'assurance qu il serait délivré : ce qui fut effectué quelques jours après.

A Lavanr, les cdlvinistes surprirent la Tille de nuit, ayant à leur téte le ministre Labarthe ; Féglise des Cordeliers lut ssiccagée, les religieux furent traqués comme des bêtes &uves, les images brisées, les autels renversés, les saintes bosties foulées aux pieds.

 Pamiers, les religionnaires excitèrent des troubles plus affreux encore. Cette église était alors gouvernée par Robert Pellevé. Ce prélat avait appelé dans sa ville épiscopale les jésuites en 1559, qui y établirent un collège, le second de France. Ces religieux avaient @u pour fondateur dom Ignace de Loyola, né en Biscaye eo 1491. Le nouvel institut qu'il avait formé fut solennellement approuvé par (e pape Paul III le 27 septembre 154Q ; il était particulièrement destiné à procurer par tous les moyens possibles la propagation de la foi et la réforme des mœurs.

Peu de temps après rapprdbatioa de son ordre, Ignace envoya à Paris quelques-uns de ses disciples en quallLc d'élèves de Funiversité : c'étaient Oviedo, Eguia^ Domenecb, Paul Achille, Violle, et Pelletier. En 1542, ils se réunirent au collège des Lombards; révêque d6 Clermont, Guillaume Bnprat, se déclara leur protecteur, fonda leur premier collège k Billom en Auvergne, et acheta pour eux une maison rue Saint-Jacques à Paris, qui devint plus tard le collège de Louis-le-Grand. Grâce à^la haute protection du cardinal de Lorraine, les jésuites obtinrent d'Henri 11, au mois de janvier il>âO, des lettres patentes par lesquelles il leur était permis de bâtir maison et collège seulement dans la ville de Paris. Le roi mandait à ses cours do pariemeut de vé-

91 TBMM lOlIKIiaS.

rilier ses lettres patentes. Cet édit d'Henri II devint le prétexte de la longae guerre que les jésuites eurent à souteoir en France dès leur apparition dans ce royaume. Le parlement, la faculté de tUéoIogie, luniversité et Tévéque de Paris Eustacbe Du Bellay se déclarèrent contr*eux par des motifs divers. Les jésuites n'opposèrent à leurs adversaires que les deux grands remèdes qui guérissent souvent bien des maux — le temps et la patience. Ils perdirent, le 51 juillet 1556, leur général, qui mourut à Rome k Vàge de soixante-dnq ans.

Le second collège que les jésuites établirent en France, fat celui de Pamiers, où ils furent appelés, comme on Ta Yu plus haut, par Tévéque Robert de Pellevé. Trois pères de la compagnie, Edmond Auger, Roger et Pelletier, exercèrent leur apostolat sur toutes les classes de la société, et y produisirent beaucoup de bien. Nous devons ici faire particulièrement connaître Edmond Auger, le plus iatré|Âde. de ces nouveaux apôtres. H était né en 1515 au village d'Allemarche, près de Sezanne en line, d'un simple laboureur. Son oncle, curé de campagne, lui fit faire d'excellentes études. Privé de ressources, il prit le parti de so rendre à Rome à pied et mendia son pain. On lai avait donné une lettre de recommandation pour un jésuite^ qa*il trouva mort k son arrivée. Après avoir passé quelque temps à gagner sa vie en s'installant comme écrivain public au Campo de Fiari, il alla plus tard se présentoir au collège des jésuites comme simple garçon de service. Saint Ignace, Vayant interrogé, s'aperçut qu'il avait fait d'excellentes éta- ■ des et l'admit au noviciat. Dès qu'il l'eut terminé, le général lui donna la chaire de philosophie au collège Romain.

TEMPS MODBBNBS. 93

Ce fut Laynéii qui Teuvoya eu France pour travailler à la conversion des huguenots.

Ses éloquentes prédications à Pamiers lui attirèrent la haine des religionnaires, qui, se trouvant beaucoup phis nombreux que les eatholtqnes, dévastèrent cette malheureuse cité, en chassèrent tous les religieux, détruisirent leurs temples, et forcèrent les jésuites à abandonner leur collège naissant pour se réfugier à Toulouse, comme nous le verrons bientôt*

L'état de la religion dans cette dernière ville mspirait les plus vives inquiétudes à cause de raudace toujours croissante des calvinistes : c'est ce qui détermina le clergé à ouvrir des prédications solennollcs en forme de mission dans les quatre principales églises de la ville — S'-Ëtienne, Saint-Sernin, la^Dalbade et la Daurade. Ce ministèrie fut conûé à Melchior Flavin frère mineur, Jean Pelletier jésuite, Antoine Finet nûnime, et Pierre de Laiaine dominicain. Irrités du bien qu'opéraient ces prédicateurs éloquents et pieux, les huguenots voulurent en détruire Teffet par d'énormes scandales : ainsi, le 10 mars an soir, un grand nomliru d écoliers, suivis de plusieurs habitants de l'un et de Tantre sexe, assistèrent à un prêche qui eut lieu en pleine rue, près de l'école de droit, et qui fut tenu par le ministre Bastard. Le lendemain, ces écoliers parcoururent en armes tonte la ville, chantant à plein gosier les psaumes de Marot. Le 50 mars, les religionnaires s'assemblèrent de nouveau à TEsquilie pour y faire le prêche, et le soir la prière aux écoles de droit. Â Saint-Sernin, un marchand nommé Hobert interrompit le sermon en s' écriant : Ta en a» nmti, cafard de moine t Ce misérable paya son audace

94 TUPS MODERinSS.

de sa vie ; il mourut des suites des coups dont il fut acca-^ blé. On accusa le capitoul Teronde d'ayoir placé un chapelet dans sa poche pour lui faire donner la sépulture catholique.

Comme il était de rinlérêt de l'hérésie d'arrêter le zèlcJ des prédicateurs catholiques^ on forma contr eux un odieuse complot. Les capitouls MarnaC et Denos et le vigoier Por-^ tal, qui avaient embrassé les erreurs nouvelles, les dénon- , cèrent comme ayant prêché contre la reine-mère et le roi de Navarre. Les prédicateurs quittèrent la ville. Bonniol, licencié, se rendit à Pamiers où se trouvait le père Pelletier. Celui-ci, quoique atteint d*nne fièvre ardente et malgic SCS sûuiïiàiiccs, fut violemment tiré de son lit par Bouniol^ jeté dans les prisons de Saverdun^ de là conduit à Auterive, et enfin à Verdun où on lui mit les fers aux pieds î on parvint cependant à le ramener à Toulouse, où il fut déposé (ainsi que Fiavîn et Finet qui avaient été arrêtés h Albi) à la conciergerie du parlement. Le roi nomma alors les présidents Daffîs et Du Faur pour instruire le procès dirigé contre ces religieux^ De son c6té> le conseil de ville envoya k la cour Luc Urdez, avocat an parlement» et Jacques de Sus^ bourgeois, pour soutenir la cause des prisonniers. Ces députés triomphèrent de toutes les oppositions qui leur furent suscitées par une partie des capitouls et plusieurs habitants» et obtinrent que les prisonniers seraient rendus à la liberté et k Texercice de leur ministère, à condition de se montrer plus modérés dans leurs discours.

Les gens du roi au parlement de Toulouse, qui tenaient le roi très au courant de tous les désordres que commet-

TIMPS HODEIMS. 9S

taieDl les huguenots dans la province, avaient envoyé à la cour lears procès-verbaax par un avocat; mais celui-ci, en passant à Agen, fut jeté dans les fers. Ils se plaignirent alors au roi et à la reine de cet attentat; leurs lettres, qui portent la date du 23 août, assuraient que les trois quarts du peuple persévéraient dans Fancienne religion, et que les huguenots avaient commis à Montauban, dans Féglise S*- Jacques, des excès déplorables, pillant Téglise, brûlant les images, et renversant tous les autels.

Le clergé de Toulouse se fit aussi un devoir de prévenir la cour de la tli vision qui existait entre les capitouls et une partie des habitants : c'est ce qui engagea le prince à envoyer dans cette ville le sieur de Terride en qualité de gouverneur pour y faire observer ledit de juillet. Les communications que Terride fit à la cour nous montrent quel était rélat où se trouvait à Toulouse le catholicisme. Il aftirmait que cette ville était entourée de séditieux qui se livraient à de grands désordres ; qae les capitouls paralysaient son autorité; que les cabarets étaient remplis d*annes et de livres hérétiques; que, si les religtonnaires ne tenaient pas des assemblées publiques, Toulouse n*en était pas moins dans un danger pressant; que les séditieux des villes voisines (isdsaient de grands approvisionnements d'armes de toute espèce, et qu'ils al (h inaient que quatre à cinq mille hommes étaient d'accord avec eux dans la cité, espérant même se rendre maîtres de deux fortes maisons.

Nous trouvons dans une lettre que les gens du roi du parlement de Toulouse écrivirent au roi de Navarre et à la reine-mère, que les séditieux avaient ouvertement déclaré que, quelques commandements ni quelques lois qu'il y eut.

96 TnmvflbBms.-

• ils ne réfoinniTaient amulneinent leur viei T^h4>^àiijle înot â^ordre de' la secte« nB'âédafiiëm easttHe^aiptèslntd^ raconté les excès dont les huguenots s étaient Feodus ^ou'^r pables à Mentaubâii, Gàfiitrefi, Panitofs, Villefraiiebe,fi4ba«4 vaur, Lodève'et Beslers, qué soiiree dii'tHâl ^maif/dë» ce que dans les principales villes la pktpart^^eâ^^tâGîeai) royaux et mutaici^iii étaient â^tàteU^eiÉoe â[Të<^1to>:g6a4i tilsliommes et les ministres de la iolip:io!i nouvellél ^tpêûH envoyaient leurs £aumttes au prêche et y allaient eu»-md]iiai^l Le clergé soutint enbore Terridé qui àtait dc-jii reçéfMof» de partir : il priait la reine-mèro de le laisser > en >plaoe? jusquli la prochaine élection des capifouls qpffVùi^kUNi^t gnait devoir être mauvaise, car il était constant qué isîûtf de ceux qui âaient actuellement en place avafétat ftiit^éh^ dans Toulouse un grand nombre dliérétiqnes et ië%ii^^ très. 'lii:,

XJn événement extrâorilinaire et qui montrait quels MSies

progrès avait faits Thérésie, arriva au mois d'octobre 1861' f les religieuses dù prieuiré de Lespinasse, près âë^ Téû^ ïousè, de Vbrdre de Fontevrault^ embraskèrfant dâ'4iël8K9 de vingt le parti de la rétormc. Les catholiques cherché-^ rent à les ramener ; mais elles écrivirènit ati vtA dé Miéitîfé de les prendre sous sa protection, donnaat en même teiiilf)^, avis au2L protestants de Montauban de leur venir en 'aide; (Deux-ci envoyèrent' une tende'de gens iteés i^àf,**^^ tobre, favorisèrent leur sortie du couvent. Une seule de-^ meura fidèle à ises engagements éf sè retiii^à^ti^nfôféÉ^t^ë de Saini-Pahtaléon ; quant aux Mtrès, etle^sé h^Mlim^S Montauban où elles se marièrent à de jeunes protestants,cdrisbihmaht ainsi leur odfeuéfe 'â^»osÉasi'e^ ' *

TVHVS MODfikMBS. 97

Ce ie cierge de Toulouse avait prévu arriva : les ca- . pttoals Dommés pour Taimée 156â appartenaient tous au nouveau parti. Voici leurs noms : Mandinelli, Iluaaut de Lanta, d^Âssezat, Ducèdre, Dareau, de Ganelon, Pastoreau, et Vignes. Cette élection ne fit qu^augmenter la hardiesse des religioimaires ; les écoliers de Tuniversité s'armèrent les uns contre les autres ; les professeurs catholiques Femand Rossel ci Lcicostc furent publiquemeut injuncs dans leurs leçons : le roi d£spague se vit obligé de rappeler ses sujets qui étudiaient à Toulouse ; plusieurs maisons particulières furent ouvertes à un jeune nunistro agenais nommé Abel Nî(Mrâ, entr'autres celle de Labastide, du viguier Portai, de ravocatVilion, du conseiller présidial Jourdain. Les prêches se tenaient au milieu de la nuit ; les maris y conduisaient leurs ièmmes, et )a fidélité conjugale y recevait de rudes atteintes .

Sur les instances de Tamiral de Coligny, la reine-mère * s*étalt déterminée k modifier Védit de juillet de Tannée

précédente. Âu mois de janvier 1562, on rendit à Saint- Germàin-en-Laye un second édît en Tabsence du connétable de Muiilmorency et du duc de (juise, édit par lequel il ctuiL statué : i*" que les religionnaires rendraient au& catholiques toutes les églises dont ils s'étafent emparés : 2** que Fexercice libre de leur religion leur serait permis dans les lau- . bourgs jusqu'à ce que le concile général que le pape voulait de nouveau assembler à Trente eût décidé sur les points contestés. La cour, par cet édit, mécontenta tous les partis, . ce qui fut la source du soulèvement général qui eut lieu dans tout le royaume entre les catholiques et les prulestants, en un mot de la guerre civile. Le parlement de Toulouse

98> mmmnmimt

bre des religionnaires exislarit alors a Tooloiise; Go rtoifl^

da» JiabiUnItide» viUas ItoliiiQ» qair&^tiMi«i9èiia»«i(>jl»ittl&

dre à'eèbxde ToBlOQsev Le 7^fcTrier,^(ie ^iiord:;'fflBO(^^ gd ésê capitoiiUilAn|ls<«t MMesqiiio«,(dW(H9i^tP(Mt^ de deux cents aixfiiebusiers^ portant "fhàcfiw un plstl:i)dt ê^^ ediotupe, se rimtUL hois de la< {M)r^ MoaigaHlard daB^ lieu •voiBîtt 4k olil»e^4!OiiiltoÉi;ifilt^ cati, situé cnlro le jardin des plantes actuel (ii tQkiféM^ ù^fïaàls^ Sftiiit^iebeif L^qBr&da *gpmde ptosièMâéi^^Ui^iMl éfessa^ iiÉie -iAiarèifp(Mili?aèl4eal9ibi4jy paflMfPen^lfilftl d écolier, il commença le pk^ôcàie en lééVéldppailit/ l^^^â^ r^s^;.lCii»li9t»o«te&'«l' âtti^Mittiq^i^M^ la prédiLàtioii, le même corlége ï^econduisit le jeune n^ijvistrô Gïm Imûs^ ^Eéirot 4uiil6«eait^ ki iai )plic6^ ^ainte^Sd^ltéli^^

^vdoçéieiliiige et à qui oa avait ^coupè^tlhe^yelll^^àUîëQsè

(:bmmèm;dit)BÉrBM*idd2ftm<mfi('^ parl^Gieim

DÎQnjîtâitiiiincpœ^eiier est)a^nol qui^ a^^iiaToiP'jeté^^ott ^.|ieiil)bna:amoliluifito8d&ditepbtt^^ ^JSij^èï^^ mmistnefir^lîissôtnblBrtento tantôt derrière lo$ Hauts^Murats-; UoMtjiiAimiliâgi^^s âditobddUasproliieQacle publi^éi^où . ils lyapti^miiBtlaBSiiBjntdeBaÉbf^^ vei^un de jU» secte. Iloiexiittait. vis-k^wie dè ibJipdrte VMe^

te champ dWti/e/v lest>capitoè1s>:dèmeiBèn0iit 'MficfiViffgMn*'

nnni MDimSt 99

toar senrir. (idwtmpieiàCétait ik que Barellea attirait uq piiiqil69ii9fattSQ^i|iVf8Ctt')|iM Dé maniiajdènt

pas tl'uDe certaine éloquence, y/^-. ■ ■ ' '

^aiic^iiÂ^fiâvxie||?yi tta, liJQgueaot qi^i inoiUail la garde près âiii<!)oii?m4»iifile^iâUf noiaidei Miehël Mecbaird^'^eomiiiifii (iy^rf iiBitpiriiQieur BottdeTille et huguenot forcené, lâcha ua (!im)^^liiffl#iifle pooif fie diveriiir paudanl' que « fiaceUes pr^cbaittpfierimiip, tiré *8iir Vasseariiiëe qni se tenait tis^ ftTlvi%iirfas$a: !plipews personnes ot tua le fils du sieur de I,jilg«rda#H»Moik Ida sQoMttû Lè soidaft 'fol

piâSv,intet^ûgc, mis ca liberté, repris ensuite et pendu. Ji^s%0rQ(0$iaAl$iiOid| manquèreni pas. éd^^puii^ier que Me^ 4^rd,i quoique /de loor ^seete^ atàît été midoyé par 168 ^^âl^^Mè^, pour iuer le ministre, ■ . ^ . , . j J ]K^i/.ne)4iWsaa<ptatr£^i$6 de» Ifintouse^darie des- (K>A$|4Pf^08 aussi pénibles pour elle : il loi donna d'eicolr ie]^'eriMtiQ^jftr^.^tr autres i4bia«/de< > Se^i^es de ^^àm-* gPK9flo(|ti^idiWeff^i{ârâlr£tte^ éloqiiéneè' Itait pl^iueidO: ioFoe dansr TexpositioQ des dogtnes eattioliqnes ; Hc§t l9rY»ifi#i1K>iuà émmmi^ p^upla^ide êeQ0h8Ut68^ftUéi<

]^i^%4^l^rQC^ypic^ )t(0|iis jl^ imi^s^^ quîj se présentaient à «99sen^.ia ;fMMnl({iditijàb80iyiàiiditomu>Mdf^

». tia^^cèrea,! <pe les habitants de cette ville désirent faire euUjèi9^Md(rûyi^«i0r^<|)0Uct^ak&i06 faj^ageviililiMltJaitidii»

saii^aition dlavoiBe;^t siila-selleite blesse panser ses

», 1 laissera /par (le^t'iftfteimAs;: i An xfontraire^ MSi ' le Toya^eur fi>6ê|t<ayi^<^ h bteoil^sûr, jpciur^si petti bidot qu'il soity

'100 TEJir^ .MUUF.nNF.^.

> il le rendra où il veut aller. Cest pourquoi s^chanH^co^

» bien les TolosaiDS souhaitent de faire le saint voyage du » paradis, j'ai voulu les appeler dans cet à0^t{^,^a » leur donner h chacun un cheval pour monter au oiel J§ » Yoja3 assure de la part de Dieu que, si vous prenez char

• cun un de ces malades, si voua ave^ le soin de lewf.Mr^ » remuer leur couche, de leur donner à boire et à manr

• ger, et de panser leurs plaies ces pauvres voua sapjijçqi^ » de monture pour vous conduire en paradis. "'. 4 mots, les riches qui écoutaient le discours se ch^i:gè|^ea^ chacun d'un malade et le tirent porter dans )i^iijr fn|iisf>B,; en sorte que Fhôpital se trouva vide.

Albin de Serres composa un excellent traité pour réfi^^ ter les erreurs nouvelles ; il a pour titre : Les sia>, Uvrm du Sacrement de iAittcl. Il composai ce livre à Toulousc„en tâ64i et le dédia à Uobert Prévôt, ministre de.Gefièy^.^ composa aassi quelques lettres adressées a plusieurs dames chrétiennes pour les confirmer dans la foi catiioiique. Son livre eat huit éditions daxi3 une seule année. La r^p^tatioxi du grand archidiacre de Tholose devhit étonnantes en France* Le fameux Genebrard et Arnaud de Pontaq.^ç^t ekprès le voyage de Touloi}se pour- renf en^re ; mais rayant ti'ouvé mort à leur arrivée, ils composèrent sou é^ita[)Ue en vers français ei latins,, en . hét^rçu et ei^ ,8f|SÇi«|j4f^^ SorhftD, prieur de Nontech et recteur de Sainte-Fo| ,c(^mposa une ode éiégiaque en son honiieur. Albin de Seire^ mourut à Toplqu&e en, 1^66, et j^t ii^huia^,,4a({^ ^ Ç\^\r tre de Saint-Etienne avec une spleiidide iiiscriptiop. , 11 était si charitable envers les pauvres qu'après, ,§a u^()i:|,)j)^n ne trouva dans ses coffres que Tor nécessaire à ses fuQé>

TEMPS MÛDfiaNES. 401

railles et à quelques œuvres pies fpïil Q*avait pu exécuter

pendant sa vie. "

' Ce fût à réloqniBnce,'att zèle, k la saiateté de son arehi* diacre que f Eglise de Toulouse dut la conservation de la foi catholique dans ces temps de désastreuse mémoire. Le 4 àvrû, tin 'charpentier hughîenôt, ayant perdu sa fémine qiri était catholique, voulut Tenterrer avec ceux de sa secte. Le clergé de Téglise Saiut-Michel, qui dépendait alors de §^int-Ë6^nè^ aidé par quelques catholiques, ^eVa le corps et se dirigea vers le cimetière de sa communion. Les |;)irôtésiànt$ accourent aussitôt pour &*opposer à Tinhumalion: on sonne à rinslant le tocsin : les calboliqiies du faubourg se lèvent en armes, tombent sur les calvinistes, en tiieni cbq'à six, et pillent plusieurs maisons. Au premier l)Fuit de cette invasion, le parlement députa les conseillers d*Aizon et Loze Lorgis pour arrêter le tumulte. Goignard et Du Bourg se réunirent à eux, et se rendirent à Ftoftleldë-villc pour se joindre aux capitouls. Deux de ces der* iiSâ^,'^â'Assèzat et Gannelon, et les quatre conseillm,' se dirigèrent avec les soldats du guet, les dizaines et quatre cents hommes de garde, vers la porte du château qui con* iittiiy^it^à faubourg: maûs' ayant trouvé k eelte poite une ifôhnidable barricade, ils fuient obligés de se retirer. La îtttiit M un terme ati cômbat, dans lequel il y e^f de part

et d'autre quelques morts et quelques blessés. ^Le 6 avril, on tint au couvent des Âugustins une grande ^^bbâlâ^e 'bii^^' '1r^^ le preMër président de Htr sèncal, léé présideiitè,' les conseillers, quelques capitouls et hotirgeois. On dressa Ssm cette assemblée le^ 'irtides jAiivaràs':''' ' " : " • ' ' *

L'exercice de la nouvelle roligiefem^ut^à lieu que hoFs

armés, mais sâDâ^ âifmes à feu, d^iit 4ùguëtK)té' répidâ^

Les càtholiqùes fôurnîroiit pôur la éat^^^^^ deux eéi^.iK>mfiied à leof^'âdddv^ dcMiliHs"i>6p(3âi<lroat

4^» Il est défendu aux eoclésiastiques de sonnèMe^^esin,

^• 'Les soldai où gens sans aveu de r«lie iet !f*atce religioQ seront ^teatts de quiUarla^iii&daâs i&^^iAte

• 6" Les officiers du sénéchal 6t les capilouls jugeront on

^temier i^ssort les eo^sf^ li^^ âlPsédititov<«iB'^qie

4e parléiiètfrimiste^'^lpte^ ^^^I

?• Les bourgeois garderont en personne tes) 'pOMes de '•^la'^niéo ;j;q m r-^'J -jjjp Jo «iouiabi 2dllovnofl

Ces articles iurent pitbliés dans toute 'là' *tiiB. Le q*ati^me^ méeoQtenta les catholiquesi^ |«itj«Mi|4ié^^âàû9iât^ ment dlli^&siOd^^il^t^tfèiMaM^IX^ AKOOii^dnlt^

^ mis. Lie âixième ne fut pas ex^nté, comme on va le voir.

-àriftô été !ë lfié&fl%l d#lbiab jusqu'à légUse .Sâint-Sauvettr-(plàéé Doj^JJjnifû^j t^âu

''• touls se saisirent de plusieurs -càtlMJtiqUés; au nombre do cinqaantè, 'lailt^1i#i^^ '^dè (^êfe*^^^ à

cM, les conseillers .présidiaux ' ^ le lietilenantudu' ^Vlgtiier ,

qui oûi^aimnèFent à mort ,$ix deçifprisoiMMei's.. tO^-dt interjetèrent appel de la sentence au |)^rlQim|ty,^pi % po^r

deiî^pcLiicut ,à;rh6teliie-yill(3 leur mm l k giaods, cris, ,Le palais fat assailli à son tour par une horde de séditifipm, ' ,f ! rie parleinent cassa, la* sealoneo diisca^îttMilo relalîTeœent iàiiteMjH4iiuiiq«j^l^le^,%Matiîç, autr^^ fureut pendus à^4^ potences dressées aux quatre angles de la place St-GeQt;g^. ni^ia^iSuito de cette exécution, les communautés religieuses, les chapitres de Saint-£ti§i^e<^ 43;3«u4(-'^^/4a, ^M(!ip«p]ihmnikre0 sdiu pariement d«ii)8(J>ovrfeQisie,

eux des garnisons, pendant que quatre gentilshppin^^r

FB39tùvim\ Clermont, Montmw et Trébons^ levaient à

^Tpiito^Çf ^itm 6iivi^§ .4^S:/Qg94^i§^t i^ijèm ^^^m^-

Les capitou^,^fi^«9^»4^iC(»t)appf»^fij^i^^ m : parlement <|ue ries ijapitâines m pusseiU iaàm k Vayenir da

nouvelles recrues et que Ton ne pût changer les g%f fi^sç^s -iél^HflSv ft futir^poqdUfP^r la.jiîo^ir q^e. les psypitaines ne

[ Peu ^ti^it^4efeeUQfr<^p^sa»:le6ie24Mt(^

^^ê(inSa; 4)(#iilf4i^d|U die t'îiîMrii^ pait,pait>l06.<)u Ahm-

i;j5on§, diiiun^a^e^ §fetftl|;o^4ô^B^i^i4^ .garnisons 4e .d.^-

if^.fete ^PWtelien^dM)PiiWI(^M^> ^«f»iffîij»rtiiaeb.jAij||B$

5)î<iapitoul^ine, toussèrent -pasuplus , foi»: l^s.^pses. On voit

é Prîtes ia^iix>autontf(è*ij^;T^^ Wrjfi#nelle

meol caliiâiique, et poiiâ$aîiMi& mesni^ d6>/d||Bèi]fc9fie se^Dd aTaity lond. embrassé las enreair& DoiiveUes^rsai^ eepiMant tnop tiiaDifuter sds. 0911110118 ; h inMâèaBBBoilatt

catholique aussi, niais ennemi des mesures extrêawâi hG« dâroier oaiga^t 46 passer p6ur.câivi$âsle fit livofifiaitclé

les doctrines ofpposées au catholicisme. - j . Ou apprit Ineiitôt te- 'fvvm. deiiGondô, XoMksj^ appès s*êtr6 empara d*OvlâiDi, mif» pli» te iariBe»j0hattîlié à son parU plusieurs Yilles du royaume. <Il 'piixoja dag émissaires à^FoulouM q^rebevchèrent à||mnîrisoBa||ulii D*oii autre côté, le cordelier Barelles écrivait incessamment pour exciter les es^its à la. révette.' ABensttôi jukceosiMi seerel fol Ibrmé dsfns le parti dea hugiMiioAa; oa j^toemp^ tait deni ofQciers du parlement, CaYaignes et Jean deCenaa^. les.^itahies Sans 01? tâooioaDs, Aioelte»^ fFMatUaddolge ForlaoQ gendre, et plusieurs autres (^6f$ de factionsv Oh! sô;r4uoi6aait pei^daat la auii chez jPortalt qui ééaUiaioca:: maladei E fut: régelo ga^on- 0iuremit i%Oi^éaDs,( «llinH àob priactî de Condé, le capiluul Iluàjuuid baron de Lan^aj qu-onî seoiitarerail: de l/b^MOitlUdv (lu'op iiibasscvaifeiioflrtiiieÉL» ecfdhésIastiqueiS'et téHgietifl de^Sa^iffUe ; qu^Mrlffraraiè l«ù églises au pillage; quon établirait la ireHgipû i;é£ormée>surl> le» minei éa CilàsMmd^ Quoiciiifi «a fflaioiè sÊÊàs^^aai}

facile à exécuter, on commença néanmoins ài efiTsoycr des éoiissaire&daàs lesviUeStvai^ûasbpâUjfiy âoeneriidaiflecceta^ aTertis8i»iiiettt$v «I Annettô»se dbttigeà'd8rpi^fiflur»i«ABii»1qg0»b

mentq pour iieu& mille huguenots qui devaient oanpveriÀ^i ToukMUe.../ 'V'.'i '•/•uf; nî î;}Mtr<.h).j :k\ .oïdaioa t>l

îPendanl qu'on faisait ce^ préparatifs en cette .vdlb^uHuH -

iiauèiée'LanU négociait auprès du prince, et, lui prouie liait

é^ia0D& 'ïottlâose 4laQ& sou ^ parti moydOBAutiei secours

vés daoïs ioa €(^vôDueâ. U était d'aoa^ absolue nécessité pour lis jiXHfjaréi âe gisigner da tenoopS' l 'âiitsi iproposèreat^ite au parleuiciil dc.^ accords ou des règlements qui, sous le prétexte de rétablir la paix, a'étaiôut qaa de& moyens de téîn|ioilj&r'ea tittendatit VarrîTée de$ reoforUs. Bientôt on vit arriver six cents hommes à Toulouse venant de Gascogftë el'diut pajfô de Mx.- De sea c6té, BazcMPdan lerail des ttepeartet parcourait la yiMe avec ses soldats, non sàm èteïiffisallÀ par les huguenots, car un jour qu'il £aisait lÉttnftiatiMiiiâe fn An tambdiir, un écolier iirisa la caisse.* Cqt acte fut reuouvelé par le c^pitoul Ganuelon sur uu ^Btne^itaiiiboÉr.

^'ADlâfini^eai^me, on'Iilit chez Portai «ne fraude assem^ biée où se trouvèrent le ministre Niord, les capitaines Saux, âaôteûàriil Siipato^ iF'âpolliioaire fioliii, le'iaeiiiiisîé^ Gascon,J'orfèvre Arquier, les jeunes écoliers Tolose et SpéraDti,ij^et^6lqueS'aati^ Leibiit4e cotte seconde réomoa. éÉattde imeeflerjfka 'prîsp delfhôtel^ville'qtfay vegar^ duit cuiume immanquable avec le SQçours qu'on attendait diijeeiipieiii'd'Ayp^ieii 7 ce J9ii>^<lauit saifosee'qQQ ie baroa dftfiaiiteL était dç retofor de

SQriiâ;p.âint.>de iteKooii^ Ce&iSQctes^ da^ no pou-*

des'jprojtits iormèSipàr le parti : c'ôst ce qui détermina les caïhûbqDesjàgdoiililer. lealSéigai^^ à» en augmenter le nombre. Le parlement tnî-même, soos prétexte >qif&'le' séoéaliaLiiiaron de>Casteii>aq siuUut r&iiâU'Siis|)ei)ty-init une

UHiSimOBtltlt.

très forte garnison dans riiôtel de la sénéchaus8éei(iiouvelle maison des jésuites). £q alteûdaiitii).TMManfe4ite ^e éciimt'li toutes les:égli8e8<Téfbvlnée&ddPiBlloe>6lffir^l^ w ëlfis^^ impositio& de deux cent milk'icûs^iïouiiousB jdmit/eD fia^tèTHiiiaAFti t.qjBàamÀ&oÊB mittn^f lurent comptés sur l'heure et déposés cb&zMo^mev où 4or geait k miimtre BareUes cette sûmmBtfuLûi»ro]réajei^(^t& 'àOiié&as;: ' • ••: rc h- 'r-t; i- y ,.it^r<>/Ji

" L'orage était sur le poiût ^d'éclater : il édaKa on eflet jd^

Moutiuc, datée du château de Faudoas, .près de 'Toulouse. Catlé lelfife'étilt abeomffegiiëeid^aBff anftiaûp^W ^dniUieiie-

me du pays de Foix avait écrite à Montluc ; elle était ainsi conçue : « Monsieur, m'en revjenanti dBiJa smiis^ù\fàuwà&

• assemble de grandes fonies et eaà déjàibeaucoupj ilfy

ï»'ivéeé atiit9'iiiei^>el nuit rei r

ji il^ei a promiâ ^udit seiguenri pmûce;.ide ilui jieoârQtià •TiéiviloBl'dflÉsiaé âi'eifaeiilBj QâmdiftvilKviltoaiè^ahmlbim

'«e Ledit capiloul s'est découvert à moi. Je vous .en al ivonhi ;»jia;vQrUff(jenLiexiiélnaidili9dikûd^(|i^

t^rvonsia^ |)Q86i]Dle| et; pdiir ^ <r^Pûâi fpitiTtniBi^ti» .« ra M. de La; lloqued Je n^ai peint iT0Ulaisi^nèt*,eBttê)iM- »' trer; maib j.^>ra»>j^ MHiàn^ Sigdàrèa^dii fiianiDdeniia

»' Roque: •^'f^-; V'innH v([ .1m 'r-IM •«,''} ^.rin'j tHifoff

Montluû s&^raUifQmédiatemëBiipoilôisuci^ ; maië éttiilt MOiipéilà rdànirofdif vittè'jdykttciDifiiiiiBiiKDliéis-

.sauce du a'oi,ûli se oefUdûla.ld^enuopiPi leiicapitainai^Ckaivri

«UliS'aMDBAltM. 409

avec doux compagmeâ àirFrfiÉiAèiL .^aur /CôUi>er^lftj m

i /'Le dimanche 10 mailla la puinLo duijouifi^i ie. président ^il«f<ilasèDeal>«oiiiiiiuiiiqaac^ iDiasifas» «mi pnésiâeiits^ide MillQf^nfiUBs ride Latomii et 'l!'tinit»3nM|66Blevs.n(Aiis8ilèt €risax^tstràtâ Jiiaiuièieat les capitouis qui assistaient au

dWssezat, qui se rendirent au palais. On leur reprochÀ leur tperiidie, et ^.M un m&tant^Qesli^n ^e déliliére]! 'Siurjies

jbropbsitioas d0fatt&^ont Ie9ailiéles.infliki8igii0slmrà tsentéâ par les huguenots. Les magistrats écrivirent eiifeuite

avfviMÉta de Jqy^OBfii BîDfii^Q^^

litTëiMe^ poturluî eiposeî^^toùÉe ia/î siiîte de celte ^fbk&, iet> chargèrent ie {H-ésideot^^de^Paulo denlevor iunei compa- '^gnie^e^^deiiiK eeitfè hoDUBttri n^/ciA (U.^i'd' 1/ ^ : l-v^o >

■: Le Iciidcmain, les chambres devaient être âssumblôcs. (Pleajk^loceut^ipjeffûtie^èu&dijiM cflQUâ4>4esliâtblefi^4^£Qt

-laee, ^)lB/|)arieliifliit mânda les i;apitd]lli& ùmlèp&ûfdooQft .de &îre fâFtin:iDeôs§anuqenlttous4eS )é|,ranger$:de la ville iiet»'âknpéoherljlaaoàrâB9q«ôl^oealn^^ In^iqùée .«udimdftcttesiikadt J7 mâ, jûlaiDdëiâ ileBÉeéôter Oin/nom> iiia»doQ2ft^hfoaurKôfi«s.pûun^ sà^rais^^ririeaifeiiÉi^iieDdfiçiltàiBc^^

c'tilatent Bosquet, Uoguicr,i Delpecbil «Ces»," Lalaine^ Gestes,

Jll^l'^ Bo^iVltij^tiWiaiitoeAtchoi^fi^i^J^ £0mfioiiiQia !ë présidi^ BucEtoè Ifele^'èooêeatom Mmn,

Solier, Forez, Papus et Du Bourg pour présiderjap doni s«ial0oiUetiai£)lid(]ré»dii[^èMlÉ]^ -aoK CàpitaineajBAzordaû, Montmaur, Clermont et Trébous, vanwii)qualj;e4penlsi hiuAiaû$Jl.eii>aiioii» de^ Lanta ifulidéocétê

iOS TEMPS MODEUNES.

4e prise de corps, mais il se sauva par une fuite précipitée.

Les capitouls turent vivcmcat contrariés de la nomination djda bourgeois qu*oa leur avait donnés pour adjoints. Là présence de Delpech surtout les inquiétait beaucoup ; ils résolurent de s'en défaire. Delpech était un catholique très zélé et plein d'intelligence qui entretenait à 'ses frais^ '^iis sa maison de la rue des Changes un assez grand nombre de sdidats pour sa défense. Les capitoulslui avaient conhé la garde de la porté Arnaud-Bernard. Delpecb, se ifbirraîai souhrant, se retira de bonne heure chez lui, laissant a vingt-cinq soldats, la garde de cette porte. Ceux-ci ^ accompagnés d'un de ses laquais, portèrent la clef au capitoiil Cîanneloa, logé rue du Taur, jpr^ de Saint-Sernin. Ce dernier parut froissé de ce que Delpech ne f&t pas'véhu iuï-^ même. Les soldats excusèrent Delpech, et comme ils*^ retiraient du c6té de la Porterie^ cent écoUers sortant dîi collège de Maguelonne (rue du Taur) et cent autres de celui de Péôgord (mèçae rue^ se précipitèrent sur ces soldats^ Içs. accablèrent de coups, et blessèrent mortellemenif le louais de, Dçlpech en lui disant : « Mordieu ! si nous tepîpns. votre maître papiste, notre ^and ennemi ! »

K peine les religionnaires apprirent-Os que leur cônjuration était découverte quils s'assemblèrent aussitôt chez le. vigwer Portai et déhbérèrent sur ce qu'ils avaient à miré, dans des circonstances aussi délicates. Les avis fuient d'abord partages ; le ministre Bareiles parla avec tant 4e force qu'il fut presque unanimement résôlu que la nuit suivante (du 11 au 12 mai) on s'en^parerait de rhùtel-deville avant que les catl^oliques eussent pu s'y rendre. Ce plan; fut ainsi réalisé. Le 11, à neuf heureti.du soir, les

TEMrS MODERNtij. 409

huguenots s'assemblèrefat au nombre de dou2e cents;, ayant

k leur tête les capitaines Saux, Sopetto et Sauccns. Ils partirent de la place de la Pierre et s'avancèrent vers Thètelde- ville, dont les capitôuls, par une infâme trahison, leur ouvrirenl les portes. De là ayant appelé les gens du parti, ilsjs'emparèrent du collège de Saint-AIartial (place du Capitûle), de Sainte -Catherine (aux Balances), de Périgord, de la, |[)Qrte de Villeneuve et de deux carrefours, et barricadèrent toutes les avenues de îliôtel-de-viUe. Le mardi 12 au matin, le parlement et les catholiques

furent étrangement surpris du coup hardi des huguenots. On, vit alors qu'il ne pouvait être (piestion de négocier ïa pai^, et gue le sort des deux partis ne pouvait être décidé que par les armes. Le premier soin du parlement fut de

dépêcher des courriers à Terridc, li licllegarde, à Founiueva^x gouverneur de Narbonne, et au maréchal de Montluc, pour, les presser de venir au secours de la ville. Ils envpvèrent aussi des courriers à tous les officiers du roi et à tous les consuls des villes voisines pour leur ordonner de faire main basse sur tous les huguenots qulls trouveraient en armes ou réums. A huit heures du matin, quatre conseuiers en robes rqciges suivis de plusieurs gentilshommes ^ubjièrent iiné proclamation par laquelle il était enjoint à tous les catholiques de porter une croix blanche et de marjj^^T leurs maisons du même signe, dàoattfé les auvetits des boutiques, et de placer des cbaiidelles aux feûètres à rentrée d0 la nuit. Il était défendu à la noblesse dé <tultièr \d Ville. A midi, le parlement ordoiuia ii. tous les cathoîitines de se rendre en armes au palais, Til abattre toutes les boutiques des libraires qui se trouvaient autour dé cet édillcé.

419 Tun^muÊKÊB^

M brûler tous leurs livres, el conduire en prison piusiepr^.

(Hn'^^ipbrter promptement au palais toute la poudre à canon* renfermée dans une tour de la Tille, 9isè&iàa^Bajajâ%w^^

frais de l'altaque, le président et les cunsciileis dOnnèffent de grstodd^ 80inniB$ide< jeofiépsvgaeJâQr/toisn talûè Smisoiilt inwif^âqimirolî^iairhik^ SBfdieigeif vers la tour du Bazacle pour s'en emparer. Dans; ocMé sbrtiev-MMitniiÂrftitaîsât irâoiiiilé^ . fin énoi&tmi

le parlement cassa lescapitouls comme traîtres à leur patriey et de son.atttorilô ifommaicàuituaBlo^

Mâdron le jeune et Dupin* Les religionnaires d^eiirèreol dâÉtô^ ViÉMtloiil; irais^tën|isilioÉmD^jTftlkiiA>(jtatfp^

êlPâu^'l^snjraguais se joignilrenÉ^lDiefn; M11|ttblFfâei-ville/6]f>. ■^■'h& ieQdemaia 'i5^mai;4à deux heure$i après piidtl^^

iOlïse; ^sa -compagnie de gens (rarmes'de?âft le suivrew il élâil «^oompagné^de> Gaston iàt*¥m^ijamto,Â^iÇamA\Bgé ê»f€Asnim hàBMMi, BKdi)daiii)«t'^^n^^a¥llaiaM des

clievau-légera, Fourquevaux gouvemeiuft de î^aibenne;^

trois frères Savign^ de jIû mpLiBoni;de Cottiining€fs,>àrri4 vèredt à leur tûUr;ili&>parlôi)i6at>iMa8Ud&oûia^

riiùtcl-de-ville pour faire des propositions, qui ne fuiorit pas acoei^iljëes. La^noblèsseiâit aioi»vamvoqjtôedQi^fd$ttiia le eoiifmaibdenient Jdè.> la «Hmlttiiie^rCinflliiifiii^e

cboix déplut au 6m^ > de Vabi}6Svi4|jQi>poH9iiS4i&ipUinio$

Tins ■enu»;. 411

d'Alzon re^vut alors i oixire de s emparer de, k^aéeh^ âkj<|*j^àtflDiiilgamiaoii^ f^'>t! ' £i oh m») oiw -^a/vb ^oLainé!toiial1aiti'i&lPe; loîeiitfttidiângéciieiliiiii idstèroInMip

da jl)ataillë ^ il étail: Déeessatrerjde garder les portes. Ri»

poileHdQk Ghâteao^NarboDnais ; Clermont, Trébons» Gar* ââiiiohr€t,iÊS.cli6iu,iamôs Savigo^cuià^eieid^ la.Dauraxto ; leaisieiÉB illâgiiaft, Mmitinâiif fit^iBaaoïdtQpti TeeJtot^tt

Bazaclp iiiel ainsi dcs autres. Lorsque^^ces dispositioos eu- TetAitlé^phassp^ékpï^i^ùS^^ cbevM elfèil^voBer: A)Qg6v' pait^itfîMii léis riieSs^ «oiidonilafntf à>totfs

le&.' Gathoiique$ de s'araper contre leurs ennemis. Le tocsiii

sitôt le.s calholiqucs ic jcLcrent sur tous les huguenots

irlolSiCB^IHce eèad»MniftîBD prisoiBébiefrl^^

t&iQ'^nombre. Piusieurs maisons lufeniisaocagéeSé^A l%rfm

main

soh «i0O^â^-^ef]tuiài^«iiittf)et»s0i jiiles, ies calhoHques UiiUwèfeisit axix flammes avgc toDS/oapiiipu s^/âlpéQlifïôfui 9ftés.o|li||g|gïtwi:)iiiigHâiii^

fossés de la ville >f iurent pris lét précipités dans laUeuv^Qi

JSiiUclJlcnii G6fâiilesaBAviofëtetiÉb6edièiDiDl;Â 8*;opg«|MW^Jlf

avaient 4700 liommes de troupes réglées, et, enriaugmentèr retiti 4^ 1 nombrèi'Qn i Ijdraijuiln lies i > ctmifiaifHeâj .amj tes / mnh

442* TUM KODEUIBS.

liôrs de runiversilé. Chaque nation iorma la sienne. Stopinian commandait anx gascons ; les poitevins, saîntbdgeols, angoumois et rochclais étaient conduits [m La Popelinière. Georges Seignot sieur de la Bmssiëre, gentilhomme breticm; prît le commandement en chef de tontes ces trodpes qm occupèrent un tiers de la ville avec les deux portes de Matabiau et d'Âmaad-Bernard, et placèrent nenf poster adt' divers quartiers de la ville dont ils étaient les maîtres.

Le même jour 13 mai, à dix heures du soir, le capitaine Sanx et Robert, calvinistes, se dirigèrent de rbôtel-deHlUët vers la place Rouaix, par les Puits-Clos. Leur dessein êtâît de s^emparer du grand couvent des Carmes ; mais ils fdH&ht repoussés par Montmaur. Aobert y perdit la vie. qîÉ*èffi les eut refoulés vers Saint-Pantaléon, on sempressa de barricader la rue des Puits-Clos avec d'énormes baHies -ûè laine près de la maison de Jacques Bordes, où se trouvait une bande de catholiques. Les huguenots se jetèrent alors sur réglise Saint-Pantaléon, quils pillèrent. Leur btrt l^îa^ cipal était de s emparer du palais. Dans ce dessein, ils se divisèrent en deux troupes : la première se dirigea vers la place de la Pierre, où ils furent repoussés par Delpech, qui tua trois de leurs enseignes ; la seconde se dirigea vers Saint-Etienne par la rue de la Pomme ; elle arriva satis coup férir jusqu a la place Saint-George où elle pilla l'église de ce nom, en fit descendre les cloches, qui furent portées à rhôtel-de-vil1e. Mais la grosse cloche de Gardaillac appelé la noblesse au combat, celte seconde bande fui arrêtée dans la rue Boulbonne, près de la maison de Cardaillac , par les troupes de Montmaur, d'Andoufielle, de Savigaac et de Gardouch. Repoussé de ce côté, elle se

TEMPS MOOfiBKES. 413

porta vers la Daurade, où elle éprouva un nouvel échec.

Le.jeudi 14 mai, les calvîoistes firent daas la malioée vm nouvelle tentative contre la rue des Changes; mais i!s furent encore repoussés. Les catholiques formèrent alors le projet d'attaquer les religionnaires dans leurs postes. En attendant les secours de Joyeuse, de Montluc et de Terride, OA s assembla pour dresser le plan d'attaque. A dix heures du matin, le capitaine Lamezan et son fils, à la tète de deux cents hommes, atlaquèrefit la lour de Najac pendant qn'on attaquait en même temps trois autres postes. Les call^oHques furent repoussés. Les calvinistes se disposent ^rs à se porter de nouveau vers le palais. Le capitaine Sanx, ayant cherché à les en détourner, il leur parut suspect, et Ton donna le commandement à Saucens. Celui-ci s'avaui^ dans la rue de la Pomme avec de 1 artillerie. H était déjà parvenu à la rue Boulbonne lorsque le comte de Caimaing et plusieurs gentilshommes, à la tête de huit cefit3 fantassins, les repoussèrent avec vigueur. Les catho- Uques perdirent dans ce combat quatre-vingts hommes, et les religionnaires soixante.

Du côté du collège Périgord (rue du Taur), avait lieu en même temps une autre mêlée ; mais là les calvinistes gardèrent leurs postes et gagnèrent du terrain ; leur courage $'augmenta même par la nouvelle qu'ils reçurent que deux cent vingt hommes leur arrivaient de Tlsle-Jourdain, Ra- |)astens et Verieil, et que Uunaut de Lanta était entré dans la ville avec quelques soldats. Aussitôt ils dressèrent une batterie de deux grosses pièces de canon à la tour de Ihot0l-de-vîll6 et battirent les clochers des Augustins, des Cordeliers, des Jacobins et de Saint-S»uuin. r^iui des Jacobins

ùiK abattu. Après avoir fait^nlrer un nouveau reoforl^par

la. porte du Bazaclc, ils attaqiiiîrenl rcgli.>c des Jacobins, doDl ii& brisèrent les ijuages ot emportèrent le. trésor. Im^ couvents de Saint-Orens, des.Cordeliers, .de la Merci , do Saint- Au luinc en Viennois, des Tiercereltes , des Augu^tines, de Saint-Pantaléon, et les églises du Taur, deSaiotr Quentin, de Saint-Georges tombèrent en lem* pouvoir; tout fut piUé, saccagé, brûlé dans ces égUses et ces iaona^r(Eis; la plupart des religieux furent conduits presque nus. ài riiùtel-dc-ville, et chassés ensuite sans aucun secours., Trois cordeliers apostasièrent, par suite des insUgiatioi^di^ ministre Barelles. Pendaut que les ealTiDisCes s'emparaient ainsi de toute la partie nord de la ville, les troupes dje.Ter-. mes, de Terride et de Montluc s*approchaient des rempart^, et formaient une ligne pour empêcher l'entrée des renforts envoyés du dehors aux calvinistes. Quelques propositiions^ de paix qui eurent lieu sur le soir Q*eureDt aucun succ^^

Le vendredi 15 mai, Féglise de Saint-Sernin tomba ai), pouvoir des sectaires, qui brisèrent les saintes images: et chassèrent les chanoines de Tahbaye. Les catholiques res-* tèrent maîtres du clocher. Du haut des tours du collège. Saint-Martial et du toit de ThMel^de-ville, les canons iouoiemis exerçaiciii d affreux ravages. La fui cur des catholiques était au comble : ils mirent le feu au quartier St-Cieocgea, avec défense de Téteindre. Deux cents maisons tombèrent en ruines, et l'incendie dura deux jours. L'hôtel du président de Bemuy, le plus beau de toute la ville, devint la proie des flammes. S'il faut ajouter foi au récit des écrivains protestants, quelques cathohques forcenés se seraient em,parés d*une dame de qualité et de ses filles réfagiées dans

TEXPS llO0&BNE:i. 418

c^'liM^tel et 66 fieraient' portés sur faibles femmes k des extrémités telles qa*il n'est f»s possible de les rapporter ém ^30ft)e hhtèfre: L'hôtel dans lequel se pâssa i^tte horrible scène a^tpailcnait au sieur Bernuy, fils d'un riche maUQhand espagnol qui ^'étoii étabk à Toulouse sous le règne' de François I*". Il n*eut qu'une fille qui épouea le seigneur de Clermont-Lodève.

Au dehors se passaient , ee môme jour, des événements importants : les compagnies de Termes et de Montlac dispersèrent, entre Montauban et Verfeil, les troupes du tlëofntë*d*Arpâjon au nombre de quinze cents hommes, et entrèrent à Toulouse. Vers midi, une compagnie de soldats agedaid, conduite par le capitaine Corbière, vint ao secours dès catholiques, et un renfort calviniste venant de TAlbigeois et du Castrais fut mis en déroute par les paysans. Ëniin Hector dX)ssun, évéqoe de Couserans, se présenta au parlement avec quatre mille hommes qu'il avait levés dans son diocèse* Ce secours fut refusé.

' Le samedi i 6 mai le combat continua sur plusieurs points ; mais les deux partis, mesurant leurs pertes, convihrent d'une trêve jusqu'au lendemain à midi. Fonrquevaux fut chargé de proposer les articles de la trêve aux calvinistes. On leur donnait la liberté de se retirer, en abandonnant la maison de ville et y laissant leurs armes et bagages. Les huguenots, qui commençaient à manquer de vivres et de munitions, acceptèrent cet article. Ils étaient dans lllôtel'de-vine au nombre de dent mille hommes, femmes et entants. Des le soir même et le lendemain, plusieurs profitèrent de la trêve pour se diriger vers dastres et Monlauban.

4(6 TE»» aiODEftKeS.

Le dimanclie 17 mai, jour de la Pentecôte, ceux qui étaient re^s dans rhètei-d&-viU6 coouiûireQt .iiDe.iiapru^ deUcè : ils voulurent^ avant' de partir,- célébrer idifûm^ lement la sainte cène eit firent eDtonner plusieurs aird ôs^ psaumes et cantiques au trompette placé ^u . wvisM .ùiit donjon, ce qui fut entendu de toute la ville. Vers le soir , ils sortirent tous, entre sept et liuU heures, par la portd/de Villeneuve; mais Savignac, qui voulait venger la mort dd ses deux frères, aidé par une troupe de catholiques,- les poursuivit et en tua un grand nombre» Les paysaiu^- da voisinage, qui ignoraient ce qui venait de se passer II Tou-^ louse, se jetèrent aussi sur les sectaires et en tuèrent quelques-uns. Ces derniers faits ne peuvent être attribut qu'à des veni^eances particulières ou à riguui aiice. Quoi qu'il eu soit , la ville lut déhvrée en ce jour des tenitat|vei que les calvinistes avaient exercées contr'elle. • ^

il est certain que si le vicomte d'Arpajon avait pu faire entrer ses troupes, c'en était fait de cette cité. Aussi les catholiques voulurent-ils perpétuer le souvenir de cette déhvrance en instituant au 17 mai une procession solennelle où Von devait porter les reliques des saints qarnepar sent dans la basilique de Saint-Saturnin. Dès que les calvinistes eurent quitté la ville, les habitants prir^t possession du Capitole, où ils trouvèrent le capitoul Maudinel, qii*ils mirent en prison ; on y trouva aussi le capitaine 3aux, qui fut conduit k la Ckmciergerie. Plusieurs religieux- retenus captifs furcni mis en liberté. Quant au nombre d'hommes des deux partis qui périrent dans cette guerre^ civile, les uns ont prétendu qu*il en périt deux cents du cdté des calvinistes et cent du côté des catholiques ; les autres ont

avaacé quli y ca eut environ sii cents de tués de paît et d'autre ; enfin quelques historiens protestants ont porté ce nombi e ù trois ou quatre mille des deux parts. Ce chiffre est éfideounent exagéré, car> lorsqn'oa suit pas à pas les détail 4e ces quelques jours de ooinbat, il paraît impo^ sible d'admettre un nombre aassi élevé.

Il est certain que dans cette guerre les ealvinlstes forent

les premiers csscurs, cl ijue, s'ils eussent été plus exacts à obserVidr les édits, jamais on n'aurait eu à déplorer de semblables, malheurs. Beaucoup de catholiques et de protestants cbeiciierent ù assouvir leur liaiue païUculière contre plusieurs de leurs ennemis dans Ifune et Vautre religion. Jamais aucun prédicateur de TEvangile n*excita ses frères an meurtre des hugueoots. U est matérieUem^t Daux que le iésuite Edmond Auger ait usé de sa grande influence pour porter les iidèles à l'assassinat des sectaires ; il se borna seulement à exciter les peuples à fuir les hérétiques et à les chasser loin du troupeau. (Test ainsi qu*il écrivit aux Touiousaias : « Tous ceux qui marcheront en cette »• affiedre par connivence ou dissimulation^ soit gendarmes

• ou magisliats, m verront jamais la face de Dieu sans ré- >• paration des excès qui seront perpétrés par leur faute : » car les pasteurs qui, de propos délibéré ou par négligence»

* laissent les loups parquer avec les brebis, sous couleur » ^ils 8fadouciront et changeront de eompleuon, sont » redevables a leur maître de tout le carnage qui se » commet dedans le troupeau des pauvres et innocentes » brebiettes. » Ces conseils, qui ne s'adressaient qu'aux pasteurs, étaient vidimcnt pleins de sagesse. Il n'est pas moins faux que les Toulousains aient alors immolé à leur

4 48 TBXPS MODBANBS.

teiH moderne, prêtre catholique. " - " ■«•fv'i M ''v^ri^ Toolouse dut sa délivrance au siear de Mondiic,' eaf lës ^àlvîmstes^^ipHtènt ia fQîtx»^ que ioraqa^iËveiirenl'étiriiiv ionnés de l'arrivée de ce capitaine. En effet, Monlluc lit son ^trée dans cette vUle le lundi 18 maiv sQî^ du iûeâr d^ Goadrfn et de pluslimrs autres gcntilsbinnmesull atta/des' cendre au palais, où il harangua le parlement, qui lui répondit par la bouche de don premier présid0Dfti >'tl''dfQt protéger la ville contre des bandes de paysans qui, soi/s préte&te de poursuivre les huguenots, ne demandai^nt ^oe le pillage. Le di mai, il fut prévenu 'que iercpinlb de Saint-Pol arrivait, à la tête de quatre mille hommes, pour protéger les catholiques; mais craignant que cès^noiçiBs n occasiooassent quelque désordre, il les fit campèlr hors des murs; ensuite ayant ordonné à tous les étrangers: de quitter la ville, il fit détruire le temple qa6 les fangoeoiirts avaient construit. Vr .

Avant de quitter Toulouse, Montluc éorivit (le 22) m rai. Il donnait k Sa Majesté des détails précis sur fous lesî «événements dont cette ville venait d'être le théâtre,, et loi annonçait qu'il avait résolu les sièges de Lavaar,^e«Caâtres et de Monlaaban, devenus nécessaires pour conserver dans la capitale du Languedoc i ordre rétabh par ses.soiiis. Dans une seconde lettre, qii*ii écrivit le même jour '.4i'la reîne-mère, il dénonçait le sénéchal et le viguier de Toulouse comme les principaux autéurs de la sédition.' ^ :

Un avis secret parvint au parlement de Tôulouse qui affirmait que les religionnaires avaient formé le préfet de reprendre en sousnoeuvre la première sédition -avortée.

TXXPSt MODKRNES. '4*19

Cdlte*cûor souT«raiD6 crut devoir prendre alors des me^

sures tellement énergiques qu elles pussent déconcerter les lactie«x: Ou fit d^abord «ne re^e générale de tous les chefs de famille caj^bles de |)orter les armes : il s'en trouva vingt mille. Par un arrêt terrible, la cour déclara erimioels de lèse-majesté tous ceux qui araieiil porté les armes à riiûtel-de-ville, et les condamna k mort. On procéda alors à une recherche exacte des coupables; malheu- .reusemeiH, plusieurs oathoHques feussement dénoncés se trouvèi'ent sous le coup de cette inflexible justice. Le prejmer préaideiit Maseucal fut accusé et délivré par le sieur de Grépiac son fds, qui prit aussi la défense de Du Bourg eft de Gavaignes. Le président Du Faur se vit sérieusemeat menaoé. Le conseiller Jean de Coras fut défendu par son ami Fourquevaux. Vint-huit conseillers, le président Du , Fanr iet Beruuis inr^t interdits de leurs charges comme suspects de calvinisme.

Arrivèrent ensuite les exécutions à mort ; le viguier Portai eut la téte coupée sur la place du Salin: après lui, Santerre et les deux Jordains subirent la même peine. Le capitaine Saux fut écartelé. Ce dernier, pendant la torture, dévoila tons les secrets des conjurés qui n'allaient a rien moins qu'à massacrer tous les catholiques de Tun et de Taotre sexe au-dessus de huit ans, de raser la ville entière, et d'employer ses ruines à l'agrandissement de la ville de Montauban. Le ministre Bastard, le diacre Oiaulag, le greffier Martin, les libraires Dupuy et Boudeville ■ eurent la tète tranchée, ainsi que le capitoul Mandinelli. On conduisit ce dernier de la Conciergerie à rhôtel-de-viile, monté sur un vieux cheval et escorté de huit apilouls;:

la il fut dégradé et puis porté sur un tountierê^u à la place de là Daoradbd^ 0ii:oa l6.àéoapt(a. Les jçors mvsntsjraffOf' cat Jean Téronde, le négociant Jean Lebmn, l6s seignsinfii de< La SaUâ et de Nontal^ anciens, capilûuls, P(unpeiatiisat eapttaine M goet, Vttlîeors. assempr, ioutot ùmfX&eiela^ présidial, eurent tous la tète tranchée ; un jacobin lut peudu devant soD coûtent; trois augustins qui- S'étal«|tfiiaiiéd avee trois* anguitines forent foueltés dans* les Tùesi40.Ma irUle : celles-ci avaient toutes apostasié. Uonaud deilianta^ sescollègaes et le. ministre fiarelles fareiil p^iireofeffîé gie. Chaque jour offrait le spectacle de quelque sanglante exécution. - i .joridu^

Dans la craiote que les hngaenots, qui êfaieoieiceni maîtres des. villes voisines, ne tentassent sur Toulouse uo nouteaii coup de main, le parlement renforça la gardo^^ guet, mit sur pied huit eompagnies dMnfonterie, fit iBurén plusieurs portes,, ordonna au grand-vicaire de.rarphet^i que de mettre garnison au château de Balma et h œ^ittei Saint-Michel; à Tabbc de Saint-Serniu, au graiid-prieut et à Tarchevêque, de mettre sur pied certain nombre de gosS; à pied et k cheval. Le 24 mai, Rfonthie qdtta Toulpuseï pour se rendre devant Montauban, dcMit il lit le siège. Beln legarde, qui prit après lui le commandement des Iroapéajj écrivit le 12 juin au roi pour lui rendre compte de l'état des affaires. Les nouveauL capitouls écrivirent aussi ià.Jai cour par le même courrier ; ils disaient que la séditioii occasionnée par les religionnaires avait coûté à ville phis de deux millions, et demandaient, pour rentrer<daaftt cette somme, la confiscation des biens de ces derniera.- Ils se plaignaient aussi d'un lrès*graud nombre de coa*.-

âûtfifBSi au paiiÊfflent qui iavurmieatiâs nouvelles 4ocUv ifflKiLet'coî renvoya les TovlousaitiS' à fédît de 'janvier

dont QQ a déjà parlée

liU'Iiaicvttjle 4e Toulome- ne se lassait pas de faire des re* présetilalknis am nmarqoe-: le S jnillet, eUe ddputa à la

oMHD^tes avocats Dugua et Sabatier, qui demandèrent que l&icnttei protestant fût à jamais abdli à Toulouse; qu'on

réduisît les villes voisines ; que c^x de la nouvelle religieftMlassent^kis de toutes les charges ; qu'on fît faire àUtowqni aspiraient à quelque dignité que ce fut' une pro* ftfssiigi: de idi très explicite, et que tous les biens des huguenots fussent adjugés à la ville. La cour ne se pressa pas (le répondre. Tel est le récit exact et précis des tristes ésèuemeuts qui eur^t lieu à Toulouse en iô62. Si les faAgoenots étaient demeurés fidèles aux édits royaux, é'ils n'eussent pas pruvoi{ué les catholiques par le pillage des éc^Sî la profanation des salnles images, les prédications pôbliques, les outrages qu'ils déversaient k chaque instantisur la religion i&t ses ministres, les chants populaires dml, ys fittsaient retentir la cité..*, 1^ gœrre civile n'aurait pas éclaté, et nous n'aui iuns pas eu besoin de consigner des excès commis de part et d'autre par suite de ce: qa^on appelle dans la guerre leê représailles, mot terrible à^Tombre duquel se cachent souvent bien des haines partidoHères qui se satisfont, bien des vengeances qui s'assouvissent.

*'L» parlement de Toulouse perdit à cette époque son> proahier président Jean de Masencal. Il s'était marié deux

fols. Do première femme (Antoinette d'Olmières) il n'eut qulon fils, doni la lille unique épousa \q, sieur de Sevin ;

4SS wm >ii0Diiiiis.

ide.sa seconde femme (Jeanne de VidlLl) il irdis; âls et^tpote filles : Jeab de4yrép1afi, <|Qi mourateaiis erifonts;

Pierre seigneur de Mtramont, et François seigneur de Venérqjiiè^ Vaînée^des filles se maria a Chartes Dtt FiAir, président, la seconde à Jean de Cavaignes, la troisième à €fabriel Du Bourg, coDseîllers au parlement. Jeau de .Mar seocal fiit inbumé dans Véglise des religienses de:la^aiide observance. C'était un magistrat intègre et bon catholique, quoiqa*aa .aU voulu jeter qneltiued doutes sur la<pu^ reté de sa foi. Le château et les terres de Masencal étaieot situés à Touest de Toulouse, sur le territoire 4e Aieumes. , j. >

Odet de Châtillon, qui, après la mort du cardinal Meudon, avait repris Tarchevêché de Toulonsdi le pér^^ muta de nouveau avec le cardinal Jean d*Ânnàgiiac évê^e de Rhodez, qui lui céda les abbayes de Conques et éë* fielleperche. Cette permutation, qui avait été approuvée par le roi le 17 avril 1562, était la suite des conditions imposées à Odet par la bulle du pape. Peu de temps aprèss «et infortuné cardinal se laissa aller, par une inooncevalale faiblesse, à embrasser les erreurs nouvelles, ce qûi força le souverain pontiie à lui enlever toutes ses dignités;' Odel de Châtillon n'était point prêtre. Après avoir épousé une dame qu'il avait autrefois aimée, il mourut en Angleterre, où il s'était retiré. Les faistofiens s'acoordent à dlr&tpn-ll avait une âme grande et généreuse et qu d aimait les belles-lettres. -

Jean cardinal d*Armagnac, évêque de Lescar, {)rit>doii«^ possession, au mois de septembre iob:2, do rarebevêcbc de Toulouse. Il était fils do Pierre comte d^ArroagOac* et

M kdande âe La Haye. Ëlôvé pàr les soins -do eardinàl

dWmboise évèqiie d'Albi, il l'ut iiummé évêque de liliodez m i5!^9, et soccessivemeut de Yabres, de Lesear, el abbé â^ÂûHUab. François I*' remployà dan^ des négodalkms où il ûk briller son habileté et sa droiture. Nommé ambassaémtk Home, il s^aoquitta de cet emploi à la satisfaction des deûK puissances. En récompense de ses services, Paul iU réleva au cardinalat. Après la mort dUenri 11, Armagnae mini en France, fut admis ao conseil dn roi, et reçut le gouvernement du Languedoc. Tel était le pré- . lat litti'goqvernait notre Eglise à la fin de Tannée 1562. Il arriva à Toulouse le 4 d'octobre, et quelques jours après il écrivit à la reine-mère pour lui e&poscr l'état des affinres du pays.

• Montluc s était rendu li Agcu après la Icvéo du siège de sMontauban ; d'Armagnac lui écrivit pour lui communiquer les-desseins des religionnaires, qui étaient commandés pal* les comtes de Crussol et de Beau vais. Il pressa le départ ,âe Fran^Tots de -Lagarde, que le parlement envoyait à la émr pour demander des secours contre les sectaires. Les é.lats du Languedoc s'assemblèrent à Garcassonne le 1 i déleembre. On y ordonna, dans rintérèt de la religion, de faire des processions tous les dimanches dans les di\ei se^ .papolsses, et détenir une liste exacte de ceu& qui feraient leirrs- Pâques ; on y vota aussi des remerctments au connétable de Montmorency de ce qu'il avait lait nommer Dafiis à la charge de premier président du parlement. Cette cour et le cardinal d'Ainiagnac prièrent ^lonlluc de se rendre à Toulouse pour résister au comte de Crussol. Arrivé un peu avani la tenue des Etats, ce général écrivit,

IS& TBHPS MODBINBS.

le 10 décembre, à ' la reine-mère pour lui explîquefléâ mesnresi avait pHses dans l'iiitéFêt dè- rordre*. 1^4 dant son séjour à Toulouse, Monlluc s'efforça de terminer les dil^érends qui s*étaieat élevés entre les olQciers du pàrleméDt àlors en charge et ceux qu on àvait destitnéé par suite de la dernière sédition. Sa médiation n'obtint pas un grand succès. Il se rendit alors à Agen, où d'Armagnac lui écrivit le Î2 décembre pour le prier de Se'Mtéir de revenir en Languedoc. Six jours après, il envoya des lettres k la reine-mère dans lesquelles il prenait haùteioateYkt la défense du président Du Faur qu'on avait calomnié.

Gai Du Faur, parent de ce dernier, se trouvait pendant les troubles de Toulouse au concile de Trente en ^pHifil d'ambassadeur de Charles IX. Ce fut le 26 mai qu'il prononça sa fiuneuse harangue. ËUe parut un peu hardié iniit légats; on no lui répondit que quelques jours après. Kbrac était au concile à côté d'Arnaud Du Ferrier, ûoùi le discours parut encore plus vif que celui de soU collègbei Du Ferrier aida puissamment de ses observations et de ses notés Fra-Paoio dans la composition de son histoire (très partiale) du concile de Trente. - . -

Au mois de décembre 1562, le prince de Gondé et la reine-mère tinrent des conférences pour la paix; ikiàls elles n'eurent aucun résultat. Le duc de Guise fut tué au siège d'Orléans, au mois de février 1563, de la main d'un assassin. Cette mort inattendue releva le courage ûé& féU^ gionnaires, qui complotèrent de se rendre maitres de Toulouse. Mais on eut le soin de garder exactement toutes le$ avenues ; une excessive dcliance s empara do tous les esprits, et le parlement ayant fait élever une euceiulo de

TEMPS MOttEHK^S. M'ô

murailles pour sa propre sùrelé autour du palais, le peupie, vm la mi-janvier, ne voulut demeurer calme que lorsqu'on eut abattu les ouvrages commencés. La situation des masses était telle (lue, par mesure de sûreté, ou fit fermer les écoles de Tuniversité. La présence fie Montluc qui arriva dans ces cîrcoDstances lit rentrer tout le monde daos 1^ devoir. Oa tuU alors un grand conseil où se trouyèreQt le cardinal d'Armagnac> lieulefiant du roi dans la sénéchaussée de Toulouse, le cardinal Strozzi pour l'iVlbigeois, le premier président Daffîs, Terride, Négrepelisse et Fourquevaux chevaliers de Tordre, Tavocat général Du F^ur, et les capitouls. 11 fut résolu que Monlluc prendrait le commandement des troupes contre les huguenots, et

qu'on formerait entre le clergé, la noblesse et le tiersétat une ligue pour la défense de la religion catholique par la Toie des armes.

L edit de pacification ijui fut donné à Amboise le 19 mars, et par lequel on remettait en vigueur celui de janvier dont on a parlé plus haut, suspendit un instant les hostilités. Le qardii^al d'Armagnac favorisa la mission qu'avait reçue le baron de Gaylus de flaire enregistrer cet édit au parlement; et le ii) avril il éciiviL à la reiiie-mère une assez longue If^tre, dans laquelle 11 lui annonçait que les intentions du foi avaient été remplies ; que les huguenots s'étaient emparés de la ville de liu^^et. 11 la conjurait de prendre tous les moyens nécessaires pour sauvegarder la religion calliulique, la suppliaiiL de surseoir à Tassignalion des villes de k sénéchaussée de Toulouse qu'on devait accorder aux huguenots pour Vexereice de leur religion. La plus grande lajiite que commit Tautorité royale îi l'époque de la pre-

42l6l TEMPS MOnBBNBf^^

miôre apparition do proteslaitlisine^ fui<<}eiip€lrmi»ttM amC'

nouveaux sectaires de prêcher publiquement leur doctrine, ^ Avec des hommes de cette nature, les concessions >deviea'*i nent presque :lDa]oiirs la «anse des plus; grands naniD. ^}

Les huguenots, en eflet, méprisèrent Tédit de pacifKsa^^ tioD.. En lâ63> la.vilto de Pûmiei« devint le théâtre de* nouveaux excès : églises, monastères, maisons des catholiques, tout fut {ttllé et détruit; les prêtres et les religieux furent jetés dans dés puits ou indignement mdssacrés^' PM' suite do ces désordres, les Pères Jésuites se virent obli-* gée de demander à Toulouse Thospitalilé* ils ne se tétà*^nirent pas toutd*abord et passèrent quelques moi^ occupés,' chacun de son côté, au. saint ministère. Le syndic de lai ville ne tarda pas à remarquer combien ces Pères-avaient' de ratiiaiL cl de l'aptitude pour former les jeunes gens aux bonnes lettres et à la vertu ; il piit dès-lors des sures pour demander au roi qnll plût à Sa Ma^èstèide traosiérer à Toulouse le collège qu iU avalent à Pamiers.' Le roi renvoya cette afi^ire au cardinal d*Ârmagiiac, i^^ donna l érection de ce collège dans le couvent qu'avaient abandonné les religieuses augustines (aux Péniient&'Noirs) par suite de leur apostasie. Les jésuites demeurèrent dlsma cette maison trois années entières. • ■ :

Au mois de mars, la ville dAuriae, près de Toulouse»' tomba au pouvoir des hnguenots, qui pillèrent plusieurs maisons et tuèrent un grand nombre do catholiques. Le cardinal d*Armagnac avertit alors les habitants de Montaa^ ban qu'il allait dégarnir les châteaux des environs pour bloquer cette dernière ville. Cet avis engagea les reUgionnaires^ qui s'étaient emparés de Bnzet sur le Tarn, h se diriger

TEMPS MODfiRNES. 427

vers Motitanbon pour empêcher le blocus ; ils ne purent téuâair : iô château et legUse do Bazet seuls résistèrent à leufs- armes.

Par suite de Tamnietie aoeordée dans Tédit de pacificatieuy les. otliciers du parlement de Toulouse qui afaieot été interdîta voulurent rentrer dans leurs charges. La cour ne voulut les adraellre qu'après qu'ils auraient fait sous forme do seraient, leur profession de loi, condition qui ne fut pas généralement acceptée. Les capitonls qui avalent été frappés demandèrent aussi à être réiutégrés, exigèrent que la relation des troubles de Toulouse, composée par Georges Bosquet, fut brûlée par la maiît du bourreau, et que la pcoQession du 17 mai fut interdite. Bosquet dont il e&t ici question fit paraître en effet , cette année-là , une relation qui a pour titre //iigoiieoram hœreticorum Tubsœ conjuror tonm ProfUgaim U était jurisconsulte et avocat au parlement. Quelques légères erreurs peuvent eocister dans son livre pour les dates, mais il est digue de foi parce qull renferme avec exactitude tout ce qui se passait sous ses

yeux. Son livre est dédié à (Charles IX. Bo.-^iiuet traduisit lui-même son ouvrage beaucoup plus tard, et le divisa par chapitres. L'éditeur le 'dédia an cardinal et au due de Joyeuse. Cette traduction française est accompagnée de plusieurs pièces de vers adressées aux deux Mécènes : d^n sonnet contre les huguenots, d'une oraison très^dëvole au Dieu tout-puissant, et d'observations de Bosquet sur le fameux édit de janvier. Au dix-huitième siècle, on publia sous le fau.Y litre (ï Amsterdam.,, uue réponse aux assertions de Bosquet et de Lalaille sur les troubles de Toulouse. On a inséré dans cet opuscule Tarrét royal qui ordonnait

42$ TBHPS XODBftNEfr.

(le livrer aux flammes le livre de notre auteur cathoUqne^.

Le roi, ayant accepté la démission du connétable de Montmorency en qualité de gouverneur du JLanguedoe , nomma à cette haute lonctioD le fils puîné du connétable, Henri seigneur de Damvilie, quiiurriva à Toulouse au mois d'octobre. Le Î5 septembre, Dam^lle se trouvait a» château de Tcn ide, où le cardinal d'Armagnac, suivi de quatre cents gentilshommes, alla le saluer. Négrepelisse et plusieurs autres seigneurs joignirent la compagnie, qui s'arrêta cinq à six jours. Le 15 octobre, Damvilie arriva à U n^ir son Mazade située aux Minimes, et entra le lendemain à Toulouse. Il s'arrêta d'abord à Saint-Saturnin, dont il visita les reliques, se rendit ensuite ,aa palais, où il reçut las harangues d'usage, et sortît au plutôt de la Tflle à cause de la peste. Les capitouls lui donnèrent un splendide ie^tiu dans la maison Mazade, et la ville une coupe d*or de la valeur de cinq cents écus. Le lendemain il parût pour Bnzet.

C'étaient deux hommes terribles pour les religionoaires

que Damvilie et d'Armagnac ! et si la cour eût favorisé leurs desseins, la province eût été bientôt pacifiée. Sur ces entrefaites, le cardinal tomba malade et ne put assister aux Etats du Languedoc qui s'ouvrirent à Narbonne le 10 décembre. Son incommodité ne fut pas de longue durée puisqu'il fit sou entrée suleuuelle à Tuuluuse en qualilé d'archevêque le 22 de ce mois. Ces illustres défens^eurs .du catholicisme furent poursuivis à la cour par 4*uidignes car lomnies : on les accusait d'entretenir des intelligences avec les princes étrangers contre la fidélité qu'ils devaient au roi. Dès qu'ils eurent appris les injustes soupçons dont ils

. m» aoDtnn. W

4 la 1 eût l objet, ils écrivirent k la reine-mere le i) mais ibùi, M anfiODCant qu'ils emploieraieni toas^ les moyeD9 possibles pour prouver leur iiinocenctî. La cûui leur répondit qii^eUô n ajoutai! mcnm foi à ces acousations/ Le cardinal diil conirmer le rot dans rinjusiice de ces Gaiomities lorsqu'il se rendit, au mois de septembre, à Aviguou au devant du lUooarqiie qui vîsilait la proTinee.

Qttoîque yaineus k Toulouse, les huguenots ne laissaient pas d exciter souvent de nouveiies séditions : ainsi, au mois de mai ils brlsèr^it une statue de la Vierge et un crucifix qùi se trouvaient hors de la porte Saint-Cyprien et auxquels le peuple avait uue singulière dévotion. Un certain Fiasse, qui prétendait connaître les auteurs de ce sacrilège, fut appliqué à la question ; il se pendit quelque temps àtprès. Toutefois les calholiques étaient, de leur côté, décidés à ne rien soutît ir qui pût porter atteinte à la religion : ainsi, Madame Renée de France douairière de Ferrare étant arrivée à Toulouse, où elle fut reçue par le cardinal d*Ariiiagnac et par 1p prévôt de Saint-Etienne (de Toumoër), le peuple, qui s'était aperçu que cette princesse avait embrassé les erreurs de Calvin et avait avec elle un ministre, Tinsulta publiquement à son départ. Les coupables furent jetés dans les prisons de Mirabel.

Le connétable de Montmorency précédait le roi dans son voyage ; il lit son entrée solennelle à Toulouse le 26 janvter 1565 j suivi de Damirille son fils, du ticomle de Joyeuse lieutenant-général du roi, de Monlluc, d*Escars, de Terride, Latisac et Gondrin chevaliers de Tordre, de Bellegarde sénéchal (le Toulouse, et de plusieurs àulres seigneurs. H alla descendre chez le président Du Faur.

130 amn -9MDBWIB.

Le voyage de Chai lt;s IX dans le Languedoc u'était qu'une suite^devféle» qaî'coiilraslaieiil âveorles malUMHrs'.inibtifls. Au château de Ferrais, entre Garcassonne et Castelnaudary^ le sBigaeur d& ce lien reçat le mcuiacque français aveo uae délicate nngnificeDce. Après un splcndide festitty le^plafond de la salle s entrouvrit, une nuee descendit sur les convives, se divisa, et ûi tomber une grêle de dragées et 411^ pluie d*eaii odoriférante avec une (die profnsion que le Wâ se vit obligé de se couvrir de son manteau. Toutes ces œavFOS d*ua habile ndachiniste étaient alors ûbbè le goâst <Ju temps. Le ol janvier, le roi arriva à Toulouse et alla descendre à rarchevécbé ; le lendemain il lit soû entrée solennelle, et fut harangué à la porte Amaud^Bernard pat le capitoul Durauti. Il était accompagné de Calherine de Medids, du duc d'Anjou^ d*Henri prmce de I^nvarroy.dlift cardinaux de BoufiK)n et de Guise. Nos annales «tous offrent un détail très-circonstancié sur le costume du roi, Tovdie et la marche du cort^e, les décorations, les arcstd&^tiîcmi* phe, les devises et emblèmes, etc. Clémence -Isaure ne fut pas oubliée, et sous la forme d'une gracieuse nymfàe «Us vint présenter au roi les troisi fleurs de ses j e ux. Châties IX se rendit à la cathédrale, où il entendit vêpres ; et comme le prince de Navarre hésitait à entrer dans régliad,.'l6:irQl jeta son chapeau dans la nef pour le forcer à franchir le seuil. Les présents de la ville consistèrent, en médiâlles d'or et d*argent d*un0 très^rande valeur. «

Le 5 février, le roi tint son lit de justice au parlement, entouré de toute sa cour : il dit qu'il était veau pour faiils exécuter ses édits. Le chancelier fit un discours sur Tobéis* sance due au ix>i. Jean Daflis lui répondit. Quelques jours

après, Ciausoone, conseiller au présidial de Nimes, et Ferlières^ geniHhmnme de Castres, inéseotërettt au rot les

Giliieis (les jjlainies des religioiuiaircs du Languedoc contre Damfilie et Montiac. Ces députés ayaut acoisé Dasaville» le ooDoétable les interrompit TÎTement en dédarant que si son fils était coupable, il rallait lui iaira couper la tète, et iio^'s'il était îaDOoent il Mlait la couper aux délateurs. Le 20 février, le roi, la reiiie-moro et la cour dinÎTent à l'iiûlai-de-YÎUe où leur Cut offert un somptueux festin accompagné de bals> de spectacles et de tournois. Avant sou déi>art, Cliarles IX créa eu £aveur du cardinal d'Ârmagoac «t de' ses successeurs une charge de conseilieMié au parlement. Déjà cet archoTéque avait été honoré par le pape de la légaiiou d'Avignon conjointement a?ec le cardinal de Bourbon. 11 servit avec vigueur dans le Gomtat la cause du pontife l omain et de la religion en se plaçant à la lêtedes troupes pontificales et en forçant les huguenots dans leurs derniers retranchements. Le 18 mars, ce prélat donna le sacrement de coniirmation au duc d'Anjou et à Marguerite de Frmce, frère et sœur du roi, dans Tégiise Sain^Ëtienne. A cette occasion on fit en Tille une procession solennelle k laquelle assista toute la cour. Le lendemain, le roi quitta ?Feu)ou8e.

Le cardinal d'Armagnac jetait alors un grand éclat sur fmhevêché de Toulouse. Vexquise politesse de ses manières, Thonnèteté de ses mcenrs, sa piété, son goût pour les lettres, attiraient auprès de lui tout ce qu'il y avait de distingué dans k nation. Son palais était remfilid^hom*mes érudils et de gens clo lettres. Là se trouvai i duillaume IHiilander. Ce savant était né à €hàtillpa*sur-Seine. Il sui*

431 i\skpê Mo'bBniVKs.

Vit d'Armagoac dans souambassade à Venise» el fut nommé à son reioér icbatiditte de Bl^éket àrchidiaere^dl^'Sctim^' Aûtonin. H composa plusieurs ouvrages, enlr*a«tres un commentaire sur VHraTé, qu'il dédia à d'Armagnac, il motorut en 15G5 à Toulouse, dans le palais épiscopal, et fà't inhumé avec de grands honneurs dans le cloître de Saint'- Etienne, avec ane épitaphè. Phîlander avait le tltre'dM^ toyen romain. Dans cette même année mourut aussi h Toulouse Pierre Pascal, poète et historiographe d'Henri H. Nous avons de cet auteur des discours latins, des lettrées, de^'odé^ et des élégies. Il fut iuiiumé, comme le précédent, dans le cloître de Saint-Etienne. V''^^

L'archevêque de Toulouse se montra aussi le protecteor d'Arnaud Sorbin, recteur de Sainte-Foy et prieur de Mot^ tech. Cet auteur, qui portait le titre de prédicatët]t<^ oi^ naire du roi, a composé un très-grand nombre d uuvrSiglâfe qui eurent dans leur temps une certaine vogué. L*ua dé^ premiers quMl publia, ftit une traduction des conciles de Toulouse, Beziers et Narbonne, des statuts de Raymond Vl, et des accords de là pain conclue entré ce prifice étSiiliît- Louis. Il dédia ce livre à Charles IX. Nous apprenons par répitre dédicatoire qu'il devait la connaissance deces'divèt^ manuscrits au sieur de Saint-André, doyen dé Caitas^nè. On trouve à la An de ce livre une épilaphe en vers que Tauteur composa sur la mort de Pierre Sorbin son pèré, qui lut massacré à Moniech par les huguenots, à 1 âge de de 95 ans. " {

Nous trouvons un juste et magnifique éloge du cardloia! d'Armagnac dans Tépître que lui dédia Guillaume Leblanc lor!5<]|n'il publia, sous au^nlces. VAbn^<îé de THistbire

romaiuc de pioo Cassius, cui^p^épai' X^^iiUiu, patriarche • de ÇpnsUatrâople. Ce traidueteiip lei^e le jcardioal d*aTûir sauvé de Toubli la plupart des auteurs classiques en l'aiiaiU r^ûtierpher» ù^es.frAis^.leur^ m^ouscrils <2aas ptoute rfinrope et en excitant le monarque à envoyer partent des faom* mes ^v^nts pour accomplir cette noble mission. Toujours |4^.da zèle pour les intérêts de la religion» d'Armagnae éortvtt dans le mois de juin à la reine-mère pour lui rendre i^ffii^t^. de ce qu avait fait le président de Pauio par cornaoîssion royale à Pamters , où il avait rétaUi révêque, le clergé et les ordres religieux. 11 manda à la reine que les huguenots étaient toujours en, armes dans le pays de Foix ^ ,qa*U était nécessaire de prendre des moyens pour les çoqtemr dans le devoir et obtenir Te^u^cution des êdits. Mpn^ moins zélé pour Tintérét des bonnes, études, d*Ânna-

gmc favorisa aussi la translation des PP. jcsiiites du cou- >veat..d^ Âugttstins à ïhùid de Bemuy, Le 8 août 1566, J^s^ieufs Delpecb, Madron et Gamoy, notables bourgeois de Tpulousc, se rendirent à l'hôtel-de-^ille et proposèrent aux c^piionls de leur céder cet bûtel qulls venaient d'acquérir du sieur de Clary, secrétaire du roi, pour y placer le col- ;l|àgi9.d^s^ jésuites. L*û|[re fut axK^eptée À certaines conditions, et.l0 P. Edmond Auger, provincial d'Aquitaine, fut mis en possession de cette maison par le sieur de La Bourgade, ^ç^iiier en laxour* Cesl.ià que oes religieux construisis ■jpent plus tand le magnifique collège que nous voyons aujourd'hui, ayant eu le soin de conserver le portail d'entrée, ;les élégantes galeries, Tescaber et la tour de l'ancien palais des Bernuy.

kaMQuiiou dei> catholiques de Toulouse porta sur les

134 TBIK MmUIlÉ»'

désordres dont la ville de Pamiers fut le théâtre en 1566; ^ Robert de Mtoré, qui en était étéque; (AïtM, le 33 de ié* vrier, nn arrêt qui défendait l'exercice de la religion réformée daos la ^ille et les faubourgs. Les tentatives des sec^^ taires pour repousser cet arrôt deviiirMt inutiles, car As* s assemblèrent dans les maisons particulières. Les catholi^ ques ne Voyaient qo*avee peine œs réonions : mm lefi jn?'^ sultaient-ils : de là une sédition , qui fut bientôt apaisée. Mais, le jour de la Pentecôte, une procession ou as^stèrent des hommes masqués ayant eu lien, les relîgionnaires cm^; rent qu'on avait voulu par là les insuiler : ils tirent mainbasse sur les catholiques, mirent le feu à plusieurs tioaisonà^ pillèrent tons les couvents, et se rendirent mSStres >de «la ville, après avoir tué beaucoup de catholiques. Un religieux ^ angnstin qui s*était sauvé du massacre se' rendit à WoiM; * où il excita la venpjeance contre les religionnaires de cette ville, qui furent tués au nombre de vinglrcinq ou trente. ^ ' ' A cette Douvdle, le vicomte de Joyeuse manda à Jedn dé^ Nogaret sieur de La Valette de se rendre à Pamiers avec sa compagnie et de pacifier cette ville. La Valette, étant arrivé ii Pamîers, fit -des propositions qui forent acceptées' par la médiation d Odet de Foix Carmaing et de Jean de Montluc, évéque de Valence, qui alors se trouvaient à Too^l lousc pour les affaires du roi. Joyeuse, qui était arrivé lu 19 juillet dans cette dernière ville, ordonna au sieur de:' Sarlabous, maître-de-câmp des bandes françaises, m !>( Il ter sur Pamiers avec trois compagnies et de désarmer tous les habitants, sans distinction de religion, La frajfe»r qu'inspira rapproche de ce capitaine fut si grande qu'on lui ferma les portes. Joyeuse, indigné, résolut akHS de se

porter sur Pajaiiers, av6a le premier préstaeiu Daili$ et six conseillers, po^ y procéder .^^ootre le» séâitteiiK. Ceux-<ei' leur ûrent signifier uue récusation le 15 de juillet. Les megtsirats et. Joy^u$e suspeDâirent alors teur dép^t. £a. nofine temps iaot^oa» d'AngenneS' sieur de Ranbouittet, cliargé de faire observer Têdit de pacification, arrivait à Auterive et demandait une entrevue auiL consuls de Païuiers. On d'«lM)tioba au Mas, où se trouvaient Sarlabous et ses cûmpagfiies; on coavmt de désarmer, de renvoyer les étrangers et de recevoir ce capitaine. Dèfr-lors tous ceux qui se crurent coupables quittèreat la ville dans la nuit du 20 au ^âttUet.

I :Le vieomtede Joyeuse se rendit à Pamiers avec le président Dafiis aiin dy punir les coupables ; mais ceux-ci eurem le soin dé se soustraire à ces poursuites. U écrivit à la reine pour la prévenir que le pays de Foix était rempli de gens révoltés qui y commettaient de déplorables excès. La - ebangement des commissaires qui furent de nouveau récusés faisait traîner les choses en longueur. Nonobstant cette récusation» le lieutenant du grand prévôt iïi prendre vingt-quatre des phts coupables, qui furent conduits à la tionaiergerie de TouJjûUi»e ; mais ils parvinrent à s'évader. Loipcrlemeiit se tourna alors du c6(é des fugitife, qu'il condamna à être pendus. Ceux-ci so rcfugièrciit dans les gocges des Pyrénées avec Tacbard, leur ministre. £nlin ils fureaft prî&au mois de mai de Vannée suivante et exécutés k > Toulouse, où Tachard marcba au supplice avec un gnnd courage en cbautant le psaume Lœmus mm.

Fa présence à Toulouse de Jean de Montluc, évoque de Valence, mm est signalée à cette époque par un mémoire

4â6 nm WûétMm.'

qil*il'-eiïvèyâ le 20 juillet k la cour, et dans lequel il expose 6Q détail une querelle qui avait eu lieu en cette vilte^ eft< tr^ les étudiants Se l>in!imitë, e^agnol9^eit*:fra»^s.4Ue fut terminée par la mort du prieur des espagnols, qui fâf tué dans le combat. Une quarantaine de jeunes liieifllfiës^ de cette nation furent en partie blessés ou forcés de se retirer* Montluc ayant écrit que le& capitouls et le peuple ÊiTôrîsaiént les espagnols, on crot à la boiir^qill le roi d*Espagne fomentait en secret ces divisions. 11 disait aussi dans sa lettre qu'une sédition avait éclaté à GiiénUid^ sur-Garonne, et demandait enfin à la reine un' congé de cinq à six mois aiin de reposer la bourse, le corps e^ prît, étant las d*ètre appelé M. le Cammimire. Vi^i e^»!

Les Etats du Languedoc s*élant assemblés le 15 novemi^ bre i5ë6 à Beaucaire, on députa vers le cardinalt^iyé^ ma^ac qui se trouvait alors à Avignon. Ce pnêtaD'«i^ rendit aussiiôt; mais ou laissa la séance au sieur Blancbi, ohancelier de l'université, son vicaire^néral, parce^ cfa'M était très iustiuit de toutes les alïaires de religion dans la contrée. Dans le cahier des doléances, il est question des troubtos qu'excitaient toujours les relîgionnaires Atite la province. En effet, - ils s emparèrent du Cariât (au , diocèse de Rieux) dont ils brûlèrent Téglise. Sur em mbi^ flaltes, le prince de Condé et Tamiral de Coligny tentèt^ést d'enlever le roi. Ce projet ne put réussir. Les religionnaîres, se voyant frustrés dans leurs espérances^,' lêtèHélit pailuui l'étendard de la révolte, et la province fut livrée 4i toutes les horreurs de la guerre civile. Toutes les églises furent pillées et incendiées, les autels renversés^ Is^^^Ale Kucharistie et les reliques des saints indignement prufa-

B^es, les religieux chassés de leurs raonaslères uu mas-

ofiAa ooflunettceiDeiit de TaDnée 1567, les huguenote

f^tés à Toulouse tinreot une assemblée secrète chqz le ^r:;4*Àâsexai; U y fut déoidé qu*on Ufrerait la ville au PfîBoe âe Coudé. Mais les ealholiques firent bonne garde; Mb^^U de suUe trois mille hommes d iulauterie sur pied ; «iir gfiuid nombre de seigneurs arrivèrent avec de nombjcuses compagnies, entr'auUes Terride et La Valette; le ^gaeur de JUauremoot se mit k la tète de deux cents argOu|dfa.; :les€ours de Funiversité furent suspendus ainsi les séances des tribunaux ; on résolut d arrêter tous les religionoaires et de confisquer leurs biens. Enfin, le ^ novembre, on fit un recensement exact de tous les caltM)liques capables de parler les armes : il s'en trouva •j9S(|a*lt trente mille* De son côté, le prince de Condé fit l'aire des levées dans toute les provinces. Quelques-unes de âes(»ti:oupes se réunirent, au nombre de cinq cents cheet quatre mille ikntassins, aux environs de Castres et jdciiMoûlauban. Youlaul se leudre dans le Querci, les solrdnlB de Condé attaquèrent en passant le château de Fronton, en sapèrent les murs, aidt\s par les pav^aIis des ^«irons, forcèrent la {^ace et prirent tous ceux qui la «gaidaient.

Le 25 février 1568, les reiigiouuaircs s emparèrent du i^lHage de Saint-Julien qu'ils se virent forcés d'abandonner ^au mpis de mars par suite de l'approche de cinq à sbt -M^Mfi Toukm^ns qui s avan^ient sous lea ordres de Louis '4VM&boise et du baron d'Âmbres. Cette armée attaqua PujJjauroiiii, qui demeura cci»euduul au pouvoir des euuc-

43»' Tnir^lili»0«iiif««v!

mis. Ce fui pendaiU lâ tenue des- Etats du Languedoc à» Narboime qu'on i^it les condiiioQSidd la pai9D (sonolQe< le il^'inftrs à Lonjumeao, entré le toi et le piinee de Gondé. D après ces conditions, le roi devait rentrer en poâse^on dé ioutés les villes dont ies' hugnenots s^étaisnt'^ emparés; une amuisUe générale était accordée à ces der-' niers, et Tédit de iâ6i devait être exécuté dans sa. tome' etténeur. Le (premier soin dé la reine et du jpnim fûi' d'envoyer des commissaires pour tenir la main à Texécutien des artides de la paix. Bapift, maitre â*hôlel dti psince^' de Condé, se dirigea vers Toulouse et se rendit dans une maison de campagne qu*il avait près de Grenade. Cethomme avait été condamné à mort parte piarlement de Toulouse comme Tun des principaux auteurs de la conjuration toulousaine de 1562. Dès que la conr eut avis de.: son arrivée, elle envoya des gens d*armes pour s'emparer.^ de sa personne. Il fut conduit à la Conciergerie. Son procès fut instruit, et on lui coupa la tôte le 13 avril, sur^la^ place Saint-Georges.

Cette sanglante exécution irrita grandement le prince de Gondé, qui piorta ses plaintes à la reine. Cette princesse en écrivit au parlement; mais les membres de cette compagnie, en partie ardents catholiqnes, bien loin d*user de/ ménagement, rendirent le 7 miû un arrêt par lequel « il était ordonné aux huguenots de remettre les places conquises, sous peine de vie. fiien plus, on députa vere le«HDi le capitoul Jean de Supersantis et deux anciens magistrats, . avec les instructions suivantes : « Sont chargés les dété- ' » gués de se prosterner aux pieds de Sa Majésté et Ja'^ » supplier Ircs-humblemcnt de permettre que les habitants

la vtUe.,dQ. Touiousi^.qui tûujPMXS.lui oui ii^ekiâ.. » tsoieiê; ail servitearSiT et. ne, voudnaieiit entreiNrendremi-

» penser en aucun endroit résister h ses volontés ni dé- • • .voyer de ses GouuaaodenieQUb veadeat leurs l^iem et »* sé retirenl en antres lienx que par Sa Ma|eslé seront

» ordonnés aimant mieux s'exiler de leur propre pa-.

m tcie qoe de demedrer parmi la synagogue des séditieux,. » rebelles et ennemis de la sainte Eglise romaine. » Les députés reçurent du roi un accueil iavorable, et Texercico de la religion réformée fut interdit à Toulouse.

Ainsi qu'il était iaciie de le prévoir, les huguenots ne voulurent pas rendre leurs plaees. Ceux de Montauban, ' au. nombre de dix mille, se mirent en campagne et saccagèrent tous les environs de Grenade» après sôtre établis dans le cbâteau de Mauvert comme dans une place forte. La révoUc était toujours menaçante dans le ru}aimie , la reine-mère avait projeté de iaire arrêter Gondé et Tamiral de Goligny, qui se sauvèrent à La Rochèlie, où la reine de Navarre et le prince son fils allèrent les joindre. Bientôt, sûQs les ordres de Gondé^ se trouvèrent réanis vingMeux mille hommes commandés par Jacques de Ci us^ol ; ces . bandes s'étant répandues en partie dans 1 Albigeois, les vflles dé Gaillac, Gorâes et Albi tombèrent entre leurs mains et devinrent le théâtre de tous les exjcès dont peut êtne. eapabie le fanatisme.

Justement effrayés des progrès des reUgioonaires, les Tpulûusains résolurent de tenter un suprême effort pour y ineltre un terme. Ils envoyèrent secrètement au pape un projet do croisade contre les huguenots, qui reçut Tapprobaiion du pontife par une bulle datée du 15 mars 1508.

440 TliHPS

On commença par lever des troupes au moyea d*empninl?^^r La çraiaie .voir. 1<^. ville tûn^b^r.^daitô. qyplque .suici;)t|^ifj^ engagea Hector d*0ssun, évêque. de Couserans, de 8'y>mn (jU'e.ayec son armée. C'était un prélat vaillapt et iatrépjdc qui maoMuii ];keaucQupL nieiiUL lépéet qqeKla cnQSse. T^tiqiilll vécut, aucun huguenot n*osa pénétrer dans son:diocèse; il marchait toujours à la tè.ta U uue compagnie dCt d'armes quMl entretenait k ses dépens, et ne disaiit ijan^^ç la messe sans avoir son casque sur une des crédences de raatei et sa cuirasse sur Tautre. Un prêtre séGu^ s*étant mis à prêcher publiquement la croisade- contre les huguenots, avec rautorisatioii du parlement, le 12 septembre Fassociation catholique fut formée. Is les nouveaux croisés se rendirent à la cathédrale, y firent leur profession de ioi» prêtèrent serment dç ^ac^itier. Jiepii^ biens et leur vie pour défense de la religion, se conr fessèrent et comm^unièrant. Us prirent pour devise svr leur drapeau ces paroles : Eamm tm et .f»of»at«#, 4|«pf Chrislo, Ils devaient porter une croix blanche sur lemfs habits. La croisade commença par la mise aux arnêts de tontes les personnes de hant r^g un peu suspectas,iKinmi lesquelles on trouve les présidents Du Faur et Morlas, Potier de la Terrasse maitre des requêtes, trois .c^onseilr lers, et quelques autres gentilshommes. .

L'élan qui venait de se manifester à Toulouse provoqua un édit du roi, daté dn 2^ septembre» par leqiiet ilfiqt statue qu'on ne souffrirait qu'une seule religioii en 1 rance; que. tous les.ministres devaient sortir du royaume; et^que tous les officiers de justice secaient catholîqQes.!'Getf édlt Il arrêta pas les entreprises des liuguenots dans la pror

vifice L^btrûc et Vielmiir tombël^iit en leur pbuVôtr. Leti^

prujet était d'assiéger Pamiers ; mais Bellcgarde, sénéchal de Toulouse, arrêta leur marche à Saverduo. ' "-"'té^ Etate du Languedoc s^ouvrirent k Careassonne, le lundi 2 décembre. Le vicomte de Joyeuse écrivit li cette astsemblée pour lui offrir ses services auprès du rot qu*ll âttâit joindre avec ses troupes. En effet, il se mit en marehe, et rencontra farmée royale commandée par le duc 'iS^A^àjem au villagre tle Dissey en Poitou, le 4 décembre. Ce prince voulut alor-s^entieprendre le siège de Loudun, mais lat rigueur de la saison Tobligea à mettre ses troupes en (jjoàrfier d*4iiyer. Condé et Coligny en firent autant. Impatient d'en^venir a,u.y mains, le duc d'Anjou alla à la rencontre de Gendé et lui livra bataille le 15 mars 1969, à Jarnac sur la (^liarenle. CouLlé y perdit la vie; en sorte que les religioonaires n'eurent plus pour les défendre que Hénri prince de Navarre, le jeune Condé et Coligny. Après la bataille de Jarnac, Bellegarde mit sur pied un corps de toulousains pour tenter de reprei^dre quelques villes du pays de Foix. Il s'empara du Caria et de son château, vint mettre le siège devant le Mas^l'Azii, pendant que les vi- «éâitëà de Montanbân s'avançaient des faubourgs de Toulouse où ils menacèrent le couvent des Minimes et brûlèrent quelques maisons de campagne ; ils se dirigèrent ensuite FAriégo. Bellegarde arrêta leur marefee, revint h Toulouse par le Lauraguais, et en passant prit le lieu de Beauvilto qnll abandonna au pillage de ses soldats.

Nous ne ferons pas ici riiistoire de tous les combats que se livrèrent les deux partis dans la province. Les religionjfelire^i avaient à leur tête Gontaut-Biron et Montgomery;

t4S TMinl MÔDBUUS.

les catholiques, Damville et Montluc. Damville ayant appris qfue les {>rinc6s de Natam de Goodô, 'aptès^'avolr perdu la bataille de Moncontour, le 3 obtobr«; sedlrigealéit vers Moataubao, s'avaoça vers Toulouse pour s'opposer à

leurs desseins.

•Au milieu de tous ces mouvements, les pieux entants de saint Bruno se réfugièrent à Toulouse. Us venaient de la chartrëase de Seix près de Castres, qdi a?aît été mhiée de fond en comble par les huguenots. Parmi eux se trouvait le père de Lobra, prédicateur célèbre dont rélO()ikenâé insinuante plai^cuL même aux calvinistes. La ville leur donna 2,000 livres avec lesquelles ils achetèrent au3^ ligiénx de Moissao un collège ou hospice avec ^â: jàiâin auprès de Saint-Pierre-des-Cuisines : c'est là, comme nous le verrons plus tard, qu'ils bâtirent leur chartreuse de-Toil^ louse.

Le 22 janvier 1570, les princes vinrent camper à Labasr tide-Sdnt-Semiii, près de cette vBle. Ils s'approchèrent ensuite de ses murs et ravagèrent toutes les maisons des membres da parlement pour venger la mort de Rapinv-^ Damville était renfermé dans Toulouse avec La Valette^ colonel-général de la cavalerie légère de France, ainsi que Joyeuse, Négrepelisise et Sarlabous. Il avait sous ses ordres six mille arquebusiers et cinq cents chevaux, armée trop faible contre celle des religionnaires, qui s'étaient emparés du faubourg Saint-Xfichel où ils avaient mâssacréies pi^très, violé les femmes et les filles, et commis toute sorte d'excès. La terre de La Valette, près de la ville, fot épar-^ gnée. Damville, après une conférence avee Coligny où iM échangèrent des marques d'amilié à cause de leur parenté^

â,,8i)ira qiiiîhjue déliance aox cathuliquc:^ : aussi un religieux o^-t-il publiquemeoi se âédarer [auteur 1 hérésie .«i traiii^ au roi et à la patrie. DamviHe le fit arrêter ; mais Je^ capitûuls aUèrexit lui demader sa délivrance. L'uo de ces magistrats ayant parlé au gou?emear avec me certaioe liberté, celui-ci s'oublia jusqu'à lui donner un soufflet. A la Aouveiie de cette iojure, le peuple se mit m armes et se porla vers le palais épiscopal, où babîtait Damville, pour y mettre le feu. Le luaréchal crut prudent de se retirer;^ il rentra cependant, à Touloase puisque, le 27 février» il éerivit de cette ville à la cour pour se justifier d*une indigne calommie dout Moniluc lavait chargé.

. La présence du cardinal d*Annagnac nous est indiquée à Toulouse par une ordonnance (ju il rendit alors en laveur 4e la célèbre dévotion du Hosaire établie aux Dominicains. Le culte de la Vierge prit en ce temps beaucoup d*extension par suite des outrages dont la mère de Dieu était lobjet de la partdee hérétiques. Ainsi un écolier qui prenait ses grades à Tuniversité ayant refifêé d'invoquer la Vierge au commencement de son acte» le parlement rendit aussitôt un arrêt qui ordonnait qtt*a Tavenir tout aspirant serait tenu à cette invocation. Cette cour se niun liait pleine de zèle pour les intérêts de la religion ; elle fit poursuivre le théologal de SaîBt^tienne (Gibout) parce que dans un de ses discours il. avait avancé quelques propositions malsonnantes.

ieilemier jour de janvier, larmée des princes décampa des environs de Toulouse et s avança vers le Lauraj^^uais. En pas$imt, on détacha Rouvroy, qui s'empara de Montastruo dont la garnison A^t taillée en pièces. Caraman fut pris pai' 1 fUJUi^e, les liabilants passés au Ul de 1 épée, et la ville

444 TBMn NODBIRBS.

réduite, en cendres ; Saint-Félix leur résista ; Aunaç, Ciiq et Las Bordes furent pillés. Le 20 février, Vannée se remit CQ marche et se rendit à Montréal, près de Carcassonne. DamYille se mit k sa poursuite, jusqu'à, ce qu'enfm, après plusieurs combats dans le Bas-Languedoc et le Viwais» H l'obligea de quitter la province.

ÂQ commencement du mois d'août, un nouvel édit dei^ pacification fut publié à Saint-6ermain-en-Laye. Par cet édit, les religionnaires pouvaient exercer librement leur culte dans les villes dont ils étaient les maîtres et dans Ijeti. faubourgs de deux: autres qui leur seraient indiquées dans chaque province ; de plus, le roi leur donnait quatre plar. ces de sûreté : La Rochelle, La Charité, Cognac et Mon-^ tauijan. Une amnistie générale leur était accordée. Cet édU, fut enregistré à Toulouse le 51 août, avec prière au roi de, ne jamais permettre le libre exercice de la religion réfor-. mée à Toulouse ni à diiL lieues à la ronde. L'année sui-: vante, Charles IX envoya dans le Languedoc, en qualité de, commissaires pour l'exécutioa de Fédit, Belot maître des requêtes et Molé conseiller à Paris. A la faveur de ce traité, de paix, les troubles cessèrent dans la prorince pour quelque temps ; mais ils repruent leur cours à Foccasion du massacre de la Saint-Barthelemy qui eut lieu le 24 août.

Les huguenots, que Catherine de Medicis avait d'abord favorisés, devinrent bientôt odieux à cette femme, et elle

forma le projet de se défaire à tout prix des principaux du ; parti , ne reculant devant aucun moyen pour arriver à ;se$

fins. 11 était nécessaire pour cela de les attirer à sa cour. D'abord elle négocia auprès de Jeanne d'Albret le mariage^.

TEMPS MODERNES. 44o

Marguerite de Valois, sa fille, avec le prince de Béarn.

ensuite elle attira l'amiral de Coligny, en lui proposant de le mettre à la téte d'une expédition pour enlever les Pays- Bas à TEspagne. Pendant ces négociations, le frère de ramiral, Odctde CUàtiUon ancien arcbevéï^ue de Toulouse» mourait à Southampton» empoisonné par un valet. Coltgny et Jeanne tombèrent dans le piège. Le 15 mai J^>7i, celte princesse arriva à Paris pour conclure les noces ; mais le 9 juin elle mourut , empoisonnée, dit-on, par une paire de gants qui lui furent vendus par maître René, parfumeur de Catherine. Âu commencement d'août, le nouveau roi de NOTrre et le prince de Gondé arrivèrent à Paris, escortés de plus de mille seigneurs ou gentilshommes bien armés et d'un grand nombre de calvinistes parmi lesquels se trouvaient plusieurs ministres du saint Evangile. Ce fut une démarche très-impolttique que la présence de tous ces huguenots et ministres ; le peuple parut • très mécontent. Le mariage fut célébré le 18 août, par le cardinal de Bourbon, sur line estrade dressée devant le portail de Notre-Dame. II paraît que le complot formé par Catherine de Medicis et ses intimes s*arrétait d'abord à Coligny, car on espérait exinter par là un tumulte tel qu'il serait faciie à la cour de se défaire des protestants dans la mêlée. £n conséquence, OD manda à Paris un certain Maurevel, grand spadassin, qui reçut mission HHarqué^um Tamiral. 11 s'embusqua dans une maison du cloître Saint-Germain-rAuxenois devant laquelle passait tous les jours Coligny, et le 22 août au matin un coup de feu parti d une fenêtre brisa l'index de la main droite de Tamiral et perça d'une balle son bras ganChe. Aussitôt le roi , la reine-mère, les ducs d'Anjou et

fV 40

446 ' TEMPS .«ODKUNES.

d*il1eûçon se rendirient ehez i*amiral, qui dit à Charles : « Sire, il ne faut pas chercher fort loin celui qui ma {iro- » curé ce bien-ci : qii*oii demande à M. de Guise, il dira » qui 111 a proie une telle charité. »

A la nouvelle de cet accident, les huguenots se mirent à parcoiirir toutes les rues de Paris en armes, jetant d*horribles menaces, passant exprès devant riiùlel des Guises. Ceux-ci , le matin du 23 août, se rendirent chez le roi pour lui annoncer leur départ. Le prince leur donna congé; feignant de les soupçonner d être les auteurs de laltentat commis contre CoUgny. On a cru que jusqu'à ce momentlà le roi était demeuré étranger au comi)lot ; mais ce sentiment paraît difiicile à admettre. Quoi qu'il en soit, le 25 dansVaprès^midî, on tint conseil au Louvre dans le cabinet du roi. Là se trouvaient le roi, Catherine deMedicis, le due d'Ânjou, le chancelier Birague, Tavanes, Gondi et le duc de Nevers. La position du monarque fut clairement dessinée par la reine-mère et ses conseillers : il n'y avait que deux partis à prendre — sacrifier le duc de Guise aux huguenots, ou (loligny et les religionnaires aux catholiques. Le roi sortit furieux de la chambre du conseil en s'écriant : « Par la mordieu ! puisque vous trouvez bon qu^on tue » l'amiral, je le veux, mais aussi tous les huguenots de » France, afin qu'il n'en demeure pas un qui me le puisse » reprocher. Par la mordieu ! donnez-y ordre prompte- » ment. » Lorsque le roi fut sorti, M. de Guise, qui était resté dans Paris, fut appelé, et Ton prit instantanément toutes les mesures pour ne pas manquer le coup une seconde fois. Vers les trois heures du matin, le signal est donné par la cloche de Thorloge : Behion, domestique du duc de

T^IPS H0PBU1E8. U7

t^ttise, et quelques autres courent chez Coligny, le poigoardent, et jettent son corps ensanglanté par une des fenêtres 4e son hûtel. Ou répandit aussitôt dans Paris que les huguenots avaient formé le complot de tuer le roi, la reinemère» les princes, les Guises cl les catholiques. Ce ne fut plus dè$-iors qu'un massacre général de tous les religion* naires qu^on put rencontrer dans les rues ou dans leurs demeures. On porte à dix mille le nombre des victimes égorgées dans Paris op dans les environs, parmi lesquelles se Irouvèrcol ua très-grand nombre de catholiques qui lurent sacriiiés à des vengeances particulières.

Il est évident que la cour n'avait pas prévu que les choses dussent aller aussi iuin. A nos yeux, le massacre de la St- Barthéiemy fut autant, et plus peut-être, le fait du peiiple que de la royauté. Le jour même du le rot écrivit à joyeuse une lettre dans laquelle il avançait que tout ce qui venait d'arriver dans Paris était Teffet d'une haine particulière des deux maisons de Guise et de Coligny, et recommandait qu'on observât Védit de pacidcation* Le 30 du même mois, Joyeuse communiqua cette lettre k tonte la province* Mais le duc de Guise, qui se trouvait ainsi chargé d'une action aussi odieuse, détermina le roi à écrire de nouvelles lettres dans lesquelles Charles déclarait n'avoir ordonné le massacre que parce quil avait découvert un horrible complot de la part de Tamiral et da ses adhérents contre les i)el^uI]liL^ de la reine sa mère, de ses frères, et contre lui-même. Des ordres secrets partis de Paris arrivèrent dans toute la France, et sMls n'ordonnaient pas directement le massacre des protestants, ils ne mettaient p:iâ du moins obstacle à ce qui était entrepris contr*euXi

TWfs ii€i»BiiigMl

Les évèneffliepts qui se passèrent à Toulouse dans to* mois de septembre et d*octobre méritent toute notre attei^' tioo. Le dimanche 51 août, à huit heures du matin, au sortir de TégUse de SaiolrSatumio où ils Tenaient d'entên^'' die la messe du Saint-Esprit, les capitouls Loidat, Audoiinet, Saint-Laigier, Suau, Bolle, liauteville, Gout et Valade reçurent une letbre de monseigneur de Joyeuse qui léur faisait part des événements de Paris et leur représentait le massacre comme l'effet d'une quereUe entrer lâ maison i de Golse et ramiral. Il leur mandait que les tntcmUons^ dd^ roi élaieot quil ne fût rien changé aux édits; qu'on pla$âtc aux portes de la ville des gardes avec bâtom à feu^' m' qu'on exerçât une continuelle vigilance sur les huguenots.

Pendant que les capitouls recevaient les missives de Jofeose, le premier président Daffis en. recevait, de sem^t: blables. Le parlement était alors en vacances, ce qui nem^>* pécha pas ce magistrat de réunir auprès de lui les présir^ • dents et autres membres de la cour. Il fat décidé <^qu*on manderait les ca|)iiouis. En eifet, Lordat, Audounet, BoUe^>/ et Gout se rendirent à Tkôtel du premier président, a^ lh ( Iruuvèreiit 1 avocat gcucral Etienne Duranti. 11 fut décidédans cette première assemblée qu'on écrirait à tontes leis/ ' viHes voisines pour les avertir de se tenir sur leurs gardes; que La Valette, Savinhac et autr^ gentilshommes seraient mandés de se rendre à Toulouse pour j protéger la tran-^ ' quillité publique. C'est la seule assemblée où s'est trouvé , * nommé dans les registres authejitiques Etienne Duranti.

Les capitouls s'empressèrent d'exécuter les ordres de la cour; on fit venir des troupes du dehors : Andouliellc ar- " riva avec trois cents hdaimes; les portes de la viUe furent

WPS MMUMIML . 119

ibrméds; ua seul gaicUet Uciocura ouvert pour i ûoiréo et la sortie. Dès ctoq heures du malin, ce même joor, les huguenots s'étaient readas à Caslanel, château situé au midi de la viUe^ pour y assister au |Mréehe* H» apprirent bientM ee qm se passait à Toulouse; les ung se redrèrent dans les euvirons, les autres reulrèreot en viUe, où ils furent reçus paisiblement après avoir déposé lemv dagues et épécs. Le lundi 1" septoiabie, d'après Goulard, auteur protestant, Uaffls aurait mandé aux. conseillers qui avaient embrassé la religion nouvelle de rentrer en ville, leur pré* sencc duvaut contribuer puissamment à assurer ta trau- ' qvilHtè publique. Ils ne répondirent pas tous k cet appel.

Le mardi 2 septembre, le parlemciil lit publiei' à son de trompe que la volonté du roi était qu'on ne molestât en rien ceux de la religion réi)rmée. A cette prodameHoa assistèrent les présidents, lo sénéchal, le viguier, et les capitonds. Ëliénne Durant n'y est pas nommé. Le jeudi 4 septembre se tint une antre assemblée où se trouvèrent messieurs de Latomy président, d*Aussenne, Richard de La Gassagaci de La Bastide séoéehsd, de Royeto juge criminel, et les capitouls Lordat, Audoiiuet, Suau et Belle. €ea derniers représentèrent que les catholifue& de Piiy* laurens, Macères, Caraman, Castres, Montauban, el autres viUes, avaient été indignement traités par les protestants et chassés de leui; pays*. 11 fiit alors décidé qu'il seraH permis au sieur de Montauiiol de faire arrêter les huguenots qui s'étaient as$embiés<, contre les édita do roi, soit dehorf, soit dans leurs maisons. Les couvents des Car-" mes et des Jacobins fureui désignes pour lieux de déten-* liou. A di& heures du matin, les arreslatiuns commencèrent..

450 tbmW modbbnbs.

Les consiillt 1 6 Jean de Coras, François de Ferrièi'es ' et Aûtoine de Latger furent enfermés aux Carmes ; qoêlqiiesT uus des prisonniers parvinrent cependant à s évader.

Le 7 septembre on tint une nouvelle assemblée devaàt le président de Latoiny : il fat décidé qQ*on mtirerait Tés portes de Monigaillard et de Moutuulieu, et qu'on saisirait les biens des réformés. Le comte de Riecix se présenta à cette assèmblée porteur .de lettres de Cbarles IX qui àiÀT nonçaient les événements de Paris. 11 lut en même temps arrêté qu'on enverrait en cour Hector Boyeï de Bëé^e vers Sa Majesté pour savoir commeiil elle entendait iaiie exécuter ses édits. Il est donc faux que Delpecb et Ma* dron aient été envoyés à Paris, et qulls aiént pltis tard apporté Tordre du massacre k Toulouse.

Il est cependant certain que le parlement avait député à Paris deux conseillers, Du Faur et de Saint-Félix, qui présentèrent au roi» le 13 septembre, des remontrances sur les affaires de la religion, le roi répondit qu^l avàît pourVu à ces demandes par Tédit de pacification, et qu'au su.rplqs il rendait au parlement la connaissance des aftaifes relatives aux huguenots. Dans les réponses du nn, il n-bst nullement question d^ persécution à exercer contre ces. derniers,

Le 17 septembre, il fut enjoint par le capitoul Siiau aux assesseurs Lafon, TaiUefer, Ramondi et. Dalcun de vaquerà randition des religionnaires actuellement détenus sur les contraventions qu'ils avaient commises aux (klils du roi. Il est évident que cet ordre fut donné par suite de la Commission d'Hector de Besse, commission qui avait dû précé- • der les remontrauces du p^rlomont. Ma.is ces ren]ionti*aQceâk

TEMPS MOOBWilES. 454

ne tardèrent pas à aYolr lenr effet, puisque, le 33 septembre» le parlement ordonna que les trois conseillers prisonniers subiraient leur interrogatoire et seraient transportés en la Conciergerie. Les conseillers refusèrent de répondre. Madame de Latger fut interrogée à son tour pour savoir par qui elle avait eu connaissance de ce qui s'était passé dans Taudienoe du 23. Elle fut conduiio au palais et interrogée par les couseiUers Etienne de Bonald et Christophe lîruzard. La plupart des détenus présentèrent des requêtes au parlement. Le 27, cette cour souveraine évoqua toute cette affaire, et nomma pour commissaires Guillaume Doujat, Pierre Sabatier, Vidal d'Auzuune, . SimpQ Buet, Michel Prohenques et Pierre de Hautpoul, conseillers. On peut conclure de cette nomination que les sieurs Du Faur et de Saintrtelix étaient de retour, de. Paris.

Est- il vrai que ces députés apportèrent à Toulouse l'ordre exprès de la cour de mettre à mort les prisonniers?' Est-il vrai qu*Ettenne Duranti, avocat général du parlement, ait voté pour rexécution des ordres du roi? Ni Ctoulard, l'auteur protestant de l'Etat de la France sous

Charles /X, ni Tauteur de l'Histoire des Martijrs protestants, ni M. de Tbou, ni aucun des registres de rhùteU de-ville ou du parlement, ne parlent du vote de Doranti. C'est Gâches, historien protestant, qui seul accuse ce grand magistrat. Nous avouons que Duranti était très zélé ca- . tholique, très attaché au roi de France et ennemi juré des protestants; mais de là à uu pareil vote il y a une distance assez grande. Quant aux ordres de la cour, c*est :?ur la. toi de Goulard que certains auteurs ont rapporté .

4SS IJUUPâ MODBmtES.

ce fait, 6t . eocdre se tronpeaMte q^and ils affimieBi que

les ordres lurent apportés par Delpech et Madrou;

Quoi qu'il en soit, le premier jour d'octobre, ik «silni& Toulouse dit le président Lalomy, nombre de gens sans aïeu, soldats du comté de Foi& ôt de Coouiunges, mtm la plupart d'arquebUBes, piques, corselets, pertant . minons, et menaçant les gens dans les rues, les nommant parpaiUats, patariM, huduenaïuUc, et insoUaiii ûllës.-it femmes. L'arrivée soudaine de ced brigands, qui prenaieal le nom de catholiques, détermina la tenue d!un conseii qui mi lieu le 5 ootobre. On ordonna aux capitouls d'anmer les dizaines et de renforcer le guet. Il fut décidé qu on écrirait à Joyeuse pour le prier de ^enir avec queigoas troupes. Cette décision montre qn*il n*7 avait pis à Hbuiouse UDC force armée assez considérable pour comprimejç une sédition. Ces nouveaux venus se montraient irèd iasotr leDts, surtout a l'égard des huguenots : ainsi le maitre de rhôtôUerie des Balances vint annonceir aux capitouis. que des soldats étaient venus prendre chez lui deux beaux idl»^ vaux appartenant à un protestant de LiUe (en Flandre), et qu'ils Toulaienl aussi s'emparer d*ua coâr^ destiné ai»comte de Caudale.

• Le samedi matin 4 octoljyre, avant le lever du ^olnil^ une. troupe de ces bandits aQ> nombre de deux on trois ceslaCl

coiiduiLs par Latour, i)iieur de Sainte-Catherine, et Les-» telle, et armés de haches et de coutelas, courureni vers la Condei^erie, enfoocënBnt les portes, firent deaoendr»: les prisonniers Tun apiès l'autre et les massacrèrent sui^i les degrés. Après les avoir tués, on les dépouilla de leur» ! habits et on les exposa entièrement nus dans la cour du .

palais ; les conseillers lui'eiil pcudus dvcc leur robe longue à Toroeau de la cottc. ûeui jours aj^rès, les cadavres fa- -ratt' jetés péle-méle dans de grandes fosses qQ*on émisa à la sénéchaussée. Ainsi périt Jean de Coras, dont nous 4mm d^ parlé, à Vàge de cinqaaiit&-iBBiif ans. (Tétait on jnrisGonsalte très-habile, comme Tattestent ses ouvrages, diOBit la plus estimé porte le titre de MiscêlUmea juris civitk. Il composa aussi une paraphrase de Tédit sur les mariages ciandestïDS, dédiée à Henri H. Il était né à Réal- Ineai eu Albigeois. JûaDs soa testament, îl légua uae parlie' de sa fortune à ses coreligionnaires. La rèine de Diiavarre Favait créé son chancelier. Sa vie a été écrite par Jinquesi-do Goras, son parent.

' Pendant qu'on massacrait les huguenots à la Conciergerie, quelque^ns de ces brigands se répandirent dans la ville et menacèrent de piller les principaux hdtels des catholiques; ainsi ils se portèrent tour à tour k celui de Sal&^Félix et à celin du président Daffîs. La demeure da président de Latomy fut sérieusement menacée ; ils vociliéraient dans la rue en leur langage : Aysd que gua dai mMî que gna de croumtos, (Ces mots désignaient la monnaie de Toulouse). Us appliquèrent des échelles auK miirs, et sans on coup d*arqoebose qoi fut tiré de Yjom des iB&étm de rbôtel, le présidât n'aurait échappé ni^ aâ pillage ni à la mort.

h» ^ ôdobre fat tenu un grand éouseil extraordinaire où se trouvèrent réunis les capitouls, le sénéchal de La Bastide et plusieurs notables. Le capitoul Lordat prit la pftrote et déclara, d'après les informations et procédures par lui laites, que Latpur, piieur du collège de Sainle-

194 TKXPâ MUDKEMSS.

"Catherkte, éteil le eh^ des bandits ipii a^ient exéeuté

l'horrible massacre de la ViÇille; que cet homme avait déehré n*avoir agi qae par le su et. vu du séuéobal de La Bcisiide et autres seigneurs ; qu'il était de la maison dudit sénéchal et sou serviteur. A ces mots, le sénéchal répondit : • qu-k la: vérité il eounaissait le sieur Latoor . k qui il avait permis reutiee de sa maison ; mais que, pour ce qui regardait le massacre, ce ja*était pas le lieu d'en rendre raison, et qu'il n avait point été fait de son su et couinternent. »

Le capitoul Lordat continua d*exposer les.&ils : il affirma

donc que Latour s était rendu à rhôtel-de-villc, portant le mot du guet; qu'il avait fait ouvrir les portes de l'hôtel et celles des prisons, accompagné de noble Jehan de Brusault, capitaine ; qu'étant entrés dans la prison, ils avaient demandé le sieur Guiestret, prêtre coUégiat de Sainte-Catherine avec lequel Latour avait un procès, et un marchand flamand ; qu'ils avaient fiait lever du lit ces. deux individus, les avaient conduits pieds>nus et én chemise de la Conciergerie à riiôtel-de-ville, et que là ils les avaient massacrés. Le marchand flamand était celui dont il a été parlé plus haut, et qu*on avait mis en prison pour qu*il . fût plus en sûreté.

• Ainsi, d'après les registres pubUcs, Latour est convainctt d'avoir fait exécuter seul le massacre du 4 octobre. Il a accusé le sénéchal de La fiastide, mais celui-ci a nié formellement avoir donné aucun ordre à ce sujet: il a taé un prêtre caltioiique et un huguenot pour assouvir sa vengeance personnelle, et il a été l'àme de toutes scboes déplorables qui désolèrent alors la ville de Toulouse.

■ Les maisons dâs catboiiques ne furent pas plus épargnées que cefles des huguenots. Raymond Donnadieu, {j^eOlici des prisons du sénéchal, se porta avec une troupe de brigands chez M. Dumas à Saint^Sentin et enleva dn coffre renfetmant une assez forte soatme d'argent. Nous ne dissimnloTis cependant pas que les paroles du sénéchal de la Bastide qui refuse de donner des explications sur le massacre, laissent tomber sur ce pcrsoiinago des soupçons assez fondés malgré sa dénégation, et que, si Latour n'a pas agi de son propre mouvement, il a dû suivre les impulsions (lu sénéchal, dont il était d'ailleurs le serviteur, ' Quant à Etienne Duranti : s*il est vrai, d'après Gâches, qu'il ait voté Texécution des ordres royaux contre les huguenots, ce n'est pas sur le massacre que porterait son vote, mais sur la nécessité d*^pllqaer aux violateurs des édits la plus grande peine possible, après avoir instruit leur procès en forme, il résulte de l'ensemble de tous ces Ëiits que le parlement et les capitonls fhrent étrangers a ce massacre des huguenots à Toulouse, et qu'il faut iattribner, d'un côté, à l'effervescence populaire, et de l'autre au peu de troupes dont la ville pouvait disposer contre des soldats et des bandits étrangers*

Au milieu de toutes ces guerres de religion, brillait à Toulouse avec éclat Pierre de Gregorio, avocat au parlcment et docteur eq droit civil et canonique. 11 fit paraître en 1572, chez Jacques Colomiès, son premier ouvrage qui a pour titre : Prœludia opUmi JumcomulU, qu'il dédia an premier président Daffls. Cette dédicace nous apprend que Guibert de Costa s'était démis de la chaire de professeur pour devenir conseiller, et que Gregorio se mit sur

4S6 TBHPS MODtlNIS.

les raogs pour Vobtenir. U adressa upe seconde épitre d^-. dicatoire au cardinal d*ÂrmagDac, qui se trouvait aloii k[ Avignon où il remplissait les fondions de yice-iégat. L'ou-. vrage de Gregorio est divisé eu^inq livres consacrés k ce qu'il appelle les cinq filles de Thémis, — la Justice, FEco-' nomie, la Paix, les Heures, et les Parques. Cet auteur devint plus tard professeur et doyen de Tuniver^ de Pont-à-Mousson en Lorraine, où il publia quelques autres livres, entr'autres une réponse adressée au ministre £ki, Moulin en faveur de la publication du concile de TreflteT. en France et des lostitules sur la matière bépéiidale« mourut au commencement du siècle suivant, . ..y\

La Théologie naturelle de Raymond de Sébonde occupait beaucoup les esprits d'alors. Quoique cet au^ur , ait.; vécu au siècle précédent, son livre n'eut cependantrun.oerr.i: tain retentissement qu'au seizième siècle, h cause des di- , verses éditions qui en furent faites et publiées. Sebonde. t était espagnol d'origine et très versé dans Téinde de lai- ^« médecine, qu'il professa, dit-on, à Toulouse avec queK ; que succès. Sa Théologie Naturelle a paru suspecte à cei^- .,* tains esprits, parce que l'auteur seiïorce de prou\er les . dogmes de la religion bien plus par des raisons Urées do t la nature des choses que par les lumières de la révélation : ou les voies traditiouuelles. Il est toutefois fiauiile de re-. i, marquer» à la simple lecture de son livre, que,- sans s'en apercevoir, il a eu recours à ces lumières et qu'il expose les dogmes tels que la révélation nous les oiTre. Il règj»a, ..t du reste, une assez grande confusion dans ce livre,, k i partie dogmatique s'y trouvant confondue avec la partie ; morale, et l'auteur revenant à plusieurs reprises sur Jes ^j:

TBMM HODERNB». 157

vérités qu'il a déjà traitées. L'ouvrage de Raymond de Sébonde acquit plus tard une certsune eélébrité par la traduc* tien française qu eu donna au public Michel de Montaigne, à la prière de son père. Le savant Grotius, dans son Traité de la Religion chrétienne, appelle la philosophie de Raymond de Sébonde une philosophie très subtile.

Le ittassacre des bdguenots à Toulouse D*arrêta pas leurs coupables desseins puisque, au mois de juillet 1575, iU prirent par escalade la ville de Montesquieu dans le Lauraguais. Ils harcelaient Toulouse de tous côtés, et faisaient des excursions jusqu'à ses portes. Au commencement de Tannée suivante, le maréchal de Damville convoqua les Etats à Montpellier. Les capilouls de Toulouse s excusèrent de- ne pouvoir s'y rendre faute d*escorte suffisante pour les ' accompagner. Raymond de Pâvîe baron de Fourquevaux adressa un mémoire au roi touchant l'état du clergé, de la noblesse, des officiers de justice et de paix de la province. On essaya, à la suite de ces instructions, d'ouvrir entre les catholiques et les religionnaires une conférence à Pézenas, où se trouva L*Hopital, consdller au parlement ; mais ces négociations n'empêchèrent pas les huguenots de commettre toute sorte d'excès : ainsi , au mois de mai, ils détruisirent de fond en comble Tabbaye de Mas-Gamler dans le diocèse de Toulouse.

Le due d'Ânjou, accompagné de Gui Du Faur de Pibrac, avait été prendre possession de la couronne de Pologne. Le maréchal de Montmorency, peu satisfait de Tinfluence qu'il pouvait exercer à la cour, se mit à la tête d'un tiersrparti qu'on appela le parti des pdUiques, lequel fit une alliance secrète avec les calvinistes. Ce parti, pour se don-

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