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ner quoique importaiice, voulul plâceiT; à sa (èle ie dut; d*A1ençoii.<Mais celni^ci ayant découvert luhm^iie lacofljtt-, ratiouj le roi le fit enfermer à Yiûceoûes avec le roi 4o NaTarre» Les maréclia»t de MontmoreDoy et de Cessé enreut
le même sort. DaiiiviUe Faut ait >u\n aussi s*ilnc s'était tenu sur ses gardes. Le roi Ht alors savoir au parLemeotvde' Toulouse qu'il avait ôté iiu maréchal de Dam?il]e le gouvernement du Languedoc pour le donner à François de Mo.nl.peusier dauphin d*Âuvergae, £d même temps Montmorenç^Ti envoya à la cour le sieur de La Jugie baron de Rieux pour se justifier auprès du prince ; mais ce dernier, à soii^arriT vée à Paris» y trouva le foi à Textrémité. Ce prmce. mciu^ rut en effet le ÔO mai 1574, à Vincennes, des suites des excès auxquels il se livrait, car, durant des matinées entièif res, il s*é(fuisait k donner du cor et poussait Tamour de la chasse jusqu'à la fureur. Il mourut à l'âge de 23 ans, sans eniant mâle, laissant à Catherine de Medicis, sa inëie^ilai; régence du royaume. Son frère le duc d*Anjou, nouv^u roi de Pologne, lui succéda sous le nom d'iienri UI. Le %(k juillet, on fit à Toulouse les honneurs au feu roi dans; l'église Saml Etienne. La messe fut célébrée pai^ Pierre de Lancrau, évêque de Lombez, et l'oraison funèbre prouopoéa par Dafiis, grand archidiacre de la métropole.
Quelque temps avant la mort de Charles IX, l'avocat, général Duranti avait été député à la cour par le parlement. Lors de son retour, il fut fait prisonnier en Auvergne et conduit à Seillac en Périgord, d'où il ne sortit qu'avec um assez forte rançon qu'avança La Valette. Duranti, de retour à Toulouse, reçut avis que La Noué et ses huguenots s'approchaient, que les vicomtes de. Paulin et de Torride
hissaiéTit leurs force» pour s'emparer de Toaloose. Aussitôt'
on s'empressa d'arrêter tous les suspects au nombre do quatre-vingt-seize, parmi lesquels étaient le président Du Faur et le procureur général de Saint-Félix. Les avis devenaient plus pressants. La Rouaisse, chanoine de Sainte Semin, communiqua une missive qui lui annonçait que la ville devait être attaipiée par la porte Saiiii-Etienne : elle fut aussitôt murée. Toutefois les projets des huguenots ne se réalisèrent pas.
Damville avait levé Tètendard de la révolte. Le i^. no-* vembre, il écrivit aux capitouls une lettre accompagnée d'une espèce de manifeste où il déclarait que ses inleuLions étaient de donner son ancien lustre à la couronne^ de France. Trois autres lettres accompagnaient la première : elles étaient adressccs à rarchevè(]ue, h la noblesse et au tierskétat. Damville invitait la ville de Toulouse à se^re représenter aux Ktals de la province qu'il avait convoqués à Montpellier. Toulouse repoussa avec énergie toute participation à cette révolte. Elle envoya ses députés aux Etats qui furent tenus le 20 décembre à Villeneuve -les-Avignon par Henri III en personne, et où le cardinal d*Armagnac et farchevêque de Naii>oiine eurent un différend au sujet û& la préséance. Il fut résolu en faveur du premier.
Dans Tannée 1575, le maréchal Damville se mit à la tête de son armée et alla faire la conquête d'Aigues-Mortes. n fut arrêté dans sa marche par le duc d'Uzès, qui , quoi^ que encore religionnaire, prit le parti du roi : en sorte que les huguenots étaient commandés en Languedoc par un catholique, et les catholiques par un hugumiot, Damville tomba dangereusement malade à Montpellier, dans le mois
4tiO TEMPS MODERNES.
de mai. Joyeuse était toujours à Toulouse. Résolu à (aire
la guerre aux rebelles, il assembla à rUôiel-dc-ville les députés des diocèses de sou département, et demanda soixante mille livres, qui lui furent accordées. 11 se mit en marche le 17 mars, prit Fignan et Mauzac (sur la Garonne), emporta d'assaut Francarville, le château de Scopon et celui de Montlaur en Lauraguais ; eniia vingt-sept châteaux ou places tombèrent en son pouvoir.
Sur la fin de juin, les capitouls reçurent ordre du roi de députer quelques notables bourgeois à rassemblée des Etats du royaume qui devaient s'ouvrir à Paris le 20 de juillet. Le capitoul SupersaiiUs y fut envoyé, et sa déclaration fut que ceux dont il était mandataire étaient prêts à recevoir les ordres du monarque.
Le 29 décembre, les Etats du Languedoc s'assemblèrent*à Carcassonne. Pierre Du Faur, abbé de la Case*Dieu et vicaire -général du cardinal d'Armagnac, y disputa la préséance au vicaire général de Narbonne et Tobtint. Ce fut dans cette assemblée que, sur les remontrances des capitouls de Toulouse, il fut arrêté qu'on formerait une association entre les diocèses de la province contre les religionnaires et les politiques. Les articles de cette ligue furent dressés par les capitouls et les consuls de Carcassonne ; rassemblée les approuva le 6 janvier suivant. Ces articles soiil a peu près les mêmes que ceux qui avaient été dressés en 1572 par d'Armaguac. — Cette association peut être Tardée comme ayant servi de modèle à celles qui se formèrent un peu plus tard en France et qui prirent le nom de Ligue.
TEMPS XbDBRNES. 4 CI
Cest au commeacement du règne d lleiui Ul qui! faut rapporter la création de ces confréries connues sous le nQpa de Pénitents blancs, bleus, noirs et gris, qui se formèrent dans plusieurs villes de France. À Toulouse, les pénitents blancs s otabbrent d\ibord dans réglisc dos religieux tierçaires ; plus tard, ils construisirent une église au lieu qui porte encore ce nom, sur la paroisse StJérôme. Ainsi lurent formées successivement : la confrérie des pénitents noirs, dans la chapelle des religieuses augustines abandonnée par les jésuites ; des pénitents bleus, dans l'église qu ils construisirent sur la paroisse Saint-Etienne (aujourd'hui Saint-Jérôme) ; des pénitents gris, dans la chapelle qu'ils bâtirent sur la paroisse du Taur. Ces diverses sociétés n'étaient, dans le principe, qu'une simple extension du tiers-ordre de saint François. Les membres appartenaient tous à letat laïque. Quoique vivant dans le monde, ils faisaient profession publique de piété, s'adonnaient aux bonnes œuvres, entreprenaient des pèlerinages, visitaient les malades, célébraient avec éclat les fêtes de TEglise, assistaient aux processions revêtus d'un sac en signe de pénitence. Le célèbre prédicateur Edmond Àuger, père de la compagnie de Jésus, contribua puissamment à i érection de ces confréries à Toulouse, pendant îe jubilé de Grégoire XIII. Il était toujours question de la paix entre les catholiques les huguenots. En effet, le roi, séant en son parlement, publia le 14 mai 1576 un nouvel édit de pacification, à la. suite duquel Damville désarma son gouvernement du Languedoc. Toutefois la ville de Toulouse ne députa pas vers lui. Ledit ne donna aucune satisfaction aux deux partis, l'un trouvant qu'on avait trop accordé à Tautre. Le prince de
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4 62 TBKPS XODFXNES.
Condé surtout se plaignait qu'on ne lui eût pas rendu le gouverDement de Picardie et que Péronoe eût refusé de re* cevoir ses troupes. En effet, les habitants de cette ville avaient résolu de former une ligue contre les religionnaires, exemple qni fat suivi par Paris et par un grand nombrc d'autres villos. La première idée de la ligue n aitparlenait pas k Péronne, mais c'est à Touloase, comme on la TU, qu^en revenait toat Fhonnenr. Ceux qui dans le royaume sassocièrent ainsi contre les huguenots et les politiques, prirent le nom de ligueurs.
Le 6 décembre, s'ouvrirent les Etats de Bloîs. La sénéchaussée de Toulouse y députa Pierre Daffis prévôt de la cathédrale, Parisot-Gornusson sénéchal» etTancien capitoul Supersantis. La ville y envoya le capiluul Lacroix. Supersantis ût devant Henri 111 une vive peinture de tous les maux que Toulouse avait particulièrement soufferts pendant les troubles de religion. « Nous les avons supportés, dit-il, » avec une grande et admirable vertu pour soutenir Thon- » neur de Dieu et de son Eglise, laquelle nous sommes » prêts à défendre^ et n'y a péril, danger ni extrémité quel- » conque qui nous en puisse retirer ; et tout ainsi que le » malheur de la France est parvenu de l'introduction des » ministres, je suis d'avis qu'ils soient chassés, et j'adhère » en cela à Tavis des députés de rite-de-France et de Pi- » cardie. » Il fut résolu, après les £lats de Blois, qu'on n^ souffrirait qu'une seule reUgion en France! Le roi se mit à la tête des ligueurs, et entama des négociations avec Damville pour l'attirer à sa cause. Ces négociations rendirent le maréchal suspect aux religionnaires. Ceux-ci ne cessaient de commettre des excès dans le Toulousain : à Revel,
ils tuèrent tous les ecclésiastiques et jetèrent leurs corps
dan<% un puits ; à Pamiers et à Castres, ils se livrèrent a dautret) désordres.
DamYille flotta longtemps entre les deux partis ; enfin, le 21 mai 1577, sa réconciliation avec le roi fut conclue à certaines conditions. Toutes les places qu*occupait le maréchal en Languedoc rentrèrent sous Vobéissance du roî, qui lui donna le château de Uevel pour sa femme et ses enfents. L^année du roi et celle des religionnaires sillonnèrent tout le bas Languedoc, où furent livrés plusieurs combats Jusqu'à la paix de Bergerac. Les députés des deux partis se rendirent dans cette Tille; du côté du roi, se trouvaient le duc de Montpensier et Daffis premier président au parlement. £n attendant que l'assemblée pût se former, le duc de Montpensier vint Tîsiter Toulouse ; il y arriva le 5 juillet. Après avoir donné de touchants exemples de piété eu visitant toutes les églises, celle de Saint-Saturnin en particulier, il se fit enrôler dans la confrérie des pénitents blancs et noirs. C'était l'usage du temps. L'édit de pacification commencé à Bergerac fut conclu à Poitiers le i7 septembre.
Le cardinal d'Armagnac fut très utile à ilenri 111 dans toutes les afiaires de la religion en France. Ce prélat ne résidait plus à Toulouse, mais k Avignon, où il remplissait les fonctions de co-iégat. Accablé par le nombre des années, il résigna rarchevêché de Toulouse à Paul de Foix , son parent, avec réserve de certains revenus et la collation de quelques bénéfices, et accepta l'administration de r£glise d*Avignon, où il mourut huit ans après à Tâge de 85 ans. 11 fut inhumé dans la chapelle de Sainte-Marie des Doms où il avait lui-même préparé son tombeau. Il gouverna VEglise
IG4 TRMIVS MODKRKES.
de Toulouse pendant quinze ans, et fût Tun des hommes
les plus distingués de son siècle. L'aménilé de ses mœurs, Télégance de ses manières, sa piété, leciatante protection qu*il accorda aux gens de lettres, son habileté dans les né^ gociations, son dévouement inaltérable à la cause royale et à la religion catholique lui assurent une immortelle mémoire.
Le successeur de Georges d'Ârmagnac sur le siège de Toulouse fut donc Paul de Foix, fils de Jean de Foix Carmaing et de Madeleine do Caupcne. 11 naquit eu 1 ji8, lit d étonnants progrès dans les langues grecque et latine, et se livra ensuite à Tétude du droit et de la philosophie, regardant comme ses guides Cujas et Aristote. 11 étudia ces sciences sons Jacques Charpentier et Augustin Niphus. Il fut nommé, assez jeune encore, conseiller clerc au parlement de Paris, et entra ensuite dans la carrière diplomatique. Envoyé d*abord auprès de Philibert de Savoie, de Guillaume de Mantouo, de François de Medicis et du pape pour traiter des plus graves affaires, il s'acquitta de toutes ces négociations avec une rare prudence. Quoiqu'il eut été nommé archevêque de Toulouse en 1577, il ne fut cependant reconnu en cette qualité qu*en 1582, puisqu'on 1578 Pierre Du Faur abbé de la Case-Dieu présida aux Etals de Beziers en qualité de vicaire-général du cardinal d'Armagnac.
Ces Etats s'étaient assemblés pour arrêter le cours des hostilités qui continuaient toujours en Languedoc, malgré le dernier édit. Ce fut aussi dans le désir de rétablir la paix que la reine-mère entreprit le voyage de la Guienne et du Languedoc. Elle conduisait elle-même Marguerite sa
TKMPS MÛD£&MBâ. 46t»
fiUe au roi de Navarre son époux. Les princesses, parties
de Paris au mois de juillet, arrivcreal à Bordeaux au mois d*ao&t. Henri ies y reçut magnifiquement et les accompagna k Agen, où on commença les conférences, qui furent plus tard transférées à Muutauban. Les députés des reiigionnaires s'y trouvèrent ; mais on ne put convenir d*aucun article. Alors les deux reines se rendirent k Toulouse, où elles firent leur entrée le dimanche 28 octobre. Avec ces princesses se trouvaient en cette ville Joyeuse, Damville, Biron, Lansac, d'Escars, le duc et la duchesse de Montpensier, le prince leur fils, la princesse de Lorraine, la princesse douairière de Coudé avec ses deux fils, la vicomtesse de Joyeuse, et plusieurs autres dames et chevaliers. Les reines entrèrent par la porte Saint-Etienne et allèrent loger à larchevêché. Le lendemain, le parlement alla rendre ses devoirs à Leurs Majestés séparément. Catherine exhorta * ces magistrats k traiter les religionnaires avec plus de douceur. Marguerite, qui s'occupait de choses moins sérieuses, reçut les salutations et compliments des magistrats assiso sur un lit de damas blanc et a} ai il auprès d'elle quelques jeunes garçons qui jouaient du luth.
Catherine de Medicis assista, deux jours après son arrivée, à une procession générale où furent portés le saintsacrement par révéque de Lombez et les reUques des saints par des religieux. Le 2 novembre, la rciiio se rciidit à la grande église des Cordeliers où s'étaient réunis les pénitents et ies passa tous en revue. Ce spectacle parut Famuser beaucoup. Après une grande fête que Damville lui donna, elle quitta Toulouse le 5 novembre, et alla coucher avec sa cour au château de Pibrac, où ce grand magistrat la reçut
16$ TEMPS MODEE»SS.
splendidement. Mai guérite de Valois quitta Toulouse a^ant sâ mère, et se reudit à risle-Jourdaia où se trouvail le roi son époux.
De risle-Jourdain Cathei ioe et Henri de Navai i c se rcudirent à Nérac où furent rédigés (ie 28 février 1579) les articles de la paix qui y ftit conclue. Parmi ceux qui signé* rent ce traité au nom du roi , se trouvèrent Gui Du Faur sieur de Pibrac et Ëtienne Duranti qui fui nommé premier président du parlement Tannée suivante. La cour entra dans le Dauphiné après avoir parcouru le pays de Foix et le Lauraguais* La paix de Nérac ne tarda pas à être violée, matgré tous les soins que se donna le duc de Montmoicncy pour en £ure exécuter les divers articles. Après la tenue des Etats à Careassonne Qe 4 décembre 1579), le duc se rendit, accompagné des députes choisis, à Belpecb au diocèse de Mirepoix pour y attendre des nonvelles du roi de Navarre qui devait se icndro a Mazères, ville du comté de Foix. Là se tint entre le duc et le prince une longue conférence sur les apures de la religion, conférence dans la^ quelle il fut assez difficile de s'entendre.
Le 12 avril, mourut à Toulouse Jean de Montluc évéque < de Valence, prélat distingué dans son siècle par sa doctrine, son éloquence, et son habileté dans les ambassades. Il eut le malheur d'embrasser un instant les erreurs nouvelles ; maià, avant sa mort , il rentra dans le sein de l'Eglise catholique et rétracta ce moment de Mblesse. On lui ût à St-Etienne de splendides funérailles. Son corps îai inhumé devant la porte principale du chœur, au-dessous des orgues; on plaça son épitaphe sur une plaque de marbre que Ton y voit encore aujourd'hui.
TEMPS «OUBim». 467
Au commencement de l'année 1580 les hosLiiités recommencèrent daos la province. Vers la mi-janvier les religion* naires tinrent k Montanban une assemblée présidée par le roi de Navarre, qui les engagea à reprendre les armes. On alla de suite prendre Cahors ; puis ce prince se rendit en Gascogne et arriva iuopinêmeiit le 12 juin devant l'Islc-Jourdain dont il s'empara et qu'il abandonna au pillage de ses soldats. Ceux-ci dévastèrent les églises et les monastères. On vit alors arriver à Toulouse vjngl-sept cordcliers de risle-Jonrdain, conduits par François Boëri qui vint présenter une requête au parlement. Cette requête contenait en détail l'exposé iidèle de toutes les pertes qu'ils avaient essuyées, et demandait qu'on leur cédât la chapelle et le petit monastère de Saint-Antoine du Salin : ce qui leur fut accordé, ils s'y établirent. Après la prise de l'isle, le roi de Navarre se jeta dans Tonneins pour arrêter le maréchsd de Biron qui s'était campé à Marmande.
De son côté, le vicomte de Turenne s'avança vers Toulouse. Le 28 juin, il se trouvait devant Âuriac et Caranian. Castillou, Caudiac, Toutens, Maurens, Moussons, .Cambiac et plusieurs autres châteaux, étalent tombés en son pouvoir tandis que le baron de Rives son lieutenant brûlait quelques maisons de campagne aux environs de Toulouse et poussait ses courses jusqu'à la porte Saint-Michel. Ces mouvements donnèrent l alarme dans la vtUe, qui se trouvait d'ailleurs consternée par la présence d'une maladie contagieuse dont la plupart des haLiitants étaient atteints, mais qui cependant ne présentait aucun danger réel. Un nouvel édit de pacification conclue à Fleix vint suspendre les hostilités, et fut accepté temporairement par les deux partis..
168 TKHPS MODlUHISt
Le 15 août, le premier président Jean Daffis monrat à.
Toulouse dans un âge très avancé. Ne en cette Yille, d'une famille honorée du capitoulat et dans laquelle on oomptaîl plusieurs magic^tiaLs et professeurs de runiversité, il êixiusa Marie du Tornoër, dont il eut trots iUs et cinq fiUes; l*" Jean, qui demt premier président du parlement de Bordeaux : de cette première branche, il y eut trois présidents à mortier au même parlement et deux évéqnes de Lomhez ; H'' Jacques, avocat général au parlement de Bordeaux ; S** Jean, prévôt de Téglise Saint-Etienne et évêque de Lombez. L*ainée des filles épousa lean-Etienne Durant!, qui devint premier président à Toulouse. Sun iiihumaliùn eut lieu dans TégUse Saint-Jacques, près de Saint*Ëtienne ; U messe fut célébrée par Alexandre de Bardis, évêque de St* Papoul , et l'oraison funèbre préchée par Jean de La Barrière abbé de Feuillants, dont nous parierons plus bas. Dafiis se montra un zélé défenseur de la religion catholique et Tennemi déclaré des réformés. Quoiqu'il n'ait point laissé d^ouvrages, il mourut avec la réputation d*un jurisconsulte éclairé.
Jean-Etienne Duranti succéda à Daffîs dans la charge de premier président du pariement de Toulouse. (Tétait un
homme à grandes œuvres pour le bien de la religion. Il envoya à Borne Etienne Boquety, prébendier de ta métror poie, auprès de Paul de Foix archevêque de Toulouse pour demander de^ religieux de Tordre de saint François appelés capucins. Cette réforme de Tordre des franciscains airait pris naissance en Toscane, en 1525, par les sonis de Matthieu Baschi d'Urbin. Cette nouvelle branche franciscaine s'était promptcment étendue en Italie et en France. Le
Thomas Thorin, gardien du couvent de Lyon, vint alors à
iuuiou&e et prêcha à Saiot-Ëtienoe avec tant d'enlraînament que les habitants, excités par Durant!, résolorent d'acheter pour ces religieux les anciens collèges de MonlezuQ et de Verdale (place actuelle de l'Artillerie). Ou se hâta d*ai^oprier ces bâtim^its à leur nouvelle destination. La chapelle fut ouverte sous le vocable de ISotre-Dame et sous le patronage des saints martyrs Hippolyte et Gassian, dont les reliques reposaient daus rancien oratoire. Plus tard, les^ capucius agrandircûl leur église. Roquety et sou neveu prirent lliabit des nouveaux venus.
L'année K>82 vit naître de tristes dissensions entre les maisons de Montmorency et de Joyeuse. Il est assez difûciie de déterminer quelle en fut la cause ; on l'attribue généralement a lambition du nouveau duc de Joyeuse. Celui-ci était ûis du vicomte de ce nom, qui renvoya à la cour de Henri III. Ce prince fit bientôt paraître k son égard une amitié un peu équivoque , le mit au rang de ses mignons, le créa duc et pair, et le fiança à Marguerite de Lorraine, sa belle-sœur. Anne, nouveau duc de Joyeuse, fut créé amiral de France, premier gentilhomme de la chambre et gouverneur de Normandie. Placé an fidte des honneurs, il y ilt parvenir une partie de sa famille : son pere devint maréchal de France; son firère François, archevêque de Nai iKUïûc ; Scipion son autre Irère, chevalier de Malte, grand*prieur de Toulouse. Sa haute faveur s'éclipsa cependant phis tard par Fascendant que prit sur le monarque un dangereux rival, elean-Louis de Nogaret. Nous avons déjà parlé de cette famille origmaire dn Toulousain ; son père portait le titre de baron de La Valette. Jean-Louis devint
470 TEMPS XODEUIBS.
aussi favori d'Henri 111, qui lui donna la terre d'Epernon au pays chartrâis, terre qui fut érigée en duché-pairie. Il épousa Marguerite de Foîx^Caudale.
Les brouilleries de Montmorency et de Joyeuse laissèrent aux reUgionoaires la fecilité de reprendre quelques places en Languedoc. Les catholiques de Toulouse, s'étant réunis à ceux de Carcassonne, d'Alet et de Saiot-Papoul, formèrent une armée de trois mille hommes qui alla assiéger Montréal. Cest ainsi que les édits de pacification étaient violés à chaque instant. Montmorency était constamment accusé par Joyeuse de favoriser tontes ces infraction^ : c'est ce qui obligea le premier à se justifier auprès du monarque. Joyeuse était tellement animé contre Montmorency qu'il se rendit à Rome en 1585 pour solliciter du pape une excommunication contre lui comme fauteur de Thérésie en Languedoc.
Paul de Foix se trouvait encore à Rome à Tépoque de ce voyage, li y mourut en 1584, à Tâge de cinquante-six ans, frappé â*une attaque foudroyante pendant la célébration des^ saints mystères. H n'avait point été sacré, et n'était venu que très*rarement à Toulouse, si toutefois il y parut ja* mais. Il possédait avec rarchevêché de celte ville l'abbaye de St-Volusien de Foix. Paul n'appartenait pas à la grande^ &mille des comtes de ce nom et n*en venait que par les femmes : il descendait, par les mâles, de la famille des d'Ëuse et d'un frère de Jean XXII, dont l'un des descendants qui fut comte de Carmaing (Caraman) avait épousé l'héritière d'une des branches cadettes de la maison de Foix- Orailli. C'était un homme habile dans les négociations. Il vécut longtemps à Rome ea qualité d'ambassadeur de Char-
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les IX et d*Henri III. Cest de cette Tille qu^il écrivit à ce dernier prince, pendant les années 1581 et 158^, des lettres très carieuses que Ton donna au public au commencement • du siècle suivaQt. Marc-Antoine Muret prononça son oraison funèbre. Jacques Gujas et Jacques Charpentier lui dédièrent quelques-uns de leurs ouvrages. Il eut pour successeur à Toulouse le cardinal François de Joyeuse, déjà arcbevôque de Narbonne.
Dans œ même temps moural k Patis (iui Du Faur de Pibrac, si célèbre dans nos annales. Âu retour d'Henri 111 de la Pologne, il (tit créé président à mortier du parlement de Paris et employé dans les ailaires les plus impor tantes* li termina ses jours le 27 mai 1584, et fut inhumé dans legliso des Augustins. On affirme que son dévouement à Marguerite de Navarre était mêlé d'une amitié un peu trop vive. Pibrac mit au jour plusieurs ouvrages, parmi lesquels on distingue ses fameux quatrains qu il composa dans le château qu*il avait foit construire, un poème sur la vie rustique, des discours et des lettres galantes. On lui attri> bue aussi une apologie de la Saint-Barthélemy. Charles Pascal composa sa vie. Nous avons encore sur ce person* nage des inémoires curieux et pleins de détails. Le buste de Pibrac décore la salle des Illustres à Toulouse.
La puissance des Guises était devenue redoutable pour Henri 111, surtout depuis la mort du duc d Anjou son frère, héritier présomptif de la couronne. Le prince chercha à leur opposer Henri roi de Navarre. Dans ce but, le président de Bellièvre et le duc d'Epernon se rencontrèrent à Gaumott, château splendide situé dans le diocèse de Lombez, où la dame de La Valette mère du duc laisait sa rôsi-
472 TBUPS MODERNES.
dence : ils allèrent joindre Henri à Sa?erdon. Dans cette
conférence, Bellièvre dit à Henri que le roi souhaitait qu'il . allât pacifier le Languedoc, mission qui devait avoir pour objet de ramener Montmorency. Quelques historiens ont avancé sans motifs plausibles que d'Epernon proiita de cette entrevue pour engager le roi de Navarre à changer de religion. Peu de temps après, d'Epernon fit son entrée solennelle à Toulouse (13 juillet), y passa quelques Jours au milieu des fêtes, et rentra à Caumon. Henri de Navarre s*excusa de se rendre en Languedoc sous prétexte qu'il devait se trouver le 15 août à Montauban pour une assemblé» des églises réformées.
Les efforts de Bellièvre pour réconcilier Montmorency et Joyeuse devinrent inutiles, car les hostilités rocommencèrent entr'eux. Cependant elles ne furent pas de longue durée : grâce aux lettres royales, ces deux champions désarmèrent vers la fin de Tannée 1584. Au commencement de Tannée suivante, ces deux seigneurs continuèrent à pacifier la province. Après l'assemblée de Montauban, le roi de Navarre se rendit à Castres le M mars loSli, accompagiiu du prince de Coudé, du vicomte de Turenne, de MM. de Roquelaure, Bethune, Du Plessis-llornay, et plusieurs autres gentilshommes. Le 15, Henri alla au précbe en grande cérémonie, et le 17 il se porta au-devant du duc de Montmorency qui s'approchait de la ville, revenant de Beziers. Le duc avait avec lui Châtillon, Dandelot, et mille chevaux.
Le roi étant retourné au prêche, le duc Ty accompagna^ en sortit peu de temps après, et laissa échapper cette parole : que certainement le premier président Durant! serait bientôt informé de sa démarche. Pendant le séjour du roi
TBHPS XODBB?(ES. 473
de Navarre à Castres, on vit arriver à Toulouse les députés de Lautrec auprès de Duranti qui venaient le consullcr pour savoir s ï\ permettrait au roi Teotiée dans la ville. Le premier président répondit qu*U lui permettrait d'y entrer, lui dixième. Henri, ayant appris cette réponse, se montra très mécontent de Duranti. Les conférences de Castres entre le roi de Navarre et Montmorency effrayèrent les Guises et les ligueurs. On sait quii cette époque le duc de Guise, alarmé des progrès des religionnaires et craignant de voir monter sur le trône de France uii huguenot, s était retira cians 5>on gouvernement de Champagne et avait constitué par le traité de Joînville une ligue formidable à la tète de laquelle il avait placé un personnage assez insignifiant — le cardinal de Bourbon, oncle du roi de Navarre. 11 publia un manifeste dans lequel le but avoué de cette ligue était le maintien de la religion catholique et l'exclusion d'un prince protestant. 11 est très-possible que le duc de Goise et les princes de la maison de Lorraine mêlassent quelque motif d'ambition personnelle à cette déclaration éclatante ; mais il n'en est pas moins vrai que le motif principal et avoué était louable, et que si Henri 111, triomphant de ses perpétuelles hésitations, se fût alors franchement uni aux ligueurs, la prétendue réforme était déti uile en France sans retour.
Malheureusement il n'en fut pas ainsi, et le roi dépêcha un courrier secret à Henri de Navarre avec une lettre ainsi conçue : « Mon frère, je vous avise que je n'ai pu empê- > cher, quelque résistance que j'aie faite, les mauvais des- » seins du duc de Guise. 11 est armé : tenez-vous sur vos » gardes et n'attendez rien. J'ai entendu dire que vous étiez M à Castres pour parlementer avec mon cousin le maréchal
174 TBMPS MoraufBS.
» de Montmorency, ce dont je sois bien aise, afin que vous » pourvoyiez à vos affaires. Je vous enverrai un gentflhom-
» me à Montauban qui vous avertira de ma volonté. — » Votre bon frère, Henri. »
' Cette conduite d'Henri III plaça les ligueurs dans une position extrêmement délicate : d'un côté, le bien de la religion semblait justifier leur conduite ; de l'autre, le respect pour l'autorité royale en gênait le mouvement et l'exécution. Abandonner la cause du roi paraissait une révolte ; ne pas s'opposer aux progrès de la religion nouvelle, était une lâcheté : c est précisément ce qui explique comment une infinité de seipeurs, d*évéques, de membres du clergé séculier et régulier entrèrent de bonne foi dans la ligue et en favorisèrent les progrès; comment aussi beaucoup de catholiques très sincères soutinrent la cause du monarque. 11 feut avouer que les excès auxquels plus tard s'abandonnèrent les ligueurs justifièrent ces derniers. On abuse prèsque toujours des meilleures causes, et il est bien difficile que ce qui est bon dans le principe ne change ensuite de nature par l'effet des passions humaines.
Le duc de Montmorency fit cause commune avec le roi de Navarre pendant que le maréchal de Joyeuse s'alliait aux Guises et aux ligueurs, ayant le soin toutefois de ne pas manifester si tôt cette alliance. La ligue faisait de toutes parts des progrès rapides ; Henri UI, en étant effrayé, résolut de s*umr â elle par un traité, qu'il conclut à Nemours le 7 juillet 1585. Ce traité était explicite et ne laissait aucune espérance aux religionnaires : on ne devait permettre dans le royaume que l'exercice de la religion catholique ; les ministres de la religion réformée étaient obligés de quit-
TEMPS H01>BIUIfi& 175
1er la Fiance dans un mois, tous les religionnaires dans six, avec la faculté de vendre leurs bieus.
A cette nouvelle, le président Duranti ne put contenir les transports do sâ joie : il se rendit sur-le-champ à Saint- Sernin pour y faite chanter un Te Deum ; il tint aussi une i^'iaiiiie assemblée de tous los gentilshommes catholiques du pays, et leur proposa d'aller en armes chaâser les religionnaires des villes voisines. Cet avis ne fut pas suivi ; on se contenta d'enregistrer le traité de Nemours, ce qui eut lieu le 31 juillet. L'histoire nous rapporte Ici les efforts que lit le roi de Navarre pour détacher Henri III de la ligue, et ceux que tenta ce dernier prince pour gagner Montmorency a ce parti ; elle nous montre la province du Languedoc divisée en deux camps, car depuis Narbonne jusqu'à Toulouse on obéissait à Joyeuse, et depuis Narbonne jusqu'au Rhône à Montmorency.
On prit au sérieux à Toulouse le traité de Nemours. Joyeuse, s'étant rendu en cette ville, y assembla les trois Etats le 7 septembre. Cette assemblée, a laquelle présida Horace de Birague évêque de Lavaur, accorda au roi quarante mille écus. Un arrêt du parlement condamna à être pendus tous ceux qui iaisaient profession du la idij^Mon prétendue réformée depuis Tédit ; leurs biens devaient être confisqués, et on pouvait leur courir sus comme criminels de lèse-majesté. En pi nvince, les hostilités reprirent leur cours entre Joyeuse et Montmorency. Le premier, à la tête de sept ou huit mille hommes, entreprit , le 25 juin 1586, le siège de Montesquieu. Jacques d'Arassin, qui en était seigneur, en prit la défense ; mais la place, après avoir opposé pendant quelque temps une vigoureuse résistance,
476 TBMPS VODIRRBS.
fut obligée de se rendre. Elle fui rasée, et son rang de ville diocésaine fut donné à Mongiscard.
Au milieu de ces troubles, la compagnie du Gai-Savoir continuait toujours ses séances littéraires et distribuait des fleurs et des couronnes. Cette même année, elle offrit un Apollon d'argent à Antoine Du Baïf, l'un des plus célèbres poètes de son temps, comme elle avait déjà offert à Ronsard nne Minerve du même métal. Les mainteneurs avaient du courage assurément pour se livrer à ces jeux littéraires lorsque plusieurs armées occupaient la province : celle de Joyeuse, qui devait soumettre le Languedoc ; la seconde, aux ordres du duc de Mayenne, dirigée contre le roi de Navarre; la troisième, ayant à sa tête le duc d*Epemon gouverneur de Provence ; la quatrième , conduite par le maréchal de fiiron contre le prince de Condé; eniin la cincpiième, confiée au maréchal de Matignon, qui devait se joindre au duc de Mayenne appelé par les Toulousains pour les délivrer des garnisons protestantes qui incommodaient encore le pays.
L'amiral de Joyeuse conduisit son armée près d'Albi, se rendit ensuite à Gaillac où le maiéchal son père vint le saluer ainsi que les députés de la ligue. Ayant résolu de faire le siège de Salvagnac, il le commença le 25 novembre, laissant le soin de le poursuivre à Lavardin. Arrivé à Toulouse le 24, il alla descendre à Tarcbevêché, et partit ensuite pour se rendre a la cour. Le siège de Salvagnac devint funeste ani ligueurs, qui y perdirent un grand nom* bre des leurs, entr*autres Jean de La Valette-Comusson , sénéchal de Toulouse. H mourut en cette ville le 16 décembre, des suites de la fatigue qu'il y avait éprouvée. Néanmoins la guerre continua entre les deux partis pendant
TËMFa UUDËBKBS.
rannée suivante, et à ce premier fléau vint se joindre celui
de la pesle.
On avait répandu à Rome un bruit assez étrange au sujet du corps de saint Thomas d*Âquin que Ton disait avoir été brûlé par les huguenots en 1562. Cest pour calmer l'inquiétude générale qu*on procéda, le 14 janvier 1S^7, à la vé^ rifîcation solennelle de ces reliques. La cérémonie eut lieu dans TégUse des Dominicains, en présence des capitouls, de Jean Daffis vicaire général^ du recteur de Tuniversité et plusieurs eccclésiastiques et docteurs. Le corps était placé au-dessus du maître-autel, dans une nicbe fermée d'un grillage en fer armé de quatre serrures. On trouva un coffre de bois peint en vert portant les armes de France, de Sicile, de Toulouse et de la maison d'Aquin. La niche était voûtée, et à la clef de celte voûte on avait gravé le nom du saint. A Touverture de la châsse, on trouva une feuille de Télin contenant la nomenclature exacte des ossements qui y étaient renfermés, et au nombre desquels on trouva la tête. Ces ossements étaient d'une couleur rougeâtre. Après qu'on eut satisÊdt à la dévotion des assistants, on replaça la châsse dans le même lieu. Cest dans le siècle suivant que ces reliques (ùrent renfermées dans une nouvelle châsse de vermeil sur un superbe mausolée qui a été détruit en 1789.
L'amiral duc de Joyeuse voulut s'opposer à la marche du rd de Navarre qui cherchait à jomdre les princes protestants d'Allemagne. Les deux corps d'armée se rencontrèrent à Centras en Saintonge ; la bataille fut livrée le 24 octobre 1S87. Le duc de Joyeuse et Sauveur son frère y périrent. Le premier étant mort sans enfants, Henri sou autre frère aurait dû lui succéder dans le duché ; mais .
47S TSMM mOMNES.
étaai devenu veuf de CatherïDe de Nûgaret La Vai3tte» U se fit capaciu dèâ le mois de septembre sous le mm de frère Ange. Ainsi ce fut Scipion, grand-prieur de Toulouse, qui succéda à Aune dans le àmché^ A la nouvelle delà mort de ramiral, les eapîtouls envoyèrent des députés au maréchal pour lui offrir les doiéaaces de la ville de Toulouse sur ce triste évèonoent. Un service fundm fat célébré à Satntr Eticiuic pour le repos de son âme ; la messe fut dite par Dafiâs prévôt, et Voraîsoa fuuèbre proaoucée par Doiimrd, &meux figueur.
Sur la fin de janvier 1588 ou apprit que le roi de Navarre» gui s*était emparé des lieux de Montbéqui et de Diieo^ pentale, s'approchait de Montauban, acoompagné du pràiee de Coudé et du vicomte de Tureoue. L alaime fut graude à Toulouse ; le parlement et les autres cours de justice sus* pendirent leurs séances ; on moiiLail la garde jour et nuit. Le maréchal de Joyeuse assembla les £tats de la ligue à rhôtel-de-vitte de Toulouse, le i2 février. Les évêques de Lavaur, Lodève et ISimes s*y trouvèrent avec les giandsvicaires de François de Joyeuse, archevêque de cette ville, qui se trouvait alors à Borne occupé k sacrer les évêques d'Autuu et de Mirepoix. — Ou accorda au roi treute-six mille écus pour Feittretieii des gens de guerre. Biragae èvérpje de Lavaur et un des syndics de la province lurent députés vers le roi par les £tats, ainsi que le président Saini^ Jean et les consdUers Vignanx et Sabalhier par le parlement. Ils devaient prier le roi de ne pas rendre le gouver*» nement du Languedoc à Montmorency, et de procurer Tex^ tinction de Fhérésle dans le royaume.
Espérant se tirer d'une situation e^tréiae dans laquelle
TËXrS HODEIWKS. 479
sa faiblesse et les éfèoemenls ravalent placé, le roî convoqua les Etats généraux k Blois pour le mois d'octobre. Le <lac de Guise tint aussi à i>iancy, au mois de lévrier, une assemblée de ses partisans dans laquelle il fat arrêté qu'on sommorait le roi de chasser les hérétiques de Fiance, de s'aUier à la ligue, de faire publier le concile de Trente, et d^établlr le tribunal de rinquisition. Pour exécuter ces projets, il était nécessaire de s assurer de la personne du roi : c^est ce qui lot tenté par le duc de Guise au mois de mai , et ce qui donna lieu à la juuiiiée des Barricades et k la liiite du roi. Celui-ci cependant feignit de se réconcilier avec le duc pour Fattirer aux Etats de Blois. La sénécbaussée de Toulouse s'assembla à Saint-Sulpice sur le Tarn, au mois de septembre, pour nommer des députés à cette assemblée. Horace de Bîrague évêque de Lavaur et Cornusson furent élus pour représenter, le premier, le clergé, et Tau- Ire la noblesse. On adjoignit, à Févéque de Lavaur, UitMdn de Saint-(}e!ais cvn|uo de Comminges. Le député du tiersétat fut i avocat Toumier. (Tétaient tous d'ardents ligueurs.
Pendanit la tenue des Etats de Mois, le duc et le cardinal de Guise furent irappés de mort par ordre du roi, et la l^e perdit eu eux sou principal appui. La mort de ces deux personnages était de la part do monarque une trahiscm et une lâcheté. Les députés de Toulouse (Urbain de Satnt-Gelais et Toumier) échappèrent on massacre^ et reviiiient dans cette ville beaucoup plus ligueurs que jamais. Ce triste événement fut bientôt suivi de la mort de la reinemère, qui expira au château de Blois le 5 janvier 4989. Cette princesse était comtesse de Lauraguais, du chef de Madeleine de iiatour, sa mère. Après sa mort, ce comté
Ti:.Mrs Muur,u.sf:B.
passa à Marguerite de Valois sa Me, qui en disposa plos
tard en faveur de Louis XIII alors dauphin. Celui-ci le réuuit à la couronne.
La nouvelle de la mort de MM. de Guise excita au plus haut point la colère des ligueurs h Toulouse ; à leurs yeux le roi o'élait plus qu un tyran auquel on ne devait plus obéissance et dont il fallait même se défoire à tout prix. Il faut convenir que ce déplorable événement n était pas de nature k rassurer les esprits sur la catholicité du monarque. Dès ce moment plusieurs personnages qui avaient fait cause commune avec la ligue labandonnèrent par respect pour la majesté royale, et préférèrent demeurer toujours iidètes au roi que de s allier à des sujets ouvertement révoltés contre le prince, quel que fut d'ailleurs le motif de leur révolte. De ce nombre fut Duranti. ^
Le roi écrivit à ce président pour l'engager à calmer Firritation de Saint-Gelais qui voulait passer en Espagnè et tâcher de le détourner de ce voyage ; en même temps les Parisiens écrivirent aux Toulousains des lettres pour les déterminer à abandonner le roi. Ceux-ci envoyèrent alorà des députés dans la province pour favoriser la sainte-union. On oi^anisa à Toulouse un conseil formé de dix-huit personnes dont six du clergé, six du parlement, et six dé' là bourgeoisie ; la première, pour le parlement, fut Jean de Paulo, et la première pour le clergé Jean Daffis, prévôt de la cathédrale. Ce conseil était chargé d'organiser la résistance. Peu de temps après rinstituUon de ce conseil, on lut au parlement des lettres du roi dans lesquelles il chercliait à justifier la mort des Guises qu il ailumait en vouloir à sa couronne. Le parlement, composé en grande partie d'intré-
lÂùes ligueurs, jura de rester fiâèle à la ligue, et refusa d enregistrer la déclaration royale par laquelle Moatmorency était rétabli daos son gouferoement du Languedoc.
Rien no pouvait arrêter le zèle des ligueurs toulousains : ils écrivirent au pape pour lui rendre compte de leurs démarches et le consulter pour savoir si, Henri de Valois ayant été frappé d'excommunication, ils étaient obligés de lui oMir» Duranti s*empressa d^avertir le roi de ce qui se passât k Toulouse. Le rd répondit en engageant ce magistrat à calmer rirritation des esprits, d'assurer aux Toulousains que son désir était d'oublier le passé, et de travailler de toutes ses forces à TcxUrpation de l'hérésie. Ces promesses royales ne purent apaiser le ressentiment des ligueurs, qui avaient malheureusement appris à ne pas s*y fier.
Les choses en vinrent au point que, sans attendre la réponse du pape, ils voulurent que le conseil des dix-huit rendit un décret solennel pour soustraire les Toulousains à rohélssance au roi ; ils avaient même refusé rentrée de la ville au sénéchal Gomusson, porteur des ordres du prince^
lequel l'ut obligé de so retirer a Castcliiau-d'Kstretefonds. Ce n'était partout qu'assemblées ou réunions. Dans le conseil de ville, le prévôt Daffîs prit la parole, et avec une éloquence entraînante lit voir que la religion calhoiique était menacée dans son existence en France ; que ce royaume allait devenir semblable à celui d'Angleterre ; qu'il ^lait . savoir mourir pour le soutien de la vraie foi, et que les ossements des martyrs qui reposaient dans la basilique devaient les exciter a combattre pour elle. En sa qualité de vicaire général 4^ Frani^is de Joyeuse, il ordonna des prié* res publiques. Ce fut alors que commencèrent à Toulouse
ces processions et œs préâicatîons de la saIntê'Wm» où l'on voyait marcher en tête Févêque de Comminges, Urbaia de Saint-Gelais, portant le e^aqai^ m lieu de la mitre^ Vépéù en modo do crosse et une cuirasse en guise de chape pon^tiûcale. U était suivi de François Richard provinckL des^ mii^iiies, d*Odard Motté jésuite» et de DoSard i^ré d& i3a< gnaux, qui excitaient le peuple sur leur passage. Venaieul ensuite tous les écoliers ; les moines» le froc retroussé» armés de méosquetou» ; la noblesse, et les magistrals i c'était la caricature de la ligue. Les trois prédicateurs qud nous avons nommés ne gardaient aucun» mesure eontrarllai roi et le président Dnranti dans les chaires de Salnt-S^knoe; Saint-Serniu et la Dalbade. Dnranti, quoique e&côUent catholique» n'était plus à leurs yeux qu*un enuemi, à cause do sa fidélité au prince.
Les ligueurs firent assembler le ccmseii de ville, et ïqu ^ déclara que Dnranti devait être âoigné de toute admioîs^ tration publique. Le président Bertrand, qui présidait l'assemblée, voulut imposer sitooce aux ligueurs, tpd étateuC soutenus par Grégoire et Tournier, avocats; mats cedmiier, après avoir fait un tableau saisissant de la mort des Guises, se tourne du côté du portrait du rm et dit : Autrefois, à Rome, on abattait les statues dc^ tyrans : il faut ici renouveler cette exécution. Une troupe de six cents hommes armés ettvafait aussitôt la salle. L^vocat général Daffis, ar« dent royaliste, prit alors la parole, et d une voix ferme re^ procha à Tour&ier sa cévolle, lui déclarait qu*il annât à se repentir de sa félonie. Il fut toutefois résolu dans cette assemblée qu'où appellerait désormais Durauti aux conseils de Fhôtel-de-vllle.
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TEMPS llÛi>EiU«B& 48a
La prudence semblait indiquer an premier président de ne pas se rendre aux vœux qui veuaient d'être exprimés. BiflQ ne put Vett détoomer : pendant troie jours amécntîÊ» il se reDclit aux assemblées sans garde et arec une mlAù assurance ; il parvint même par ses sages conseils à ealmer rffftorvescenco populaire. Le Irasième jour, on examina Ut question s il ne serait pas opportun de refuser obéissance an BOnierain et d'exiler ceux qui soutenaient sa canse. La scène qui s*était produite précédemment au sujet du portrait du roi se renoavelA de la part d'un liomme appelé Ghapellier. Doranti déclam alors qoMl ttHaîl s'en rapporter à la décision du parlement. AussiU^ Daffîs, son beau-frère, sort de Ï9aseuàAbà et se retire dans sa maison de campagne.
Le 27 janvier, le peuple se porte en tumulte à la maisuu du premier président, sitnée dans la me qui porte atijoBr- % dliui son nom, vis-à-vis de Téglise des Pénitents -Bleu s ; il demande à grands cris que le parlemem soit convoqué» R le fut aosâtdt, mats rassemblée se sépara sans rien dè* cider. Une foule immense de ligueurs entourait le palais; et comme partout il se troor» des êtres dénaturés, on fit dronler parmi des flots de peuple riBteniÛôtt de se déftdre du premier président. A Vissue de l'assemblée. Durant! mMa dans son cairosse d le cocher traversa la ville en
toute vitesse. Les factieux suivirent pendant qnelque temps le carrosse, chercltant à le percer à coups d'épées et de baEMaordes;mBis cette voiture étant forge et profonde, cda permit au président, en se tenant éloigné des portières, dCénter les Q0ii{i8donifiBrfiBt<chl]lésie»|tt&neaux. On était ééj^ arrivé au tournant qoi conduit de la me de la Pomme
18^ TBMP& MODEEHBâ.
à riiôtel Durant! lorsque le carrosse, heurtant avec fm»-
contre la margelle d*un puits, fut renversé. Le président quitta alors sa voiture et courut à rhdtel-de-ville tandis qù» les ligueurs s'attachaient à un laquais qui avaient TOidadè* fendre son maître. On ie traîna en prison.
A la suite de cet événement le désordre fut à son oooible dans toute la ville : les habitants qui s'étaient montrés fidèles au roi prirent la fuite, tous les magasins furent £dc- . més, des chaînes furent tendues et des hanicades éle^^c Ou dit que, vers minuit, Duranti se rendit dans son hôtel . pour y brûler des papiers importants et qu'il rentra U^alàt é après dans ThAtel-de-ville. Ce fait n^est point exact. U passa \ dnq jours gardé à vue, et peu d'amis allèrent le visitei\ I»6 u parlement, pour mieux assurer sa stiffeté, rendit mm^:/. qui lui permettait .de se rendre à Balma, château de l'archevêque. Cet arrêt rencontra quelques opposants, entrla«i-»:'. tresie conseiller Gauwels, qui craignait que Ducaoti, un», r fuis rendu à la liberté, ne fît à ses adversaires un mauvais ^ parti .n fut alors décidé qu'il serait transféré au co^f^t.^î des laeohîns : ce qui fut exécuté comme il suit Le i*^ fé*vrier, on envoya une forte escorte avec laquelle le prési- , j dent quitta lhôtekie*ville, ayant à ses côtés las évéquesidâr.u Comminges et de Castres, et suivi de deux capitouls. Arrivé > au couvent, il fut placé dans un appartement qui,deyaUiiu|Kt • servir de iMison. Vingtrcînq satellites en gardaient Tesklniei» ?à Rose Caulet, sa femme, fut seule admise auprès de Im.a^Vi^, 14 deux laquais. La recherche exacte que Ton ût de a^ip^ri vpters ne fit rien découvrir qui pût le compromettre.
Les ligueurSi trouvant qu'il était trop peu en sùreti^ <^ei$ ,fi les |acoNns,ses amis, proposèrent de le: faire tran^mwtftiti *
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dans la lour de Saint-Jean de Malte, près de la Dalbade ; mats le [HresideDt étant tombé malade, ce projet ne fut point eiéeulé. Malheureusement pour lui, le 7 février, on intercepta des lettres que lavocat général Dafifis écrivait au maréchal MatigQon k Bordeaux ainsi qu^au premier président son frère, pour leur demander du secours. H était dit dans ces lettres qu'on avait fait partir Guitard Batte, conseiller clerc de Toulouse, afin d'instruire le roi de tout ce qui se passait. Aussitôt Dailis est arrêté dans sa maison de campagne et déposé à la conciergerie. Batte fut pris et condamné à^nldrl. Daffts, dans son interrrogatoire, avoua qu'il avait émt ces lettres et avait dû les écrire. Elles disaient que Duflmti n*avalt point encore été mis à mort, mais que tout annonçait île sinistres projets.
La mort du président Duraoti fut dès-lors résolue ; on fit Mtendre au peuple que ce magistrat devait livrer la ville au maréchal de Matignon et aux hérétiques. De quoi n*est pas-capable une vile populace quand on parvient ainsi à la .tromper et à riniter ! Le 10 février, à trois heures du soir, une horde forcenée composée de lemmes, d'hommes et il'enftnis de' la plus basse classe, se porta au couvent des Jacobins, du côté de la rue Pargaminières, et chercha h enfoncer la porte qui servait aux charrois. N'ayant pu j pmkâf i ôn 7 mît le feu, et cette horde se précipita dans h cour du couvent. ChapelUer, qui la conduisait, aborda le prefellc^: {(résident en lui disant que le peuple voulait le voiri ;r^antl se revêt aussitôt de son grand cosftnme, se met à genoux pour faire sa prière, puis se relève, et se tournant'Ifim sa femme : < Madame, hii dit-il, Dieu m'avait » dorirté la vie, des biens et des dignités dont je serai bien-
IS6 TUtPS HODBa<N&S.
» tôt dépouillé. La mort est la fin âe la vie, inais elle n^en
» pas le châtiment. Mon âme, innocente de toutes les ca- • lomxûes qvLùa lui impute, va paraître iocessammeot deva&t » le trilNroal da soaverain juge. Espérons en Dieo, et il » nous sera toujours secourable l » Madame Durauti ue répondit que par des san^^ots. Tout^-^p ChapeUier en-* traîne le président vers la porte qui venait d*être brûlée, et le montrant au peuple, il s'écrie ; VoUà l'homme J — «iOni, » répliqua Duranti d'une voix ferme, me voicii 1 Mais qiiek » est donc le grand crime que j ai commis qui puisse m'at-, » tirer one haine aussi éclatante que celle q«e tous âites » paraître contre moi ?» Ces quelques mois prononoés avec calme et majesté arrêtèrent un instant la fureur du peuple ; un profond silence régnait an mUieii de^ cette multitude lorsqu*un coup de mousquet vint le frapper en pleine poitrine et le renverser. Dura&ti leva alors les yeu]^ an cîel comme po«r le prier de pardonner à ses asonsains.
Il vivait encore lorsque le peuple se jeta sur lui et le perça de miUe coups. Oa lui attacha ensuite les piedsiurec. une Gorde et cm traîna son corps tout ensanglanté an «nlteQ des rues jusqu'à la place Saint-Georges ; là on ie redressa sur ses pieds et on Faltacin au plori, où il demeura tonla. la nnit. Le portrait de Henri III fut placé den ierc lu cadavre, n n*y a pas d'oatrages qu'en ne lit subir à cemartyi? des fnreors populaires ; les uns lui amcbaiant la barbe^ les autres le tiraient par le nez en lui disant : Le roi i'4tmt si chers, te voilà moêmimasU atm luiJ
Après c^te afifrense scène, le peuple aeconrt Im Qm^ ciergerie, fait sortir Dailis, se jette sur lui, le perce de plttt> sieurs coups et laisse son corps^ eiîposé pendant teutte la
TBMfg MODBUiBS. 4S7
nuit ; de 1& il se porte aox priscAfi de rarcbevécbé où se
trauvail le laquais de Dui auti et le peDd. Le peuple se pré- 4iipîle ensuite à Th^-de-Tille, prend le portrait du roi et le traîne dans les mes en criant : A einq sols le foi t^rm, pour lui acheter le licol ! Eu mémo temps Tavocat Balbaria se rend à rhôtel Dorantî et le fiilt mettre an pelage. On eut à iciirutlLT \i bibliothèque, magiiiiiiiuo colleclion qui reolÎBrmait de précieux manuscrits. Le lendemain de grand Mlîn, le eapitool Balanquier et on antre de ses eollègnee firent enlever les corps de Durant! et de Daffis, qui lurent inhuméSt le premier, anx GordeHers, et le second à Saint* Afftoine do Salin. Il est à remarquer que le corps de Do* ranti fut euTeloppé atec le portrait du roi.
Ainsi périt, à Tâge de ctnqnante^inq ans» Jean-Etienne Durant ou Duraiili, fils d'un conseiller aux requêtes du parlement de Toulouse. Entré de bonne heure dans le barreau, il defint eapitool, avocat général, et enfin premier président. Il se rendit recommaudable.par son intégrité et laustéiité de ses mcBurs. Catholique ardent, il se montra le fléaa des hérétiques, et sut allier Tamovr de la religion avec la iidéiité à son roi. Toulonse dut à sa piété le collège des jésuites, les càptcîns, et les confréries des patents. Pleîii d une inépuisable chanté envers los pauvres, il établit los deu& confréries du Saint-Esprit et de la Miséricorde» la pr^ mière. destinée à doter les filles paorres, la seconde poar les prisonniers. Les hôpitaux, les religieux mendiants ou eisilés reçurent des marqnes de sa générosité. Partisan de la ligue tant qu elle ne s*étail pas séparée du roi, il Tabandonna euâmto lorsqu'il vit qu'il ne pouvait plus servir ses projets sans manquer de fidélité à son sotiverain. .
488 TBHPS MODEiiNËS.
Doranti nous a làissé deux onmgds, Vm qui a pour titre
De sacris Ecclesiœ Hitibus, divisé en trois livres, et faussement attribué à Danoés évêque de Lavaur, ou à Docand évôque de Mende. Trois jours avant sa mort, Duranti écrivit à Jean de La Barrière abbé de Feuillens pour le prier de faire approuTer ce livre, qui fut dédié av cardinal de- Pellevé. Jean-Ange Papius Tédita pour la première fois à Rome en 1591, et le dédia à Grégoire XV. Le second ouvrage de Duranti a pour titre : Questumes nokUimnuB, Ceslun recueil de questions relatives au droit civil et canonique recueillies au parlement de Toulouse. Jacques Ferrièresr annota cet ouvrage. Duranti fut marié deux fols ; la pre« mière, avec la Me du premier président Daflis, dont il eutune fille unique nommée Marie qui épousa Simon de C^rawlf conseiller au parlement. Il n'eut point d'enfants do Rose do Caulet, sa seconde femme. Rose et la ûlle de la première femme firent élever dans Téglise des Gordellers un ma^so* lée sur lequel était couchée sa statue en bronze. Passerai composa son épitapbe. Ses armes représentaient une iour mfferte sommée de sept créneaux et eitrmùntée d'une étoUe^
Antoine Dumai, médecin de Duranti, a composé une re-. lation assez exacte de sa mort, dont il avait été témoin 0cu-^ laire. Martel, avocat au parlement, donna au public une vie plus détaillée de ce président ; Ponsard consacra à s% mémoiiie un éloge historique qu'il présenta aux Jeux flo«; raux. Le buste de Duranti fut placé dans la galerie des illustres. La peinture et la gravure ont reproduit ses traits^
Quant à Jacques Daffis, il avait été d'abord conseiller au parlement, ensuite avocat-général ; il avait du savoir et une grande intrépidité. Il laissa quatre enfonts, dont Vun seule-
TBXPS MODERNEd. 489
ment perpétua sa race, et quitta Toulouse pour aller fixer
sa résidence près de Narbonne. Aucune marque dislinctive ne fut placée sur la tombe de cette victime des fureurs populaires, et son corps repose encore sans distinction dans la chapelle de Saint-Antoine, rue Pharaon.
Les ligueurs, après la mort de Duranti, forent maîtres de Toulouse. Ils écrivirent au pape Sixte V pour solliciter sou approbation a leurs actes ; mais le pape leur £lt répondre par le cardinal de Montalto, son neveu, d*une manière assez ambiguë. On fit célébrer à Toulouse des services funèbres à Saint-Etienne et aux Pénitents-Noirs pour feu Messieurs de Guise ; le parlement et les ordres de la ville y assistèrent. Urbain de Saint-Gelais célébra la messe, et le provincial des minimes prononça Toraison funèbre. Les Etats de la ligue à Paris avaient mis le duc do Mayenne à la tùtc de la sainte-union et Tavaient déclaré lieutenant^énéral de ia couronne et royaume de France. Instruits de cet événement, les Toulousains envoyèrent au duc quelques députés pour reconnaître son autorité. L'évêque de Castres, Gilles cba* hoine de Saint-Etienne, Calmels et Vignaux conseillers, les capitouls Balanquier, l'avocat Tournier et Jérôme Grégoire composaient cette députation. Il fut demandé à Mayenne d'erivoyer m Languedoc un homme de son choix pour y commander les troupes de la ligue. Le duc leur lit espérer renvoi du duc de 'Nemours ; en attendant, il chargea le marquis de Villars, fils de sa femme, lequel commandait la Guienne, d'aider les Toulousains de ses conseils. Il annonça en même temps an parlement qu il avait fait choix des sieui-s de Paulo et Benoit pour remplir les places devenues vacantes ffai^ U mort de Duranti et deBaflis. •ii • ■ ■ . . '* ■ , .
490 ram wmnms.
Lorsque Ue&ri 111 eui appris ia ùû tragique de ces ma* gigtrats, sofi indlgoatioii fol au comble. Daos le mds de février, il ordonna que le parlement, le bureau des linan- €68, la monnaie et toutes les cours fussent supprimées à Toulouse : il reprocha à de Paulo son ingratitude, et pro-^ féra tour à tour des menaces et des promises. Ayant su que le maréchal de Joyeuse entretenait des relations ayec Mayenne, il confia au duc de Montmorency le gouvernement du Languedoc, tout ^n lui offrant l'oubli du passé. Les ligueurs étant maîtres des deux tiers du royaume, Il s unit Qofin au roi de NaTarre pour combattre rennemi commun.
Le maréchal de Joyeuse assembla les Etats de la ligue, qui s'ouYrirent le 15 avril à Gastelnaudary ; Philippe Berthier et Jean Vezian^ ainsi que les Ticaires généraux de Toa«> louse, y assistèrent. Le 18, Berthier fit un iuiig discours pour £ûre approuver les articles de la ligue. Ces articles le forent en effet, et Ton invita Joyeuse à venir prêter serment de les observer. Le maréclial se rendit donc à 1 église des Gordeliers le 20 avril, et y jura d^obsmer les articles et de les faire observer aussi en tout lieu. L^assemblée, à commencer par les évéques, en fit de même, et Ton chanta le cantique Te Dmm en action de grâces. Avant de se séparer, on institua un Conseil pour aviser aux aiïaires du pays ; a Toulouse, le vicaire général Dalûs, un capitoul et deux bourgeois en forent créés membres et parties. Le duc de Mayenne établit alors Antoine-Scipion duc de Joyeuse son lieutenant-général en Languedoc pour la ligue, en Tabeence du maréchal son père qui était occupé à faire la guerre dans ia province contre Montmorency. D'après lavis de ses
miPS HODERKES. 491
oonseUlen, Seipion dmanda des secoure au vdI d'Espagne,
qui lui envoya quelques compagnies sous les ordres de don Pedro Pacheco. Le maréchal ayant convoqué à l'hôtel-deville de Toulouse les Etats de la ligue, 11 y fut voté des subsides pour la guijrre. Peu de jouis après, on apprit dans cette ville la mort dllearl 111, assassiné par le jacobin Jacques Clément (\^ aoât IS89). Cette mort inopinée engagea Montmorency et Joyeuse k faire une trêve de quatre mois.
Cette trêve ne satisfit pas les ligueurs toulousains, qui , désirant protester contre clic, se portèrent à des actes répréhensiblôs et complètement inutiles, car ils ne pouvaient que nuire à leur cause : ainsi ils firent célébrer aux Jacobins un service solennel pour le repus de l'âme de Jacques Clément ; les ordres de la ville 7 assistèrent, et Richard, provincial des minimes, fit son oraison funèbre ; <m alla jusqu'à exposer ca public le portrait du régicide et à mêler son nmn k eelni des saints honorés par TEgUse. Le parlement ne resta pas en arrière : le 22 août, les chambres assemblées, il raidit un arrêt pac lequel il était ei^oint de fidre tons les ans, le i« aoAt, des prières publiques en mémoire de la mort du roi, avec défense de reconnaitre, sous peine de mort , Henri de Navarre comme héritier légitime de la couronne de France.
.Le dernier jour de septembre, le maréchal de Joyeuse se rendit au sein du parlement de Toulouse où s'agitait une grave question, — celle de savoir si une célèbre confrérie du S'-âacrement établie par les ligueurs serait supprimée. L*avocat«général Canmels se pronon(|a pour la suppression, révèquo de Conimioges et le président de Paulo pour son maintien. Après des débats très orageux, il fut déclaré qne
49S mis voDBBiota.
personne à raveoir ne serait reçu dans celte confrérie, et qoe toas les étrangers qui ne seraient pas avoués par le maréchal seraient obligés de sortir de la ville. Joyeuse, prévoyant qu'il aurait de la difficulté à se liaire obéir, avait donné Tordre de fiûre approcher des troupes. Brassac, son capitaine des gardes, se présenta aux portes de la ville ; mais rentrée lui en fut refusée par les soldats du guet. A cette nouvelle, le peuple se soulève, se met en armes, et des prédicateurs excitent les habilauts contre Joyeuse. Peiidant que celui-ci se fortiûe dans rarchevécbé, des lettres sont envoyées pour faire approcher des troupes ; mais ces lettres étant interceptées, on se met aussitôt à ^nner le tocsin à la Dalbade.
A ce signal, la ligue organisa une procession solennelle ; tous les ecclésiastiques et religieux s'assemblèrent, chaque chapitre et chaque communauté marchant sous sa croix ; 'ûs portaient tous des armes. On se rendit d'abord à Saint- Semin et puis à la Dalbade. Une scène des plus singulières se passa alors dans celte église. L'ôvêque de Cominmgos (Urbain de Saint-Gelais) y entra le premier, revêtu d'une cuirasse et ayant à ses côtés un de ses gens portant une hallebarde. Il était deux heures après midi : le provincial des minimes monte en chaire, et dans un discours violent il exhorte le peuple à chasser de la ville Fhomme qui voulait la livrer au béarnais. S'adressant ensuite à l'évèque de Gomminges, il lui énonce qull est un nouveau Moï^e et qu'à son exemple il doit délivrer son peuple. Le sermon fini , Urbain de Saint-Gelais, suivi du minime, de Gément du Puy, provincial des jésuites, et d'Odard Hotté, auU« jésuite, sort de TégUse tenant de sa main gauche uu crucilix
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TBMrS X0DBRKE8. 49$
et de la main droite une épée qii1l brandissait avec force, et accompagné de tout le peuple il se dirige vers Tarchevéché. Joyeuse, arerti à temps, sortit furtivement par la porte du cluilre, sa rcluyia au château de Baliiia qui appartenait au cardinal son ûls, et de là à Yerfeil. Le maréchal ne put supporter Vhumiliation d'avoir été forcé de céder au peuple : il fit approcher le duc sou Ois, disposa de quelques corps de troupes, et resserra la ville par une e^èce de blocus. Mais révéque de Gomminges ne se laissa pas effrayer : il leva une compagme de cavalerie, se mit k sa tâte, et opéra plusieurs sorties dans Tune desquelles fut tué
le baron de Moiidcaard posté au château de Balrna.
Il était à craindre que la conduite des Toulousains à Fégard du marécbal de Joyeuse ne fftt împronvée par les autres villes du royaume : c'est ce qui les détermina k publier, le 10 octobre, un manifeste dans lequel ils cherchèrent à justifier leur conduite et énumérërent tous leurs griefs contre le maréchal ; en même temps le parlement ' rendit un arrêt par lequel il était stipulé qu*on ne ferait ' avec le marêcîial aucun accord que la ville ne fût armée. Conséquenunent à cette décision, on ht venir quelques trou- * pes ; le marquis de Villars arriva à la fin d'octobre avec deux cents chevaux et un régiment d'infanterie. Les Toulousains députèrent alors au maréchal pour lui témoigner la surprise que leur causait la reprise de ses hostilités. Celuici répondit que tant que lévèque de Comminges et le pro* vincial des minimes demeureraient à Toulouse, il continuerait ses attaques. Sur cette réponse, Urbain de St-Gelais résolut de se retirer. Villars fut alors chaîné de prendre la défense de la ^le et de négocier la paix. Cependant le duc
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494 TËMPs uodkunbs.
la pressait de plos en plus ; Denneville, Deyme, Ponpertuzat, Pechabou étaient tombés eu son pouvoir. 11 assiégeait Castanet lorsque Villars vint Tattaqaer avec deux régiments;
mais ayant été obligé de rétrograder, Castanet fut Ibrcé de se rendre.
Pendant que le duc de Joyeuse s^emparaît ainsi de quelques châteaux, le maréchal son père fit à Lavaur (15 novembre) TouTerture des Etats, il y exposa sa conduite, et n*oub1ia pas de rejeter sur Févéque de Gomminges la cause de tous les événements qui lui avaient mis les armes à la main. A la suite de ce discours^ la paix fut conclue entre Messieurs de Joyeuse et les Toulousains. L'une des conditions du traité fut que Févêque de Comminges quitterait Toulouse. Ce prélat partit en effet le 20 novembre, à neuf heures du soir. Son départ causa quelque tumulte» mais on parvint à calmer le peuple. Le il décembre, Philippe Berthier seigneur de Montrabe et François Yignals, députés du parlement de Toulouse, se rendirent aux Etats. Le premier prononça un discours à la suite duquel rassemblée ût serment de ne reconnaître aucun roi de France qui ne fût catholique, oint et sacré, et prononça l exciusion du roi de Navarre. Ce serment fut prêté le dimanche 7 décembre, dans l'église des Cordeliers, par tous les membies des Etats ; après quoi. Ils se séparèrent.
Vers la fin de Tannée, Toulouse devint encore le théâtre de nouveaux troubles ; Tavocat Tournier fut le premier à les exciter. Ayant demandé le retour de Tévéque de Comminges, le plus ferme soutien de la ligue, il .- empara de Tile de Tounis et se fortifia dans la tour qui la dominait. Inquiet de cette tentative, le parlement donna commission au pré-
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sident do l'aulo et au conseiller Bertrand de Merville d aller apaiser I0 tumulte. CescommissaiFes se mirent à la tête de la bourgeoisie et se dirigèrent avec leurs troupes vers Tile de Tounis. Ayant rencontré dans la grande rue de la Dalbade Fontages qui conduisait le conseiller Papus en prison, ils s'emparèrent de Fontages et le firent pcuJie. L'île fut bientôt attaquée et les ligueurs mis en fuite ; Tournier et Tabouët, leurs chefs, ne parurent plus. La plupart des coupables furent coïKiamués à mort et eurent leurs biens confisqués. La paix fut ainsi rendue à la ville.
A la foveur do cahne dont jouissait Toulouse, le cardinal de Joyeuse, qui , k son retour de Rome, s'était rendu à Narbonne, vint iàire son entrée solennelle le 7 janvier 1590 et fut reçu par tous les oixlres do la v ille. Lu prenant possession de son archevêché, il céda celui de Narbonne k révôque de Nhnes. Le 20 mars, il présida les Etats de la ligue réunis à Lavaur. La trêve entre le duc de Montmorency et le maréchal de Joyeuse ayant été rompue, celui-ci les avait assemblés afin de pourvoir à Tentretien de ses forces. Les £tats prièrent le maréciiai de Joyeuse de solliciter des secours du roi d*£spagne contre les hérétiques de la province, puis ils .-u ti <uisportèi eut ou corps h Toulouse et continuèrent leurs séances à rarcheyéché. Le cardinal fut prié également par rassemblée de réunir au plus tôt à Toulouse le concile de la province alin d'engager le clergé à voter des subsides pour les frais de guerce* On ordonna ensuite la levée de quinze cents hommes.
Conformément au désir des Etats, le cardinal de Joyeuse assembla à Toulouse, au mois de mai, le concile provincial, i ua des plus célèbres de noUe l^ijlise, et présida Vassem-
496 TEMPS S0IIER.%ES.
hlée il iaqucllc se trouvèrent Alexandre do Bardis évêquc de SaîQt-Papoul, Jean Du fiourg évêque de Rieux, et Uorace de Biragae éTêque de Lavaur, ainsi qoe les procureurs de Pierre de Lancrau de Lombez, de Pierre de Pamiers, de Pierre Dooault de Mirepoix, et du chapitre de Moatau])an (le siège étant vacant). Après rexposition de la foi catholique, on traita dans la première partie des devoirs des évêques, des chapitres et chanoines, des curés, des prêtres et clercs, des prêcheurs, des vicaires forains, des religieuses. La seconde partie traite des sacrements en général et de tous les sacrements en particulier, des morts et des sépultures, des reliques et images, des indulgences, des viandes d^endues, des fêtes chômées, des vœux et pèlerinages. La troisième partie parle des églises et oratoires, des chapelles qui sont sur les chemins, des écoles et congrégations de la doctrine chrétienne, des universités et collèges, des séminaires, des clercs, des hôpitaux et maladreries, des confréries et assemblées. La quatrième partie a pour objet Fexcommunicatîon, la juridiction ecclésiastique, la justice et la cour de l evêque, les affermages ou aliénation des choses ecclésiastiques et bénéfices, les dîmes et offrandes, la simonie et confidences, les provisions et résignations de bénciices, la résidence, la visite, le droit de patronage, la sainte Inquisition, les livres défendus, les hérétiques, magiciens, sorciers et astrologues, les blasphèmes, les usures, les testaments et leg»-pies, les exempts et privilèges. 11 fut ensuite enjoint k tous les membres de rassemblée d'observer et de faire observer tous ces décrets ; il fut aussi statué qu*on écrirait au pape pour lui adresser plusieurs questions, avec promesse de se conibrmer exactement aux i épouses du siège
TEMPS M0DBR.NB5. 197
âpostoUqoe ; eûûD on iDdiqoa le fatur coDcîle {N>ar le mois
d'avril 1595.
Tel fiit le concile ieuu à Toulouse par le cardioal de Joyeuse, et où fut proclâmée en grande partie la diseîplîne du concile de Trente. Nous possédons les décrets de ce eoncile en latin et en français. Non content de présider à cette assemblée et d*en publier les ordonnances, le cardinal renouvela, quelques années plus tard, les constitutions de Jean d*Orléans, ainsi qne nous le dirons en son lieu. Nous ferons remarciucr toutefois qu'il ne fut nulleineiU question au concile de 1590 des subsides pour les frais de la guerre.
Les hostilité continuaient toujours dans la province entre les deux partis : ainsi, le 5 mai, le capitaine Taulat surprit sur les ligueurs la Tille de Montastme, près de Touloose, Le duc de Joyeuse, qui était alors dans cette ville, se mit aussitôt en marche avec ses troupes vers Montastruc. Le 10 mai il ouvrit la brèche, mais il fat repoussé dans trois assauts qu'il livra ; cependant, au quatrième jour, les assiégés se Tirent forcés de se retirer dans Téglise, où ils forent passés au fil de Fépée. Le parti de la ligue se vit fortifié par six mille lansquenets tant espagnols que tudesques envoyés par le roi d'Espagne, qui débarquèrent le 1" août au port de La Nouvelle, près de Narbonne. 11 était nécessaire de pourvoir à la subsistance de ces étrangers : c est ce qui détermina le maréchal de Joyeuse à convoquer pour le 16 août, ;i Castelnaudary, les Etats de la ligue. Le duc son fils s'étant rendu à l'assemblée, y proposa son plan de campagne. 11 fut arrêté qu*on accorderait trente mUle écus pour la solde des lansquenets, et que les Etats se transporteraient k Toulouse pour s*y concerter avec le parlement.
198 TBIIV8 HODfeftNES.
Cet^te cour souveraine adopta les résolutions qui avaient été prises ; le ban et Farrîère-ban forent con?oqués pou? grossir l'armée du duc de Joyeuse ; et afin d'exciter le zèle des soldats» on résolut d*incorporer d'excellents prédicateurs et un prêtre dans chaque régiment. Le duc de Joyeuse étant rentré en campagne au mois de septembre, ce ne fut que prises et reprises de places de la part des deux partis.
Toulouse perdit en 1590 l'un de ses plus illustres enfants, Jacques Cnjas. il mourut à Bourges, après avoir donné un grand éclat à runiversité de cette ville, n s*y était d^iti* vement fixé en 1577. Grégoire XIIl avait tenté inutilement de fattirer à Bologne. On regardait à cette époque la juri&» prudence comme la science maîtresse dé toutes les autres et comme très-propre à hâter les progrès de la civilisation : c'est ce qui contribua puissamment k augmenter la gloire de Cujas. Son grand talent consista a répandre de l;i clai té dans les questions les pins obscures du droit, à faide de la connaissance qa*il avait des langues anciennes et de son immense érudition. Grâce aussi à ses savantes recherches^ le droit romain parut prendre une nouvelle vie : par lui le Gode Tbéodosien fut mis au jour, ainsi que le Uvre des Fiefs et des Décrétâtes. Les sommaires qu'il a faits sur le Digeste et le Gode de Justinien sont des cbe£s-d*oeuvre de clarté : il leur donna le nom de Ikiratitles. Il sut dépouiller Tancien droit de toute la barbarie de langage dont favaieni chargé les commentateurs, et lut rendit toute son antiquo politesse.
Cujas n'écrivait pas ses leçons ; il les donnait dans Tin* térieur de son cabinet , étendu sur un tapis eC entouré^ de
ses livres. On accourait à Bourges de toutes les parties de
TEMPS M0UEUNE5. ' 199
l'£urope pour écouter ce grand homme. Sa vie £ut calme
comme celle d'un homme qui , méprisant les distinctions de la terro, douoe toutes ses affeclioQs à la science qui lui offre le plus d*attrait. Sincèrement attaché à la foi catholique, Cujas demeura toujours Mêle à son roi. Il mourut le 4 octobre, et fut inhumé avec magnificence dans TégUse de Sarat-Pîerre-l&€aillard. Il ordonna par testament que sa Lilili ihcque fût vendue ; mais par une clause singulière il défendit de vendre aucun de ses livres à des jésuites, et recommanda de {)rendrc gaidt3 qiio ceux à qui ou en vendrait ne s'interposassent pas pour les jésuites. Cette clause bizarre ne s'accorde pas avec la visite qu'il rendit, à la tête de tous SCS écoliers, au P. Maldonnat, professeur de théologie à Bourges. Plusieurs auteurs ont écrit sa vie et fait son éloge ; Toulouse a lait dresser son buste et élever sa statue ; de plus, elle a créé de nos jours, sous la protection de son illustre mémoire^ une académie de législation. Cujas était polit de taille et assez fort, portait la barbe lougue, et avait une voix claire et ferme. Il eut de Madeleine de Roure, sa première femme, une fille nommée Suzanne qui épousa François de Bonacorci, gentilhomme du Blésois qui ne fut pas le plus heureux des époux. — Il existe plusieurs édi-r Uons des ouvrages de Cujas.
Le il janvier 1591, les Etats do la ligue s'assemblèrent de nouveau à Gastèlnaudary ; le cardinal de Joyeuse les pre^iJa. il fut député auprès du parlement pour terminer un différend survenu entre Vigoals, syndic de la provincoi et cette eour, au sujet du bail de la monnaie de cette ville^ Peu de temps après, le cardinal partit pour Home. Les hostilités entre les deux partis reprirent leur cours dans
tOO TUFS H0DBBKB8.
TAlblgeois ei le pays castrais. La cité de Carcassoûoa se tronyant depuis longtemps an pooToir du maréchal 0I àvt . duc de Joyeuse, leur dessein était de chasser les royalistes de la Tille : c*est ce qal avait engagé Montmorency à y bke constniire dent eitadelles. Dans la nnit dn 16 décémbnd, le duc fit approcher un corps de troupes, et ayant gagné à son parti le joge-mage Philippe de Roui, il se rendit mat^ tre de ia ville. Le parlement, qui s'y était réfugié, se vit contraint de se rendre à Beziers où il continua ses séances. - Un Te Deum fdt chanté à Toulouse dans réfi^se mélropo^ ". litaine en action de grâces pour ia prise de Carcâssonne^ « Par nn singulier retour des choses dld-has, on fit au ptè*: ! ^dent Duranti et à Daffis de splendides funérailles dans la même église ; les capitouls et toutes les compagnies de la Tille y assistèrent.
Le 5 janvier 1592, le due de Joyeuse se rendit k Toulouse ; il y fut reçu avec de grands honneurs. Cest là qu^il . ai i 11 it la mort de Gnillanme maréchal de Joyeuse, son père, arrivée au château de Couissan. Le corps fut iniiumé chez les cordehers de Limoux. Le doe de Mayenne nonnost aussitôt Scipion duc de Joyeuse à la place de gouTemenr ' général du Languedoc et à la dignité de marédial de France. Le 3 février, il fit à Toulouse rouTertore de&fitaB de la ligue, qui s assemblèrent dans le réfectoire des Au- • gustins. L'évéque de Lodève« qui présida rassemblée, y fil • Féioge du maréchal. On donna de grandes fêtes à Scipion de Joyeuse, entr autres une représentation théâtrale au collège des jésuites, à laquelle il assista. La pièce, qsA M jonée par les écoliers, avait trait aux nouvelles expédiUûBS du duc.
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Pendant la durée des Etats, Scipion se rendit avec ses
troQpes, au nombre desquelles on comptail quatre mille lansquenets, devant Miremont, petite ville située à trois lienes sud^est de Toulouse. Viviers, qui en était seigneur, la défendit pendant quelque temps; mais ayant été obligé de ae rendre, la garnison fut Êûte prisonnière de guerre. Au commencement de juin, il reçut à Toulouse le cardiiial son frère qui arrivait de Rome. A la prière des Toulousains, Scipion dirigea ses forces vers Montanban, où plu*sieurs châteaux tombèrent en son pouvoir. A la fin du mcâs, il se trouvait devant Villemur^ ville située sur les bords du Tarn ; Raynier y commandait Themines, gouveif^ neur de Montauban, ayant rencontré dXpemon à la tète de ses troupes, rengagea à se diriger vers Villemur. Â cette nouvelle, Scipion de Joyeuse alla camper sur la lisière de la lorôt ; mais première rencontre eut peu de résultat. D*Epernon, qui désirait aller voir sa mère au château de Caumont, laissa le soin de cette expédition à Saint-Maigtiu et à Bonouvrier, ses maréehaux-de-camp.
A la suite de quelques expéditions qu'il fit dans le pays, Joyeuse reparut devant Villemur avec son armée. Raynier, se Toyaiit investi , sortit secrètement de k place et se rendit à Mootauban pour y prendre des troupes. La place, en son absence, lut confiée au baron de Mauzac. Le 17 septembre, Joyeuse fit battre en brèche et donner Passant le lendemain ; mais Tbemines, qui était parvenu à rentrer dans la place avec ses troupes à Tinsu des ligueurs, repoussa Vassaut avec vigueur, délit un rùgimuiit de Toulousains qui venaient au secours de Joyeuse, et obligea celui-ci à décamper. Mais, ayant reçu des renfbrts, il reprit son an-
302 TBHPS «OD^RNBS.
cien camp, le fortifia, et recommeiiça Tassaul de la place. Quand il sat que Chamband, goBverneur da haut Lan^e*
doc, s'avançait avec de nouvelles troupes, il alla puur les attaquer et remporta quelques avantages. Il fut alors décidé dans l'armée ennemie qu on irait attaquer Joyeuse jusque dans son camp. £n effet, le premier et le second retranchement furent forcés. De son côté, Themines sortit de la place et pressa tellement les ligueurs que, se voyant pris entre deuK feux, ils cberchèrent leur salut en traversant le Tarn sur un pont de bâteaux. Ce pont s'étant rompu, la plupart se noyèrent. Ce fut aussi le déplorable surt de Sdpion de Joyeuse, qui perdit la vie avec trois miUe de ses soldats ou dans les eaux du fleuve ou sous les coups de Tennemi.
Ainsi périt, le 17 octobre 1592, Antoine Scipion de
Joyeuse. Il n'eût pas eu une ûn aussi tragique s'il avait écouté les conseils du P. Ange son frère, qui le pressait beaucoup de lever te siège de Yillemur. Son corps, ayant été retiré de l'eau, fut porté aux Minimes de Toulouse et placé en dépôt jusqu^au jour de ses obsèques. La oonsternaLion devint générale à Toulouse lorsqu'on apprit la nouvelle de sa mprt ; les capitouls se rendirent de suite aupcès du cardinal son frère pour lui offrir leurs compliments de condoléance. Le parlement voulut lui conférer le gouver- . nemenl, mais il le refusa. On se tourna alors du. côté du P. Ange de Joyeuse.
Ce religieux, prétextant les vœux de sa profession, refusa d*ab(Mrd; mais plusieurs gentilshommes ligueurs déteam* nèrent le cardinal à convoquer k rarchevéché une assemblée de quelques évoques, de curés, de professeurs m
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théologie et en droit caDonique, et on y décida que le
P. Ange devait, sous peine de faute grave, prendre le coramandement de Tannée. Après cette décision, toute la noblesse se rendit au couyent des capucins et Ibrca le religieux à quitter sa cellule.
Ce TieiUard, cédant enfin aux soHicitaUons, quitta Tbabit de son ordre, se revêtit du costume de cheyalier, reprit ie grand coidou de l'ordre du Saint-Ksprit, et se dirigea, au milieu des acclamations du peuple, vers la cathédrale. Arrivé devant l'autel principal, il se prosteiiia genoux sur les degrés, puis, saisissant d une main ferme une épée nue, il la leva assez haut et dît qn*9 ne la prenait que pour le soutien de la plus sainte des causes. Il prit eu môme temps le titre de duc de Joyeuse.
Sur ces entrefaiites, Guillaume Maran, célèbre professeur en droit dans Vunivcrsité de Toulouse, fut envoyé auprès du pape pour obtenir les dispenses nécessaires au nouveau duc. Au moment où Maran cinglait vers Livourno, il fut pris par les pirates d'Alger et conduit en captivité ; il la subit Fespaoe de huit mois. On paya sa rançon quatre mille écus. Le pape accorda d abord on 1594, à la sollicitation du cardinal de Joyeuse alors à Rome, une première dispense par laquelle il fut transféré dans l'ordre de Malte pour y être pla^é au titre de prêtre et non de chevalier, avec permission de porter lhabit court pendant la guerre, de commander les troupes, et de gouverner la province- Far un bref du 15 mai 1595, le pape lui permit de porter rèpée toute sa vie, de posséda tontes les dignités séculières, et par un troisième bref, de pusiàcder toute ^sorte dd biens et d*en disposer.
204 T8MFB ■ODSimS.
Le p. Ange se rendit au parlement : là, sur Finvitation des membres de cette cour, il partagea le gouyemement
avec le cardinal soo irère, qm eut Tadministratioa des at- Étires tandis qu*il réserva pour lui le commandement des armées. Le duc de Mayenne, par des lettres données à Paris en date du 26 novembre, approuva ces dispositions. Le premier soin da nouveau duc de Joyeuse fut de convenir d'une trêve avec le duc de Muulmurcncy. Celte trêve fut signée te 14 novembre, après la tenue des Etats de la ligue à Garcassonne, qui furent présidés par le cardinal de Toulouse.
Âu miliea de toutes ces agitations de la politique hu*
maine, cei archovÙLiuc s'occupaiL aolivemonL du ^oin de régler la discipline ecclésiastique dans son diocèse : ainsi, le 10 août 1592, il rendit une ordonnance pour ceux qui devaient être promus aux ordres sacrés. Cette ordoiiuauce est d*une assez grande étendue : c*e3t ce qui détermina T& prélat à en publier en même temps un abrégé.
Le premier jour de Tan 1595, le duc de Joyeuse ût sa première entrée solennelle en cette ville ; il fut reçu par . les capitouls. Etant monté h cheval, il alla descendre à régUse métropolitaine, où un Te Dmm fut chanté. 11 était accompagné par le sénéchal Gomusson et les barons d*Âm- •bres et de Montberaud. Peu de jouls après, arriva la maréchale de Joyeuse, mère du cardinal et du duc* On profita de sa présence pour prier cette dame et les deux seigneurs ses fils de permettre qu on inhumât à Toulouse le corps de Scipion : ce qui fut accordé. Les funérailles fàrent donc célébrées avec une gi ande magnificence, et le corps inhumé dans le chœur de Saint-Etienne. Le cardinal présida aux
TIHIS MOraBHESé 20â
obsèques cl le P. (iunUau, jésuile, prêcha loraison luaèbre. D après TaoUque usage, Tarcbevéque do&Da un repas à tOQS ceux qoi avaient assisté à la cérémonie funèbre.
Le 21 octobre, Henri de Joyeuse, qui venait d'essuyei^une maladie assez grave, assembla les £tats de la ligue à Albi, par ordre du duc de Mayenne. Il y fut résolu qu'on renouvellerait le serment de la sainte-union et quon ne reconnaîtrait aucun roi qui oe fût catholique. Le cardinal arriva aux Etats un dimanche, dernier jour d'octobre, et se rendit dans la chœur de la cathédrale d'Albi pour la prestation du serment. L*évéque de Lodève célébra la messe du Saint- Esprit. Le cardinal lit son serment sur Tautei, et touâ les assistants le prêtèrent ensuite entre ses mains.
Le 3 novembre, le cardinal partit pour Rome. Nous allons exposer brièvement les motifs de ce voyage. Le duc de Mayenne et les principaux ligueurs, voyant que le roi Henri IV était partout victorieux, résolurent d'élire un roi. Ce projet effraya les prélats et les seigneurs catholiques du parti d^Henri, qui engagèrent ce prince k embrasser la foi catholique ; ce qui fut exécuté le dimanche îio juillet. Cette conversion porta un coup mortel à la ligue, et plusieurs villes l'abandonnèrent. Henri IV envoya alors à Rome nne ambassade dans le but d'obtenir l'absolution du pape ; Mayenne, de son côté, y envoya le cardmal de Joyeuse et le baron de Sénecé pour faire opposition au princQ. Cela n'empêcha pas le duc de Mayenne de Mre avec lui une trêve qui se prolongea jusqu'à la fin de l'année.
Avant son départ pour Rome, l'archevêque de Toulouse avait rendu deux ordonnances, l'une relative aux divers oratoires que les confréries des pénitents avaient construits
TEMPS MODEBNES*
dans la ville, 6t Fantre portant défense de rien publier aux prônes des églises paroissiales sans la permission de Tordl* naire.
Le dimanche 27 février 1 594, Henri IV fut sacré à Chartres par Nicolas de Thou> évêque de cette ville, et le • 5^ mars il fit son entrée dans Paris. Ces événements détachèrent du parti de la ligue un grand nombre de viUes ; mais celles de la province persistèrent dans leur opposition au monarque. A Toulouse, quelques membres du parlernent» ayant reconnu son autorité, crurent prudent de se s^arér du reste du corps parce qu'il restait toujours attaché au parti de la ligue.
Dès qu'on eut appris k Tonlouse la reddition de Paris, le duc de Joyeuse se rendit au parlement, et il y fot déeidë que les capitouls veilleraient à la garde de la ville; quon enverrait un député à Mayenne pour Tinstruire de Tétat des affaires, ainsi qu'au cardinal de Joyeuse à Rome; qu'on écrirait enûn à toutes les villes du ressort pour les inviter à se maintenir sous Tobéissance de la cour, du duc de Joyeuse et du marquis de Villars.
Arrivèrent alors à Toulouse Antoine de Bruyères abbé de Villeloin , neveu du cardinal de Joyeuse, et le président de l'Estang. Le premier avait été député par le clergé de cette ville aux Ëtats de Paris; quant un second, qui ' avait d'abord exercé l'office de lieutenant-général k Brives où il était né, et qui était frère de l'évéque de Lodève, il avait traité de la cbarge do président Maignial et s'en, était fait pourvoir par Mayenne. Se trouvant l'un et l'autre à Paris, le roi les chargea d'une commission pour le parlement de Toulouse. Cette commission tût communiquée
Tnin MODfiuiBS. 207
au président Bcrlraiid, et le Ti avni on lut en pleine assemblée récrit qu'ils avaieut composé à ce sujet, et dans lequel ils rapportaient les intentions du monarque. Henri IV faisait entendre au duc do Joyeuse que ses affaires étaient prospères ; qu'il avait usé d'une grande clémence envers tous ceux qui avaient reconnu son autorité, et qu'il était disposé d'en agir de même à legard des autres qui imiteraient cet exemple; que, sur Tobsenration qui lui avait été Êdte, il laissait a Rome le cardinal de Joyeuse.
£n conséquence de cette communication royale, le parlement députa un capitoul au rm et la ville de Toulouse un autre pour traiter avec ce prince ; un troisième fut envoyé au cardinal pour lui donner avis de ce qui se passait dans le pays, le priant de s'interposer auprès du pape pour le bien général de la religion en France. Les députés envoyés k la cour furent Pierre Rahou et Marie-Ânne Saluste, anciens capitouls.
Le duc de Joyeuse se trouvait alors à Lavaur, où il ou- Trit, le 9 novembre, les Etats de la ligue. Ils furent pré- ' sidés par Christophe de Lestaog, évêque de Lodève. On y remarquait Jean Daffîs, vicaire-général du cardinal de Toulouse, et ceux de Ricux et do Lavaui ; on y lut les lettres de Tarchevêque de Toulouse, et le serment de la sainteunion y fut renouvelé. Cependant le roi pressait toujours le duc et le parlement de lui rendre soumission et obéissance. Â cet ^et, il envoya à Toulouse Âymeric de Vie, conseiller d*état, qui devait s*abouciier avec Joyeuse. Ce projet de négociations alarma les ligueurs de cette ville. Le cordelier Blaorel, Tun des plus fougueux, les convoqua le 10 décembre et les conduisit au parlement. Calmels , conseiller-
SOS Tnrvs «odbbnes.
dere et grand-vicaire du cardinal de Joyeuse, s'avança pour leur demander le motif de leur présence, fis déela-
rèreut qu'ils ne voulaient pai> qu'on traitât avec le roi de Navarre avant de connaître ce que le pape avait résolu tonchant 1 excommunication de ce prince ; que, si on alkût plus loin, ils feraient fermer toutes les églises. De la cour» les ligueurs se rendirent à rhôtel-âe-ville, dont ils forcèrent les portes, et ûrent la même déclarâtion aux quatre capitouls qui s*y trouvaient. Gomme parmi les ligueurs ^ren~ contraient beaucoup de religieux de différent» ordres,v4e parlement ordonna au grand-vicaire de l'archevêque de convoquer tous les supérieurs ainsi que le provincial des jésuites, alhi qu'il fût défendu à tous les prédicateurs de heu dire qui pût exciter le peuple. Le P. Lagarde, de- la compagnie de Jésus, homme doué d'une éloqrteaceeàtriinante, reçut ordre de se retirer. Les capitouls, par ordre de la cour, levèrent chacun cinquante soldats pour veitter à la sûreté des habitants. '
Pendant que ces événements se passaient à Toulouse, les £tats de Lavaur envoyèrent des députés au parlement pour le prier de ne rien conclure avec Aymeric de Vie. Au retour de ces députés, qui lirent part des bonnes dispositions du duc et du pariement, les Etats dressèrent des articles quils envoyèrent au parlement. Il y était déclaré que les Etats voulaient la paix, mais avant tout la conservation de U religion catholique ; qu'il ne fidlait pas trop se fier an roi de Navarre nouvellement converti ; que, dans les villes de Funion, il fallait empêcher Fexercice de toute autre religion que la religion romaine ; qu'ilo ue reconnaîtraient pas le connétable de Montmorency pour gouverneur du Langue-
Digitizod by C<.jv.'vic
TBMPS MODËEiiES. ^09
doc ; et que, si on leur refusait le duc de Joyeuse, ils regarderaient ce refus comme une marque du péril où se trouvait la religion ; eufin il fut couclu qu*ou ne reconnaitrait point le roi de Navarre si Ton n*avait satis£actlon 'sur tous ces poiuts.
Aymeric de Vie arriva à Toulouse le i8 décembre ; deux jours après, il alla li riiôtel-de-ville exhorliT le Conseil à se soumettre à Sa Majesté. Le capitoul Bertiiier expliqua la eoDdoite des Toulousains par leur zèle à soutenir la religion. Ou nomma ensuite une commission qui devait conférer avec de Vie sur les réponses du roi aux demandes qui lui avaient été adressées. De son côté, le pariement nomma deux présidents, quatre conseillers et ravocat-gcnéral Caumels pour s*entendre avec lui. Le 22 décembre, les députés de Lavaur présentèrent les articles votés par les Etats, et le 26 on tint chez le président de Saint-Jory une grande asmablôe k laquelle se trouvèrent Aymeric et le duc de Joyeuse : on y rédigea de nouveaux articles, dont les plus essentiels étaient que ce dernier demeurerait seul gouverneur de la province ; qull n*y aurait aucun exercice de la religion nouvelle à quatre lieues autour de Toulouse, et .que le roi accorderait séparément Tabolition des poursuites contre les meurtriers du président Duianti et de l avucalgénéral Dafûs.
Ces articles furent remis à de Vie, et le 7 janvier 1595 le parlement rendit un arrêt dans lequel le roi était reconnu souverain légitime, s*il voulait bien les accepter. Les Etats de Lavaur adoptèrent ces articles et se séparèrent le 25 du mois de janvier.
Le roi approuva la plupart des articles qui lut avaient été
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adressés ; mais enrayant refiisé tiiii^lqu^s a^itre^,. ,1e, ^
rciidil à Toulouse à la tête de cinq cents, çkj^\:îjLU4\, jôtjnfit
rapréseiitatîQps qnîlqiff^iient faît^ A\ ffeuv^^ ê^ Fl^t^7, de-^iUe et des parûtes de la cité. Sur. 0^3 e^i,U^^l€^i frè**^ Màurel monta ea ebaire à Saiat-^âDiia ejl §0 ipitl^ ps^^; avec beaoooup de vâbémenee eo foreor de la ligua ; pji:^s, hraDdisfiant au grand coutelas dune ^ugua. «t.u^tçi:^çil$^ de Tautre, il ae mil à pareoorir ainsi toutes^le^ rqjBs4ft,la ville et arriva au palais à la tète d'une bande aimée. , le parlement iît aus&itùt lBrm^r le& partes* M dpc i^^oy^p;^ étant arrivé avea ses gens d*armef», députa lebaraa^*^^^' bres vers le parlemeot pour l'engager à se retirer : ce qv|i fat aooepté par le>pré$ideat de Saipl-Jory. JLeilea^iiiifiii^^ la plupart des officiers se rendirent à Castelsarrazin, où le parlemeQ^ tint ses prem^çes 3éance3 )e p mai^ J^.xl)o§^> allaient de t^le sorte que eette cour sonveraioe se frpp^ divisée en trois fracLions ; les partisans du loi siégèrent Beziers, lealigq^ivr$ modérés à Ça^lsarra^if),. ,et;i)eâ;jiiT gnenva foDgoeaX'k TonloQse. • ^ v ^
De Vie ayant appris ees évÈpe^pents, en ij[^b^ruii>iAi§w?§iri tftt'Hem Wb qpi éerivii aux vill^. de la province |Kfqr,^ plaindre delà oonduite ambitiense' do doCrdeiQyeuse. En môme temps il autorlsa les men^brps du p9rlement.de«TfiU-; louse, qui avaient quitté cette ville, à a^la^^bler^ leur semblerait : ce qui lit que la cliambre dos requêtes les trésoriers de France e^. du prési4ial. se rendirent k tonr à Castelsarrazin. Le roi. ayant annojpycé que. )a fti|ve
était rompue, les hostilités recommencèrent de part et dTatUre. Le' doc de Veotadour et le maréchal de Matignon téçfivetiit ordre'de 'mareliél'<5ont««layjHe de-Toulouse. Les ligueurs se réunirent dans cette ville le 7 de mai ; rassemblée ^e pft»loiigëa jiisquTaa 8 juin; éfiloqtie à larioeUe Joyeuse revînt à Toulouse. Il fut décidé cpi'on ferait en sorte d'obtenir la continuation de la trêve, et Ton se sépara après avoir IrenbuVelé le sermenl dé la salnte-tmioD.
■ Le duc de Ventadour prit alors- la résolvition de pousser vivement les ligoeors. Après avdr convoqué à Castres* le 4 juin, les Etals de la province et avoir obtenu pour les lirais de la goen^ 9600 écus, il ût une levée de deux mille quatre tcents hommes et commença la guerre. Le 16 juin, Saint-Papoul fut pris et livré au pillage. Ventadour passa ensuite TAgoot et se dirigea vers Toulouse, il assiégea Montpltôl» dont il fit pendre les consuls ; Braguières se soumit volonlaiicmcnt, et Ondes fui pris d'assaut ainsi que Gastelginest ; Fenouillet fut réduit en cendres et la garnison pendue. Il alla ensuite camper au couvent de Saint- Roch, aux portes de Toulouse, et lança sur la ville une volée de coups de canon. Les Toulousains, animés par le duc de Joyeuse, se disposèrent à opposer une vigoureuse résistance : tous les habitants ftirent armés ; on enferma dans les couvents les hommes suspects ; les meubles des gens du park nirnl furent vendus pour fournir aux frais de lat défense. ' Mais Ventadour jugea pas convenable de faire le siège de Toulouse, et se porta vers Caslanet, qu'il prit et brûla. Venerqae, Mourville, Lavalette et quelques autres fifrts tomhêr^nt en son pouvoir, puis il congédia son armée.
Joyeuse se mit alors en campagne. Après avoir pris Gri-
tit Xt99S HODEBKES.
solles, il fit pendre Fenelon qui y commandait, et pui.s^ se présenta devant Cs^lsarrazia, qa"^ abapdoima proo^pii^ment sur la nouvelle qu'il reçut que, las de la guerre, les habitants du Carcassez et {in Narbooais désiraient $e soumettre an roK De retonr à Toulouse, Joyeuse fit demander une trêve ; elle fut accordée le 25 scptcm])rc. Le parti de la ligue s'aâaiblissait de jiOur eu jour : c'est ce qui détermina le duc de Mayeune à £sdre sa paix avec le roi. Joyeuse, de sou côté, songea aussi à faire la sienne. A cet effet, il couYoqua une assemblée, le ^ novembre, dans le réfççloire des Augustins, y exposa Fétal des affaires, et conclut en demandant à traiter de la paix dans une coniîérenQe.qui se tiendrait à Verfeil. Cette conférence fut en effet tenue ; on y rédigea des articles, que le baron d'JJaiiterive fut chargé d'aller proposer à la cour pour traiter de la paix. .
Depuis quelque temps les jésuites avaient acquis de Jean de la iiourdière une maison située sur la place de la Capelp
redonde ; ils y construisirent une chapelle, avec le cpnsen* tement du cardinal de Joyeuse, du curé delà Daurade, et malgré ropposiiion du prieur claustral du monastère, Le 8 septembre 1594, le cardinal Tavait bénie solennellement. C'est en ce lieu qu iU ouvrirent leur Noviciat. Un événement imprévu vint alors arrêter le bien qu ils opéraient parmi les grands et parmi le peuple. A la suite de Fattentat de Jean Chatel contre Henri IV, ce monarque avait rendu un édit qui les expulsait du royaume, édit qui fut enregistré par le parlement de Paris. Jean Chatel avait étudié quelque temps chez les jésuites : c'en fut assez pour les croire les instigateurs de ce misérable, n est cependant souverainement injuste d'attribuer aux maîtres les en eurs ou les cri-
TSMPS ItODERKEâ. 943
mes de leurs élfeves. Des perquisitions fûtefi dans la oeUuie
(lu P. Guignard «m collège de Ocrmont de Paris, dont il était bibliothécaire» amenèreot la découverte de quelques manuscrits ou pamphlets renfermant la doctrine du tyran» nicidc et de grossières injures contre des têtes couronnées. Si ces divers écrits étaient dans les mains du P. Guignard, rien ne prouve qu*il les eût composés et qu'ils représentassent ses opiuions personnelles sur cette matière dont on parlait alors assez Tibrement dans toutes les écoles. Quoi qu'il en soit, le P. Guiguard lut peudu et brûlé eu place de Grève.
Les jésuites, bannis de Paris et de quelques autres provinces, trouvèrent un asile à Toulouse, où ils élaieut protégés par le parlement, qui soutenait encore le parti de la ligue. Gela n'empêcha pas la partie du parlement royaliste séant à Beziers de rendre un arrêt (21 mars 1595) qui les expulsait de la province. Pierre de Belloy, avocat général de cette fraction du parlement, prononça à cette occasion contre les jésuites un plaidoyer très emphatique où il commençait par citer Aristote et Isocrate.
L année i:i96 devait enlin voir Toulouse mettre un terme à la ligue. Le roi, après avoir examiné en son conseil les articles du duc de Joyeuse, répondit fevorablement. S*étant rendu dans le mois de janvier au château de Folembrai, il y conclut un accommodement avec les ducs de Jbyeuse et de Mayenne et presque tous les liii^ueurs. Il rendit ciisuilô plusieurs édits pour répondre à toutes les demandes qui lui étaient adressées. Celui qui regarde la ville de Toulouse contient vingt-quatro articles, dont le plus essentiel porte qu'il n'y aura d'autre culte que celui de la reiigiOQ catho-
TEMPS MODEaNËS.
^iqne k Toolonse et & q&àtr» lieneft à yentonr.. Il ..atscoidà
le titre de maréchal de Franco à Joyeuse et le nomma sun lieuteûaa^géûéral ea Languedoc. La ^iaD¥<^riôesciigoçuj: c^Nivoqos soleaneHemeât les Elate de laligod dans ttbot toire des Augustins de Toulouse et leur exposa l'état des affaires. Le i^février, m fit la proeessiûit ocdleaît)^4^:ti mars, lelmron d'Hanterlve, reveini de la 0(rar^ fittenir^uiie séaûce où révoque de Lodève, qui la présidait > déclara que Ton pouvait, en sûreté de eonscience, reconnaîtra fleamtde Navarre comme souveiuin légitime. Le 15, le mai écliai de Joyeuse apporta aux; Etats rédit de Folembrai, ^t laii^ian syndic la liberté de remontrer au parlementles actic|es(3iir lesquels on avait encore ht si in de s'entendre. j ^
Le môme jour IS mars, Tédit de Folembrai fut enrc^gislrt au parlement. A trois heures, Joyeuse et les membres :âes Etats se rendirent au réfectoire des Auguslios, oii fotifiervi un splendide festin sur trois tables. Après la repas^^cb se transporta d'abord dans l'église pour y chanter un Te Deum en musique, et puis sur la place Rouaix, où Ton avait dress^ un immeoise bûcher. Là, le maréchal de Joyeuse, Véfiktm de Lodëve, le baron d'Ambres et un capitoul mirent le li^ aux quatre angles de oe bûcher, qui s'embrasa bientét aux cris mille fois répétés de Vim le roi ! De leur côté, les capitouls firent chanter un Tslkum à la cathédrale. et mirei^ le féu à un secbnd bûcher sur la place Saînt-Etienasi^t > ><>
Le 17 mars, les capitouls et les bourgeois prêtèrent sei^ ment de Méiité au roi. Le marquis de Mirepoix et de sieur de Rochemaure, envoyés par le monarque, ar vitètient «à Toulouse et demandèrent quelques subsides, qu'on s excusa d'accorder par rapport aux grandes dépenses = du* ps^fs^
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farent envoyés pour saluer le roi et lui demander la oou-
mkJ Fbô après, le» tNirïmliédt'idë Clastdsamsia a&fiiiottà ceh]i de Touipuâe (51 mars) pouf se reiidiuau château do £kiiil^t7; 6» oBr vefMi^ S^affU. lineigraDâA partie de
la noblesse étant allée aa-dovaut de lui, olle lui iii curlt'i.^i'. Le' duo de Joyausoi aHa^ salaer m ii^i&trate du poai de rHmJDèd leor arrivée, ils s» •rendirent à h salle d*âiidience, où lo présideui Pierre Du Faur de Salut-Jory pro- «lôaça mdisboiirs sat knr réamon* Ce magistrat fut plus ttrdlitpâniié ^iMter fn'ésident m parlaient du Eanguedoe. An mois d'août^ Joyeuse partit pour aller saluer le roi, et Wtû6 nftonir an mois de saplemlm à Tonlonse» où on lai
lit inio récepliun solennelle.
' Âiosi Toulouse et la province, après s'être livrées à tautœ las'fnrears de là ligne, reconnurent rantorité d'Henri IV,
tsèjurant ainsi tout leur passé. Les serments de l'exclure à Jamais du tr6ae forent «ffîioés par la. paix,; et cette ligne si menaçante, si ardente, si absolue, se termina à Toulouse ^r un epiefidide destin, m Te Dmm et un ieu de joie. ^ ' A ûntsttr de: la pais, le cardinal de loyense rendit plosieurs ordonnances pour le bien de son clergé et des peuples oonfiés à ses soins ; elles eurent poor ol]>je4 la- résidence des pasims, les obUs et les chapeHenies. Le 17 décembre 1596, il publia des statuts en synode dont il recommanda la lectnte à ses prêtres. A cette eocasion, il fit publier le décret du saint concile de Trente touchant la réformation dU' mariage. L'année suivante (1597), il régla Tordre des fêtasi à 4iélél>rer dans tout son diocèee, ordre qui fnt coiir
Uigmzeu by CjOO^Ic
firmé par no arrêt particulier dos capitonls. €efitt loi qii.
r^ut à Toulouse M"'" la princesse Antoinette d Orléaiiii da LoDgaeviile , qui Tint eu 1599 se réfugier au âouveàiL' eoQyent des Fenillafitines de cette ?ille.
En 1562, Jean de La Barrière fut nommé à l'abbaye de Feuilleos, au diocèse de Rieux, à la place de Gbarieetde»
Crussol, fils du duc d'Uzès, qui s'était démis en sa faveuri^,
La Barrière était né le 35 avril 1544, à 8aiut-€erd» diocèsd' de Gahors. Son père se nommait Bartbélemy delà Bairlèr^*
et sa mère Léonarde d'Âmadon. ii iit ses études à Bor-* deaux, à Toulouse, et à Paris sons le célèbre cardiafllî d'Ossat. Pendant onze ans il posséda l'abbaye de Feuitlens en commende. Touché de la grâce, il quitta le monde, se retira à Vabbaye d^Eannes, diocèse de Toulouse, y fit sôtt noviciat et sa profession sous l'humble habit de saiiit Benoît, le 9 mai 1573 ; quatre ans après, il reçut la béuédidfioil abbatiale à Toulouse dans Téglise de la Daurade, le jour dé Pâques 7 avril 1577, des mains de Pierre de Lanclau, évé-^ que de Lombez. • *
Dès 06 moment, La Barrière se consacra tout entmi* à la
réforme de son abbaye. Il eut à soutenir de terribles assauts de la part des moines de Giteaux ; mais, à ^{irièreî Sixte V défendit à ces religieux de s'opposer à ses desseins* Quelques novices purent être recueillis à FeuiUens, et cette eélèlnre réforme commença. Tout ce qu'on raconte 4m anciens pères du désert se trouva retracé à FeuiUens. Drs^ huit onces de pain par jour, des légumes, des MiH^^ de Teau pure, étaient la seule nourriture de ees Têligieux; >Bs prenaient leurs repas à terre, marchaient nu-pieds et (xm^ chaient sur la dure. Un jeûne presque continuel, m silence
mus MODStNKS. 117
absolu, habits pauvres et grossiers, des macérations effrayantes pour la nature, teUe était la règle de celle nouvd\& réforme.
Frappé de toutes les merveilles de sainteté qui, tous les jours» éclataient à Feoillens, Henri lit appela à Paris La Bar- ' riàre et ses religieux. Ils tMirtireiit pour la capitale de la France à pied , marcbaut piocessionnellement et au chant (tes psaumes. Leur marche iiit un triomphe. Le roi les attendait à Vincennes, où le cardinal de Bourbon les bénit à leur arrivée. Ce vojage, dans lequel La Bairière conduisit ^QÎMite religieux, s*effiBctna en 1587. Le monastère que Henri fit construire était situé dans le faubourg S*-Honoré, sur les bords de la Seine, non loin des Tuileries. A la demande du roi de France, le pape fil de l'abbaye de Feuillens une congrégation particulière et indépendante, avec l'aulorisMion de fonder dans tout le royaume des maisons d'hommes et de femmee. Pendant les troubles de la ligue, La iJavçière demeura cuustamment iidèle à son roi. Nous possédons une histoire détaillée de sa conduite en cette circonstance, et dans laquelle on trouve plusieurs lettres iatéressantes écrites, les unes, au saint abbé par Henri 111, les autres au monarque par La Barrière. A la mort de Henri ill, l'abbé de Feuiiiens prêcha son oraison funèbre. . Son attachement à ce prince le fit passer auprès du pape comme suspect dans la fd, et d^autres calommes le poursuivirent jusque dans Rome : c'est ce qui le força à ee i:enhne en cette, ville, où ses ranemis furent assez puissauts pour le iaiic interdire, soil du gouvernemuul de son abbaye^ soit de la célébration des SS. Mystères. 11 supporta celte huailiatiou avec une résignation vraiment héroïque.
catliei ihe âe Nobilh, nièce du pape Jules Iiret^^euvé'd'Aseagàe Sforôe duc-éô Sania-Fk»ira;i€oiMbÉnl(^ii^
Ayant acheté de vastes jardins qui dépendaient des aooieus mrtei^ èe DioclétièQ^ eltô y- fit oôb^lnlipeoanaffîdyâ^tèrë Ù6t% é!lé''âl homffiî^ë'k'^om Jéaiï de î^' Barrièr^/^ eh js Insensiblement les préventions qu'on avait eueanéai^d
gation, s'étant assemblé à Rome, députa deux religieux pape pour soliiciller 1 absoloUon du saint foaâateorv L& papà éfâit alors à jPerrare : «1 quoiqnd lês (sstrdînàéK jyHobrsai^ dini, Montalto et Sforzia, ainsi que le duc de Luxembom^, s^intôressassent viTement au mi de La fiamèrtr/ letàotm» rain pontife ne toirtnt cependant- rien décider avant d'aivoif consulté le P. Alexandre de Franciscis» dûmkûeaîii/,^qui avait condamBé TaMié de Feuillenii». ^6él«r*ei, jalm- âë maintenir sa sentence, arrêta les bonnes intentions du i>onJ tife. Mais la duehesse de Santa-Ftore prit^i^n main «lelté cause qui parai8i6sât: désespéréé»; «I1e«s^ali^s8à 'aiiî^nd< cardinal Bellarmin , qui examina toutes les pièces • du: procès. Sa cobviction fot bientôt' formée : ii peconnut l^ii]^/ justièe de' toutes les aeeebsations dirigées contm Tabbé â& Feuillens, fit part à Clément Vill de Tétat des choses, et la détenuiua à rétablir La' Barrière âajAs^ toitô sës drôit».t Bëllarmin lui donna donc Tabsolulion solennelle en présence de tous les r^gieux assemblés. Dès-lors rortbodo&ie>dé> riUù&tre abbé 'fut utti^e^llement reeoDDni0,>ètHl>:devtei l'objet de la vénération publique. — Avant de parler de s* iliortv nous devons raconter la vie de Madame de^ Longue*^
TBMP6 M4>DEiUi£3. i't9
. Antoinette (lei Longueville ' naquit au château de Trie, 4^09 to.KUû$6se de Hauda» iaa i»l3%. 3\k eut pour pèvQ
verain. de iNeufchfttel et de Waltengen en Suisse, marquis dOiAatiialmr coiote'Ue IMioois^ de SaiQt4>aul4e Taocarriito et de ]lfofit|K)neryf dieTalier de Tordre dn^rc», pair et grand cbaml)eliaii de i raace ; et pour mère, Marie de Bourbon veuve de Jean de BoarboA doc dlËDgfaien.. Aatoinetta fat le septième enfant issu de ce mariage. ÏA\ù épousa en 1580 Qiafkâ de Gondy marquis de fieUe^Ue. Après la morl Henri Itt; éù» m retira a/reo eoQ mari .au •cbâteau de M9r c^erou dans le dudié de Retz, et y pa^ quelque temps dm la ^iu8 mnfi^ solitude et. lea exereicea de la plus liante piété. Elle avait pris Thabitu^ de . se lever tous les soirs àmiouiU et de passer une heure en m'aisoa devant, ua t8i)le»i!C0pr6seiilaat la desceute de la croix, qu*eUe aiTec-
lionoait beaucoup et qu'elle porta aux Feuillauliaes de Toii-
kio^e.. Après.avoir! perdu-sou 'épûux,.quii£a(, tué aui moût SaiQl>'i)licbeU éUe eul le dessein . 4,*enibraS8er la vie religieuses-dessein (fu'cile avait communiqué au P. Laurent, capudD^ et il* If. Du Perron» frèice du cardioal, du vivanl itfême du marquis de Bell&^le. L'on et.Tautrela. fortifièrent dans cette sainte eutrepnse«- , H63d ûit le P. Lauient qui lui apjprit<fa'ouveuait defiwder à Toulouse un ordre très austère de religieuses sogs le nom deiFeutUantiaes. Voici oammeofc cette maison t était établie. Aane de Polastrou de la ilillfère, femme de Jean de Gram* iftOBt seignepr de Saubeus, viveinent touchée de la vie tout aogéitqne que «mBDaiiettt ji Feuiliensi iean de La Barrière, et
320 TEMPS MODEHNES.
ses religieux, manifesta à ce saint abbé le désir qo'ellè avajt
d'ouvrir pour les pcrsouacs de son sexe iiuc raaisoii semblable à la sienne. £Ue proposa pouc premières religieuses sa sœur Marguerite de Polastron Yeuve du sieur de Margastant, et sa fille. La sœnr Jeanne de Senaux, du monastère de Saint-Pantaléon voulut se joindre à elles, ainsi que quelques autres demoiselles. Jean de La Barrière, après avoir longtemps examiné devant Dieu ce projet, crut devoir lo mettre à exécution. Ces dames arrivèrent à Feuillens au nombre de quinze, et en repartirent le 24 mai 1588. Elles se rendirent d'abord à Rieux pour y recevoir la bénédictiqu de Jean Du Bourg qui en était évéque, et s*établlrent k Montesquieu-Volveslre, d'où celte conununauté naissante fut transportée à Toulouse le 12 mai 1599, dans un monastère commencé Tannée précédente au faubourg Saint- Cyprien, à côté des murs de la ville. M"*^ de Margastaut fut élue supérieure de la nouvelle maison.
C'est li celte illustre dame qu'écrivit la princesse de Longueville pour lui faire part de son dessein et la prier de ta recevoir dans sa communauté. Il s'établit entre ces deux femmes une correspondance que nous ^)ossédons, à la suite de laquelle la princesse partit de Paris, sous le prétext0 d*aller à Monserrat accomplir un vœu. Arrivée près de Toulouse, elle alla descendre à la maison de campagne du président de Saint-Jory, et le lendemain 21 octobre 1599 elle entra aux Feuillantines, où elle prit riuibil des mains de dom Jean de S^-£stienne, confesseur du couvent, sans aucun apparat. A la nouvelle de son entrée au couvent, de Gondy, evéque de Paris, son beau-fi ère, accourut à Toulouse pour rengager à rentrer dans le sein de sa famille ;
TEMPS MODKRNEd. ti\
mais les efforts de ce prélat forent inntiles. La princesse
s'empressa d'écrire au pape Qément VIIl pour le préveoir de sa détermination, et prier Sa Sainteté de la protéger dans son eutreprisc. Elle eu reçut une lettre qui la consola grandement. La mort de sou plus jeune fils et de la prin* cesse sa mère vinrent tout^i-coup Faffliger sans rabattre. Après avoir fait sa proiession, elle fui élue supérieure de son monastère.
Madame d'Orléans se vit obligée, par ordres exprès du pape et du roi, de sortir de la maison de Toulouse pour se rendre a Fontevrault en qualité de coadjutrice de Madame Eléonorc de Bourbon, sa tante. Elle suivit dans cette maison la règle austère des feuillantines, et ne cessa de faire des instances auprès du pape pour sortir de cet ordre, nouveau pour elle. Enfin elle eu fut dégagée par un bref dii pape qu'avait obtenu le cardinal de Joyeuse, archevêque de Toulouse. Elle quitta donc Fontevrault après la mort de sa tante, et se retira au monastère de rEncloîlre, dont elle prit la direction. Par ses soins et ses exemples, la réforme fut établie dans cette maison, un noviciat fut érigé, et on agrandit les bâtiments.
Pressée par Tinspiration divine, M"^ d*0r1éans alla fonder à Poitiers un nouveau monastère sous le titre du Calvaire, dans lequel elle se retira, y faisant entrer toutes les saintes austérités de F(;uillens, avec des cuustitulions pai Licalièrcs qui eu tirent un ordre à part. Cest dans cette maison du Calvaire qn*elle expira, le 25 avril 1618. D*après les volontés expresses de la princesse, son corps fut transporté à Toulouse en 1620. Ainsi mourut Tune des plus illustres princesses du sang royal de France, avec la réputation d'une
émiuerite sairtietè que lie- cFel (kijgttâ sOUTént iflànifesler pâr des prodiges. La vie de M"* d'Orïéan^ â été cdmpoisée le P. Lherminier de la (M)Dgtiégttti6n 'd6'''Sttitlk4lan»;iââiaii elle n'a jamais été publiée, que nous sachions: '
Lë mépris dë toutès les" grandisfurs humaiitôs^dOiit Âttlaii^) iiette'aVàit''4ètiiië lè^toticKâtit^ exëmple M^Mm ^-^hm époque par le maréchal de Joyeuse : l'agitalioni et le ro-' mords de la eooscieniDe, les pi^icat^iis de l'un de Sè^' anciens confrères, les conseils de sa mère quelque temps avaDt sa mort, la lecture de la vie de Saint François de Bôrgîa, général de la oomps^e de Jésas.^. oontrlbiièR^i' puissamment à la détermination qu'il prit. Le 8 mars lul)9, sans prévenir même ses domestiques, il eotiu aux capuoins' de la rue Saint-Honoré à Paris, où il reprit l'habit de son ordre, après avoir envoyé au roi la démission de toutes ses charges et digûîtés. ^ s ; , :
L'ordre de saint Douiiiiique à Toulouse vit sortir alftlS^ une nouvelle branche de son antique tronc. La réforme ddmonastère de cetté ville s'opérait par loi sûihs' dr 'p^l^ûr' Sébastien de Michaelis lorsqu'on établit une congrégatiôii' dë dominicaines. Ainsi s*expriménl les atmalès de Tordre V « Le cinquième jour do mois de mai 1599, a été rétabli le^ ' » tiers-ordre de saint Dominique et de sainte Catherine de » Sienne par leâ soins du P. S.' Michaelis, prient' dû èofâ-"^ » vent des frères prêcheurs de Tolose ; et ont pris l'habit » et le sca{iulaire de Tordre, le même jour, Marie de Costà, ' • iillé de M. de Gô^ia conseiller ati parlement et f^mé dè' » M. de Borret conseiller aussi en la cour, Gabrielie Cor- » nusson de La Bastide, Jacquehne de Gargas de Rabaudy, » Gabrielie de Vezian, » Les noms les plus illustres Min ent
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<J«j;«ftiptei;ftlJtoPin^l4e,,Si^^^ ;.l ".MU .;-,->u î <l •• Le 18 mai i$0Ov le parlement de Tooioase perdit son
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prononçait un arrêt. (]et homme célèbre, Tuau des gloires UMi)ioi)^i(^$, $ était aQQsa£fé de bonne heqre à TéiLude, de 1a jurisprudence. Il était fils de.Micbel Dn Fanr de S*^ory, juge-mage 4e Toulouse et présiileat au parlement eu iu62. lt|0ift.d!fttrai(s poiur ki tiiéoilogie, il coniposj^ on ouvrage, qui a pour titre t Dodeeamemn, sur le nom et les attributs de lii^u ; H le dédia à Pierre Villars, archevêque de Vienne. Ç^t ouvr^gQ est rempli de citations des Pères de TEglise grecque et latine, et i auteur y déroule ses idées avec une clarté d autant plus remarquable que la matière .en était in(Hi)s susceptible. Nous possédons encore de Pierre Du Çfftir le§ trois livres des Semestres, qui traitent de diverses i]f^tîères. sur. l^. droits naturel» civil, et des gens ; le livre De RegtUis Juri8,ei YAgonigticon, qui traite des jeux athlétiq^e&.^f gymnique cbez les {)euples anciens et modernes* Il dédia à json fiVs ^ dernier ouvrage, où Ton trouve bavantes recherches, et qui est beaucoup plus sérieux qve sc^^^tf:^ 00 parait Tindiquer^ Gabriel Xerion, conseiller au p^lefuenl de Toulouse, «omposa en grands vers latins i t^iji^e. dfi Pierre Du Faur. Touloi|se a pl^icé ^on bu^le au raogj^^ ,s(^& iHustn^t et de i^ofii jours i;in m^gistnit hoi^orable a coiisa^rê une Notice fi sa mémoire. (J)- •
. M, {Uns, çrdsHleDt à la Cour, iippériale de Toulon».
Tt^fi MODEBPiBS.
Jean de La Barrière, qui moarut à Rome le 25,avrmi60^. La cQoat^^ô de Santa-F^qre lui lil. d^/iiAdeoy^^/ fyydéraiUes. Som corps fat iohumé dan^.^'ifljiSB des ])en^rd^ réformés, située près des thermes de Diocléf jep^ §oû gobii^, renfemé dans UQ vase d*argpat» .fat porté }l ,ra|;^^ FeQineifô. Plus tard , M. de Sponde, évéque. de j^j^r$b apporta en France la tête etie$ pieds 4i} saiot^^J^ ; sa tête fut déposte à Feuilleos, et sei^ pieds aijt moniaf^ 4^^^* Nous parlerons plus loia de la translation de ces j^réj^jçij^ restes dans la basilique de Saiat-Serûia« . -, .Miiadij:»!
Nous termîneroûs l'histoire du seizLèiiie.6ièe|e Tp!i?k|ps6 par le récit des faits qui , pendant les cinquante derpiqrj^ aimées de cette période, out trait aux abiiayes da:!^}^^'' sain et aux évêchés de Rieux et de Gommînges.
Jacques de Castelnau de Clermont-Lodève, prévôt de ^V- Ëtieone» eut pour successeur eu iô63 ^joaa do Torj^i|» chanoine archidiacre, docteur en l'un et l'autre droit. \\ mourut eu 1577, et lut inhumé dans le choâur de la f^f l£gpôle. Quelque temps avant sa mort il avait cédé la .préFôté à Pierre Dalfis, son neveu par sa sœur. Ce dernier eiU puuf successeur Jean DaiBs son frère, élu évêque . de^ JfjpQ)]^^ Eu 1598, la prévôté fut occupée par Antoine dis 6i;p3^èr^Sr Chalabre, qui posséda plusieurs abbayes aveç ilf 11^,1^!^ ^^Bûité. . •>
L'abbaye de Saint-Saturnin fut pendant ce temps ^ucce.^sivemeut gouvernée par Jean-Baptiste de Sinvani^y ^^Hl^ d'Apt, qui embrassa la prétendne réforme ; — François e^ Simianc son frère, également évéque d'Apt, qqi ion^ia dau^ Téglise de Saint-Saturnin dix prébendes ; —le cardfo^^
TEMPS MODEREES. 2to
lloyeiisé areHevèqoe de Toaloase, qni obtint cette abbaye èbiS87 et la posséda jusqu'à sa mort.
^'-A ÂDtoiQe de Saveases, prieur de la Daurade, succéda de Cai^ère. Georges d*AnnagRae, cardinal-archeTêquè de Toulouse, gouverna cette maison après ce dernier. Il fit cfôsion du prieuré à Jacques de Villemur; qui accorda aux religieux le privilège de ne recevoir que des nobles dans leur monastère^. Jacques de Villemur céda le prieuré au cardiaal de Myétisé /mais les moines ne -voulurent pas reconnaître sa juridiction spirituelle : ce lut Jean Datlis, prévôt do Saint- Etienne, qui fut mis à la tète du prieuré. ' ï^'abbaye de Mas-Garnier fut gouvernée successiveinent par Jean de Touchebeuf, Pierre de Touchebeuf sou frère, et Jacques de Bajordan. En 1959, le Mas passa en cornmende, et fut plus tard détruit par les calvinistes. Les Dames dé Saint-Semin à Toulouse eurent à leur tête Anne Lallemand et Oaudie de Serres ; — celles de Saint-Pantaléon : Gabrielle de Berailb, Jeanne de Nautayre et Mario de Bènes. — Eaunes eut pour abbés Mathurin de Sabonière et François cardinal de Joyeuse. — Grandselvo vit à sa tête Pierre de Bertrand (de Toulouse); Alexandre cardinal Farilëse, de La Roche, et Louis Nogaret de La Valette, qui fit construire le grand cloître. — Aune de Saint-Etienne gouirènia Tabbaye de Salenques jusqu*en Tannée 1570 où Julienne de Comeilh lui succéda. Celle-ci fut le triste témoin de la décadence de la discipline régulière dans son monastère et de la dila^ndation de ses biens par les novateurs de ce siècle. — Jadjucs Bernuy gouvernait la Capeletic en 1570; il vécut jusqu*aux premières années du siècle jfoîrant.