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salent être justifiées par les loassaores dont se readaieiit tous les jours coupables les albigeois. Ainsi, en Tannée 1255, trois dominicains de la maison de Toulouse furent tués à Cordes et leurs cadavres jetés dans un puits le jour du dimanche des Rameaux. En expiation de ce forfait, on cbanta depuis, tous les ans, la Passion du Sauveur auprès de cette citerne qui recélait ces corps mutilés.
Raymond du Falgar douna, à cette époque, une marque éclatante de son dévouement à son ordre en jetant les fondements et posant la première pierre de la grande et magnifique église des dominicains que nous admirons encore aujourd'hui. On commença dans le même temps la construction du cloître du monastère et de toutes ses dépendances. L'histoire nous a conservé les noms des insignes blenÊâtenrs de cette maison : Févèque de Toulouse donna quatre mille sols toulousains et au-delà, indépendamment des sommes annuelles qu*il versait pour le vestiaire et la nourriture des religieux; Pierre Martin, de Gaillac; Auriol, marchand du bourg; Guillaume de Yentouillac, viguier de Toulouse; Arnaud Barravi et Bernard de Foix, cédèrent soit des jardins, soit des maisons pour favoriser les constructions nouvelles. La bâtisse de TégUse- fut commencée par la chapelle de Vàbside dédiée k la Vierge et continuée dans la partie orientale jusqu'au milieu de la nef.
Le nouveau couvent des dominicains reçut alors un hôte illustre dans la personne de Pierre Cendras, prieur du couvent de Barcelonne, qui prêcha à Toulouse au miheu d'un grand concours de peuple et y opéra plusieurs guérisons miraculeuses. Ce couvent était alors gouverné par Pons de Saint-Gilles, dont les annales de Tordre font un
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magnifique éloge. Ce fut lui qui donna les plus grands soins à renseignement de la théologie à Toulouse, choi^ sissant les plus habiles maîtres, appelant aux cours publics et nourrissant à ses frais un grand nombre de jeunes écoliers pour leur fàciliter Tétude de la science sacrée. Aussi reçut-il avec une extrême joie les lettres que Grégoire IX écrivit cette année-là à Raymond VII pour Torganisation de lUniversité de Toulouse.
Ces lettres portent la date du 50 avril 1255. Après avoir rappelé ce qui, avait été Mi pour Térection de TUniversité à Toulouse et les statuts du comte, le pape confirme cette institution et lui accorde les mêmes privilèges qu'à celle de Paris; il ordonne aux habitants de fournir des maisons pour la demeure des écoliers, et veut que le prix en soit réglé par quatre commissaires, deux clercs et deux laïques. « Nous voulons, dit le pape, que si quelque professeur, ou » écolier, ou clerc, et leur serviteur, se rend coupable de » quelque délit, il ne soit pas jugé par des juges séculiers... » et que les laïques soient tenus de répondre aux écoliers » devant le juge ecclésiastique d'après la mjUume de l'EgUse • gallicane (secundum œnsuetudinem Ecdesiœ gallicanœ), » Il place rUûiversité de Toulouse sous la protection du comte, de ses barons et de ses baillis, et recommande à Raymond Vil de payer exactement Thonoraîre auquel il setait engagé par le traité de Paris.
Raymond était accusé d*une certaine négligence par rapport à ce traité. L'cvôque de Tournay, dont le zèle contre les hérétiques était très ardent, rappela devant le roi. Le légat se rendit à la cour accompagné de Tarchevêque de Narbonne et de plusieurs évèques de la province, et en
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particulier de Raymond du Falgar. On tint, vers l'automne, uûe assemblée à MeluQ, dans laquelle Févêque de Tournay exposa tous les griefe qull avait contre le comte de Toulouse. 11 fut décidé que l'évêque de Toulouse et un gentilhomme appelé Gilles de Flajac dresseraient des cahiers qui seraient présentés au comte. Après rassemblée de Melun, Raymond du Falgar et Gilles de Flajac, commissaires, se rendirent à Toulouse, et remirent à Raymond VII les cahiers déjà dressés. Le comte se détermina, conjointement avec les commissaires, à dresser des statuts ou règlements qui furent publiés, vers le mois de mars 1233, dans une grande assemblée qui se tint au cloître de Saint-Etienne. Ces règlements, qui nous ont été conservés, sont d'une très grande étendue ; ils ne font que reproduire en partie les constitutions du dernier concile de Toulouse touicbaut les hérétiques et leurs fauteurs. On y trouve cependant quelques particularités : il est défendu aux clercs de porter des couteatix-pmgnards, des épées ou des lances, à moins qu'on ne soit en temps de guerre, (nisi forte timoré guerrœ); la proiéssioa religieuse y est clairement désignée par les trois Tœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance; le moine qui enfreint le vœu de pauvreté doit être jeté, après sa mort, dans le fumier. On s'occupa aussi du costume des chanoines, qui affiactaient un luxe extraordinaire de Tête* ments : leurs chapes, leurs manteaux, leurs tuniques, lejurs chaussures doivent étiré de couleur brune ou noire ; les habits de soie sont défendus ; il doit y avoir dans chaque monastère des écoles de grammaire.
n est Expressément ordonné que tes cloîtres soient bien fermés et qu on n'y introduise jamais des femmes ; que la
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lecture soit laite pendant le repas des moines. On recommande le lavement des pieds aux pauvres, nne fois la se^ maine. La simome est frappée d'anathème. Ces règlements font mention d un abus bien étrange qui s était introduit dans quelques al^yes exemples : il est dit que les moines, sous prétexte de vendre leur vin, faisaient entrer des histrions, des jongleurs, des joueurs d osselets; ceux qui tombaient dans cet abus devaient être suspens de tout ofQce. On publia anssi dans cette assemblée les ordonnances de Louis IX touchant les hérétiques et le maintien de la discipline religieuse.
haymond VU dressa, de son côté, des règlements particuliers. Ces statuts sont divisés en trois classes : dans la première, le comte ordonne la recherche des hérétiques dans tous ses états, la destruction entière de tous les lieux
de retraite des sectaires, la confiscation des biens et de
fortes amendes ; dans la seconde, il prend sous sa protection tontes les abbayes, et particulièrement celles de Tordre de Citeaux; dans la troisième, il défend cFctablir du nouveaux péages et d'exiger des droits d albergue sur les monastères, les granges et les biens des religieux.
Ces règlements pubUés par Raymond Vil produisirent une heureuse impuessioo sur Tesprit de Grégoire IX, qui écrivît à f université des mattres et des écoliers de Toulouse pour leur accorder le privilège de régenter partout, et de jouir du revenu de leurs bénéfices après avoir subi l'examen dans cette université. Il chargea l'évèque de Narbonne et les évèques de Toulouse et de Carcassonne de rexécutîon de ces bulles. Cette école devenait tous les jours plus célèbre et par les talents des proîesseurs et par le
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nombre des élèves. Jodocns LoTrentius (Josse Louvreins) y easeigDait alors avec la plus grande distinction le droit civil, n devint la souche de nUustre maison de ce nom, ftit envoyé amijassadeur en Angleterre en 1243, et mourut en 1311 âgé de quatre-vingts ans, laissant un fils nommé Guillaume d*Anne d*Escalquens, sa femme.
Nous pensons que Raymond du Falgar était présent à la grande assemblée gui fat tenue au cloître de Saint-Etienne en 1255, quoique quelques auteurs la placent à l'année suivaute. Âu mois de septembre, il se rendit à Tabbaye de Grand-Selve et y consacra un autel à sainte Marie-Madeleine ; il venait d'assister aux noces de deux seigneurs toulousains, Grimaud d*£xuin et Guillemette. A cette épocpie il eut une contestation assez vive avec le chapitre de Saint- Saturnin ; il demandait le droit de procuration et réclamait la troisième partie des fruits de rarchidîaconé de Villelongue. Le chapitre soutenait qu'en vertu des privilèges accordés à Tabbaye par les papes, les prétentions de Raymond du Falgar étaient injustes. Cette affaire fut portée au tribunal de Grégoire IX, qui nomma pour juges les abbés de Grand-Selve et de Saint-Théodard. Ceux-ci envoyèrent une commission apostolique au prieur de la Daurade, à l'effet de citer Tévéque devant les délégués du pape dans réglise de la Daurade. Nous ignorons Fissue de cette afl^ire. • Bernard d*Amiiian gouvernait alors l'abbaye de Saint- Papoul ; il avait succédé à Pierre de Saint^^iermain, qui avait été à la tête de ce iiiuiia^tere pendant vingt ans. Bernard acquit la juridiction, temporelle sur tout le territoire de Saint-Papoul des mains d*un seigneur qui le possédait alors et qui se nommait Jourdain de Roquefort, dont on
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ifoyait le tombeau dans le doîlre de l'abbaye. Cette cession fat approuvée par Raymond VU.
Au mois de janvier 1234, le pape écrivit à son nouveau légat, Juaii lie Durnin, archevêque de Vienne, qui avait succédé à l evèque de Toumay, pour Texhorter à agir avec la plus grande douceur à Tégard du comte de Toulouse. Grégoire déclare dans ses lettres que ce seigneur se montrait très dévot au sunt-siége et fils spécial de TËglise romaine, lî défendit aux cvôques de la province de l'excommunier aussi facilement qu ils le faisaient et de jeter l'interdit sur ses terres. En même temps il écrivit au comte lui-même au sujet du marquisat de Provence et du pays Venaissin dont celui-ci demandait la restitution : > Je sou^ » baiterais, lui ditoît le pape, vous accorder cette demande ; » mais à cause des prétentions que plusieurs ont sur ce » pays, et voulant rendre à chacun ce qui lui est dû, je j» lÉc puis pu LU le présent vous donner une réponse posi- » tive. Du reste, poursuivez toujours avec zèle la défense » de la foi catholique, et persévérez comme vous Tavez feit » dans votre dévouement à l'Eglise romaine. »
Au mois de mars, Raymond se rendit à la cour du roi de France qui se trouvait à Lorris en Gatinois. Le but de son voyage était de remettre entre les mains de Louis et de la reine Blanche la décision de tous les différends qu*il avait avec Raymond Bérenger comte de Provence, et de se plaindre de ce que plusieurs ecclésiastiques avaient acquis, malgré lui, plusieurs fiefs dans sa mouvance. Le roi, désirant donner pieme satisfaction au comte de Toulouse, écrivit en sa faveur aux prélats de la province et leur ordonna de vider leurs mains de tous ces ûels, avec défense d'en ac-
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quérir de nouveaux sans sa permission et celle du comte.
Louis iX lit plus encore , il écrivit au pape : « Nous vous » avons prié de rendre le marquisat de Provence à notre » cher et féal cousin Raymond comte de Toulouse, qui l'a » eu possédé autrefois ainsi que ses prédécesseurs, dans » la confiance que cette restitution rengagerait à garder la
* paix de l'Eglise et à une plus gi aude Udélité envers nous. » Nous nous portons d'autant plus volontiers à réitérer » cette demande, <ine le comte n*a pour héritier qu*iine
» lilie umque qui doit épouser, avec votre dispense, notre ^ » cher frère. (Test pourquoi nous regarderons cette grâce » coniiiic si elle nous était laite à iiuus-môme. Il est certain » d'ailleurs, ainsi que nous l'avons apprii^ par le témoignage » des prélats du pays, que le comte est fort attentif à re-
• chercher et à punir les hérétiques. Nous vous pnous » de plus de vouloir Véconter favorablement, pourTamour » de nous, dans toutes ses autres justes demandes. »
Ces lettres produisirent un heureux eiïet. Raymond se détermina à passer les Alpes, et alla à Rome réclamer son marquisat au pape, qui le lui rendit. On altirme que le comte de Toulouse se dévoua alors pour le service personnel de Grégoire IX qui avait été chassé de Rome par ses sujets, et que ce seigueur prit le commandement des troupes pontificales contre les Romains. De Rome, Raymond se rendit à Moûteiiascone, et fit hommage à l'empereui* Frédéric du marquisat de Provence. Frédéric lui donna et confirma la terre de Venaimn pour lui et ses héritiers, et lui restitua le titre de marquis de Provence. Ainsi le comte de Toulouse rentra en possession de cette portion importante des duinaines de ses ancêtres.
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Apiès que ce seigneur eut publié son édit contre les hérétiques, Jean de Burain, archevêque de Vieaae, assembla un concile à Beziers dans lequel on recommanda l'exacte observation des derniers statuts de celui de Toulouse. Haymond du Falgar assista an concile de Beziers qui se tint vers le mois d'avril. Ce prélat se rendit ensuite a Toulouse, où il célébra avec grande pompe la caDonisatiou de saint Dominique ; il offrit, à cette occasion, les saints mystèrès dans l'église des frères prêcheurs, et assista au repas qui lui fut servi. On était sur le point de se mettre à table lorsqu'on vint annoncer au prieur, Pons de Saint-Gilles, que les hérétiques étaient entrés dans une maison située dans un quartier voisin, où se trouvait une femme malade et à laquelle ils voiilaioiil faire cinbiasser leurs erreurs. Cette iemme, était la belle-mère d'un poitevin nommé Borfier. L'évéque et quelques religieux se rendirent aussitôt auprès d'elle. Après lavoir interrogée, on acquit la certitode qu'elle était déjà pervertie dans la foi. Toutes les instances pour la ramener devinrent inutiles. Raymond fit alors appeler le viguier de Toulouse, qui la ht porter, couchée dans son Ht, au pré du C&mte, lieu des exécutions, et la livra aux flamuies. On s eiupai a du poitevin son gendre et de Bernard Audric du lieu de Drémil (de trito milio), qui, pour se sauver, découvrirent un grand nombre d'hérétiques.
Après cette exécution, Raymond du Falgar rentra dans son palais et ne voulut point prononcer le discours qu'il avait préparé. Le prieur Pons de Saint-Gilles prit sa place, et le soir, apinès roClice de ISone, il prononça en présence d'une foule immense l'éloge de saint Dominique, en commentant ces paroles : Elk s'est levé amimc le (eu, et sa
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parole était brûlante comme la flamme, Los inquisiteurs Fierre Cellan et Guillaume Ânoaud, excités par le zèle de leur prieur, firent citer à leur tribunal tous ceux qui étaient suspects d'hérésie. Ce tribunal était dressé dans le cloître des dominicains, et là se trouvait Durand de Bars, viguier du comte de Toulouse. On conduisit un hérétique nommé Jean. Comme, après sa condamnation, le viguier se disposait k le feire brûler le peuple s*ameuta et menaça le magistrat et les inquisiteurs. Jean fi>t conduit alors dans les prisons de Tévécbé, où on entreprit inutilement sa conversion. Ceux qui Favaient défendu jusqu'alors l'ayant abandonné, il fut brûlé vif avec plusieurs autres que Ton amena de Lavanr.
Raymond du Falgar conlirma à cette époque le monastère de Prouille dans la possession de l'église de Brami que Foulques lui avait déjà cédée. Il fit aussi une transaction avec Pierre d'Albs, prieur de la Daurade, pour fixer les limites du territoire dixmaire de cette église. — L'abbaye du Mas-d'Azil était abjis gouvernée [lar Etienne, qui , après une longue vacance de la dignité abbatiale dans cette maison, avait succédé à Laurent. Etienne, de concert avec un seigneur du pays, Guillaume Aniilius, céda quelques terres à l'abbaye de Calers. Il sortit de l'ordre de saint Benoit pour entrer dans celui de saint François. — Pons de Saint-Victor, abbé de Bolbonne, reçut au nombre des bienfaiteurs de son abbaye Galard de Boulane, qui lui céda quelques terres. U eut pour successeur Bernard d'Albars. — Bernard d'Amilian, abbé de Saint-Papoul, fut placé, au mois de décembre 1234, à la tête du monastère de Camp- Rond par labbé de Moissac ; mais son éleoUon ne lut pas
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approuvée par Févêque de Gironne. Bernai d, croyant que ce refùs d'approbation venait de la: part des moines, se rendit au monastère à la tête d*une bande de cavaliers et de gens sans aveu, dans 1 intention de le détruire. Il fut alors excommunié par révéque de Gironne.
L'année 1255 fut signalée à Toulouse parles travaux de rinqui^tion. Vers les fêtes de Pâques, des dénonces contre les bérétiqnes furent portées en si grand nombre devant ce tribunal, qu'il devint nécessaire ir;iiigmenter le nombre des juges. On adjoignit donc aax dominicains plusieurs curés de la ville et des frères mineurs de saint François. Pons de Saint-Gilles, avec le secours du viguier de Toulouse, fit approcher plusieurs personnes, entr'autres Arnaud Domlnici, qui , se voyant menacé de mort, déclara qu'il connaissait un lieu où se tenaient cachés onze hérétiques. Il mena alors Pierre de Mala^yr^ abbé de St-Saturnin et le viguier de Toulouse à un château appelé Cassers où ils prirent dix-sept hérétiques. Arnaud Dominici fut alors relaxé; mais les fauteurs de riiérésie exercèrent sur lui leur vengeance et le massacrèrent da^s son ht en un lieu nommé Camto^ez, L*abbé de SaintrSatumin et le vii^er s'emparèrent aussi dans le bourg d'un chef hérétique, Pierre Guillaume deLort. Us allaient Tentraîner lorsque Raymond Roger, Pierre d'£squinat et quelques autres le délivrèrent. A cette nouvelle, les deux inquisiteurs de Toulouse qui se trouvaient dans le Quercy et TAlbigeois revinrent en cette ville et citèrent plusieurs personnes, avec promesse de ne condamner à lexil, à la prison ou à la confiscation des biens aucun de ceux qui feraient une confession sincère. Les inquisiteurs avaient obtenu cette faveur du comte de Toulouse. Pour
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répandre une plus grande teri eur dans les âmes et un plus grand éloign^ent de Thérésie, les inquisiteurs firent exhumer des cimetières catholiques (cogmeterUs saeris) les corps de ceux qui étaient morts dans l'hérésie. Ces cadavres décharnés et mutilés forent traînés sur des claies dans les mes de la ville et ensuite livrés aux flammes.
Ces terribles exécutions mirent la ville entière en désordre. Les consuls se rendirent auprès du comte pour le supplier d'éloigner les inquisiteurs. N'ayant pas réussi, le comte s*adressa à Jean de Buniin, légat du pape, le conjurant de renvoyer au moins Pierre Cellan, qui autrefois Êisait partie de la £amille domestique de leu son père (de Curid) et qui maintenant se dédarait son ennemi. Cet inquisiteur, sur la demande de Raymond VII, fui donc envoyé à Cahors. Quant à Guillaume d'Arnaud son collègue, il fit citer k Toulouse douze hérétiques, qui refusèrent de comparaître et de rendre compte de leur foi; bien plus, ils se répandirent en terribles menaces contre Tinquisiteur. Voyant ensuite qu ils étaiciiL luujuui's l'objet de sa poursuite, ils déterminèrent le comte à le chasser de la ville. Ces menaces n*altérèrent point Vintrépidité d*Amaud, et il continua toujours son inquisition. Alors les consuls se rendirent au couvent des dominicains, prirent par la main l'inquisiteur et le conduisirent avec tous ses religieux à la tète du pont au-delà du fleuve; là, ils lui déclarèient que sll voulait cesser ses poursuites, il pourrait rester dans la cité avec les siens; que, dans le cas contraire, il fallait à Tinstant sortir des terres du comte de Toulouse.
Guillaume d'Arnaud, ayant pris pour compagnon frère Giran, se rendit à Carcassonue, laissant en partant la com-
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mission aux curés de Toulouse et au prévét de Saiut-
Etiennc de continuer rinqiiisition avec vigueur. Sans perdre de temps, les consuls envoyèrent Guillaume Vacquier et d*aotres émissaires pendant la nuit pour se saisir du prévôt de Saint-Etienne et des curés de la ville, qui lurent tous conduits à la maison commune. Au lever du soleil, ils les chassèrent de Toulouse et portèrent un édit par lequel tout religieux ou ecclésiastique qui ferait Tinquisition serait condamné à mort et exécuté sans sursis. Des gardes forent alors placés aux portes du palais éi)isc()pal et du couvent des dominicains, avec défense expresse de Caire passer, soit à Vévéque, soit aux religieux, aucune espèce de vivres. Raymond du Falgar, pressé par la l'ami, lut obligé de quitter la ville. Quant aux dominicains, ils ne vécurent, pendant trois semaines que dura la consigne, que du pain, des œufs ou du fromage qu'on leur Causait passer par-dessus les murs du couvent et pendant la nuit.
De Carcassonne, rintiépide Arnaud écrivit au prieur Pons de Saint^Gilles de désigner quatre dominicains qui citassent les hérétiques à comparaître devant son tribunal 60 cette ville. La commission était délicate. Sans hésiter, Pons de Saint^îilles appela au son de la cloche tous ses religieux et leur til ikuI de l'ordre qu il avait reçu. Avec une éloquence surhumain^, il leur parla de la gloire du martyre, et leur dit que tous ceux qui désireraient &ire partie du nouveau tribunal se prosternassent à teire. A rinstant tous les corps, toutes les tètes sinclinèrent. Quatre dominicains furent alors désignés, savoir : Raymond de Foix, Jean de Saint-Michel, Gui Navarre et Guillaume Pelisse qui nous a conservé cette intéressante histoire. Après
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s*étr6 confessés et avoir reça ]a sainle obédience, ils se mi*
reiit à l'œuvi e.
lis se rendirent aussitôt» an périt de leur ¥ie, dans la maison dii vieux Mauran, près de TégUse de Saint-Saturnin pour y commencer riinjuisition. Là, ils furent assaillis, chassés, battns, menacés de mort, et ils eussent infailliblement péri sans rintervention de Pierre de Cussan, excellent catholique qui les protégea. A cette nouvelle, les consuls prirent le parti de les chasser de la ville plutôt que de les faire mourir. Les dominicains ayant eu connaissance de cette détermination, résolurent de confier à des mains amies leurs livres, leurs calices et leurs ornements. Le lendemain, après la messe conventuelle, le prieur les exhorta à la constance et leur dit de ne partir qu'à la troisième sommation. Us se lendirent ensuite au réfectoire pour prendre leur repas : ils étaient au nombre de quarante, parmi lesquels on distinguait f^re Laurent de Paris, nouvellement arrivé pour enseigner la théologie, et un jeune toulousain nommé Raymond Thomas qui venait de prendre rhabit de saint Dominique.
Pendant qu ils étaient à table, les consuls arrivèrent au couvent, suivis de nombreux satellites. Le prieur, s*étant avancé, voulut expliquer sa conduite. Tout devint inutile ; au premier coup de cloche, les religieux sortirent du réfectoire et se rendirent à l'église en récitant, selon la règle, le psaume Miserere. De nouvelles explications furent alors données. Sur le refiis que firent les consuls de les écouter, le prieur prit la croix et la châsse des reliques qui y était attachée et se rendit avec tous les religieux dans le doitre, où Ton tint séance pendant que les satelUtes des consuls.
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ravageaient le réfectoire, se livrant à de copieuses libations. Aussitôt Bernard Seignier, Raymond Rotger et Bernard de Miramont s'emparèrent du prieur et le traînèrent hors du cloître. Les religieux subirent le même sort. Lorsqu'ils furent parvenus k la porte extérieure, frère Laurent de Paris et frère Arnaud de Cateian se prosternèrent la face , contre terre. Raymond Rotger, aidé par deux satellites, les prit alors par les pieds et la lètc et les porta daus la rue. Tous les religieux furent obligés de sortir. La joie était peinte sur leur visage ; ils chantaient le Credo, le Salve Regina et le Te Deum. On laissa les inlirmes à Téglise de . la Daurade, avec un vieillard décrépit, frère d'Albs, qui avait été chapelain de cette église.
Les chanoines de Saint-Etienne mirent à la disposition des dominicains leur maison de campagne de Braqneville. La plupart des religieux se retirèrent dans plusieurs couvents de 1â province. Pons de SainUGilles s'étabht au village de Portet, près de Toulouse, où il donna rhahit à Guillaume de Saint- Gaudens qui avait professé la logique et la piiysique avec la plus grande distinction à Montpellier.
L'évêque de Toulouse se rendit k Carcassonne, auprès de l'inquisiteur qui, le 10 novembre 1235, publia une sentence d'excommunication contre onze capitouls de Toulouse comme fauteurs des hérétiques. Les habitants de Narbonne ayant imite la conduite des Toulousams contre les inquisiteurs et les dominicains, Tarchevêque de cette ville, Raymond du Falgar et Guillaume Arnaud comprirent Raymond . VII dans Tanathème porté contre les capitouls.
Du reste, ce seigneur essuya à cette époque plusieurs autres sentences d'excommunication. Ainsi les commissaires
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da {tape déclarèrent qu'il avait encouru cette peine cano* nique pour avoir usé de quelques vdes de lait contre le prieur du Mas-d'Agenais, touchant la seigneurie et la justice de ce lieu ; ils jetèrent Vinterdit sor ses états et ordonnèrent de cesser la célébration des offices divins partout où il se trouverait. Vers la ûn de Tannée, Raymond se rendit à Haguenau en Alsace, où 'se trouvait Fempereur Frédéric, qui y lit expédier deux chartes en sa faveur. Par la première, il donna de nouveau à Raymond rinvestitore du eomtat Yenaissin et du marquisat de Provence, dont il lui deleudit, peu de temps après, d'aliéner aucun domaine. Par la seconde, il loi donna pour vassaux les seigneurs de Lille, de CarpeiiU.LN, du château d'Entraigues, et de plusieurs autres. On aûirme, d'après une ancienne chronique, que yempereur donna aussi k cette époque au comte de Toulouse la ville d'Arles et ses dépendances.
L'abbaye de Saint-Ântonin de Pamiers avait toujours à sa tête Maurin, deuxième du nom, qui la gouvernail depuils sept années. 11 acheta d'Héhe évèque d'Agen, sous la redevance d'une rente annuelle, tout ce que ce prélat possédait dans le tenitoirc dune église dédiée à sainte. Foi de ServeUlm, Le chapitre de Saint-Saturnin perdit, cette année, Fun de ses membres les plus distingués dans la personne de Raymond de Seihs, cbanome de cette égUse et prieur de Saverdan, dont Tépitaphe nous a été conservée (1). Il fut inhumé dans un caveau creusé dans le
NONAS • )\NH : ORHT : nnvs :
SELLIS : SACERDOS : l'lUOU : san arDVNI; CANONIC : NBE : CONGREGATiONIS :
ANNO : DM : M : ce : xxx : V :
JACVr : I : f IIU : GIgtBftNiU : àlL^ BtV : BBQVIESGAT : IN : PAGE : AMBN.
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ciottre de Tabbaye, dans lequel fat élevée la cbapelle dédiée à Notre-Dame de Salul par les suiiis de Bernard de Geotiac, qui venait de succéder à Pierre Malafayre en qualité d'abbé de la basilique. Cette chapelle fut destinée l\ recevoir la dépouille mortelle des abbés de Saint-Saturnin^
Raymond Vil se trouvait encore k Haguenau au mois de janvier 1236 puisqu'il fut présent à ud dipiùme que Frédéric donna en £aveur de Févéque de Viviers, par lequel ce prince confirmait tous les privilèges que lui et ses prédécesseurs avaient accordés à Tégiise de cette ville. Nous ne croyons pas qu*ii fût encore rentré dans ses états au mois de maib, époque à laquelle Giiuioald, évêque de Comminges, lança contre ce seigneur une sentence d'excommunication dont voici la cause. Raymond fut accusé auprès du légat par Tabbé de Moissac de s être rendu coupable de plusieurs usurpations touchant la seigneurie de cette ville. Le légat nomma révéque de Comminges son commissaire pour terminer ce diiïérend. (irimoald, après avoir signifié sa commission aux évèques.dé Toulouse, d*Âlbi,de Rhodez, de Cahors et d'Agen, se rendii li l oulouse, et sur le refus qu'avait £ait le comte de comparaître quoiqu'il eût été déjà cité plusieurs fois et que Grimoald eût chargé le prévôt de Saint-Etiennne de l'avertir, il lança contre lui la sentence le 16 mars. Il adressa cette sentence aux évéques déjà nommés^ leur enjoignant de la faire publier dans toute Vétendue de leurs diocèses.
Peu de jours après rexcommunication'du comte de Toulouse, Raymond du 1 algar, accompagné de quelques religieux dominicains, se rendit à Rome et porta plainte au pape des excès dont il avait été la victime. Grégoire ac-'
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cueillit révêque a?ec bienyeillaDce, et le 28 avril t236 il
écrivit à Raymond VII une lettre dans laquelle on trouve racontée en détail Taffiaire des inquisiteurs de Toulouse. — « Ce que nous craignions, dit le pape, est arrivé. L*arche- » vêque de Vienne et les . prélats de sa légation nous ont » appris que votre viguler et les consuls de Toulouse ont ■ d'abord formé des difficultés pour empêcher qu'on ne
> procédât contre les hérétiques, et fait plusieurs insultes » à Guillaume Arnaud, frère prêcheur, qui exerçait dans » cette ville avec beaucoup de zele Toftice d'inquisiteur par » notre autorité et cdle du même archevêque ; qu'ils Font » chassé ensuite avec violence ; qu'ils ont défendu dans » toute, la ville et le faubourg à toute sorte de personnes-^ » de vendre ou donner aucune chose à notre frère Vévêque » de Toulouse et à son clergé, d'avoir aucune communica- » tion avec eux, de demeurer à leur service, et de faire » aucun présent ou aumône aux frères prêcheurs. De plus, » les consuls de Toulouse ont fait saisir par leurs gens, » dans le temps que vous étiez dans la ville, la maison de » l'évêque qui y était actuellement malade, et fait prendre » ses chevaux et ses autres effets ; ils ont blessé griève- » ment quelques chanoines on clercs, soit dans Téglise, soit » dans leur cloître, soit enfin dans la maison épiscopale.
> Us leur ont faîi d*autres Insultes, et ont mis des gardes • dans toutes les maisons ecclésiastiques pour empêcher
> qu'on ne leur fournît les choses nécessaires à la vie. ils » ont contraint Févêque et ses clercs à sortir de la ville r » ils ont défendu d'y prêcher publiquement et d'y entendre
> la parole de Dieu. Tout cela a été fait par votre ordre, » comme ils rassurent. Vous qui étiez obligé , suivant le
Digiii^uu ^
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• concile de Toulouse et le traité de Paris, de protéger les » églises et les ecclésiastiques, de conserver leurs droits » et leurs libertés, de coûcounr eiiicaçemeût à la puûitioa 1» des hérétiques, de payer nm certaine somme h ceux qui » se saisiraient de leurs personnes, de donner tous les ans >» un honoraire aux maitres régents de Toulouse pendant » m temps fixé, et d^aller servir outre-mer avec plusieurs » bourgeois et chevaliers de vus domaines : vous avez sup- » primé cet honoraire^ ce qui a fait, dit-on,, cesser les » études.
Vous avez établi des iormules injustes, contraires à » nos statuts et an droit, au sujet de Finquisition contre » les hérétiques, que vous avez favorisés par lu. Vous tra- » versez cette recherche : vous permettez à plusieurs de » ceux qui étaient déjà condamnés d*babiter dansie pays, » et vous donnez retraite aux étrangers qui y viennent » chercher on asile; tous avez parmi vos conseillers ou » domestiques des gens suspects ou difl^més pour fait » d'hérésie; vous les avez promus aux offices pubUcs; et » comme on a lieu de le conjecturer par l'examen de vos » laits, vous ne craignez pas de vous montrer fauteur des » hérétiques, leur receleur et défenseur; et vous ne vous » mettez pas en peine de vous corriger, après en avoir été » souvent averti. De là plusieurs enfants de perdition ont » eu Faudace d'attenter à la vie de quelques prêtres et des » autres catholiques qui, par zèle pour la foi, poursuivaient
• les hérétiques ; de là plusieurs ont abjuré la catholicité 1 pour embrasser Terreur ; de là enfin d*autres ont causé
• des dommages considérables et fait divers outrages aux » églises, aux ecclésiastiques et aux catholiques occupés à
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» l'affaire de la foi ; et vous avez refusé d'en faire justice, » après eD avoir été requis plusieurs fois. Nos vénérables » frères l'archevêque de Narbonne, les évêques de Tou- » louse et de Carcassonne et ledit frère Guillaume, ayant
• lancé plusieurs fois rexcommnnication pour toutes ces » choses, tant de leur autorité que de la nôtre, soit contre
• vous, soit contre lesdits consuls; et le même frère » Guillaume ayant ordonné aux prêtres des églises de Tou- » louse et aux frères mineurs de cette ville de publier les » dimanches et les fêtes cette sentence d*excommunicatioD,
• les consuls ont chassé violemment ceux qui se disposaient « à faire cette publication : ils ont fait de grandes menaces » aux frères mineurs pour Tavoir feite, et on en a battu -» quelques-uns jusqu'à effusion de sang.
» De plus, vous avez fait défendre publiquement de com- » paraître devant l'inquisiteur, pour répondre sur la foi ou » sur autre chose, sous peine de punition corporelle et de » confiscation de biens. Gomme nous ne saurions passer » sous silence tant d'attentats commis au préjudice de la
• foi, nous vous enjoignons.de les corriger suivant Tordre > du légat, et de les faire réparer p^v les consuls de Tou- » louse et vos autres sujets, suivant le pouvoir qui vous » en a été,donné; de ne pas différer davantage votre départ •» pour le prochain voyage d'outre- mur avec les mômes
bourgeois et cbevaliers, et d'y servir pendant cinq ans, » conformément au traité de paix : sinon, nous ordonnons » au légat de vous y contraindre, ainsi que les autres, par
• les censures ecclésiastiques, et de faire publier tous les
• dimanches et fêtes dans toutes les églises de sa légation, » au son des cloches et a cierges éteints, lesdites sentences
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» â^excommunication, jusqu*à ce que vous ayez £att uue
» satisfaction convenable. »
Cette lettre était accompagnée d'une recommaudatiou expresse adressée au légat d^user de toutes les censures pour contraindre le comte de Toulouse d'obéir à ses ordres. Il ordoima ensuite le rétablissement de TUniversité -de cette ville, qui sans doute avait interrompu ses cours publics par suite des desordres que les procédures des inquisiteurs avaient causées: Il prescrivit Tabolition de toutes les confréries qui avaient été instituées contre la liberté ecclésiastique, et défendit de donner les emplois publics aux hommes suspects d*hérésje. Le pape écrivit enfin au roi de France pour l'engager à user de toute son autorité sur le comte de Toulouse, afin de l'obliger à réparer le passé. « Achevez, dit-il, ce que le roi votre père a heureusement » commencé dans le pays d'Albigeois. Engagez le comte à > passer la mer au mois de mars prochain, pour aller ser- » vir dans la terre sainte, et envoyez Alphonse votre frère » prendre l'administration du comté de Toulouse. » Gré* goire IX donna la dispense à ce dernier pour épouser Jeanae, fille du comte Raymond, lis avaient alors seize ans^ accomplis.
Le pape avait déjà ordonné à Raymond VII de rappeler à Toulouse les frères prêcheurs et de leur permettre de continuer leur office d*inquisiteurs. Gonséquemment à ses ordres, le comte eut à Carcassonne une conférence avec l'archevêque de Vienne, à la suite de laquelle Raymond du Falgar et les dominicains furent rappelés vers la fête de saint Augustin. On donna alors pour co.idjuteur k Guillaume Arnaud Jean^de Netoya, provincial des frères mineurs; il se
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fit bientôt remplacer par frère Etienne de Saint-Ttiibéry. De Garcassonne, le comte revint à Toulouse et s*y trouvait
le il août : il y reçut, dans la condamme comtale et dam sa tante, rhommage-lige de Raymond vicomte de Turenne,
qui reconnut tenir de lui et de ses prédécesseurs plusieurs châteaux.
Dans Tannée 1236, Bernard, abbé du Mas^jander, assista
à ia visite que tit iiayiiioûd de Montpezat, abbé de Moissac, du monastère d'Eadeu^ et dressa quelques accords avec Arnaud Gailhard, abbé de Grand-Selve. --Albert Aureilhe, abbé de Saint-Tbéodard, se trouvait aussi à la visite dont nous venons de parler. Cet abbé rappela aux saintes règles du désiritérossement le chapelain de Féglise ilu Saint-Jacques à Montauban, qui avait refusé de donner la sépulture à un pauvre dont la famille ne pouvait payer les frais exigés. Il défondit à ce chapelain de rien exiger k Tavenir pour la sépulture des pauvres, et fixa la somme de sept deniers pour tous les autres. — Etienne, abbé de Belleperchc, transigea, cette même année, avec un seigneur du pays, Bernard de La Motte, au sujet de plusieurs domaines qui avaient appartenu k Guiiiaume de Castelnau Barbe-de-Fer. L'abbaye de Bolbonne perdit alors son abbé, Pons de Saint-Victor, qui eut pour successeur Bernard d*Albars, qui donna Fhabit religieux k un jeune seigneur nommé Àyols CAyoUufnJ dont la famille nous est inconnue. Un seigneur du pays de Comminges appelé Pierre de Castel céda ii Pierre, abbé de la Béièédictim-Dieu (Nizors), tous les biens qui provenaient de rhérédité d*Alamanda, son épouse, et qui étaient situés à rilie-Jourdain. Gauceran de La Tour se rendit aussi k celle époque le bienfaiteur de Tabbaye de Bonnefont.
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Xe tribunal de rioquisltion avait jeté la terreur dans les
esprits; et le comte de Toulouse, persuadé que les inquisiteurs lui étaieut personuellenieiit hostiles, écrivit au roi de Franee pour le supplier d*aTertir le pape de retirer ses pouvoirs à ces religieux. Grégoire iX, touché de ses remontrances, écrivit/ au mois de février 1257, à rarchevéque de Vienne son légat pour avoir à destituer ces inquisiteurs. Cet ordre ne lut pas de sitôt exécuté, puisque nous trouvons les procédures de Guillaume Arnaud et de Fr. Etienne de Saint-Thibéry contre les hérétiques. Pendant qu'ils ^s'étaient rendus à Montauban, arriva chez les dominicains à Toulouse un certain Raymond Grossi, toulousain, qui pendant vingt-deux ans avait suivi Terreur. Cet homme fut interrogé par les inquisiteni^, en présence de Pierre, prieur de la Daurade, et de maître Nicolas de la même église. Sur ses délations, on appela plusieurs héréticpies et on rendit plusieurs sentences contre les vivants et contre les morts. Ceux-ci furent exhumés et leurs cadavres traînés au milieu des places publiques, précédés d'un crieur qui, au son de la liompette, acclamait : Qui aytal fayra, aytal périra. Ces cadavres furent brûlés dans le champ du Comte , en présence du viguier de Toulouse et du peuple qui s'y était as* , * semblé.
Le zèle redoutable des inquisiteurs rencontra cependant quelques obstacles ; ayant en effet condamné six hommes
et SIX temmçs, le viguier et les consuls retusèrent de les prendre. Irrités de cette résistance, les inquisiteurs rendirent, d'après les conseils de Raymond du Falgar, de Bernard abbé du Mas, du prévôt de Saint-Ëtienne et du prieur . de la Daurade^ une sentence, au mois de juillet 1237, dans
ta cathédrale de SainUEtienne, par laquelle ils excommin
ijtei ent le viguier et les consuls.
, L'évéque de Toulouse venait de recevoir du légat la commissiou de se rciulre à rabbayc de Lùzai pour y faiie la visite de cette maison. Ce fut alors qu'il sépara la meose abbatiale de la mense conventuelle. Il M aussi choisi pour arbitre daus un différend qui existait entre le comte Raymond et le chapitre d'Albi. Le prévôt de Saint-Etienne dont il est question dans la sentence d'excommunication, était Guillaume de Gauzeucbe, que nous trouvons à cette époque en qualité de témoin dans un accord passé entre Raymond du Falgar et Bernard de Gentiac, abbé de Saint-Saturuin. Ce prévôt mourut au mois d'octobre.
Au mois de mai, Raymond Vil se trouvait en Provence où il continuait la guerre eu laveur des Marseillais contre Raymond Rérenger qui» se trouvant pressé, se plaignit au pape de la conduite du conuc de Toulouse k sou égard. Grégoire écrivit en eiXet à Louis IX pour Teiiborter à empêcher Raymond de continuer la guerre de Provence. H se plaignait daus ces lettres de ce que le comte n'était point exact à payer les honoraires des professeurs de TUniversité de Toulouse. Ayant écrit au comte lui-même pour l'engager à mettre bas les armes, ce seigneur, touché des remontrances du pape, suspendit la guerre et envoya à Rome pour ambassadeurs quelques prélats et religieux de ses Etats alin d*assurer le pontife de son entière soumission à l'Ëglise.
Vers la 'fin de Tannée i%S7, le roi de France, sur les plaintes portées contre rinquisiiiou de Toulouse, donna des ordres pour la suspendre. Ce tribunal suprême ne rendit aucune sentence pendant quatre années, et l'on ne trouva
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dans cet espace de temps que de simples passeports donnés par Guillaume Arnaud el Etienne de Saint-Thibéry en faveur de ceux auxquels ils avaient imposé quelques péni* tencea.
Oaude Leriche gouvernait alors le monastère de Prouille. Elle est regardée comme la seconde prieure de cette maison, après Giiillemette de Fanjaux que saint Dominique avait « établie. Claude écrivit au pape que les religieux de saint Dominique ne voulaient plus se cliaigci de la direction spirituelle de leur maison, sur ce que le chapitre général de rOrdre avait décidé que les religieux ne se chargeraient plus de la conduite des femmes. Le pape prit la défense des dominicaines et écrivit au B. Jourdain de Saxe, ministre général, pour lui déclarer que scm intention était que for* dre continuât auprès des soeurs de Prouille l'œuvre de dévouement que saint Dominique avait commencé. Nous apprenons, d'après des lettres de Grégoire 1\, qu'il y avait à Prouille un prieur et quatre religieux, pour le service du prieuré.
li existait dans le diocèse de Toulouse, et à très peu de distance de cette ville, un archiprétré appelé de Rieux (de fivis) où se trouvait une églisp dédiée à la Vierge et un château bâti sur les bords du ruisseau la Rize. Ce château appartenait à Gentille de Gensac, fille d'Aymar de Gensac et de Sybille d Auterive. Gentille, qui avait épousé Raymond de Renque, céda à Raymond VU, du consentement de son époux, le château de Rieux et les domaines de Gonac, Bé^ zenac et Montesquieu. Cest là le plus ancien monument que nous possédions de la ville de Rieux, qui fut plus tard érigé en évêché. Cette cession eut lieu au commencement
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de l'année 1238, en présence de Guiltamne Izam, arohi-
prêtre de Rieiix, et de Raymond du Falgar. Ce prélat passa aussi un accord avec Arnaud d'Aragon,, prieur de Castelsarrasin, et reçut dans sa ville épiscopale les religieux do Mont* Carmei qui vinrent au mois de juillet y former juu établissement.
Cette sainte colonie, composée de six religieux, était conduite par frère Guillaume d'Amsia, toulousain. Ëlle venait du MontpGarmel, et portait avec elle une statue miraculeuse de la Sainte-Vierge. L evcque de Toulouse céda aux Carmes une portion de terrain située auprès de Toràtoire de Fàrétra, sur les horôs du fleuve; on construisit quelques cellules; la statue fut placée dans l'oratoire de Férétra^ où elle attira bientôt un grand concours de peuple à cauise des prodiges sans nombre qui s'y opérèrent. Cette statue devait célèbre , et au milieu des calamités publiques on la des* eendait de son piédestal pour la porter processionnellement dans les rues et les places publiques de. la cité.