III
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Selve et qu'il refusa cette dignité, refns pour lequel il fut
légèrement puni, ayant donné de très justes raisons pour se jusUiier.
On place dans Tannée la mort de Grimoald, évéque de Comminges, qui fut inhumé dans Téglise de Sauve- Majeure. Il eut pour saeeesseur Arnaud de Roger, fils de Bernard 111 comte de Couiminges et de Béatrix, troisième femme de ce seigneur. Il était frère de Bernard IV. 11 avait été abbé de Bonnefont quand il iut élu évèque de Cornminges. ^
Vers la fin de cette année, Raymond VII résolut de Dure un voyagti à la cour de France. Avant son départ, le 5 décembre, il reçut rbommage de Pierre vicomte de Lautrec pour le château de la Bruguière dans le Toulousain. Nous trouvons dans cet acte les noms de quelques [aniilles seigneuriales du pays, tels que ceux de Montaigut, d'£scal^ quens, de Dieupentale et du Lac. Trois jours après, il donna le bail de la nouvelle monnaie de Toulouse pour être fabriquée du poids de dix-sept sols.
Intimement persuadé qu'il ne serait jamais eu sûreté tant qu*î1 n'abandonnerait pas le parti de Tempereur pour se ranger du côté du pape, il fit, an commencement de Tannée un traité avec le cardinal légat Jacques, évèque de Palestrine, et lui promit par serment d^obéir aux ordres do pape, de l'Eglise romaine et da Icgat, contre Frédéric et ceux qui soutenaient le vice de son élection. Cest ce que nous apprenons de la lettre suivante qu*écrivit, au mois de mars, Raymond VII étant à Clermont en Auvergne : — • A RogeH9emard comte de Foix, à Arnaud Otbon d*Au- « villars, aux. consuls de Toulouse, d'Agen, de MontaUban
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» et de Mûtssac, salut. iNous vous taisons savoir que des é accords ont été passés entre ie légat, é?éque de Preneste, » et nous ; qu'il a été convenu que vous prélci iez entre » ses mains le serment suivant : « Nous sommes garants
* des engagements qu'a pris notré seigneur le comte, et » s'il venait à les enfreindre, nous appellerons contre lui » et ses successeurs Findignation de la sainte £2glise» » —
* Nous TOUS enjoignons, ajoutait le comte, de prêter ce ser- » ment quand vous en serez requis par le légat. » Nous savons, d*un autire côté, qu*ll s*engagea à se trouver avec Févêque de Toulouse au concile que le pape avait convoqué à Rome contre Frédéric.
Arrivé à Montargis, Raymond y rencontra Louis IX, à qui il promit par serment, le 14 mars, comme à son seigneur^Uge, de le servir envers et contre tous; de dadre la guerre aux ennemis de ce prince dans tout le pays d'Albigeois; de détruire tous les châteaux qu'il avait promis de détruire depuis la paix de Paris ; de démolir celui de Monségur, et de ciiasser de ses états les proscrits (feiditos). Pour montrer au roi la sincérité de ses serments et céder à son invitation ainsi qu'à celle du roi d'Angleterre et de Richard son frère, il lit alors sa paix avec Raymond Bérenger comte de Provence.
Son séjour à la cour dura peu ; accompagné de l'évéque de Toulouse, il prit la route de Marseille, dans le dessein de se rendre à Rome. A son passage à Lunel, il y rencontra Jacques, roi d'Aragon. Le 18 avril, ils firent un traité par lequel ils se liguèrent pour le soutien de la foi catholique. Le Toi promit au comte d'agir puissamment auprès de la cour romaine pour obtenir en sa faveur Tabsolution de
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toutes les sentences (rexcommumcation qu'il avait encounies, et obtenir aussi la dispense nécessaire pour pouvoir épouser Sancie, fille du comte de Provence.
Le lendemain 19 avril, Raymond reconnut tenir en ûef de Durand, évéque d'Albi, le château de Bonafous que Sicard d'Alaman tenait en iiei de lui-même. Parmi les signataires de cet acte, on trouye Gui FiUcodi, que le comte employa dans diverses affaires et qui devint pape sous le nom de Clément IV. Raymond du Falgar fut présent à Feutrevue du roi d*Âragon et du comte. S'étant avancé jusqu'à Beaucaire, il y rencontra plusieurs prélats français qui, n'ayant pu s'embarquer pour se rendre au condie et n'osant feîre leur chemin par terre, rentraient dans leurs diocèses. Falgar, plus courageux, poussa jusqu'à Aix et se rendit à Marseille avec plusieurs prélats afin d*y attendre une occasion favorable pour le trajet. Le comte de Toulouse vint Ty joindre. Après avoir appris que la flotte de l'empereur occupait les côtes, ils se dirigèrent du côté du Rhône.
Le 30 mai, Raymond VU, étant à Gavaillon dans la
chambre de Tévêque, déclara à Jean, archevêque d'Arles, qu'il tenait de lui en Ms Téglise d'Arles, le château de Beaucaire et la terre d'Argence. Au mois de juin, il était à Montpellier, où il eut une entrevue avec le roi d'Aragon. Ce fut dans cette entrevue mémorable, qui eut lieu le 5 juin, qu'il fht question de la dissolution du mariage dn €omte de Toulouse et de Sancie d'Aragon. On arrêta que le comte de Provence engagerait cette princesse à demander elle-même son divorce devant des juges délégués par le saint-siége, et que dans le cas de refus il la ferait sortir
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de ses états où elle s*était retirée. On stipula ensuite que
Raymond demanderait de sou coté ce divorce, et donnerait ' ' à Sancie nulle marcs d'argent et cent marcs de pension annuelle. L*évôque de Toulouse signa ces accords.
Sancie, qui depuis longtemps vivait séparée de son époux, était la sœur du tàmenu Pierre roi d'Aragon, et conséquemment la tante de Jacques et da comte de Pro- TODce qui abandonnaient les intérêts de cette princesse. Raymond désirait ardemment divorcer avec elle, dans la ' pensée qu'il pourrait avoii des enfants d'une autre alliance et enlever ainsi une grande partie de la succession à Alphonse, frère du roi et époux de Jeanne sa fille. Il fut de-* mandé au pape des commissaires pour examiner les nnotifs du divorce. Grégoire désigna Durand, évéque d'Albi, et leprévôt de Saint-Salvi de la même ville. Les commissaires, le comte de Toulouse, Sancie d'Aiagon, et plusieurs prélats se rendirent à Vile de la Vergue, entre Beaucaire et Tarascon. On évoqua des tcuioins qui prouvèrent que iiaymond VI avait tenu sur les fonds Sancie ; qu'ainsi soa fils n*avait pu l'épouser. Cette femme, interrogée à son tour, n*opposa qu'un profond silence à toutes les questions. Alors lès commissaires prononcèrent la nullité du mariage. Après cette assemblée, Sancie se retira au château de Padernes dans le Venaissin, où elle mourut quelques années après (en 1^9).
Ce fut on vain que le comte de Toulouse pria Raymond du Falgar de se rendre à i'ile de la Vergue, le prélat demeura à Beaucaire et ne voulut pas participer à la sentence du divorce : choso assez bizarre puisqu'il avait signé l'accord de Montpellier où le divorce avait été résolu. Louis IX,
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Alphonse et Jeanne surent beaucoup de gré à ce prélat de
n'avoir pas assisté à l'assemblée de la Vergne et lui eu témoignèrent leur reconnaissance. 11 paraît quje Raymond du Fàlgar avait eu qudques doutes sur la validité des témoi-^ gnages.
Après rassemblée de la Vergne, Raymond VII reçut à Lunel Thommage de Roger IV comte de Foix, qui venait de succéder à son père Roger-Rernard. te dernier était mort à Bolbonne où il s'était retiré et où il avait pris lliabft
religieux. Par son testament, il choisit sa sépulture a Bol-
bonne, institua pour son héritier Roger son fils, et fit plu^ sieurs legs à diverses églises. Roger-Bernard fit briller sa
valeur pendant la guerre des albigeois, et ses vertus civiiei> et militaires lui méritèrent le surnom de Clrand.' R eut d'Ermessinde, héritière de la vicumic do Castelbon, Roger qui lui succéda et Ësclarmonde qui épousa Raymond vicomte de Gardonne. U épousa en secondes noces Ermen-. garde de Narbonne, de laquelle il eut Cécile qui fut mariée à Alvare comte d*Urgel.
Quelque temps après avoir reçu k Lunel Thommage du comte de Foix, Raymond VU se rendit à Aix, et la, de concert avec le roi d*Aragon et le comte de Provence, il Uaita des moyeos k prendre pour conclure son mariage avec Sancie, fille de ce dernier, tt fut décidé qu'on demanderait au pape la dispense nécessaire, et qu'en attendant le roi d Aragon épouserait Sancie par procuration : ce qui fut exécuté au mois d^août 1241, en présence de plusieurs prélats, et entr autres de Raymond du Falgar évêque de Toulouse.
D*Aix le comte de Toulouse se rendit à Beaucaire.. Ce
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fui dans cette ^lle qu'il confinna les coutumes et les pnvii^es du lieu et du château de Buzet clans le Toulousain et qoLÏl apprit la mort de Grégoire IX. Cette mort déconcerta tous ses projets de mariage avec Sancie de Provence, n reotra dQ suite après daos sa capitale, et s'y trouvait le 2 du mois de septembre puisqu'il y reçut Thommage de Raymond Jourdain, en présence de Bernard de Comminges. Ce seigneur était de la maison de l!Ilie dont Jourdain V était alors le chef.
Ne pouvant réaliser son projet de mariage avec Sancie de Provence, Raymond VII demanda la main de Constance, iilie de Hugues de Lésignan comte de la Marche. Des vues d'une baute politique déterminèrent le comte à cette demande. Comme il désirait recouvrer les domaines qnll avait cédés au roi par le traité de Paris, il se ligua avec Hugues (|ui était assez mécontent de te cour de France. Hugues avait épousé Isabeau comtesse d'Angouléme, mère de Henri roi d'Angleterre. Au mois d'octobre, ce dernier conclut avec le eomie de la March» une ligue offensive et défensive contre Louis IX. Le roi de Navarre, celui de Castille, celui d*Aragon et Trincavel entrèrent dans cette ligue, pour laquelle Raymond VII passa les Pyrénées parce que les deui. derniers princes se trouvaient alors au-delà de ces montagnes. Le voyage du comte de Toulouse en Catalogne fut d'assez courte durée, puisqu'au mois de décembre il reçut l'bommage de Bernard VU comte de Comminges pour les châteaux de Muret et de Samatan. Bernard VI mourut suijitement à Lantar, le jour de S. André , et fut inbnmé dans l'abbaye de Bonne(ont.^ IL laissa un autre fils nommé Arnaud-Roger, dont nous parlerons plus tard.