CHAPITRE II
Simon dans la Lybie ; saint Mathieu, après avoir écrit son Evangile à la prière des fidèles de Jndée, se rendît en Ethiopie ; saint Barw thélemi passa dans la grande Arménie ; saint Thomas alla chee les Parthes et Jusqu'anx Indes; saint Philippe, après avoir évangélise la Hante-Asie, mourut à Hiérapolis en Phrygie } saint André fut envoyé chez les Scythes, d'où il passa en Grèce et ea Épire. Jacques* fils d'Alphée, demeura à Jérusalem dont il avait été établi évoque ^ saint Jean prêcha dans l'Asie-Mineure. D'après Topinion la pluspro* bable, la sainte Vierge ne le suivit poiht dans ses voyages apostoU^ qne^. Une tradition ancienne et fort répandue en Orient rapporte qn^elle mourut à Jérusalem ; et la croyance de TÉglise est qu'elle ressuscita peu après sa mort, et que, par une glorieuse assomptioo, elle fut élevée en corps et en ttoe dans le ciel *. Elle mourut, seloa toute apparence, it Jénrsalem, Tan 45 ou 47.
Saint Pierre avait commencé par fixer son siège à Antioche dont il fût le premier évéque ; il y demeura environ sept ans, et la quitta pour aller à Rome établir le séjour des vicaires de Jéeus-Cbrist sut la terre. Ces deux épiscopats de saint Pierre ont tellement fixé l'attention des fidèles, que, dès les immiers siècles, deux Cites solen^ neHes furent instituées pour en célébrer la mémoire. Dans Tinteiv valle de Ul fondation de ces deux sièges, le saint Apôtre prôclia f Évangile dans le Pont, la Galatie, la BiUiynie, la Cappadoêè et PAsie^Mineure, suivi de Marc, de Pancrace, de Haroi^, de Rufns, d*Apo!1{naire, évêques futurs d'Alexandrie, de Syracuse, deCapoue. Cependant saint Pierre envoyait saint Marc, son disciple, fonder réglise d'Alexandrie. La capitale de l'Egypte reçut ainsi, par cet intermédiaire, la foi de saint Pierre, de même que l'avaient reçue Rome, la capitale de rocctdent, et Antioche, la capitale de l'Orient.
' L'Assomption de la Sainlè-Vierge n'est pas un dogme catholique, en te sens qu'elle n*a jamais été définie comme une vérité de foi. Il en était de môme de la croyance à l'Immaculée Conception, avant le décret dog-* matiqiie du 8 décembre 1854, qui a comblé de Joie TuDivers catholique. Cependant la croyance à l'Assomption de la Sainte-Vierge, consacrée par la tradition, et par la fête célébrée en son honneur dans les deux Églises giacque et latine, est chère, à juste titre, k tous I03 Hdëles*
21 HliJTOlRË (i£>ÉliALIs; DK l/ÉGLISE.
Avant de se séparer de son maître, saint Marc écrivit son Évangile, à la prière des fidèles de Rome, qui désiraient conserver le souvenir des prédications du chef des Apôtres.
7. Dans le même temps, saint Paul recevait à Autioche la consécra* tton de Tapostolat. C'est à cette consécration qu'il en appelle, quand il dit (Gai. I, v. 4) que ce n*est point par les hommes, mais par la grâce de Jésus-Christ qu'il a été fait apôtre. Preqant alors avec lui Barnabe et Jean-Marc, ils partirent ensemble pour leur première mission. Ils prêchèrent TÉvangile à Salamine, capitale de Tîle de Chypre, s'adressant d'abord dans les synagogues, où leur origine juive leur donnait facilement entrée. Appelé à Paphos par le proconsul Sergius Paulus, Paul frappa de cécité l'imposteur Elymas (fiar- Jesu], qui se trouvait dans cette ville, et conquit le proconsul à la foi. De Paphos, les messagers de la bonne nouvdle revinrent sur le continent asiatique, et de Perga en Pamphylie, où Marc les quitta, ils allèrent à Antioche de Pisidie. Là et à Iconlum, en Lycaonie, leur parole convertit une multitude de Juifs et de païens à TÉvangiie. Parmi les nouveaux disciples d'Iconium se trouvait une jeune vierge, sainte Tbècle, dont l'antiquité chrétienne a célébré la mémoire, et a placé le nom à coté de celui de saint Etienne, parce que» la première des martyres, elle eut la gloire de souffrir pour le nom de Jésus-Christ. Traînée devant les juges païens, qui voulaient la faire renoncer à sa foi, elle résista courageusement à la tortmoe, et fut, par leur ordre, exposée aux bétes de l'amphithéâtre. Mais les lions vinrent se coucher à ses pieds et respectèrent sqn corps virgi-nal ; le peuple, touché de ce spectacle, exigea qu'on relâchât sainte Thècle, qui put terminer en paix ses jours. Elle reçut néanmoins le titre de martyre, suivant la coutume des premiers siècles de l'Église» où l'on donnait ce nom à tous ceux qui avaient souffert pour l'Évangile des tourments mortels de leur nature, quand même ils y auraient miraculeusement survécu. A Lystre, où une parole de saint Paul rendit publiquement à un homme perclus l'usage de ses membres, les deux Apôtres furent d'abord pris pour des Dieux, et Ton voulait leur offrir des sacrifices comme à Jupiter et à Mercure ; mais le même peuple, changeant tout à coup de dispositions, sous le souffle de la colère de? Juifs, poursuivit Paul à coups de pierre et
cuABiTAji; a. 2Ô
le traioa bor& des murs. On te croyait mort dans les lourmeQls, mais la volonté de Dieu le réservait à d*autres combats et à â*autres triomphes. Le Irademain, les Apôtres partirent pour Derbe, qu'ils évangélisèrenl encore. Dans une nouvelle visite qu'ils firent aux croyants de Lyatre, d'Antiocbe de Pisidie et dlconium, ils donnèrent des pasteurs à ces ÉgHses.naissantes, et retournèrent à Antioche de Syrie, t^minant ainsi leur première mission.
8. Appelé d'une manière extraordinaire à Tapostolat, saint Paul avait reçu immédiatement de Dieu les Inmières nécessaires à sa mission. Mais afin de donner à son enseignement et à sa discipline la sanction extérieure de la vérité, c'est-à-dire celle d'un parfait accord avec la doctrine et la conduite des autres Apôtres, poussé par une iaspiraiion supérieure, il ae rendit à Jérusalem» pour la seconde bis après sa conversion, accompagné de Barnabe et de Tite, qu'il avait amenés des ombres du paganisme k la lumière de l'Évangile. Là, il rencontra saint Pierre qui venait d'y faire un voyage, saint Jacques et saint Jean. Dès cette époque, fut agitée entre eux la question de l'obligation abeotuede la loi Mosaïque, question d'une im* portance décisive pour les progrès de la société cbretienne. Rien n'était plus difficile aux Juifs, particuliëranent & ceux qui vi-vaient à Jérusalem, en face du temple et au milieu des sacrifices toojoars subsistants, que de se dépouiller du préjugé qui leur Aiisait regarder l'exacte observation delà loi comme l'unique moyen de justification et de salut. Aussi ne concevaient-ils qu'avec une difiiculte extrême qu'il dût suffire de la foi en Jéstt&-Chris(, aux païens convertis, pour être justifiés, sans avoir besoin de se soumettre & la eircondsîon et aux autres prescriptions légales ; et ils refusaient de communiquer avec eux tant qu'ils ne portaient pas ces marques d'une loi de servitude. Saint Paul s'opposait énergiquement a cette exigence. Les trois Apôtres Pierre, Jacques et Jean avaient la même doctrine ; ils les reconnurent, lui et Barnabe, pour leurs véritables collègues, et il fut décidé que l'un et l'autre précberaient spécialement les païens, pendant qu'euxnnémes continueraient à évangéliser les Juifs. Peu après le retour de Paul et de Barnabe k Antioche, Pierre s'y rendit lui-même et ne se fit aucun scrupule de manger avec des fidèles incirconcis, jusqu'à l'arrivée de quelques Juifs
26 HISTOIRE GÉlVEHALe DE L*ÉGLISË.
chrétiens, envoyés de là Judée par toint Jacques. Craignant de scandaliser ces austères zélateurs de la loi, qui regardaient conune impurs les incirconcis, et leurs repas, saint Pierre s^âoigna de la fable des païens convertis. L'agitation qui résulta de cet incident dans réglise d'Antioche, fit sentir la nécessité d'une décision su* prôme, de la part de l'apostolat réuni h Jérusalem. Paul et Barnabe y furent envoyés ^n députation. Les cin<i Apôtres Pierre, Jao* ques, Jean, Paul et Barnabe formèrent, avec les prêtres et les fidèles, le premier concile, connu sous le nom de eoncite de Jémisalem. Saint Pierre, en sa qualité de chef de l'Église, porta le premier la parole. Il établit que Dieu ne faisait aucune différence entre les Juifs et tes Gen* tils pour la vocation à la foi. L'Église de Jésus-Christ était la mott* tagne prophétique dlsaie, 06 toutes les nations de la terre d^aient se réunir dans l'unité de la foi. Saint Paul et saint Jacques parlè«> rent dans le même sens, et l'assemblée réduisit les obligations des païens convertis aux suivantes : S'abstenir des viandes oflèrtes en sacrifice, de la chair des animaux étouffés, du sang et de la fomî* cation. La défense de prendre part aux repas des aaeriflces, était nécessaire pour préserver les nouveaux chrétiens d'une reohvlQ dans le paganisme. Quant à la fornication, le sens moral était tel* lement éteint chez les païens qu'ils la regardaient comme une ao* tion indifférente : et il importait que la pureté des mœurs déviai un signe distinctif de la foi nouvelle. La prohibition des chairs étouffées était maintenue par l'Église , attentive dès lors au bien même physique de ses enfants. Celle du sang était relative à ub ordre de choses plus élevé. Le sang dans les samflees était l'offrande principale réservée au Seigneur. Tant que ces Baorifioes eontinuaient à s'offrir dans le temple de Jérusalem, on conçoit que les chrétiens aient conservé respectueusement cette prescription. Dan& l'esprit des Juifs, l'abstinence du sang était un précepte divin, obligatoire pour tous les hommes, il fallait, afin de diminuer leur répugnance contre toute espèce de commerce avec les Outils, imposer momentanément les mêmes prohibitions à la généralité des chré-tiens. La décision do concile, précédée par cette par(4e solennelle : « // a semblé bon au Saint-Esprit et à noiés, » fut envoyée aux églises de Syrie et de Cilicie ; et Paul ei Barnabe reiînmii à An»