‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 11 sur 190 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

tioche, pendant que saint Pierre reprenait le chemin de RMie. Pen de temps après, saint Paul commença sa seconde mission, accompagné cette fois de Silas seul, Barnabe s*étant séparé de lui parce que Paul n'avait pas vonlu emmener Jean-Marc. Barnabe et Jean-Marc s'embarquèrent donc de leur côté pour File de Chypre ; Paul et Silas se rendirent en Asie-Mineure; la Providence ayant permis cette scission pour queFÉvangile fût prêché en un pins grand nombre de lieux à la fois (53] . Saint Paul visita d'abord les églises de la Syrie septentrionale, de la Cilicie et de la Lycaonie. A Lystre, il s'adjoignit le jeune Timothée, fils d'un père grec et d'une mère juive devenue chrétienne. Timothée, conformément au désir de saint Paul, se fit circoncire pour trouver accès parmi les Juifs. Les trois hérauts de la foi parcoururent ensuite la Phrygie, la Oalatie et la Mysîe. En Troade, le médecin etévangéliste saint Luc se joignit b eux. Une vision que saint Paul eut en songe Tavertit de quitter l'Asie et de se rendre en Macédoine. A Philippe, une marchande de pourpre, nommée Lydie, se convertit avec toute sa maison. Dans cette même ville, la guérison d'une esclave, possédée du malin esprit, fut cause que. sur l'ordre du gouverneur Romain, Paul et Silas, après avoir été battus de verges, furent jetés en prison comme séducteurs du peuple et comme prédicateurs d'un culte nouveau, non autorisé. La constince pleine de joie des Apôtres, et le miracle qui leur ouvrit les portes de leur cachot pendant la nuit, touchèrent tellement le gedlier, que, s'élant fait instruire par saint Paul, il crut en Jésus-Christ et reçut le baptême avec toute sa famille. L'autorité de la ville, effrayée de là précipitation avec laquelle elle avait maltraité un citoyen Romain, car saint Paul avait ce titre par sa naissance, rendit la liberté avec beancoup d'égards aux deux prisonniers, en les priant toutefois de s^éloigner. Mais les fondements d'une église étaient jetés à Philippe. Les Apôtres s'arrêtèrent plus longtemps à Thessalonique, ville populeuse, où se trouvait une synagogue, et y formèrent, parmi les Juifs, une église qui devint rapidement florissante. Cependant les Juifs incroyants ayant cherché, par une plainte calomnieuse, à extorquer, près de l'autorité païenne, la condamnation des saints missionnaires, ils partirent dans là même nuit pour la ville de Béroé, située dans le voisinage, où ils

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trouvèrent cbe^ les habitants juifs une plus grande sympathie. Poursuivi jusque dans cet endroit par les Juifs de Tbessalonique, Paul laissa Silas et Timothée, et fit seul voile vers Athènes. Cette ville, centre de la civilisation, des arts et des lettres, dépouillée alors de son importance politique, et réduite à n'être :que Tesclave de Rome, dominait encore ses maîtres par la science et le génie. Les futurs consuls et les fuiurs Césars venaient apprendre, dans ses écoles, à penser juste et à parler bien. L*œil n*y rencontrait, de toutes parts, que statues et temples élevés en Tbonneur des dieux, que pompes païennes et sacrifices sanglants. Un autd sans nom, dressé au Dieu inconnu, dans cette capitale du polythéisme, fournit à TApôtre une heureuse manière de commencer sa prédication. Amené par des stoïciens et des épicuriens devant TAréopagc, tribunal suprême en matières religieuses, saint Paul annonce, en face d'un auditoire étonné, le Dieu unlquç, tout-puissant, « dans lequel no\is vioùfiSi noitë nous mouvons et nou^ sommes » et qui jugera le monde par celui qu'il a ressuscité d'entre les morts. Les uns répondent par la moquerie à ses paroles, les autres lui disent qu'ils Tentendront une autre fois, quelques:uns seulement croient en Jésus-Christ, parmi lesquels Denys, membre de l'Aréopage S et une humble femme nommée Damaris. D'Athènes, saint Paul se rendit dans la capitale de l'Achaïe, la voluptueuse Corinthe, où il demeura chez un juif converti, nommé Aquila, fabricant de ses propres mains des tentes pour vivre, et prêchant dans la synagogue. Mais là encore la majorité des Juifs accueillit sa doctrine avec tant d'hostilité, qu'il ne tarda pas à se tourner avec plus de succès vers les Grecs. 11 se forma, en peu de temps, une communauté de croyants dont Crispus, président de la synagogue, fit lui-même partie, et qui, pendant une année et demie qu'elle fut sous la direction de l'Apôtre» devint une des plus florissantes et des plus nombreuses. Les Juifs irrités portèrent plainte auprès du proconsul Gallio, frère du fameux philosophe A. Sénëque, mais il les renvoya en disant qu'il ne voulait pas s'immiscer dans cette querelle de religion ju-

• Voyez, à la fin du cliapiire IH» les Problèmes historiques relatifs à Thistoire du premier siècle de l'Église.

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