‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 100 sur 190 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

SOMMAIRE

wtHumé de ta vranièreépo^iM de rcgUM. (An 1312.) 1. Extension rapide du christtanlame, en luUe, — 2. dans ton tic reftc de roccldent, — 5. en Orient. — ft. Obstacles au développenient du christianisme. — 5. Causes favorables à ce dé- Yeloppement. — e. Ecrivains et philosophes païens hostiles au chrisiianlsme. Lucien. Gelae. Porphyre. Jamblique. Philostrate. Vie d*ApolloniU8 de Thyane. Hiérodès. — 1, Preoiien apologisies. —8. Hérésies. Schismes. —». Gou▼ernemen^ discipline et culte. — 10. Con. Kt).

4 . En achevant le récit de persécutions sanglantes, qui ont duré trois siècles, il n*est pas sans intérêt de se rendre compte de la merveilleuse extension du christianisme, sous le fer de ses bourreaux. Dès le commencement du second siècle, saint Justin disait : « n n*y « a pas de peuple chez lequel on ne rencontre des croyants à Jésus- « Christ. » Nous lisons pareillement dans saint Irénée, que« TÉglise « s'était étendue sur toute la terre et jusqu'aux extrémités du monde « les plus lointaines. » Les paroles de Tertuilien ne sont pas moins remarquables : « Nous sommes d'hier, et nous remplissons tout ce « qui est à vous ; nous ne laissons que vos temples. Si nous voulions « seulement nous séparer de vous, nous retirer dans quelque pays « éloigné, la perte de tant de citoyens déconcerterait votre puissance. « Vous frémiriez sur la désolation, sur le silence d'un monde, en « quelque sorte, éteint; vous chercheriez des hommes à qui corn- € mander. » Nous aimerions savoir quel était, à l'époque de la persécution de Dioclétien, le nombre des chrétiens, relativement à celui des païens. A défaut de renseignements précis et positifs sur cette question, un coup d'œii rapide, jeté sur l'Orient et l'Occident, nous donnera une idée approximative de l'accroissement de l'Église, à la fin du troisième siècle. Rome comptait, dans son enceinte seule,

* Voir, pour l'ensemble de la première et de la seconde époque, Ton* \Tage de M. le docteur Dœllinger, professeur d'histoire à l'université ^de Munich . Origines du christianisme, 2 vol. in-8*, auquel nous avons emprunté les idées principales de ce chapitre.

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quarante églises, sous le pontificat de saint Sylvestre P^ (3U-355). D'anciennes traditions locales attribuent la fondation de la plupart des églises d'Italie aux disciples de saint Pierre. Lucques regarde, comme son premier apôtre, saint Paulin, envoyé en Étrurie par le prince des Apôtres; Piesole, saint Romulus; Ravenne, saint Apollinaire; Mll&n, saint Anathalon;Aquilée, sairit Marc; Bologne, saint Zamas, envoyé parle pape saint Denys (259). Zenon, premier évoque de Vérone, subissait le martyre sous l'empereur Gallien (255); Pouz- «oles afait eu pour premier évoque, saint Patrobas, nommé par saint Paul, dans son épître aux Romains. Les anciens martyrologes font également remonter à l'époqile apostolique Tinstitution de Photin à Rénévent, de Priscus à Capoue, de saint Asper à Naples, de Philippe d'Argjrium à Palerme, et de saint Marcien, premier évéque de Syracuse.

2. Les origines du christianisme dans l'Afrique proconsulaire, un peu obscures au premier siècle, se développent, avec éclat, dès le deuxième. Le siège principal de l'Église dans ce pays, depuis le désert de Barca jusqu'à l'Atlantique, était Carthage, magnifique et populeuse cité, relevée depuis longtemps de ses ruines, et alors en relation, par son commerce, avec le monde entier. Dès la fin du deuxième .siècle, Agrippinus, qui on était évoque, y convoquait un synode d(^ soixante-dix autres évèques. Dès le temps de TertuUien, la religion do Jôsus-Christ avait pénétré parmi les Africains primitifs, c'est-à-dire chez les Gotules et les Maures, qui demeuraient plus avant dans rintcrieur du pays, dans les gorges et les vallées de l'Atlas, nomades pour la plupart, et parlant un idiome particulier. Diins los trois premiers siècles, le nord-ouest de l'Afrique était divisô en trois provinces ecclésiastiques, savoir : TAfrique proconsulairo, la Numidie et la Mauritanie. On en compta six dans le siècle suivant , c'est-à-dire , outre celles que nous venons de citer, la Tripoli taino, qui no se composait que de cinq évôchés, le Bysacène et la Mauritanie Césarienne. — L'Église d'Espagne, en Tan 250, apparaît pour la première fois dans l'histoire, lorsque deux évêques, Basilide d'Astorgaet Martial de Léon, ayant apostasie dans la persécution de Dèce , furent déposés dans un synode. L'époque apostolique pour les première évêques de ce pays n'en est pas moinij

appuyée sur des traditions assez probables. En 306, le concile d*Elvire (EUberis), tenu par dix-neuf évoques espagnols, nous montre, à cette époque, la religion chrétienne florissante dans cette contrée. Les Gaules évangelisées, dès la fin du premier siècle, par les disciples des apdtres, qui avaient vu saint Pothin, saint Irénée à Lyon, saint Trophime à Arles, saint Bénigne à Autun, saint Victor à Marseille, saints Donatien et Rogatien à Nantes, comptaient, au troisième siècle, presque autant desiéges épiscopaux que de villes importantes. Dans le concile tenu à Arles contre les Donatistes (24 4), parurent les évéques de Reims, de Rouen, de Vouson, de Bordeaux, et les envoyés ^ des églises de Mende (Gabales), d'Orange, d'Apt etde Nice. — Dans les contrées situées sur la rive droite du Rhin, et divisées en Ger* manie supérieure et en Germanie infériewre (Germania prima, Germania secundaj, la religion chrétienne était déjèt puissante, au deuxième siècle. Trêves, Cologne, Tongres, Spire, Mayence, étaient autant de centres religieux, d'où la doctrine de TÉvangile se répandait dans les contrées les plus reculées de TAllemagne. Les pays du Danube, le Norique, la Vindélicie et la Rhétie (F Autriche, la Bavière, le Tyrol et les Grisons) dont les principales villes étaient peuplées de colons romains ( Laurearum, AugustaVindelicorum, Tridentum), Larch, Augsbourg, Trente, avaient reçu de bonne heure les semences de la foi; et la persécution de Dioclétien y fit de nombreux martyrs. — La Grande-Bretagne, où, sous le règne de Claude, des colonies romaines avaient apporté avec elles la doctrine de TÉvangile, était presque toute peuplée de chrétiens. Gildas, le plus ancien écrivain de cette nation, raconte qu'en 303, lors de la promulgation des sanglants édits de Dioclétien, les églises y furent démolies, les livres saints brûlés publiquement dans les rues, une multitude de prêtres et de laïques suppliciés, en sorte que les forêts et les cavernes qui servaient de refuges aux chrétiens semblaient alors plus habitées que les villes elles-mêmes. Le premier martyr Breton fut saint Alban de Vérulam, converti à TÉvangile par un prêtre fugitif auquel il avait donné Thospitalité. Après la fin de la persécution, parurent, au synode d'Arles, trois évêques Bretons, Éborius d'York, Restitutus de Londres et Adelphius de Civitate colonie Londinensium (peut-être Lincoln). La Thrace, l'Heminontus, le Rhodope, la

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