‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 102 sur 190 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

conscience , leur mépris pour tout ce qui faisait l'objet des préoccupations des autres hommes, Tardeur avec laquelle ils couraient à la mort, comme à une vie meilleure et plus durable, produisaient une impression profonde sur des âmes façonnées, par le paganisme, à la mollesse, aux sensualités et au luxe exagéré des jouissances. On sentait malgré soi, qu'il y avait dans cette doctrine une force de régénération spirituelle et comme de réhabilitation de la dignité humaine. Le zèle des chrétiens à propager la foi qu'ils avaient euxmêmes reçue, comme un bien suprême qu'ils avaient h&te de partager avec leurs frères, contrastait aussi avec Tindifférence glacée du paganisme. « La plupart de ces disciples apostoliques, ditEusèbe, après « avoir été initiés à la vie chrétienne, parcouraient les pays les plus « éloignés, pour faire connaître le nom de Jésus-Christ : ils répan- « daient partout le livre des sainte Évangiles. Des milliers de païens « qui entendaient leure paroles, ouvraient aussitôt leur cœur à Ta- « doration du vrai Dieu. » Inébranlables dans leur attachement à la doctrine de Jésus-Christ, les menaces, les tourments, l'aspect de la mort sous les formes les plus affreuses, ne faisaient qu'enflammer leur courage. « L'homme est de Dieu seul, non de l'empereur : » disaient-ils avec Tertullien. Étrangers à toute crainte humaine, ils répondaient, par un tranquille refus d'obéissance, à chaque tentative de l'état sur leur vie de chrétiens, et déclaraient n'avoir d'ordres & suivre, dans cette matière, que ceux de Dieu et de son Église. Le principal moyen employé pour anéantir la foi nouvelle, les persécutions et les supplices produisaient un effet diamétralement opposé. € De même que l'on taille souvent les branches fécondes de la vigne, « disait saint Justin, pour faire nattreles bourgeons plus abondants < et plus forts; de même les païens, sans le vouloir, en usent avec « nous; carie peuple chrétien est un cep planté par Dieu le Père et « par Jésus-Christ le Sauveur. » En présence d'un tel spectacle, ceux des païens qui n'étaient ni tout à fait dépourvus de sens, ni complètement aveuglés, commençaient à soupçonner que ce devait être plus qu'une illusion qui élevait tant de personnes, de tout sexe et de tout Age, au-dessus des faiblesses ordinaires, et leur inspirait une consfance invincible. Souvent même, ce joyeux mépris de la mort et des souffirances faisait une si puissante impression, sur quelques-

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UB» 4es spectateurs , qu'uqe conversion spontanée en était la suite.

6. Ce fut surtout p^r le glaive que le paganisme essaya de tuer la religionde Jésus-Christ. Cependant les écrivains et les philosophes païens se donnèrent, de leur coté, la mission de ruiner, dans Topinion, une doctrine que las empereurs et les magistrats cherchaient à éteindre dans le sang. Lucien se distingua dans celle lulte, où il combattit avec Tarme du sarcasme et derjronie, qui hii était famihëre. Ce if^illeur superficiel, conten^poraip des Antonins, était, par ses opinions épicuriennes, Tennen^i de toute religion, sous quelque forme qu'elle pût ^if^ontref. £q cpnséquence, il ne voyait dans le christianisme, qu'une des fac^s innombrables de la folie humaine, sur lesquelles il épapcbait, à Toccasion, le fiel de sa moquerie. Dans sa peinture de Pérpgrin Prêtée, il présente cet imposteur comme lié avec les cbrétiens, et prend de là sujet de raconter, sur un ton satirique, ce qu'il sait des disciples de l'Évangile. « Ces pauvres gens, « dit-il, s'iipaginent qu'ils seront immortels, corps et âme; encon- « séfiuepce ils piéprisent la mort, et même, beaucoup d^entre eux s'y « offrent volontairement. Leur premier législateur leur a persuadé « qu'ils sont tous frèi^s, dès que, reniant les dieux helléniques, ils 4 adorent leur sophiste crucifié. Ils méprisent également tout le « reste, regardent comme un bien commun leur avoir, et, par cette « crédulité, deviennent facilement la proie du premier imposteur « habile, qui peut faire une fortune rapide parmi des hommes aussi « insensés. » Lucien, on le voit, n'avait prêté qu'une attention trèsfugitive à la foi nouvelle, et ne s'était nullement douté de son importance.

Celse, le philosophe, son ami, fut le premier qui écrivit un livre spécial contre le christianisme. Cet ouvrage, intitulé Discoun de vérité, dont nous ne pouvons juger que par la rofutaûon qu'en a faite Origène, renferme toutes les calomnies {)opulaires, contre le christianisme et son auteur. Les chrétiens, seloi) lui, sont un parti né depuis pep de temps , et qui s'est détaché des Juifs par la révolte. Jésus-Christ, né d'une mère coupable, élevé en Egypte dans les sciences occultes des hiérophantes, s'attacha, par fies opérations magiques, dou^Q mjsérablos pécheurs. Les prQ^ig^i (lofit ^ vie fut

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