CHAPITRE XV
inenis durables, Tusage s'établit, dans la première époque, d'inscrire le nom des évéques de chaque église sur des tables qu'on appelait dyptiques sacrés. La succession des principaux sièges épiscopaux se trouvait ainsi établie, et l'on pouvait remonter, par une chaîne vivante, et non interrompue, jusqu'à l'origine apostolique, source de la vérité. La discipline, en resserrant ses liens, aidait aussi au maintien de la foi et de l'intégrité de la doctrine. Des règles furent déterminées pour l'admission des néophytes au sein de l'Église. Les catéchumènes, auxquels les docteurs les plus illustres, tels que Clément d'Alexandrie, Origène, etc., ne dédaignaient pas d'enseigner les premiers éléments du christianisme, n'étaient reçus au baptême qu'après un examen sérieux et approfondi. Avant les époques fixées pour le baptême solennel, on les faisait passer quelques jours dans la retraite, le jeûne et la prière; et les fidèles se joignaient à eux dansées saints exercices. Le lieu des assemblées, pendant ces temps de persécution , était , à Rome , les catacombes, et dans les auti^es villes, des maisons particulières, isdées, ou des souterrains, où I'ob se réunissait en secret de peur des païens. Les chants des hymnes et des cantiques, la lecture des écrits des Ap()tres et des Pix)phètes, des lettres adressées aux Églises par quelque saintévêque, une exhortation vive et touchante ou une homélie sur quelque passage de l'Écriture, accompagnaient ordinairement la célébration des saints mystères. Après la consécration du pain et du vin, les diacres les distribuaient aux assistants et en portaient aux absents. L'usage s'introduisit aussi entre les fidèles de s'adresser du pain commun, qui avait servi aux agapes, et qui n'avait reçu qu'une bénédiction ordinaire. Ces sortes d'envoi se nommaient EulogieSy et exprimaient, sous l'emblème du pain auquel tous participaient, l'union dans une même foi et dans l'espérance à la même vie. La coutume de bénir le pain, le dimanche, dans nos églises, outre qu'elle rappelle la convenance, pour chacun des assistants, de communiquer au corps et au sang de notre ligueur Jésus-Christ, se rattache encore à la tradition primitive des Ëulogies. — L'usage du luminaire dans les églises, pendant le service divin, semble être venu de ce que, dans les premiers siècles, les chrétiens étaient obligés de s'assembler souvent pendant la nuit, ou dans des lieux obscurs. Il est probable, du reste, I. 21
que cet udage se serait perpétué» mêine en dehors des causes de
«iiéceBStté, en' souvenir de la tradition juive des chandeliers d*or, et
des flaiiH>eaux qui brûlaient constamment devant le tabernacle. Dans
-l^inlepvâHe des persécutions, les chrétiens profitaient des momente
de paix, qui teur étaient laissés, pour construire des églises et des
iratsiliques à ciel ouvert, où se tenaient leurs assemblées. La persé-
-tution de-Maximin détruisit une multitude de ces lieux saints, élevés
-ainsi panrla piété des fidèles. Plus tard, à mesure que le paganisme
4iibaiidoniait ses temples, les chrétiens les purifiaient et en prenaient
-pessessionipour inaugurer le culte du vrai Dieu. La forme de ces
«ttOfunneAls primitifs de TËglise naissante devait se modeler sur les
règles ide Itecfaitecture romaine. L*archéologie religieuse a étudié
"avec .soin, de Bos jours, les modifications, qu*à chaque époque, et
«ous l'inOuenoe des divers climats, a subies la construction des
«gUses. Dans les trois premiers siècles les parties principales de
chaque basilique étaient Vatrium, yestibule, où se plaçaient les
icatédHunèaas, les pénitents, les néophytes, qui n'avaient pas le
droit d'assister déplus près à la célébration des mystères, et que les
alîaciPeslaisaient retirer de Tintérieur du temple au moment solennel;
-ie- baptistère, avec ses piscines sacrées, où le baptême se conférait
-par immsnîofi. Ordinairement il y avait deux piscines. Tune pour
4esiiQiiimfls, Tautre à l'usage des femmes, pour le baptême desquelles
âliétait-sécessaire d'avoir recours au ministère des diaconesses, afin
fld'éviler toute indécence; l'intérieur de la basilique, séparé par un
4pn(aAwi]e en deux côtés distincts, l'un pour les hommes, l'autre
(pour les femflies; enfin lesacrarium, sanctuaire, disposé demanière
À ce que, le siège de l'évéque placé le plus près de l'autel, les autres
oninislTBs tussent assis, suivant leur ordre hiérarchique, en se
Tappro(âiaiil .du peuple. Entre le sacrarium et l'intérieur de l'église,
Hme sorte à^ombon ou de tribune permettait aux prédicateurs de
^foire entendre leur parole aux honunes et aux femmes à la foi».
'Telle était le pins fréquemment la disposition des basiliques au
.tuoisiéme .siècle. Les saints mystères s'offraient toujours sur unautel
«renfermant le corps de quelques martyrs. Dans les catacombes, les
.tombeaux des saints servaient eux-mêmes d'autels. C'est de là que
Ytet, dans la suite, la coutume de placer des reliques dans les pierres