‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 107 sur 190 · CHAPITRE PREailEft. SfBj · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREailEft. SfBj

duisait dans le monde, pour constater, par son histoire, cbikcun des progrès de l'Église. Tel est le caractère des ouvrages dedûmaréeitr vains illustres de cette époque , Lactance et Eusèbeî de Gésarée; Lactance, qu*on a surnommé le Cicéron chréiien, professait lairhér torique h Nicomédie, quand il fut appelé par Constantin pour pré-* sider à l'éducation du César Crispus, son fils aîné. Lesc soina d'un toi maître en firent un prince accompli. Sur une aocusation calomnieuse de Fausta, sa marâtre, Crispus fut mis à mort, et laissa à Lactance la douleur de survivre à un élève digne de luit L'ouvrage le plus célèbre de Lactance est son Traité de la moH dea ptr^écu-^ teurs. La fin tragique de tant d'empereurs, qui avaient'versé le-sang» des chrétiens, était un sujet capable de tenter la plumei d^unapolorgiste. La justice divine, dont le doigt était marqué à chaque page^ dans son récit, devait faire impression sur les cœurs d'une généralioB contemporaine de ces faits mémorables. La logique de son sujet conduisit naturellem^t Lactance à composer un second, traits de la, eoiètfe de i^Mc», oà il prouve, contre la doctrine des Stoïciens, que Dîeu' n'est point indifférent au bien et au mal, qu'il adeschâtimentsr etdes vengeances pour les méchants> comme il a des récompenses pour les bons. Il développe plus spécialement cette idée> d'une providence, active et vigilante, dans son livre Des (Ewcres. de, Dùu JCeutle système chrétien de la providence se trouve encore expliqfié^ dans- un ouvrage de plus d'importance et d'étendue, intitulé.: Le» ImUiniions divines^ et partagé en sept livres : 4'' de. la fausse relir gion ; St"* De l'origine de l'erreur ; 3"" De la fausse sagesse ;. 4^ Delà vraie sagesse; 5'' De la justice ; 6*" Du vrai culte ; 7** De la vie bienbeu^ reuse. Cette œuvre immense, qui embrassait toute. Fécooomie. de la religion, fut abrégée par Lactance lui-môme. Nous avons. encone ce double travail, destiné à seconder le mouvement qui portait alors les intelligences vers l'étude du christianisme, et répondait aun besoins d'une époque de transition entre les erreurs païennes et la lumière de l'Évangile. Le charme du style de Lactance,, sa latinité nombreuse et pure, qui faisait revivre les traditions littéraires, du siècle d'Auguste, contribuèrent à répandre ses ouvrages et à conquér rir les intelligences à la foi.

4. Dans le même temps, Eusèbe, évêque de Césarëei publiait, en

grec, son grand ouvrage de la Préparation et de la DémanslraUan éwLngélique. Dans la première partie, il dispose Tesprit à croire rÉv^ngile, dans la seconde, il en démontre la vérité. Il prend son lecteur, au milieu des ténèbres du paganisme, pour le conduire^ comme par la main, dans les splendeurs de la vraie foi. Dans la Préparation^ divisée en quinze livres, il s'attache d'abord à réfuter la théogonie fabuleuse des poètes, la théogonie physique on allégorique des philosophes, et la théogonie politique ou légale des Tilles et des provinces. Quand le monde moral se déplaçait, pour s'asseoir sur les bases de la doctrine évangélique, il était nécessaire de prouver Tinanité des fondements sur lesquels il s'était appuyé tant de siècles. Après avoir battu en brèche les erreurs du paganisme, il restait à montrer comment la religion juive avait servi d'avenue et de préparation à celle de Jésus-Christ. C'est Tobjet que se propose l'évéque de Césarée, dans une discussion étendue et approfondie sur les livres de Moïse, et des Prophètes, qni embrassait les vingt livres de la Démonstration évangélique, dont il ne nous . reste que les dix premiers. A ce point de vue, la religion de Jésus-- Christ cesse d'être une religion nouvelle dans le monde. Elle commence à la chute d'Adam qui amène la promesse d'un Sauveur : elle se perpétue dans les patriarches, dans l'existence exceptionnelle du peuple hébreu, dans les espérances des justes, dans les figures de Fancien Testament, dans la voix inspirée des prophètes, et se réalise enfin par l'avènement du Messie qui accomplit toutes les prophéties, complète toutes les figures, comble toutes les espérances, remplit l'attente des Juifs, le désir des patriarches, et la promesse d'un réparateur, faite par Dieu même au berceau du monde. On voit que le plan d'un pareil ouvrage est aussi vaste que magnifique, et qu'il répondait à toutes les exigences de la polémique contemporaine. Eusèbe y déploie une érudition immense. Son style simple, maïs pur, est clair et précis. V Histoire ecclésiastique suivit de près la Démonstration évangélique. C'est moins un ouvrage achevé, une histoire proprement dite, qu'une colleclion de pièces historiques, de longs passages d'auteurs anciens, dont les ouvrages se sont perdus •depuis. La conduite que tint Eusèbe de Césarée dans la grande question de l'arianisme, soulevée de son temps, fut loin d'être

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