CHAPITRE PREMIER
parlëfde saint Antoine, se rendit près de lui, et apprit, sons ce grand maître, lès secret^ëlA'vte ascétique. Il le quitta, pour fuir Taffluence considérable* q\)*atHraft diaque jour la réputation du saint patriar* chef, et, siccompa^db quelques disciples, revint en Palestine inaugurer lat vie'solitaire.Sfes' vêtements consistaient en unrsae, une tunique de peau; que lUi a^t ôàûnée saint Antoine, et un manteau de paysan. Qudques figue=^ sèches, qu'il ne mangeait qu'après le con* cher du soleH, firent toute sa nourriture, pendant six ans. Plus tard, il augm&nfâ cfûcor^ ses austérités. H travaillait des mains, cultivant la terre et trcfssartt des corbeilles de jonc et d'osier, comme les solitaires d*Égypte: Une petite cellule, qu'il construisit lui-même, large de quatre pieds, haute de cinq, et ainsi plusbasse que lui, mais un peu plus longue qu'il ne fallait pour s'y tenir couché, lui servait de demeure ou plutSt de tombeau. Jusqu'à une extrême vieillesse, il coucha sur la terre dure, et ne consentit qu'à regret de se servir alors d'une natte de jonc. Ledonf des mimclesfut, dès ce monde, la^récompense du saint anachorète, et- quand des malades syriensi venaient aux pieds de saint Antoine chercher le remède' à leurs* ma^ix : c Pourquoi, leur disait-il,, vous êtes-vous fatigués* à venir si loin, € puisque vous avez là aon fils Hilariont p
6. Cependant, le concile de Lalran, tenu par le pape saint Melchiade, contre les Donatistes, n'avait point fini la querelle que des évêques ambitieux et ind\gnes de leur auguste caractère, ne faisaient qu^envenimer davantage. Le retour de Donat de Casis Nigris, à Carthagc, avait été pour Cècilien, l'évêque catholique de celte ville, le signal d'une persécution' plua violente et plus acharnée que jamais. Les scMstnatîques soutenaient toujours que l'ordination de Cècilien était nnlle, parce que Faix d'Aplonge, prélat consécrateur, avait été traditeur durant' la persécution. Ils prétendaient que cette question n'avait pas été suffisamment examinée au concile de Latran^ et demandaient en conséquence un nouveau jugement, ne voulant point s'en tenir au premier. Cef&t encore à Constantin qu'ils adres* sèrent leurs plainte£(. « Eh quoi f s'écria l'Empereur, en recevant « leur requête, ils interjettent appel, comme les païens dans leurs « procès, y Pour leur donner satisfaction, il fit informer juridiquement, par le proconsul d'Afrique, au sujet de la conduite de Félix
SSi HISTOIRE GÉNÉRALE DE L*ÉOLISE.
d*Aptonge, pendant la persécution. Félix fut solennellement reconnu innocent, et son principal accusateur convaincu d*avoLr falsifié un acte public pour donner quelque couleur à sa calomnie. Cette enquête, et la sentence qui la suivit, ne satisfirent point Tanimosité des schismatiques. Leurs plaintes recommencèrent, avec la même obstination. Constantin les renvoya alors à un concile qui se tint à Arles, dans les Gaules, « non pas, dit saint Augustin, qu'il y eût besoin « d*un nouveau jugement, après celui du concile de Latran, mais « pour mettre fin h leurs importunités, et dans le désir de réprimer « leur impudence. » L'empereur fit réunir, aux frais du trésor public, des évêques d'Italie, de Sicile, d'Afrique, des Gaules, de l'Espagne, et de la Grande-Bretagne. Le pape saint Sylvestre y envoya quatre légats, deux prêtres et deux diacres. Les opérations du concile s'ouvrirent le premier août 34 4. Cécilien, l'évoque incriminé de Carthage, s'y trouvait en personne. Sa cause fut encore une fois examinée. On articulait surtout contre lui deux griefs : le premier, que, simple diacre, durant la persécution, il serait allé, par ordre de l'évêque Hensurius, à la porte de la prison, avec des fouets el une troupe de gens armés, pour empêcher de porter de la nourriture aux martyrs qui y étaient renfermés. Le second, déjà si souvent formulé, que les prélats qui l'avaient consacré , et particulièrement Félix d'Aptonge, avaient été traditeurs. Ces deux points, après une mûre délibération, furent trouvés complètement faux. L'innocence de Cécilien fut proclamée, ses calomniateurs condamnés. Les pères d'Arles, après avoir traité cette première et principale question, s'occupèrent de formuler des canons de discipline, qu'ils adressèrent au Pape, avec une lettre synodale, rédigée au nom de tous les évêques présents. Nous transcrivons ici le commencement de cette lettre , monument précieux de la vénération filiale de l'ancienne église des Gaules, envers le saint Siège.
< Au bien-aimé Pape Sylvestre; Marin, Agrécius, etc., salut étemel « dans le Seigneur. Unis ensemble par le lien de la charité, dana € l'unité de notre sainte mère l'Église catholique, convoqués dans « la ville d'Arles par le désir du très-pieux empereur, nous vous « saluons de là, très-glorieux Pape, avec la vénération qui vous est < due. Nous avons eu à lutter contre des hommes turbulents et sans