‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 115 sur 190 · CHAPITRE PREMIEB · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIEB

« n'y a qu'un Dieu de qui sont toutes choses, et un seul Seigneur

€ Jésus-Christ, par qui sont toutes choses, i^Le^ Ariem recouraient

à cet autre subterfuge : « Comme les autres créatures ne pouvaient

< soutenir Faction immédiate de TÊtre infini, Dieu a fait d'abord le « Fils seul, et ensuite, tout le reste par le Fib^— Distinction futile, re- « prenaient les catholiques, car, si les créatyres n'ont pu soutenir € Faction immédiate de Dieu, comment le Fils, qui, dans votre sy- « stème, est >une créature, a-t-il pu soutenir cette action? Si les « créatures ont eu besoin d'un intermédiaire entre Dieu et elles, le « fils, qui est une créature, avait donc besoin » lui aussi, d'un inter-

< médiaire, cet intermédiaire d'un autre, et ainsi de suite jusqu'à « rinfini. Que si, pour échapper à l'absurdité de cette conséquence, « vous convenez que le Fils, quoique créature, a pu être fait immé- € diatement par l'Être incréé, vous êtes forcés de convenir que « FÊtre incréé a pu faire de même toutes les autres, et votre produc- « tion du Verbe devient inutile. »

24 . Le 9 juin 3S5, jour fixé pour la séance publique, était arrivé. La discussion préliminaire des conférences précédentes avait éclairci toutes les difiScultés. Les évêques orthodoxes étaient unanimes à couvrir d'anathème les impiétés de FArianisme. L'empereur Constantin était venu à Nicée, pour ajouter, à la solennité de la sentence, la majesté de la présence impériale. Tous les évéques, prêtres et diacres, qui faisaient partie du concile, se rendirentdans la grande salle du ps^îs, qu'on avait préparée pour les recevoir, et où Fon avait disposé un trône d'or pour Fempereur. Quand Constantin parut, revêtu de la pourpre et d'un manteau semé de pierreries, les Pères se levèrent, pour honorer, en sa personne, le prince qui avait fait passer la religion du Christ, de l'obscurité des catacombes, au grand jour de ces solennités augustes. Constantin reçut leurs hommages avec une respectueuse modestie. Arrivé au haut delà salle , il se tint debout, sans vouloir prendre place sur le trône qui lui avait été préparé, et ne consentit à s'asseoir que quand les évéques l'en eurent prié. Saint Eustathe d'Antioche se levant alors, adressa la parole à Fempereur, et rendit grâces à Dieu des merveilles accomplies en faveur de la religion, sous son règne. Constantin se leva, et répondit à saint Eustathe par un discours latin que des interprètes

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expliquaiâot e» grec , langue que la plupart i^ Pères entendaiei^t mieux, parce qu'elle était plus répandue en Orient, Il leur témoignait ^ joie de le$ voir rassemblés de tous les points de ru][iivers, et sou extrême désir de terminer, par leur concert, de fune^^tes divisions. U donna ensuite la parple i^ ceux qui présidaient le concile, et leur laissa une liberté entière d*examiner toutes les questions de doc^ine. On reprit donc, en présence de rempereur, la discussion avec Arius. 3es partisans présentèrent à rassemblée une profession de foi qu'ils ^valent rédigée, et où ik avaient fait entrer toutes leurs erreurs sur ^ pâture du Fils de Dieu. Tous les Pères orthodoxes, qui fondaient Timmense msgorité du concile, la rejetèrent d'up commun accord. On passa ensuite à Texamen des termes dont on se servirait, pour formuler la foi catholique sur la génération dq Verbe : et l'on proposa d'abord de se servir d'une expression de TÉcritQre et de dire que : le, Fils est de Dieu. Mais les Ariens l'interprétaient dans le sens de leur doctrine, et offraient de la souscrire, < parce que, disaient-ils, il est écrit ailleurs : a Tout est de Dieu. » Oq qe distinguait donc réellement pas, par cette formule, le Verbe dq reste des créatures. Les catholiques expliquèrent alors clairement, qu'en disant que le Fils est de Dieu, ils entendaient exprimer qu'il est de la substance même de Pieu : ce qui ne peut conyenir à aucune créature, On offrit alors de déclarer que le Fils est la Vertu du Père, son unique sagesse, son ivfiage éternelle qui lui est semblable en tout, ies Ariens trouvèrent encore le moyen d'abuser de chacune de ces expressions. Le mot vertu est souvent employé dans l'Ecriture pour signifier une puissance créée (Joël, 11, ^9). L*expres^ion image n'avait pas une signification plus précise, puisqu'il est écrit que l'homme a été formé à l'image et k la ressemblance de Dieu. Les catholiques, voyant leur mauvaise foi, furent contraints, pour s'expliquer plus catégoriquement, de renfermer en un seul moi le sens des Écritures, et de dire que le Fils est consubstantiel au Père, ^/Meû«co«, expression devenue si célèbre, « Elle marque que le Fils n'est pas seulement « semblable aq Père, mais tellement uni qu'il est un avec lui, et « montre que la ressemblance du Fils est aulre que celle qu'on ata tribue aux créatures. P'ailleurs les corps semblables peuvent être « séparés et éloignés : ainsi, parmi les homm^es, un père et un fils,

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