CHAPITRE PHEMIBR
< quelque semblables qu*il$ soient : mais la génération du Fils de
< Dieu est bien différente. Il o*est pas seulement sen^blable, mais « inséparable delà subsUmcedu Père ; le Père et lui ne sont qu'un. « Le Verbe est toujours dans le Père, et le Père dans le Verbe *, « comme la splendeur à regard de la lumière. » Toutes ces idées étaient exprimées par le mot consubstantiel^ que les Ariens ne voulaient point souscrire, sous le prétexte qu'il n'était pas dans TÉcriture, et qu'il renfermait un sens hétérodoxe. « Car, disaient-ils, ce qui « est de la même substance qu'un autre, y participe en trois maniè- « res, ou par division, ou par émanation ou par production; par « productkm, comme la plante de sa racine : par émanation, comme
< le9 enfants des pères ; par division, comme deux ou trois coupes « d'une seule masse d'or. Or, aucun de ces trois modes de participat Uon ne saurait s'appliquer à la génération du Fils de Dieu. » Les évoques catholique)^ répondaient que le titre de consubstantiely attribué au Verbe, n'enfermait aucune idée corporelle, qu'il ne signifiait aucune division ou amoindrissement de la substance du Père, absolument immatérielle et spirituelle : qu'il signifiait seulement l'unité de substance du ?ère et du Fils, coexistant de toute éternité^ et n'ayant jamais été, le Père sans le Fils, le Fils sans le Père. Quant à l'objection tirée 4e ce que le termedecorwiiA*^anr/e/ne se trouve p%s dans l'Écriture , les Pères répondaient : que le fond l'emportait ici sqr la forme; et quei V\Aéieùe consubstantialité se trouvant à cbaque page des saints livres, il importait peu que le mot luimême y fût employé. D'ailleurs, ajoutaient-ils, ce terme n'est pas nouveau, puisque les deux saints Denys s'en servent pour expliquer la nature du Verbe, et que l'usage l'a déjà rendu familier dans le I^Pgage chrétien. On vérifia les passages des deux saints docteurs auxquels on faisait allusion, et Eusèbe de Césarée fut obligé de re* connaître lui-même la vérité de ces citations. L'expression de consubstantiel fut donc adoptée par tous les Pères orthodoxes , comme la plus propre à trancher toutes les subtilités et les arguties de l'erreur, et ce ]^ot fut toujours depuis la terreur des Ariens.
32. Ce point débattu et arrêté, restait ^ dresser une profession de foi catholique, Osius de Cordoue, légat du pape saint Sylvestre, en * FiVPUT» BisUnre 4e VÉfflUey livre xi.
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composa la formule, et Hermogènés, depuis évêque de Césarée, et Cappadoce, récrivit sous sa dictée. Cette profession de foi, connue sous le nom de symbole de Nicée, devint la formule ordinaire de la foi catholique. Elle a traversé les âges, et toutes les générations Tout employée comme un acte de foi solennel. Chantée dans toutes les églises du monde, mêlée aux prières de la liturgie sur les lèvres des docteurs etdes fidèles, elle est employée, comme un sermentde fidélité à la doctrine catholiqve, au sacre des évêques. Osius lut donc, à haute voix, en grec, cette formule que toutes les lèvres chrétiennes ont répétée depuis : « Nous eroyons qo un seul Dieu, Père tout-puissant, « créateur du ciel et de la terre, de toutes choses visibles et invi- « sibles ; et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, « né du Père, avant tous les siècles : Dieu de Dieu, lumière de lu- « mière, vrai Dieu de vrai Dieu. Engendré et non créé, consnb- « stantiel au Père, par qui toutes choses ont été faites; qui est des- « cendu des cieux pour nous, hommes, et pour notre salut : qui s*est « incamé, en prenant un corps dans le sein de la Vierge Marie, par « l'opération du Saint-Esprit, et s'est fait homme; qui a souffert, « est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux et viendra ju- « ger les vivants et les morts. Nous croyons aussi au Saint-Esprit. — « Quant à ceux qui disent : Ilyaeuim temps où le Fils n^ existait € pas; il n^ existait pas avant d*être engendré; il a été tiré du « néant : ou qui prétendent que le Fils de Dieu est d'une autre « nature ou d'une autre substance que le Père : il est muable et « sujet au changement comme un être créé; la sainte Église ca- « tholique et apostolique leur dit anathème. » Tous les évéques présents, à Texception de dix-sept Ariens, signèrent ce symbole. le lendemain le nombre des opposants se réduisit à cinq : Ëusèbe de Nicomédie, Théognis de Nicée, Maris de Chalcédoine, Théonas et Secundus de Libye. Eusèbe de Césarée, l'un des dix-sept qui avaient refusé le premier jour de souscrire au mot Consubstantiel, donna cette fois son adhésion. Cependant l'empereur avait menacé de Texil ceux qui persisteraient & repousser la doctrine catholique. Le mot d'exil produisit son effet. Eusèbe de Nicomédie, Théognis de Nicée et Maris de Chalcédoine le trouvèrent plus concluant que tous les arguments des orthodoxes. Hs souscrivirent donc la formule de foi.
GHAPITRB PRBMIER. 35S
SettleoMwl Eufièbe et l^iéognis usèreat de supercherie; en donnant leur tignatuieils introduiâireiit un io/adansleinot éfxoo^toç^ et écriweBt éfi^oùaMÇf seÊhSlaUê en substance, au lieu de même substance. On revintplua taÉrdaurcetiato, qui renouvela toutes les discussions. Sttsèbe distingua d'aiHeurs entre le symbole de foi et ranathëme qui le suitait. Il consMlaît à signer le premier, mais il se refusa obsti* Dément k souscrire le seeon4, « parce que, disait-il, il était persuadé « qu'Anus n'était pas tel que les Pères le croyaient ; et que ses relam tioi^ pnrticiilièpes avec lui le lui avaient fait mieux connaître. » 0 ne restait donc que Théona^ et Secundus de Libye que rien ne put dntacher du partt de Tbérésiarque. Le concile les condamna avec lui. Tbos le» écrijts d'Anus, et spécialement la Thalie, furent anathématîBés. L'empereur confirma de son autorité ces décrets et voulut qu'ils eussent forée de loi dans l'empire.
23. Deux autres afbires, moins graves queTAiianisme, occupèrent alors le concile de Nicée : celle des Qoartodécimans, et celle des Melécîens. La question de la célébration de la P&que, agitée du temps du pape saint Anicet el de saint Polycarpe, et depuis sous le pape daint Victor, n'était pas encore finie. Malgré les décisions de ces deux papes, les églises de Syrie et de Mésopotamie suivaient encore l'usage des Juifs, et célébraient la fête de Pâques le quatorzième de ht lune de mars, sans considérer s'il tombait un dimanche ou non. On les nommait pour cette raison Quartodécimans. Le concile dé* eida que le jourde Pâques seraituniversellement fixé, chaque année» au dimanche qui suit immédiatement le quatorzième de la lune de mors, après l'équinoxe du printemps. On ordonna que le patriarche d'Alexandrie publierait chaque année le jour où l'on devrait céicbrer cette fête, dans toutes les églises d'Orient, parce que dans celte ville, fbxs que partout ailleurs, on s'appliquait à l'étude de l'astronomie. Pour trouver plus facilement le premier jour de la lune de mars et, par conséquent, le quatorzième, les Pères convinrent qu'on se servi* mit du cycle de dix-neul ans, parce qu'au bout de ce terme, les nouvelles lunes reviennent à peu près aux mêmes jours de Tannée solaire. Ce cycle, nommé en grec êwsk^ xa^r<.9f(, avait été trouvé, en-» vtron sept cent cinquante ans auparavant, par un Athénien nommé Méton. On l'a appelé depuis Nombre d'or, parce qu'on s'accoutuma I. 23
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à marquer en lettres (l*or, dans les calendriers, les jours de nouvelles lunes. On croit que le concile chargea de ce calcul Eusèbe deCésarée : il est certain que cet évêque avait composé un canon pascal de dix-neuf ans, et qu*il avait expliqué Torigine et le sujet de cette question, dans un discours dédié à Tempereur Constantin, qui l'en remercia par une letlre. La décision deNicée, toudiant la célébration delà Pâque, fut exécutée dès lors dans toutes les églises du monde. Quelques églises de Mésopotamie persistèrent seules dans leur ancienne coutume. Elles étaient entretenues dans ce schisme par un moine, nommé Audius, que Constantin se vit obligé d'exiler en Scythie. Il y demeura quelques années, et pénétra ensuite chez les Goths, où il fonda plusieurs monastères auxquels il légua son opiniâtre persévérance à célébrer la Pâque le quatorzième jour de la lune de mars. C'est h cette cause qu'il faut attribuer l'existence des Quartodécimans ou Audiens chez les Goths, où il fallut des siècles pour les voir disparaître entièrement.
S4. Le concile de Nicée termina aussi le schisme des Méléciens, mais d'une façon qui a lieu de nous étonner, habitués que nous sommes à nous représenter les premiers siècles de l'Église comme ceux de la plus grande sévérité. Nous avons vu plus haut Mélèce, évêque de Lycopolis, déposé par le patriarche d'Alexandrie, pour avoir sacrifié aux idoles durant la persécution. Au lieu de se soumettre, il avait formé un schisme, ordonné des évoques, des prêtres et des diacres de son parti. Quand les Ariens parurent, les Méléciens s'unirent & eux, sans partager néanmoins leur doctrine, mais par le seul fait de leur condamnation. Or, pour mettre fin à ce schisme, né de l'apostasie et fauteur de l'hérésie, le concile, tout en déclarant qu'à la rigueur Mélèce était indigne d'aucun pardon, usa néanmoins d'indulgence, et lui permit de demeurer dans sa ville de Lycopolis» avec le titre et les honneurs pontificaux, mais sans aucun pouvoir d'élire, ni d'ordonner d'évêques ou de prêtres pour quelque église que ce fût. Ceux qu'il avait ordonnés furent admis à la communion avec l'honneur et les fonctions de leur ordre^ à la condition de céder lajuridiction et le rang en chaque diocèse et en chaque église, à ceux qui avaient été ordonnés auparavant par Tévéque d'Alexandrie. Oa teur défendit aussi d'élire qui que ce fût sans le consentement du p^