‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 117 sur 190 · CHAPITRE PltEMlKR · texte numérisé non relu

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triarcbe. Cette mesure était nécessaire pour les mettre hors d*état de perpétuer leur cabale. En conséquence, saint Alexandre demanda k -M élëce une liste exacte des évdques, prêtres et diacres de son parti, t}Q*il prétendait avoir en Egypte et dans le territoire d'Alexandrie. Hélèce, en remettant cette liste, présenta au! patriarche ceux qui y étaient nommés, et lui rendit en même temps les églises de sa juridiction dont il s'était emparé. Hélèce mourut quelque temps après, tiais, au mépris de sa parole formellement engagée, il se choisit, sur son lit de mort, Jean de Hemphis, son disciple, pour successeur. Cette élection irrégulière prolongea le schisme, qui ne s'éteignit qu'un demi-siècle plus tard, de lui-même, et sans qu'on prit aucune autre nouydie mesure contre lui.

25. Les Pères de Nicée, après avoir terminé ces diverses questions, rédigèrent plusieurs canons ou règles de discipline, qu'on a réunis à ceux des conciles d'Arles, d'Ancyre, de Néocésarée (344) etdeGangrès (324), dans le recueil connu sous le nom de Canom apostoliques. Nous allons les analyser ensemble, parce qu'ils forment un corps de discipline et résument toute la jurisprudence canonique du quatrième siècle. Pour établir quelque ordre dans cet examen, nous le partagerons en 6 chefs principaux : 1 *" De la primauté de l'Église Romaine. SI* Autorité hiérarchique des patriarches et métropolitains. 3* Élection et ordination des évéques. 4* Célibat des clercs. 5* Règles de pénitence publique pour la réconciliation des hérétiques. 6*" Discipline ecclésiastique sur le mariage. I. Primauté de l'Église. — « L'Église Romaine (canon du concile de Nicée) a toujours possédé la c primauté. Que les anciennes coutumes soient donc maintenues en « vigueur dans l'Egypte, la Libye et la Penlapole, en sorte que tous y € soient soumis à l'évéque d'Alexandrie, parce que tel est Tordre du « pontife romain. Qu'il en soit de même pour ce qui concerne Févêc qued*Antiochc; et que, dans les autres provinces, les églises con- « servent également leurs privilèges : que si un évêque est ordonné c sans le consentement du métropolitain, le saint concile a défini que « celui-là ne doit pas être évêque. » — Pour bien pénétrer le sens de de ce canon, il faut se rappeler que saint Pierre a fondé par lui-même l'église d'Antioche,. capitale de TOrient : l'église d'Alexandrie, capitale de rÉgypte par son disciple saint Marc ; et enfin, par une résidence

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de vingt-cinq ans, FôgUse cla Romg, capitale de Tunivers, oà il fitt par $a mort le siège de $« puieaance : en sorte que ees Irais iUustw^ églises, Roioe, Alexandrie, Antioche, furent comaie trots gra»ds fleihves, qui, sortis d*une ipôme source et coulant à TOrient et k YOcc^ dent, se partageaient Tunivers pour le féconder. Cest à cette origiat que les Pères et les conciles faisaient remonter la préémin^oce de eei trois églises et leur dignité patriarcale. « Quoiqu'il y ait eu pUiaieum « Apétres, dit saint Grégoire le Grand, il n'y eut pourtant qu'un setf « d*entre eux placé en trois églises différentes, qui leur ait donné iMO « autorité prépondérante sur les autres sièges. Saint Pierre a tievt « W {»*emier rang celui où il daigna se fixer et terminer sa carri^iia « mortelle. C'est lui qui a illustré le siège où il envoya révangélisto € son disciple ; c'est eocoi^ lui qui établit le siège d'Antiocbe, q«*il <f devait abandonner sept ans après : ainsi ce n'est qu*un seul et mâ«ie « siège <. » Saint Léon ajoute : « Les trois patriiirches sont assis daaa « une seule et même chaire apostolique, parce qu'ils ont tous troia % succédé au siège de Pierre et à son Église, que Jésus-Christ a fon«« % dée dans l'unité, et à qui il a donné un chef unique pour présider t aux trois sièges principaux des trois villes patriarcales, afin que cea « trois sièges, indissolublement unis, liassent étroitement les autres « églises au chef divinement institué >. » Or, c'est cette apostolique constitutiop de l'Église que rappelle le sixième canon du ooncile de Nicée cité plus haut En en méditant bien toutes les paroles, on voit qu*il se réduit à ce raisonnement, qui comprend tout ensemble et la décision du concile et les motifs de cette décision : — L'Église Ro^ Duûne possède la primauté sur toutes les autres églises. Or, elle a statué que rÉgy pte, la Libye et la Pentapole seraient soumises h l'évêque d'Alexandrie; donc on ne peut soustraire ces provinces à sa juridio^ tion. Il conclut de même pour le patriarcat d'Antioche. Et, ea conséquence, il déclare que celui qui aurait été ordonné sans le consentement du métropolitain, c'estrà-dire du patriarche, ne doit point Atre évéque. Les Pères de Nicée confirmèrent aussi à l'évêque de Jérusa* lem certains honneurs dont il était en possession, mais sans pr4iudice

* Gregor. Uag. EpùL ad Eulag., lib. xiii, ep. 4.

• Egnstol. S. Leonis, 104. udÀnalol.

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4» la dignité du métropolitain, c*est-à-(tfreda pâtria^eh^ d'Àntidché, tfèACffdlefUit tout l'Orient, et de révê<)«e de Césftfte, métropole delà protitiGe de PalesCiBe.

à6. II. L'autorité hiérarchique des Patriarches est r^lée d'uito manière plus explicite, dans le trente-neiïTième canon du ^een^. Il a pour titre : D» la sollicitude et de la puissance du Patriarche sur hê évtqueè et les archevêques âé son patriarcat^ et de la prù fnauié dé l*Éi>ique de Rome sur tous, « Le Patriarche, dit-il, doit « enercer sa vigilance sur la conduite des évéques et des archevé- « ^eg, dans leurs provinces ; et s'H trouve quelque chose à y repren- « dre, il le changera et le réglera comme il jugera à propos ; car il est « le père de tous, et eux sont ses fils. L'atv^hevéque est, parmi les •« éréqnes, comme le frère aine, le patriarche, comme le père. Et de € même que le patriarche a puissance sur ceut qui lui sont subor- « ddnnés, de même aussi le Pontife romain a puissance sur tous les « potriarehe». Il est leur prince et leur chef, comme saint Pierre « lui-même, à qui a été donnée la puissance sur tous les princes m ctirëtiena et sur leurs peuples, parce qn'ilest le vidaire de Notre- « Seigneur Jésus-Christ. Quiconque contredira cette doctrine est ex- € communié par le concile. » Telle est la base, la règle fondamentale que toutes les chrétientés d'Orient reconnaissent à leur hlêmrdiie et i leur droitcanon, et que, depuis les premieni siècles, elles at^ tribuent au grand concile de Nieée.

VI. m. Ce qui concerne les ordinations des évêques et des prêtrcis a fait Tobjel de nombreux canons, dans les divers conciles d*Aries et éb Nicée. On défend d*abord d'ordonner deux évéques dans la même tilte. Le quatrième canon de Nicée est aindi coneu : L'évêque doit € Mre sacré, autant qu'il se peut, par tous eetix de sa province. Mais « si cela est impraticable, soit à eauee dé la trop grande distanee-, « on p0ur quelque autre empêchement légitime^ H faut du moins « qu'it y ait tr^is évêques réunis qui fassent TordlnatioA, avec le a suffrage et le consentement écrit des absents. Le métropol{tain> « dans chaque province, doit confirmer ce qui aura été fUt. » Cette mesure avait déjà été prise par le coneile d*Arlee, contre certah» évoques qui s'attribuaient le droit tfen ordonner d'autres, de léut seule autorité. Le quinzième canon de Nicée défendais I^ Irans-

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lations d'un siège à un autre. Le seizième étend cette règle à tous le» clercs. « Les clercs qui, témérairement, sans avoir la crainte de « Dieu devant les yeux , et au mépris des saints canons, aban* « donnent Téglise à laquelle ils appartiennent, ne pourront être « reçus dans aucune autre. On doit leur imposer Tobligation abso- € lue de retourner dans leur diocèse, et les excommunier s*ilss*j « refusent. » Le concile d'Ancyre dit à ce sujet : « Ceux qui, étant « ordonnés évéques, n*auront pas été reçus par le peuple auquel ils « étaient destinés, et qui voudraient s*emparer d*un autre diocèse « ou y exciler des séditions contre Tévèque établi, seront séparés de € la communion. S'ils veulent siéger parmi les prêtres, où ils étaient « auparavant, on leur laissera cet honneur; mais s*ils y fomentent € des divisions, et cherchent à affaiblir Tautorité des évéques, ils « seront privés même de Fhonneur du sacerdoce. » Quant à ceux qui peuvent être ordonnés, le concile de Nicée, fidèle au précepte de saint Paul, exclut formellement les néophytes en ces termes : « Il est « arrivé plusieurs fois que, parla pénurie des sujets, ou pour céder « à Timportunité de certaines personnes, on a agi contre les lois de « rÉglise, en élevant à Thonneur de Tépiscopat ou du sacerdoce, « des hommes à peine sortis du paganisme, et qu*on avait baptisés, « après les avoir instruits à la h&te. Le concile ordonne que rien M de semblable ne se fasse à Tavenir. Il faut du temps pour instruira « le catéchumène, et encore plus pour réprouver après qu'il estbap* « tisé. L'Apôtre dit clairement : Non pas un néophyte, de peur que c l'orgueil ne le fasse tomber dans les pièges du démon. »

Le concile de Nicée exclut encore des ordres ceux qui se sonl mutilés volontairement. Il fixe l'âge canonique de l'ordinc^ion à trente ans, quelque digne que soit d'ailleurs le sujet, parce que notre Seigneur Jésus-Christ n'a commencé à enseigner qu'à cet âge. Le concile d'Ancyre défend aux chorévêques d'ordonner des prêtres ou des diacres, et aux prêtres de la ville de rien faire sans la permission par écrit de l'évêque. Les chorévêques n'étaient souvent que des prêtres, à qui l'évêque donnait presque toute son autorité pour les campagnes. Le concile de Nicée défend aussi aux clercs de prêter à usure, sous peine d'être excommuniés.

28. IV, La pratique du célibat des clercs était si notoire, dès cette

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