CHAPITRE PREaUER. S
montré le Père Morin, par les faits de Thistoire, i)ne, peiMlaat le» trois premiers siècles , la discipline pétiitentiiîre était beaiiconp BKïiiis «évëre que dans les siècles suivants. — Nous devons encore Bientioiifier deux cimons remarquables. Le troiaièiiie du ovUeile d*ArIes exocmmunie les soldats qui, pendant la goerre ou sur le champ de bataille, jettent leurs armes et désertent leiira étendards^ Le doasième de Nicée condamne ceux qui^ ayant quHttté ie métier des armes pour foire pénitence publique» le reprennent ^Éuite. Cett» règle, qui défend de retourner à la milice séculière après l'^accom'^ pli^ementdetai pénitence publique, fut depuis interprétée et ap)>li'>^ quée, dans ce sens, par les saints papes Sirice, Innocent, Léon, et invoquée encore après le douzième siècle.
30. VI. Jusqu*alors la loi romaine permettaH le mariage entre beau^ frère et bdie-sceur. Le concile d'Elvire avait commencé à le défendre dans son soixante-unième canon, et condamnait les coupables à cinq ans de pénitence après leur séparation. Le concile de Nèocésarée est ptua sévère ^core. Il décide, dans son deuxième canon, qtt'ttne femme qui aurait épousé son beau-fk'ère serait excomiminfée juequ'à la mort; qu^on pourrait cependant la réconcilier aU dernier moment» d elle profiietlait de rompre cette union, dans lecasoti elle viendrait k recouvrer la santé. Cette loi de rÉglise fut transportée dans le droit âvil par les empereurs chrétiens *. Les lois romaines autorisaieni aussi le divorce et le mariage qui le sui^'ait. Le concile d'Arles, canon dixième, rappelle aux maris chrétiens qui surprennent leur ftemme «n adultère, quMl leur est défendu de se remarier à d'autres, du vi«>vant de leur femme. Avec le temps, la jurisprudence civile adopta aussi cette règle de l'Église. Le concile d'Arles ordonne aussi qm les chrétiennes qui épouseront des païens soient séparées, pendant tfuelqM temps, de la communion. Celui de Néocésarée prescrit un certain tempe de pénitence publique pour ceux qui se remarient. C'esc pourquoi il était défendu aux prêtres d*assi^er a«x festins des secondes noces; quoiqu'elles fussent permises, on les regardait comme une ftiiblesse.
I4. La concile voulut clore ses séances par une lettre collective,
' C0ê8M Theodùsian., Ilb. III, t. xii.
962 HISTOIRE GÉlsiRALE DB L'ÉGLISE.
écriteau nom de tous lesévèques, àrÉglise et aux fidèlcsd' Alexandrie, pour les informer de Fanathème lancé contre Arias, et de Texil auquel Tempereur venait de lecondamner. « Réjouissez-vous, disaient les « Pères, de (a paix et de Tunion rétablies dans TÉglise, de Textir* « pation de toutes les hérésies. Recevez avec respect et amour notre « pieux collègue, votre évêque Alexandre, qui nous a réjouis par sa € présence, et qui, dans un âge si avancé, a supporté tant de fair € tigues et de travaux, pour vous procurer les douceurs de la paix. « Priez aussi pour nous, afin que les règles que nous avons établies € demeurent fermes et stables par notre Seigneur Jésus-Christ, et « qu'elles soient toutes, comme nous Tespérons, pour la plus grande « gloire de Dieu le Père, dans FEsprit saint, à qui louange soit reiir < due dans les siècles des siècles. Amen. »
A répoque même où finissait le concile, commençait la vingtième année du règne de Constantin. Les empereurs étaient dans Tusage de célébrer la cinquième, la dixième, la vingtième année de leur règne. Ce fut donc une grande solennité par tout Tempire. Eusèbede Césarée prononça, à cette occasion, en présence de Constantin, un panégyrique à sa louange. Tous les évêques présents à Nicée, furent invités à un festin magnifique, dans Tintérieur du palais. Ces illustres confesseurs de la foi recevaient, en passant, les honneurs militaires, des mêmes gardes prétoriennes dont ils avaient vu si longtemps les armes dirigées contre eux. Le prince les accueillit avec une vénânation respectueuse. Il témoignait surtout une aSiection particulière pour saint Paphnuce, dont il baisait avec piété les cicatrices. Avant de prendre congé d*eux, d*une manière définitive, il les réunit tous, et* pour répondre aux requêtes de quelques prélats ariens, qui l'avaient prié d'intervenir encore dans la question jugée par le concile : « Dieu» « leur dit-il, vous a fait ses pontifes et vous a donné la puissance de « juger nos peuples et nous-mêmes : il est donc juste que nous nous « soumettions à vos décisions, et non pas que nous entreprenions de « les réformer. Dieu vous a établis pour être comme nos Dieux, et « quelle apparence que des Dieux puissent être jugés par des hom* « mes ? Remettez donc tous vos différends à celui qui est le juge et le « Dieu des Dieux, ou plutôt oublions toutes ces plaintes. Imitons la « divine bonté, en nous pardonnant les uns aux autres, et unissons-