CHAPITRE PREMIER
€ nous fous ensemble par une amitié fraternelle, pour appliquer, « dans la paix et runion des cœurs, les véritésde la foi pour lesquelles « nous nous étions assemblés. »I1 conclut en se recommandant [i leurs prières. Enfin, après leur avoir distribué divers présents, en proportion de leur dignité, il leur remit des lettres pour les gouverneurs des provinces, avec ordre de d^ivrer, tous les ans, dans chaque église, une certaine quantité de blé aux vierges, aux veuves et aux dercs, et les renvoya ainsi dans leurs diocèses respectifs.
32. La position desévéques qui s'étaient montrés, jusqu'à la dernière extrémité, favorables à TArianisme, était assez embarrassante. Eusèbede Césarée chercha à expliquer sa conduiteà son peuple, dans une lettre dont il fit précéder son retour, et où il parle de sa soumission au décret sur le mot de consubstantiel. lien fait tout Thonneur à Constantin, plutdt en countisan qu'en évéque. Quant à Eusèbe de NlcomédieetThéognisde Nicée, ils gagnèrent, à prix d'argent, le bibliotiiécairedesarchives impériales, à la garde duquel étaient confiés les ac4es du concile, et y effacèrent leurs souscriptions. Ils se re* mirent à enseigner publiquement que le Fils n'est point consubstaniiel au Père. Un jour que l'empereur en faisait des reproches à Eusèbe de Nicomédîe: « Si Ton déchirait ce manteau, dit-il, en mon- € trant ses vêtements épiscopaux, je ne dirais jamais que les deux « parties fussent delà mAme substance, quoiqu'elles se trouvassent « semblables. » Ils accueillaient ouvertement les Ariens, les traitaient comme des victimes injustement persécutées, et les admettaient à la communion. Cette conduite scandaleuse obligea le pa* triarche saint Alexandre de réunir contre eux un concile à Alexandrie ; Eusèbe et Théognis y furent déposés, on leur donna pour suc^ cesseurs : Amphion à Nicomédieet Chrestus à Nicée ; et l'empereur envoya les deux prélats hérétiques en exil dans les Gaules, trois mois après le concile de Nicée. Ils y demeurèrent trois ans.
33. Il est à croire que si Constantin ne se fût point départi de la fermeté qu'il déploya dans cette circonstance, l'affaire de l'Arianisme eût été terminée ; que de maux n'eussent point été ainsi épargnés a l'Église I Mais ce prince, doué de tant de qualités éminentes, «vait d'ailleurs une déplorable inconstance de caractère, qui ne lui permettait pas de donner suite aux mesures les plus sages, et qui
remettait sans cesse en question les choses te nûmx définie. Nduâ n'aurons que trop tôt Toccasion d*en signrier l^ tMieme^ ^Mé^ quences. Les deux années 396 et 3S7, qui suivirent lé coMfle de Nieée, furent pour l'Église des années de béftddietion et de pail. L*A-^ rianisme abattu n'osait relever la tète.
Les païens se convertissaient en grand notfibre à la rctigion <;ht^ tienne, les uns par une conviction profonde de la vanité du culte Uk^ l&trique, ou par les exemples de vertu, de sainteté ((a*\h fencontraient dans la vie monastique ; les autres, il faut Tav^aer, par des motifs moins purs et moins désintéressés, et pour m eonformer & FiniClination du maître. On vit des cités et des f>opnlatiotis éntiètles embrasser, d'un commun accord, la foi delésus-Christ, abattte d'dles-mèmes leurs temples et leurs idoles, et élever des églises. Les habitants de Hajuma, l'ancien port de Gaza, enTMestiM, m firent tous «hrétiens. L'empereur, pour récompenser cet tuXè de préfté, éleva et Ueii au rang de cite Romaine, et l'appela Ck)nstaiitia, d« iiorA de sa soBur bien-aimée et de son propre lils Constanee. Far une raison semblable, il accorda la même faveur à une bourgade de Pbénicfe, qu'il nomma Constantine, et k celle de Drépane^ en Aithymé, à laquelle il octroya l'exemption des impôts, en l'honneur du saint martyr, Lucien d'Antiocbe, dont les reliques y étaient conservées, n changea l'ancien nom de Drépane, et t'appela Héiénépolis, du nom de l'impératrice Hélène, sa mère. Sa munificence impériale éclatait surtout dans le nombre des églises qu'il faisait c^n^lrttire à Hes frais, et les richesses dont il les dotait. Pour ne parler que de la seule ville de Rome, on en compte jusqu'à huti, élevéei^ par ses or dres, sous la direction du pape saint Sylvestre : 4' la basilique éFÉ-quiHwt actuellement Saint-Étienne-dés^Monis ; 8* la baiiUqfuè €omtantimenne, ou V Église du SaMettt, àsm fe palMs de rimpératrice Fausta, nommé Palais de Latran, ou s^était déjà tenu leçon** aile contre les Donatistes. On y plaça un baptistère, 6rné, suivant Fssage général de cette époque, d'une statue de saint Jeafv^Bapllste. Cette circonstance a fait appeler plus éommufiéméM cette é^iM du xMk de Saint-Jeannde'Lairan ; c'est te primtipale église ée Ronfe, etfes papes y ont fait leur résidence durant plusieurs siêdes ; V \t basitique de Saint-Pierre , au Vatican, sur l'emplacement d'un
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temide cl'ApoUon, pour honorer k liau du martyre et la sépuUuro du fmc^4i^Af(im ; i* la k^mligm d€ Saimt-Paul, au lieu de son mart^pr^; 5^ cdle d^ 5«hi|0^4^»^«, à la prière des deux Constaiiiia, samr et ^ de Const^aUBi, qui y 6ireftt baptkées par saint Sylves^ tre; ^^ oelle d^ 5f«m^^i4i^^«»l, tarira muro^, sur le chemm de Hi^ bur, au lieu d9 la «4||ilture de c^ martyr ; T" celle des martyre Saint-Mar^Uin rt S^mf-Pi^rre,' au lieu dit Jn^er duas lawros, ou Viwpératric^ sajAte B&M^ («it ^terrée ; B* celle de Saint^Croùo, eolamaisofi d^ Sessorius, que Ton nomme Sainte-Croix de Jérti^ saUm^ à cause d'une portion de la vraie croix que Constantin y fit déposer. Il donna à ces huit églises de Rome, en maisons, terres et revenus, non-^seulem^ en Italie, mais en Sicile, en Afrique, en Gr^y en Egypte et en 9r«ent, il, 1^9 sous d*or, de rente annuelle*, Ob i\b c«2i^>rend point, dans ce chiffi*e, les vases d*or et d'argent pour le service et te splendeur du culte, dont les mémoires rapportés par Anastase le Bibliothécaire font un long et curieux dénombrement» Ce que 1^ anciens titres nous apprennent de plus remarquable, au sujet de ces dotations, c'est que Tempereur assigna Ttle de Sardai* goe, ainsi que deux autres de la mer Tyrrhénienne, avec toutes leur» afparteikanoes et leurs revenus, hV église de Saint-Marcellin et de Saint-Pierre de Rome. Les autres villes de Tempire n'étaient point oubliées. L'église qui fut b&tie à Antioche était si riche, qu'on la nomma VÉj/lis4 d'or. Constantin employait, à la dotation et à la construction de ces basiliques, les énormes revenus des temples d'i«* doles qu'il ruina, et des jeux profanes qu'il abolit.
3^1. Dieu récompensa les pieux travaux de Constantin par une découverte infiniment précieuse, celle de la vraie croix, faite dans lea circonstances que nous allons rapporter. L'impératrice sainte Hélène, sa mère, âgée de plus de quatre-vingts ans, avait entrepris le pèlerinage des lieux saints. Arrivée à Jérusalem, elle commença par foire abattre le temple et l'idole de Vénus, qui, depuis le temps d'Adrien, profanaient le lieu où s'était accompli le mystère augustd
* Sn évaluant» comme on le fait habituellement, lesou d'or à 20 franc» et quelques oentimes , cette somme doniierait en monnaie actuelle ^.580 fr.
366 HISTOIRE GÉNÉRALE DB l'ÉGLISE.
de notre rédemption. On enleva toutes les terres rapportées, et on découvrit, èt*une grande profondeur, trois croix qui y avaient été enfouies. On ne savait laquelle était celle du Sauveur. Tévéque de Jérusalem, saint Macaire, après avoir prié le Seigneur, les fit porter toutes trois chez une femme de la ville, atteinte, depuis longtemps, d'une maladie incurable. On lui appliqua successivement chacune des croix; aussitôt qu'elle eut touché la troisième, elle se trouva complètement guérie. Cette invention miraculeuse fut un événement qui combla de joie le monde chrétien. A coté des croix, mais séparé, on avait trouvé le titre que les Juifs avaient attaché au haut de la croix du Sauveur, et les clous dont ils avaient transpercé ses pieds et ses mains. Sainte Hélène les envoya à l'empereur, avec une partie considérable de la croix, laissant l'autre à Jérusalem, sous la garda deTévêque. Dans le siècle suivant, on l'exposait à la vénération des fidèles une fois l'année, le jour du vendredi-saint; c'est de là, sans doute, que cette pieuse cérémonie s'est étendue à toutes les autres églises de l'univers. Constantin fit mettre une partie des clous sacrés à son casque, et l'autre à la bride de son cheval, pour lui servir de sauvegarde dans les combats. La portion de la croix, qui lui avait été envoyée par sa mère, fut déposée, à Rome, dans la basilique A% Sainte-Croix, avec le titre qu'on plaça sur le haut d'une arcade, où il fut retrouvé en 1 492, renfermé dans une botte de plomb ; l'inscription hébraïque, grecque et latine, est faite en lettres rouges sur un bois peint en blanc. Sainte Hélène ne survécut point h son voyage de Palestine, elle mourut à Rome (327), entre les bras de son fils, qui lui fit des funérailles dignes de son rang. L'Eglise honore sa mémoire le t7« jour d'août.
35. En dehors des limites de l'empire romain, les progrès du christianisme n'étaient pas inoins remarquables. Une ambassade de Sapor, roi de Perse, à Constantin (326), apprenait à l'empereur que la Perse et le pays des Sères, ou la Chine, qui en était tributaire, comptaient dans leur sein des églises nombreuses, et que les peuples se réunissaient par milliers dans le bercail du Christ. Constantin en ressentit une grande joie. Il envoya des ambassadeurs à Sapor, avec des présents beaucoup plus considérables que ceux qu'il en avait reçus lui-même. « J'ai embrassé, lui écrit-il, la foi et le- culte du