CHAPITRE PRÊUIBR
Coostaotio pourvut à tous les besoins des églises de sa nouvdle YÎUe; U cbai^ea Ëusèbe de Césarée de faire exécuter , par les meilleurs copistes, cinquante fôœmplaires des saintes Écritures,. lisibles et portatifs» d*ane écriture nette et correcte» pour les distribuer à chacqne des églises de Constantinople.
37. L'année précédente (326) avait va s'éteindre un des prélats les. plus dévoués àlafoi de TÉglise. Saint Alexandre, patriarche d*AIexan« drie, avait terminé en paix ses jours, avec la gloire d'avoir contribué, plus que tous les autres, à la conclusion de la grande querelle deTarianisme, par le concile CBcuménique de Nicée. Il laissa le siège patriarcal & saiQt Athanase, qui hérita de son zèle, de ses vertus, de soo énergie et de scm activité. Les occasions de les déployer ne se fir^t pas attendre. La princesse Constaatia, sœur de Constantin, avait toujours eu un attachement secret.pour Ëusëbe deNicomédie, et pour la doctrine d'Arius qu'il professait. En mourant, elle recommanda à la bienveillance de Constantin un prêtre arien, en qui elle avait la plus grande confiance. L'empereur se laissa persuader par ce prêtre, que le concile de Nicée avait condamné l'hérésiarque, sans connaître ses véritables sentiments. Constantin rappela donc Arius, qui lui présenta une profession de foi vague et équivoque, où il éludait le terme édcongubstantiel, et disait seulement que le Verbe a été jorocifu»'^ ou créé par le Père, avant tous les siècles. L'empereur se contenta de. cettedéclaration captieuse, etl'exil d* Arius fut levé : inconséquence dé-. plorable,qui remettait en question tout ce qui avait été décidé à Nicée, etjrouvrait la porte à des disputes sans fin. Après le rappel d' Arius, on ne pouvait guère refuser celui d*Eusèbc de Nicomédie et de Théognis de Nicée. U eut lieu l'an 328. Ces deux évoques revinrent dans leurs églises, et en chassèrent ceux qui avaient été ordonnés à leur place. L'esprit d'intrigue y rentra avec eux. Eusèbe de Nicomédie était particulièrement irrité contre saint Eustathe, patriarche d'Antioche, qui ne cessait de lutter, dans des écrits pleins d'érudition et. d'éloquence, contre l'hérésiearienne. Un conciliabule, forméd'évêques ariens convoqués par Eusèbede Nicomédie, à Antioche même, déposa saint Eustathe. Le prétexte de cette condamnation était une odieuse calomnie. Eusèbe de Nicomédie acheta, à prix d'argent, le témoignage d'une vile^créature» qui vint,, en présence des évoques, accuse^ le K 24 '
370 HISTOIRE 6ÉNÉAALE DE L*iGLI8E.
saint patriarche d*uD crime abominable. La malheureuse tenait dans ses bras, un enfant qu'elle disait te fruit de son commerce avec Eustaihe. Elle affirma sa déposition par sonnent. Il est vrai que, plus tard, épouvantée par les remords de sa consc»^ce et rapproche des jugements de Dieu, elle déclara, sur son lit de mort, aux évoques assemblés, qu'Eusèbe de Nicoroédie Tavait payée pour jouer cette scène indigne, et que son serment n*avait pas été entièrement faux, puisque Tenfant qu'elle montrait était fils d'un ouvrier en cuivre, nommé, comme le patriarche, Eustathe, avec lequel elle avait vécu dans le libertinage. Ce fut sur de telles preuves que saint Eustathe fut déposé, et Constantin eut la faiblesse de renvoyer en exil. On lui donna pour successeur un évéque arien, Paulin deTyr^ qui mourut bienMt et ftat remplacé par Ëulalius, Euphronius et Flaccillus, qui se succédèrent rapidement sur ce siège usurpé. Cependant les catholiques de la ville tenaient leurs assemblées à part, et refusaient de communiquer avec les mercenaires qu*on leur envoyait sous le faux titre de pasteurs. 36. La plus forte résistance aux manœuvres des Ariens devait partir d'Alexandrie. Arias avait tenté de rentrer dans cette ville. Saint Athanase rejeta nettement toutes ses avances. Eusèbede Nicomédie écrivit au saint patriarche une lettre, où il étalait son crédit près de Constantin, et sommait saint Athanase de recevoir Arius, sous peine d'encourir Tindignation impériale. Athanase répondit qu'aucune menace, que nulles considérations humaines ne lui feraient rien entreprendre contre les décisons du concile de Nicêe. Les Eusébicns, désespérant de vaincre ce caractère énergique, se ligué* rent alors avec les Méléciens, et accusèrent Athanase d'entretenir la division dans toute l'Afrique, par ses injustes refus de communion. L'empereur écrivit alors au saint patriarche ces paroles, qu*on regrette de trouver sous la plume de Constantin : « Étant informé de « ma volonté, lu i disait-il , laissez libre rentrée de l'Église h tous ceux « qui veulent y venir; car, si j'apprends que vous l'ayez refusée à « quelqu'un, je donnerai immédiatement des ordres pour vous faire « déposer et vous envoyer en exil. » Saint Athanase répondit, avec une modeste assurance, qu'il ne lui étai^ pas possible d'obâr; qu'une hérésie qui attaquait la divinité de Jésus-Christ ne pouvait rien avoir de commun avec PÉglise catholique. Les Eusébiens eurent