‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 123 sur 190 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

È\ot% recours à une calomnie dont ils croyaient l'effet irrésistible sur résprtC de Pempereur. Ils accusèrent joridîquement le pârti*terohe d'être entré dans one (^nspirarion contre la vie de Constantin, el d'avoir envojé un coffre d'or à Philtmenoê, chef des conjurés. Athanase se rendit en {personne près de rempereur, le convainquit liM^ileiiientdeson innocence, et revint combM des éloges et des présents deceprince tropfaible. Cependant saint Antoine, apprenantau désert le trouble que les Ariens excitaient à Alexandrie, et les perséctitions dirigées contre le saint patriarche, son disciple et son ami, descendit de sa montagne et vint à Alexandrie protester, par Tautorité de sa présence, de sa parole et de ses miracles, contre Fimpiété des hérétiqoeft. Le peuple se pressait en foule sur ses pas. Quelques-uns de ses diseïples voulaient écarter la multitude pour le soustraire à ses idtpôtiunités : « Laissex-les, leur dit-il, ils ne sont pas en plus grand € nombre que les démons, avec lesquels nous combattons sur la c monte^ne. » Il enseignait à ces masses d'hommes qui l'entour«ient> que le Verbe n'est point une créature, qu'il est étemel et conêubstantiel au Père. « Ne communiquez pas avec les Ariens, ajou- « tait-il. Vous êtes chrétiens; pouf eux ils disent que le Fils de « Dieu est une créature. Ils ne diffèrent donc point des païens, puist qu*il8 adorent une créature au lieu du Créateur. » Quand il eut accompli la mission qu'il s'était imposée, dans son zèle pour la gloire de Dieu, saint Antoine repôt le chemin de la solitude, emportant avec lui l'admiration de t#us ceux qu'avait édifiés le spectacle de ses vertus.

S9. Les Ariens n'en avaient pas fini avec les accusations contre saint Athanase. Celles qu'ils imaginèrent alors surpassent tout ce qu'on doit attendre d'hommes sans conscience. L'énormilé. des ca* lomnies qu'ils faisaient répandre, par leurs affidés, aurait dû, seule, mettre en garde contre leur bonne foi. Mais l'empereur Constantin ne paraissait plus être le héros qui avait échappé, dans sa jeunesse, aux pièges de la cour deDioclétien, aux manœuvres de Galérius, et dont le génie, entreprenant et sûr, avait triomphé de Maxence et de Licinius. Rien n'est plus différent de cette première partie de sa vie que la seconde. Il avait cent fois découvert la fausseté des accn- Mions d'Eusèbe de Nicomédie contre saint Athanase; et chaque

insinuation nouvelle de ce prélat courtisan le retrouvait aussi facile à séduire. Il forma donc à Antiocheune commission, composée du censeur Dalmace, son oncle^ d^Eusëbe de Nicomédie lui-même,de Xhéognis de Nicéeet de quelques autres évéques ariens, qu'il chargea d'examiner la conduite du saint patriarche. II écrivit à saint Athanase pour lui enjoindrede venir se disculper, en présence de ce tribunal, des crimes qui lui étaient imputés. Saint Athanase récusa la commission, parce qu'elle était exclusivement composée de juges, ses ennemis personnels. Constantin indiqua alors un concile à €é* sarée, pour Tannée 344 . Le choix de cette ville avait été fixé par les Ariens eux-mêmes, qui comptaient Eusèbe, évéque de Césarée, parmi leurs principaux fauteurs. Saint Athanase refusa encore de s'y rendre, et écrivit à l'empereur pour motiver son refus, qui n'était que trop justifié par l'attention des deux Eusèbe à ne réunir à Césarée que des évéques de leur parti. L'évéque de Nicomédie trouvait, dans cette conduite du saint patriarche, un prétexte plausible de. l'accuser, auprès de l'empereur, d'opiniâtreté, de désobéissance et de révolte ouverte aux lois de l'empire. Ses refus constants ne faisaient, disait-il, que prouver mieux sa culpabilité. Constantin, irrité, changea le lieu du concile, décréta qu'il se réunirait en 335 à Tyr, et manda à saint Athanase que des soldats de la garde impériale iraient s'emparer de sa personne jusque sur son siège patriarcal , s'il refusait de s'y rendre. — Des préparatifs solennels furent ordonnés pour cette assemblée. Le comte Flavius Donys, précédemment proconsul en Phénicie, y fut envoyé avec des troupes, sous le prétexte de maintenir l'ordre, mais, dans la réaUté, pour appuyer de son autorité le parti d'Eusèbe de Nicomédie, et peser sur les décisions des Pères. ^ Les évéques s'assemblèrent, en grand nombre, de l'Egypte, de la. Libye de l'Asie et de Bithynie, de toutes les parties de l'Orient, de la Macédoine et de la Pannonie. Les Ariens y formaient l'immense majorité. Les plus fameux étaient les deux Eusèbe de Nicomédie et de Césarée, Flaccillus, intrus d'Antioche; Théognis de Nlcée, Maris de Chalcédoine, Narcisse de Néroniade, Théodore d'Héraclée, Patrophile de Scythopolis, Macédonius de Mopsueste, Georges d» Laodicée, Ursace de Singidon et Valons de Murse, deux villes de Pannonie. Parmi lesévéques catholiques, on remarquait saint Maxime^

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