CHAPITRE II
distînetiim des personses daos la sainte Trinité» n'entraîne nullement la division de substance. « Le Verbe procède du Père, disait-il, et il « est écrit de TEsprit-Saint, tantôt qu*il procède du Père, tantôt « qu'il procède du Verbe; par conséquent il procède à la fois de € Tun et de Tautre. Or, on ne saurait concevoir qu'il procédât d^ € Fun et de l'autre, si le Père et le Fils étaient séparés par nature. € Puis donc qu'il procède du Père et du Fils, ils sont tous les deux € un même Dieu. » Les deux Eusèbe condamnèrent purement et simplem^t cette doctrine et son auteur; ce qui prouve ou leur insigne mauvaise foi, ou leur ignorance absolue de la théologie catholique. Ils excommunièrent Marcel d'Ancyre, et le déposèrent de son siège. Ils s'occupèrent ensuite du rétablissement d'Arius, qui, depuis l'exil de saint Athanase à Trêves, avait vainement essayé de rentra à Alexandre. Le peuple de cette ville, fidèle à son saint patriarche et à la foi catholique, s'était soulevé à l'approche de l'héréçiarque, et l'avait chassé de ses murs. Cette tentative ayant ainsi échoué à Alexandrie, les Eusébiens entreprirent de la faire réussir à Constantinople même, dans cette cité impériale, à la face de l'univers. Leurs premières démarches s'adressèrent au patriarche de Constantinople, saint Alexandre; ils le priaient d'avoir compassion d'un prêtre, si longtemps, disaient-ils, et si injustement persécuté. Le saint vieillard, alors âgé de plus de quatre-vingt-dix ans,, n'avait ni moins de fermeté, ni moins dattachement à la foi qu'en avait montrés, durant sa vie, saint Alexandre, patriarche d'Alexandrie, son homonyme. « La douceur dont j'userais envers Arius, € répondait-il, serait une véritable cruauté à regard des catholiques. « Les lois de l'Église ne me permettent pas de contrevenir, par une « fausse compassion, & ce que j'ai moi-même ordonné avec tout le € saint concile de Nicée. » L'empereur alors fixa, de sa propre autorité, un jour de dimanche où Arius devait être solennellement reçu dans la principale église de Constantinople et admis à la communion, en pressée de tout le peuple. Il signifia à saint Alexandre de cesser son opposition, sous peine d'exil. Le patriarche n'eut plus alors de recours qu'aux armes spirituelles. Par le conseil de saint Jacques» évéque de Nisibe, qui se trouvait alors à Constantinople, il ordonna aux fidèles un jeûne de sept jours,pour implorer les secours du ciel,.
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dans ce danger pfessatit de PÉ^se. £a veille du jofin^ maitfiié, le saint tieillard, fondant en larmes, $e pfroâtefM devAfif VéiOA le visage contre terre, et Itt cetb prière, dans PeUteMn dé ^h Ame : « Seigneur, s'il faut qu'Afius s«>itreçu demain daflsl1!^9i, feiBrez « votre serviteur de ce monde. Mais si voos avez eneoit pifiéde tMre « Église, ne permettez pas que votre héritage soit pti^fané. Pi^pez « Arius du poids de votre colère, et qvte rhérésiene s'ènorgMillisse « pas plus longtemps de sa victoire. »
Cependant Arius parcourait la vHIe, entouré de la foole de M» partisans, qui lui formait une sorte de corOége triomphal. Arrivé sot la grande place, en vue de la basilique où priait saint Alexandre, il fut saisi d*un tremblement nerveux, et demanda à se retirer âans no lieu seeret. Comme il tardait beaucoup h sortir, on y entra, ist on le trouva étendu mort, baigné dans son sang, et ses entrailles tèfÊXtdues. L'horreur d*un tel spectacle fit trembler ses sectateurs oMies. Le théâtre de cette fin tragique cessa d'être fréquenté : on n'osait en approcher, et on le montrait au doigt comme un monument de la vengeance divine.
3. Ces événements occupèrent tout le temps du court poUlificat de saint Marc, qui mourut le 7 octobre 336, Tannée même de son exaltation. Il fut enterré sur la voie Ardeatina, dans le cimetière de Sainte-Balbine, et, de là, transporté dans Téglise de Saim-Mare^ dont il avait fait la dédicace. Ce Pontife avait imposé tes maias à vingt- cinq évêques, vingt-sept prêtres et six diacres. Après sa mon, te saint Siège demeura quelque temps vacant.
S S« Pontiae»! de Milnt Jwles yvMiler. (6 février 337-12 a\Til 339.)
4. Saint Jules !•' fut élu pour successeur à saint Blarc, le fS février 337, après un interrègne de trois mois. Un des premiers soins du nouveau Pontife fut de faire rassembler, dans des archives spéciales, tout ce qui concernait Thistoire de TÉglise de Rome, actes, donations, testaments. Cenni croit, à ce sujet, que ce fut là Forigine de la fondation d*une bibliothèque pontificale.
5. La mort d* Arius avait fait une impression profonde sur Tespril de Constantin. Eusèbe de Nicomédie était lui-même dans la consterilation. Un accident si imprévu sortait trop évidemment de la figse