CHAPITRE iir. 4j
€ une autorité inexpugnable, le nom d'Osios de Cordoue, le plus « moien 4e tM8 les évêques, et dont la foi a toigours été si sûre. * Mais,.de deux ohoses Tune : ou ce grand homme se trompe main- « tenant, ou il s'est trompé toujours. Et dans l'un et l'autre cas, « queUe peut être son autorité? Tout l'univers sait quels ont été « «is^emiments jusqu'à ce grand âge: nul n'ignore avec quelle € fenoeté il a embrassé la fw catholique à Sardique et à Nicée, et « avec (fuelle ardeur il condamnait alors la doctrine d'Arius.' Si < maintenant il soutient ce qu'il condamnait auparavant, et s'il « condamne ce qu'il avait toujours soutenu, encore une fois son € autoriléen matière de foi est nuHe. Car s'il a été dans l'erreur « pendant quatre-vingt-dix ans, comment peut-on m*assurer que ce « qu'il croit,- après quatre-vingt-dix ans, soit la vérité ? Le préjugé « de son autorité n'a donc aucune force, puisque cette autorité se « détruit elle-même. » (357.)
9. Id se place, dans l'ordre chronologique, le résumé de la contiwerse engagée au sujet de la chute du pape Libère. Nous allons rapporter, textuellement les paroles des historiens qui athnettent cette chute comme un fait avéré, et nous le ferons. suivre du Fécft'de ceux qui repousssent celte chute comme une calomnie inventée par les Ariens. Quelle que soit l'opinion qu'on embrasse dans ce conflit historique, il nous semble à propos de le faire j)récéder des paroles de Bossuet , qui dominent toute cette discussion : « p est certain, dit l'illustre évêque de Meaux, que le pape Libère « acheva son pontificat, qui fut long, lié de communion avec l^s « plus. , saints p.ôques de l'Èglij^e^ avec un saint AUianase, un..^aint t %*lp|v^t les a^ytrçs de, pareil mérite et de mômc! réputation, % Qft s«it,.4u;il Qstloué im saint Épiphane, çt par.sç^m.AWr « Iffoise, qui l'appalle par deux fois le pape Libérius de saifttaoçyé- « mûire, «t ijfisère dans un de ses livres, avec cet éloge,: un serman « entier de ce pape, où il célèbre hautement l'éternité, la taulepuissance, en un mot la divinité du Fils de Dieu, et sa parfaite « égalité avec son Père. Il est certain, dans le fait, que Libérius n'a « cédé qu'à la force ouverte (Bossuet se range ici à l'opinion des ♦ historiens qui admettent comme avérée la chute de tîbére), et « que, de lui-même aussi, il est retourné k son devoir. Voiïà deux
« (ails importants, qu'il ne faut pas dissimuler, puisqu'ils lèvent « entièrement la difficulté. — On sait, par le témoignage constant « de saint Athanase et de tous les auteurs du temps, que Ck>nstance « répandit beaucoup de sang, et que ceux qui résistaient à ses vo- « lontés, sur le sujet de TArianisme, avaient tout à craindre de sa € colère, tant il était entêté de cette hérésie. Je ne le dis pas pour « excuser Libérius ; mais afin qu'on sache que tout acte qtid est « extorqué par la force ouverte est nul de tout droit, et réclame « contre lui-même ^ »
Bossuet, dont nous venons de citer les paroles, embrasse, comme on le voit, l'opinion qui regarde comme historique la chute de Libère. Voici comme il s'exprime à ce sujet, dans sa Défense de la Déclaration du clergé de France : « Notre intention n'est point « d'entrer dans la discussion des formules de foi dressées à Sir- € mium. Les hommes les plus érudits avaient leurs hésitations dans « cette controverse, et ne prétendaient rien affirmer comme certain. « Pour nous, nous inclinons vers ce sentiment, que Libère a sous- « crit de toutes ces formules la plus innocente. Il n'en est pas moins « certain que Libère a fort mal agi, lui qui, connaissant les artifices « et les erreurs des Ariens, souscrivait une profession de foi où Ton « dissimulait que le Christ est consubstantiel au père et de la même « substance que lui *. » — Fleury, dans son Histoire ecclésiastique,
* Œwores complètes de Bossubt. (Outhenin-€halandre.) Tome XII, p. 110 et 111. — Toute discussion nous parait oiseuse au sujet de l'infaillibilité du Pape, à propos de la conduite de Libère, même en admettant le fait de la chute. Dès qu'il est reconnu par tout le monde que Libère n'aurait cédé qu*à la force ouverte, et que tout acte extotqué par la forée est nul de tout droit, on ne peut raisonnablement soutenir que la Pape, dans le lilyre exei^cice de son autorité, et enseignant ex cathedra^ ait failli ; et c'est sur ce seul terrain qu'il faudrait se placer pour engager une controverse sérieuse.
* Nous citons textuellement la note insérée ici dans les Œuvres complètes de Bossuet, d'où nous tirons ce passage (Da/'ens.C^. Gall.Aib.w, cap. 33. — Edit. Outhenin-Chalandre, tome XVI, p. 475) :
« Eruditissimi intercathoiicos hodie stant proomnimodâ innocentiâ Liberii, etquidemargumentishaudquaquamcontemnendis. (Vide DisserL