‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 144 sur 190 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

CD reconnaissaient trois. Quand on fut ainsi fixé sur ces détails du langage théologique, le concile anathématisa solennellement Arius, Sabellius, Paul de Samosate, Basilide et Manès. L'examen d'un point de doctrine controversé, sur Tlncarnation, occupa les dernières sessions. Il fut reconnu que le Sauveur n'avait pas pris un corps, sans âme, ni pensée ; contre le sentiment de quelques Grecs, qui croyaient que l'âme du Verbe incarné était la Divinité même. — Saint Athanasê eut à peine mis fin aux travaux de ce concile, que les païens, irrités des nombreuses conversions opérées par le saint patriarche, se plaignirent à Julien qu'il ne resterait bientôt plus un seul adorateur des Dieux dans leur ville. L'Apostat leur écrivit aussitôt : € Cet évoque, banni par les ordres réitérés de plusieurs empereurs, € devsUtau moins en attendre un nouveau avant de ^^^^SShS^Kea^ € cordé, il est vrai, aux Galiléens proscri^^j,^^^ ,^^,^

^ reuse mémoire, le retourJâft|i^A^^^ <f egises. ^™^5iu^^ 1^ siège qu'ils nomment épiscopal? Je « lui enjoins de sortir d'Alexandrie, au reçu de cette lettre, sous peine « des plus rigoureux châtiments, s'il ose désobéir. Je jure par le « grand Sérapis, que si, avant les calendes de décembre, cet impie « n'a été chassé de votre ville, ou plutôt de toute l'Egypte, je ferai € payer à la compagnie d'officiers égyptiens une amende de cent « livres d'or. » On juge bien qu'un ordre, accompagné de pareilles menaces, devait être exécuté avec la dernière rigueur. L'Église principale d'Alexandrie fut encore une fois envahie par les soldats, souillée de profansUions et de meurtres. Athanasê s'enfuit précipitamment sur une barque qui remontait le Nil, avec l'intention de se cacher dans la Thébaide; mais les rameurs du gouverneur d'Alexandrie, acharnés à sa poursuite, le gagnaient de vitesse. Soudain le patriarche fait retourner son embarcation vers Alexandrie ; il rencontre les barques qu'on envoyait à sa recherche, passe au milieu d'elles sans en être connu; les rameurs lui demandent si Athanasê est bien loin en avant. « Faites diligence; il est tout près de vous, » répond-il. Quelques heures après, l'illuslre fugitif rentrait, & la faveur de la nuit, dans sa ville épiscopale, oà il se tint c^ché jusqu'à la mort dé Julien (362).

A5i HISTOIIŒ GÉNÉRALE DE L*£<SL1SË.

M. Cet* empereur apostat poursuivait , avec une ebstiiittioD Sfltttnique » son système de sourde et hypocrite perséeution. Uo édît, rendu obligatoire pour toutes les provinces de i'ettpire, défèodait aux professeurs ehréttens d'enseigner , et aux eafanti ehrétieBs d'apprendre les lettres grecques et latines. « Ou a^ei* « pliquez point, disait-il , les écrivains profanes , si vous con- < damnez leurs doctrines; ou, si vous les expliquez, approuvée « leurs sentiments. Vous croyez qu'Homère , Hésiode et lears « semblables sont dans Terreur: allez expliquer Mathieu et Luc « dans les églises des Galiléens. » Ce décret fut exécuté à h rigueur. Les maîtres chrétiens, privés des chaires d*éloqoenoe et de belles*lettres, eui*ent recours à un moyen ingénieux pour Ig^topper au cercle de barbarie, dans lequd Julien voulait iei théeloffie et ^ composèrent, sur des thèmes de morale et de des idyltes, des é^gles; ^y^l^sjo THistoire sainte, des hymnes, goire de Narianze seul a écrit plus de trenfe tt?^^*®^*' ^^"* :"^' sont admirables par la hauteur du sujet et la beauté de Tcxi^SSL. — iuUen ne voulait point paraître persécuteur, mais il laissait trelontiers s'exercer les violences des païens contre les fidèles. On compte donc plusieurs martyrs sous son règne. A Dorostore, ea Thraee, Bmir lien fut jeté au feu pour avoir renversé les autels; à Myre, en Phiygio» Macédopius, Théoduleet Tatien furent grillés, à petit feu, poorsvoir brisé les idoles d*un temple ; à Àncyre, en Galatie, le prêtre Basile fut déchiré avec les ongles de fer, et périt dans les tournants. Césarée de Cappadoce, dont tous les habitants s'étaient montrés attachés i la foi catholique, en fut punie par Julien, qui lui dta le nm ée Césarée, donné par Constantin , et lui fit reprendre celai de Ms- Bscca. A Hiéropolis, en Phénicie, un suppbee inconnu, mém an temps de Dioclétien, épouvanta lliumanité. Des vierges consacrées à Dieu, après avoir été exposées nues à la vue et aux outrages du peuple, eurent le ventre ouvert ; on le remplit d'orge et on le fit dévorer par des pourceaux. Ces horreurs se renouvelant à Gasa, en Palestine, contre des prêtres et des vierges. Les soldats chiétiens n'étaient pas mieux traités. Bonose et Maximilien, vétértfie lé^ gionnaires, ayant refusé d^Otcr la croix du Labarum, eurent te ^

tranchée. Toutes œs cruautés, tant de sang répandu soDt une fié- Masure do pins à la mémoire de rempereur apostat»

ST. Il s'o€CDpaît,en œ momenl, dedaux entreprises, qui tournéfané également à sa honte» Pour donner un démenti à la prpphéti^ de Notre-Seigneor Jésus-Chist, qui avait prédit que, du temple de JMwatai, il ne resterait pas pierre sur pierrO) Julien donna l'ordu de reiever le temple de ses ruines. Mais des globes de tau, s'âan^ çint du sein de la terre» dispersèrent les ouvriers. Toutes les tentatîTes rencontrèrent la môme miraculeuse résistance. lie témoignage formel de l'aotear païen, Ammien Marcellin, ne laisse aucun dottte possiUe sur ee fait historique Le second rêve de Julien était tHie gunrre contre les Perses, qui devait placer son nom à côté de Daim d'Alexandre. Au printemps de Tan 363, une armée immense, partagée en trois divisions, et suivie par une flotte qui remontait le Tigre, entra en Perse^ ayant à sa tête Julien TAposlat. Un premiei* aiiooès lui fit croire à la conquête de toute TAsie. Dans sa confiance^ il fit brnier aa flotte, dont la marohe trop lente le retardait. Le lendeauin, en avançant dans un pays que Tennemi avait dévasté» U comprit retendue de sa faute, et songea à la retraite ; mais il ét^li trop tard. Le i€ juin, son arrière-garde est brusquement attaquée par l'armée de Sapor. J|ilien y vole, sans prendre le temps démettra sa cuirasse. Pta'^ant qu'il donne des ordres, et qu'il parcourt le einimp de bataille, un dard poussé par un cavalier inconnu lui perce les pdtes et pénètre dans le foie. Tbéodoret dit qu'en cet instant, Julien, portant la main h sa blessure, l'emplit de sang qu'il larnga vers le del, m dnant : « Tu as vaincu, Galiléen ! » Sa mort suivit de près, et termina la dernière lutte du paganisme contre l'Église de Jésoa-Gfaiist.

M. L'armée romaine, à demi vaincue, engagée dans las montagnaa de la Perse, cernée de toutes parts, se hâta de proclamer un capitaine qui pât la tirer de ce mauvais pas. Jovien fut revêtu de U pouriH'e (963). Il était chrétien, et avait été maltraité par Julien k cause de aa foi. Un traité conclu avec Sapor lui permit de ramena les restes de l'armée à Antioche. Son premier soin fut de rouvrir les églises catholiques, et de rendre an clergé les immunités et les biens dont Jttliett l'avait dépouillé. Athanase reparut domr librement au

milieu de son peuple d'Alexandrie. Jovien Yoolut être ÎDstruit par le saint patriarche des vérités de la foi : il le roandaà Antioche et Y'ukvestit de sa confiance, malgré les récriminations des Ariens, qui faisaient toujours peser sur Athanase le poids des plus graves accusations. Un concile se tint à Antioche, dans Tintention de réunir les diverses factions ariennes à la foi orthodoxe. Mais la formule qu'on 7 rédigea fut unanimement rejetée par les catholiques, parce qu'on y avait omis le terme de consubstantiel, et parce qu'eUe n'^abUssait pas assez nettement le dogme de la divinité du Saint-Esprit. Une hérésie nouvelle attaquait en effet ce point de foi. Pendant tout le règne de Julien, Thérésiarque Maeédonius, évéque intrus de Con&tantinople, n'avait cessé de dogmatiser dans ce sens. Il enseignait que le Saint-Esprit n'est pas une personne divine, mais seulem^t une créature plus parfaite que les autres ; il tournait, contre la divinité du Saint-Esprit les objections que les Ariens avaient faites contre la divinité du Verbe. Ses sectateurs se répandirent dans la Thrace, dans la province de THellespont, dans la Bithynie, sous les noms divers de Macédoniens, de Pneumatomaques et de Marathoniens^ à cause de Marathonius, évêque de Nicomédie, Tun des plus connus d'entre eux. C'est contre ces hérétiques que nous verrons se tourner les efforts des docteurs catholiques, Athana^ à leur tête. — Vers le même temps, comme si chaque année du quatrième siècle eût dû être marquée par une secte nouvelle, Lucifer, évéque de Cagliari, par une sévérité outrée, refusa d'admettre à sa communion les évêques tombés, durant les persécutions ariennes; malgré l'indulgence dont nsait à leur égard le siège de Rome. Telle fut l'origine du schisme des Lucifériens. Cependant Constantinopleattendait avec impatience son nouvel empereur. Jovien se hâtait d'aller prendre possession de sa capitale ; les vœux de tous les catholiques, dont il était l'espérance, l'accompagnaient dans sa marche ; mais la mort le prévint (47 février 364). Valentinien en Occident, et Valons en Orimt, lui succèdent ; le premier choisit Milan pour sa résidence, et le second Constantinople. Valentinien avait des qualités solides, qu'il ternit malheureusement par des actes de faiblesse et d'horrible cruauté. Il déclara tout d'abord son intention formelle de s'abstenir des ques* tiens dogmatiques qui divisaient alors les esprits. « Il ne m'appar*

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