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coup des persécutions, en exil, au désert, dans des retraites inaccessibles et jusque dans le tombeau de son père, sont un des plus pré. cieux monuments de FÉglise grecque. Il avait, à la prière des Alexandrins, désigné un prêtre de son clergé, nommé Pierre, pour lui succéder. Le nouveau patriarche était à peine sacré par les évoques de sa province, qu'un ordre de Valens l'envoyait en exil (373). Toule la sollicitude de TOrient désolé pesait sur saint Basile. Son activité suffit à tout. Ses lettres allaient ranimer le zèle des tièdes, encourager les confesseurs, entretenir partout le feu sacré. Il faisait ordonner des évoques pour les villes qui en manquaient; il répondait à toutes les difficultés ; se multipliait avec les besoins ; confondait les hérétiques, et, malgré les calomnies dont les Ariens le chargeaient, se faisait admirer et respecter de Valens lui-même. Cependant, le poids de tant d'affaires lui fit sentir la nécessité d'avoir à ses cotés un autre lui-même, qui en partageât la responsabilité. Il ordonna donc évêque de Sazime, petite ville de la province de Césarée, saint Grégoire, son ami. Celui-ci résista longtemps^ mais enfin il mcMn^ sa téieplîM qtte son cœur y comme il le dit admirablement, et fit à l'amitié le sacrifice d'une retraite studieuse et paisible, pour accepter en échange le lourd fardeau de l'épiscopat. Dès lors, le deux amis se partagent la sollicitude de l'Église d'Orient. Basile conserve son attitude héroïque en face des Ariens. Grégoire se charge de surveiller plus particulièrement et de combattre les Pnevmatofnaques, ou Macédoniens. Vers ce temps, la Providence leur adjoignait un illustre collaborateur, dans la personne de saint Épiphane, devenu, dès l'an 367, archevêque de Sakunine, métropole de toute Ttle de Chypre. Ce nouveau docteur de l'Église grecque, né en Palestine vers l'an 340, entrait dans la lice, après une jeunesse laborieusement passée dans l'étude et les pratiques austères de la vie monastique. Élevé par saint Hilarion, disciple de saint Antoine, il savait à fond l'hébreu, l'égyptien, le syriaque, le grec et le latin. Son premier ouvrage fut une réfutation complète de l'Arianisme, qu'il intitula: VAncorat, parce qu'il était destiné, comme une ancre de salut, à raffermir les esprits agités par les subtilités,Mes doutes, les objections soulevés depuis près d'un siècle contre la vérRé catholique. Il le fit bientôt suivre I. 30
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de son Traité capital contre toutes les hérésies : il en compte quatre^fingts jusqu'à son temps, et leur oppose à toutes rimmutabilité et la tradition apostolique delà foi.
4. L'Église latine rivalisait de fécondîtéavec l'Orient, et produisait une moisson de grands hommes. Le disciple d'Hilaire de Poitiers, saint Martin, montait sur le siège épiscopal de Tours (372). La vie de ce gmnd évêque des (raules ne fut qu'une suite perpétuelle de miracles. Sa sainteté lui attirait le respect des multitudes, et forçait Vadmiration des empereurs eux-mêmes. Il consacra ses efToit<; à eflteer les derniers restes du paganisme dans les Gaules. On sait le prodige de l'arbre sacré, coupé par ses ordres. Les païens avaient attaché le saint du côté où l'arbre penchait : par un prodige inouï, au moment de la chute, l'arbre se rejeta de lui-même du coté opposé, et faillit écraser les païens qui se croyaient le plus en sûreté. Au milieu des travaux de sa vie continuellement active, il s'était bâti, an pieii d'un rocher, sur le bord de la Loire, à quelque distance de sa ville épiscopale, un monastère où il réunit quatre-vingts disciples, avec lesquels il pratiquait les austérités des Ascètes. Ce fut l'origine de l'abbaye de Marmoutiers, si célèbre dans les Gaules. — Vers le m^ temps (374), Ambroise, gouverneur de Milan, simple catéchumène, était élu évéquede cette ville, malgré une résistance opiniâtre. Loin de rechercher les honneurs de i'épisoopat, les Pères de l'église allaient jusqu'à se calomnier eux-mêmes pour les éviter : au point que 1^ ooocUede Valence, dans les Gaules, tenu cettemémeannée, futoblig^<i^ dresser un canon spéx^ial contre ceux qui s'accusaient faussement de crimei pooréchapperàrordination. Valenlinien, en apprenant Télertioii de saint Ambroise, répondit à ceux qui la notifiaient : « ie suisravt « qu'on demuide pour évéque celui que j'avais envoyé en qoàitéi^ « juge.»Le nom d'Ambroise, la réputation de sa vertu, desaebarife» deson désintéres8ement,de son éloquence, remplirent bientôt l'Orient et l'Occident. On racontaitdelui que, enfant, unessaim d'abeilles ar<it déposé son miel sur sea lèvres, tant était séduisante etdoueeiap^'f' suasioo qui en découlait. Le gouverneur, devenu évêque, distribn* tout son bien aux pauvres, s'appliqua à l'étude des saintes lettres et des Pères de TÉgiise, se mit en relation intime avec saint Basile* pour lequel il professait la plus sincère admiration. Il s'appli^i^*
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surtout & bannir de son Église les traces d'Arianisme, qu*y avait laissées le sëjwr d'Auxence, son prédécesseur, dont la fui , justement suspecte h saint Damase, avait été condamnée par un concile d^ Rome (374). Valentinien témoigna à saint Ambroise une confiance sans bornes. Un jour, que le saint évêque lui demandait justice d'un 4ifit« d'iniquité commis par les magistrats au préjudice de TÉglisede Milan, Tempereur lui répondit : « Je connaissais depuis longtemps la « liberté de votre langage, et cela ne m*a point empêché de consentir « à votre ordination. Continuez donc, sans crainte, d'appliquer k % nos péchés les remèdes prescrits par la loi divine. » L'Italie voyait fleurir, à la même époque, deux autres illustres évéques : saint Vatérien d'Aquilée et saint Philastre de Brescia. L'Espagne avait son docteur, saint Pacien, évêque de Barcelone, qui, dans d'éloquents écrits, se montrait le défenseur de la foi et de l'unité catholiques. Cette thise était soutenue en Afrique, avec talent et courage, par saint Optât, évêque de Milève, qui combattait les erreurs des Donatistes. Ce Père établit les caractères de la véritable Église : une, catholique, possédant, par une tradition non interrompue, la primauté du siège de Rome, garantie de l'intégrité de la foi et de la pureté de la discipline. — Enfin, parmi tous ces grands noms, surgissait le nom illustre de saint Jérôme. Il était né vers l'an 331, d'une famille noble et riche, à Stridon, en Dalmatie. Ame ardente et passionnée, capable des plus grandes choses, avide de connaissances, JérOme passa une partie de sa jeunesse à voyager dans la Gaule et l'Asie. Rome le vit étudier dans ses murs la philosophie d'Aristote et de Platon; mais les doctrines de TÉvangile, que Jérôme n'étudiait point, furent celles qui frappèrent davantage son esprit. Il se fit baptiser, et dès lors, mettant le même zèle à l'étude de la religion qu'il en avait consacré à la science, il parcourut la Syrie, la Palestine et la Thé* baïde pour se former à la vie religieuse par l'exemple des moines et des saints qu'il rencontrait.
Au-dessus de tous ces docteurs de l'Église latine, appai'aisaait sur le siège de saint Pierre la grande figure du pape saint Damase, qui les dominait de toute l'autorité de sa puissance apostolique. Les Donaiiste$ d'Afrique, les Likciférkns de Sardaigne avaient beau réunir leurs efforts pour opposer à l'héritier légitime du chef des AiMMres
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leur antipape Ursin. C'est Damase qui offre l'hospitalité à Pierre d'Alexandrie, successeur de saint Athanase, dans son exil; c'est à Damase que députent sans cesse les partis qui divisaient l'Orient; c'est à lui que saint Jérôme, du fond de son désert de Syrie, demande s'il faut suivre la communion de Paulin ou de saint Mélèced'Antioche. O'est à lui que saint Basile adresse les plus vives instances pour rétablir la paix dans les Églises d'Orient. C'est saint Damase qui fait condamner solennellement, dans un concile de Rome (377), Terreur d'Apollinaire, évoque de Laodicée. Cet hérésiarque soutenait que Jésus-Christ n'avait point eu d'entendement humain, mais seulement un corps et une âme sensitive, auxquels la divinité qui y était jointe tenait lieu d'entendement. H prétendait aussi que le corps de Jésus- Christ étaitdescendu du ciel, et n'avait plus subsisté après l'ascension. Ses disciples, nommés Antidicomarianites (adversaires de Marie), niaient la virginité de la mère de Dieu. Une secte opposée, sous le nom de Collyridiem, du mot grec Kûixipiitç (gâteaux sacrés), exagérant le culte dû à Marie, l'honoraient conmie une divinité, et, comme telle, lui dédiaient des offrandes. Saint Damase rétablit le dogme cath(dique contre ces hérésies opposées, et se montra la règle vivante de la foi de l'Église.
5. Cependant Valentinien venait de mourir, laissant l'Occident partagé également entre ses deux fils: Valentinen le jeune, qui régna sur l'Italie, l'Illyrie et l'Afrique; etGratien, qui réunit sous sa domination les Gaules, l'Espagne et la Bretagne (375). Valens ne vit, dans cet événement, que le moyen de satisfaire plus librement sa haine contre le catholicisme. Comme il savait que les moines en étaient un des plus puissants appuis, il fit une loi par laquelle il les soumettait à l'obligation de porter les armes (376). On envoya les tribuns dans les solitudes d'Egypte, et un grand nombre de solitaires périrent, victimes de la violence des soldats. Les autres provinces de l'empire, et la Syrie en particulier, furent témoins de ces scènes de fureur. Les persécuteurs attaquèrent les cellules des moines, brûlèrent leurs récoltes et les mirent eux-mêmes en fuite. Saint Basile offrit un asile à ces fugitifs, et leur écrivit des lettres pleines d'affection elde tendresse pour les consoler dans leurs souflhinces. Cependant, le terne marqué par la Providence aux excès de Valens était venu. Elle char-