‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 149 sur 190 · CHANTRE IV · texte numérisé non relu

CHANTRE IV

gea de sa vengeance les Barbares, qui se tenaient aux frontières de Tempire romain, prêts à se le partager comme une proie. En 377, une députation des Goths vint solliciter de Valens la permission de se fixer, à titre d'alliés, sur le territoirede Tempire. Les ambassadeurs avaient à leur tête Tévèque Ulphilas, qui donna la célèbre version gothique delà Bible, dont saint Jérôme lui-même loue la scrupuleuse fidélité. Valens accorda tout ce qu'on voulut: mais quand les Goths, sur la foi de la parole donnée, mirent le pied, sans armes et sans provisions, sur le territoire romain, ils y trouvèrentdes généraux qui leur enlevèrent leurs femmes et leurs filles, et leur refusaient les moyens de subsistance qu'on leur avait promis. Une telle injure ne devait pas rester impunie, et l'année suivante, 378, ce peuple, dont on n'avait pas voulu pour ami, se présentait avec des forces cousidérables, et poussait ses incursions jusque sous les murs de Conste^^jjjjr^^j^ terreur universelle s'empara de tou^ lej^j.^^p;^^ ^^^j j^^„^. s'éleva con^ Valens. Ce^^^ ,^ ^.^^ ^^^^^^l^ ^^ ^^,^„^^, ^„3

ï^iails ^^proscription, et en rappelant Pierre d'Alexandrie et tous lesévêques exilés. Mais cette justice tardive ne le sauva point. Au moment où il quittait Constantinople, à la tète de son armée, le moine Isaac, dont tout le monde révérait la sainteté, lui cria : « Où allez- « vous, prince? C'est Dieu qui a envoyé contre vous les Barbares. « Cessez de lui faire la guerre, autrement vous ne reviendrez point € de cette expédition. > Valens, furieux, fit mettre en prison ce prophète de malheur, en lui disant : « A mon retour je te ferai trancher € la tête, y^ Mais il ne revint pas. Le 9 août 375, le combat s'engageait sous les murs d'Andrinople. Depuis la bataille de Cannes, sous Annibal,' jamais les Romains n'essuyèrent une défaite plus désastreuse. Les deux tiers de leur armée restèrent sur la place, avec trente-cinq généraux. L'empereur lui-même, blessé et ne pouvant plus se tenir achevai, se fait panser dans une cabane voisiné. Les Goths mirent le feu à la chaumière, et Valens y périt avec tous ceux qui l'entouraient. La prophétie du moine saint Isaac était surabondamment

accomplie.

6. La défaite d'Andrinople put paraître un instant le signal de la chute de l'empire. «L'univers romain s'écroulel» écrivait alors

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saint Jérôme. Les frontières du Tigre etderBuphrate étaient menacées par les Perses, les Ibères, les Arméniens. L'Ulyrieet laThraco étaient oiTahies parles Goths; Fritigern, leur chef, qui venait de remporta contre Valens un si brillant succès, pouvait, d'un seul coup d'épée, abattre leé deux têtes de Tempire : Constantinople et Rome. LesTaîfaleA, les Huns, les Alains, peuples inconnus aux premiers Céfcars, descendaient du grand plateau de la Tarlarie, ei chassaient devant eux les Goths; les frontières du Rhin et du Danube étaient attaquées par les peuples de la Germanie, les Allemands, les Francs et les Suèves. Quel héros ne fallait**il pas à Tempire romain pouf repousser tant d'ennemis à la fois 1 Ce héros se trouva,à Theure marquée, et sa promotion fut due à un prince de dix-neuf ans. Gratien, monté à quinze ans sur le trône d'Occident, après la mort ' ^^jlAntinlen I»', son père, avtiit commis la faute énorme de faire

f I?V r* il "^Z**^* w«i CarttoagB, le comte Théodose, habile général, dont les hautes tiui»... .. . . ., -a ♦• « i^

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Tobscurité d'une studieuse retraite. Ce fut ce fils qiie Uta»...

réparer sa déplorable erreur, fit soudain proclamer empereur d'(V* rient. L'univers entier applaudit à cette éclatante justice, et au discernement d'un prince, à peine sorti de l'enfance, qui allait chercher, MX extrémités du monde, le héros destiné à relever l'empire de ses ruines. Déjà Gratien venait de porter une loi (378), qui rappelait tous les évéqnes exilés par Valens, et restituait les églises à tous ceux qui embrasseraient la communion de Damaae. Un exemple magnifique de désintéressement fut donné alors par ces prélats bannis. Quelques-uns d'entre eux, à l'exemple d'Eulalius, évéqué d'Amasée , dans le Pont, trouvant leurs sièges occupés par deb Ariens , leur offrirent de professer la foi romaine et de oonti^ nuer à exercer la juridiction épisoopale. Saint Damase I"', pour f^mér^ier Gratien de la faveur qu'il accordait à la religion, rassembla à Rome un concile nombreux (378), qui vota des actions de grâces aux deux empereurs d'Occident, Gratien et Valentinien-le-Joune. Gratien ne s'en tint pas là : il prit des mesures sévères pour réprimer les intrigues de l'antipape Ursin, et ordonna que tous les évéquen oondaMnés comme hérétiques par saint Damasa seraient con-

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diiiU à Home» pour faille leur soumission entre las mains du Pape, et ne pourraient conserver de juridiclion qu'après avoir été réhabilités par lui. Ainsi, la suprématie de l'Église de Rome devenait une loi de Tenipire. L'Arianisme vaincu n'osait plus lever la tête. Il n'en subsista qu'une branche, qui s'étendit chez les nations du Nord. Le venin de cette hérésie se communiqua des Goths aux Gépides, leurs voisins, et ensuite aux Vandales. Il s'introduisit par ces derniers chez les Burgondes (Bourguignons] , oii nous le verrons imister encore quelques siècles aux efforts de la papauté. L'avènement de Théodose* le-Grand (19 janvier 369) à Tempire vint confirmer toutes les espérances des catholiques. La joie de l'Église, dans cette allégresse universelle, ne fut troublée que par la mort de saint Basile {i^^ janvier 379). Toute la terre le pleura, comme le docteur de la vérité et le lien de la paix en Orient. Parmi les nombreux ouvrages de ce père de r Église grecque, on remarque ses Ascétiques ^ règles de conduite pour les moines; son Traité sur les Études; son Hexameron, ex* position de l'œuvre des six jours de la création ; le Livre du Saint- Esprit, oonirclesrneumatofii4iques, et ses le^^re^, véritable modèle du genre épistolaire. Le style de saint Basile est si pur, qu*Érasme ne faisait pas difficulté de le comparer aux anciens orateurs grecs, et à Démosthène lui-même. Il ne manqua à ce grand homme que la joie de voir la paix, pour laquelle il avait tant travaillé, rétablie enfln en Orient. La loi Cunctos populos , la première que Théodose fit publier à sou avènement, portait, en substance, que tous les peuples soumis à l'autorilé des empereurs romains seraient obligés de suivre la foi du Pontife de Rome. Ceux-là seuls qui seraient unis de communion avec lui s'appelleraient catholiques, et tous les autres seraient regardés comme hérétiques. Toute la législation de Théodose fut inspirée par l'esprit du christianisme, dont il avait voulu se faire le disciple en même temps qu'il montait sur le trône. Saint Aschole, évéquede Thessalonique, lui avait administré le baptême (380); et tous les actes de son nouveau pouvoir furent ceux d'un fllssoqmifi et dévoué à l'Éfîlise. Il renouvelait le décret de Valenlinien P*", relatif à ladéhvrance des criminels, le jour de Pâques, et prononçait, en le signant, cette belle parole : « Plût à Dieu- qu'il fût en mon pouvoir < de ressusciter les morts 1 » Il suspendit, durant tout le carême, les

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procédures criminelles : t Les juges ne doivent pas, disait-il , « punir les criminels^ dans un temps où ils attendent eux-mêmes, de « la bonté divine, la rémission de leurs propres crimes. » La semence deFÉvangile avait, comme on le voit, germé dans le cœur de Théodose. Ses lois civiles sont conçues dans le même esprit. Il punit la délation, des peines les plus rigoureuses; il ordonne que, tous les trois mois, les registres des prisons soient examinés par un inspecteur, pour abréger les longueurs des détentions préventives. Il prit des mesures pour établir la régularité dans la répartition des impots, réprimer les concussions et le péculat, arrêter les folles dépenses des gouverneurs de province, qui ruinaient leurs peuples en constructions dispendieuses et inutiles. — Cette sollicitude pour les besoins intérieurs de Tempire ne lui laissait pas négliger le soin d'assurer une paix glorieuse avec les ennemis du dehors. I^es peuples barbares, contenus par Fautorité de son nom et de ses armes, s*établirent comme alliés dans les provinces qu*il leur assigna. Les Visigoths se fixèrent dans la Thrace, les Ostrogoths dans la Phrygie et la Lydie. La cour de Théodose devint l'asile des opprimés de toutes les nations. Athanaric, roi des Visigoths, chassé par Fritigern, vint (384) ychercher un refuge, et fut accueilli avec tous les honneurs dus à un grand homme malheureux.

7. L'Église de Gonstantinople , longtemps livrée à des prélats ariens, était la plus désolée de tout l'Orient. La mort de Valens, l'avènement de Théodose, permirent aux catholiques d'espérer de meilleurs jours. Saint Grégoire de Nazianze fut appelé par eux au gouvernement de leur Eglise. Il avait , depuis quelques années , abandonné celle de Sazime, et s'était retiré dans sa solitude chérie. La vieillesse avait courbé son corps avant l'âge : sa tète chauve, son visage desséché par les larmes et les austérités, son langage même qui avait conservé quelque chose de rude et d'étranger, attirèrent d'abord les railleries des Ariens. Mais bientôt son éloquence entraînante, sa vertu, le miracle de sa vie d'abstinence et de privations, lui attirèrent tant d'auditeurs, qu'on forçait les balustrades du sanctuaire où il prêchait. La maison paiticulière où il donnait ses instructions nesuiBtplus à l'aflluence toujours croissante ; on la convertit en une église qui s'appela YAnastasiCf parce que saint

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