‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 151 sur 190 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

roger le titre fastueux de Patriarches œcuméniques de TOrient. Ce canon du concile oecuménique de Constantinople ne reçut jamais l'approbation du Siège de Rome. Le pape saint Léon-le-6rand (454), dans sa Lettre au concile de Chalcédoine, déclare que, par cette nonacceptation, il avait été, dèsTorigine, frappé de nullité; et il résume la tradition apostolique sur le rang des patriarcats par cette règle invariable : « Que le siège d'Alexandrie ne perde rien de la dignité « qu'il doit à saint Marc, disciple de saint Pierre ; que l'Église d'An- « tioche, où naquit le nom de chrétien, par la prédication du même « apôtre, demeure dans l'ordre fixé par les règlements de nos Pères; « et que, placée au troisième rang, elle ne descende jamais au- « dessous. ^ — Le second concile œcuménique se termina par une grande solennité, à l'occasion de la translation des reliques de saint Paul, patriarche de Constantinople, mort pour la foi sous le règne de Constance. Les actes du concile furent envoyés au Pape; et Photius, qui nous apprend ce fait, assure positivement que le Henkeureva: Damase confirma de son autorité le second concile.

9. Pendant que l'intégrité de la foi catholique était ainsi proclamée en Orient, le concile de Saragosse (380) condamnait les Priscillianistesj dont l'erreur avait déjà infecté la plus grande partie de l'Espagne. Priscillien, qui donna son nom à cette secte, avait été disciple d'un Manichéen d'Egypte, nommé Marc. Sa doctrine n'était qu'un tissu des erreurs de Manès, mêlées aux rêveries gnostiques et aux absurdités de l'astrologie : quelques évoques, entre autres Instantius et Salvien, étaient tombés dans cette hérésie, qui fut anathématisée avec ses auteurs. — A la On de l'année 384 , saint Ambroise présidait, à Aquilée, un concile provincial d'Italie, pour condamner Pallade et Secondien, évoques d'IUyrie, les seuls de tout l'Occident qui professaient encore l'Arianisme. — Les ravages que le Manichéisme faisait en Egypte, au nord de l'Afrique et dans les provinces de Syrie, déterminèrent Théodose-le-Grand à porter contre les fauteurs de cette hérésie une loi, qui enjoignait au préfet du prétoire d'Orient d'établir des inquisiteurs^ pour les rechercher et les IX)ursuivre (382). C'est la première fois que le nom d'inquisiteurs^ contre les hérétiques, apparaît dans l'histoire de l'Église. — Cette même année, le Pape réunissait k Rome un nombreux concile, où se

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trouvaient saint Épiphane de Chypre, saint Paulin d'Antioche, saint Ambroise de Milan et saint Aschole de Thessalonique. L'élection de Flavien, qui préparait le schisme de l'Église d'Antiodie, fut annulée. On y renouvela la condamnation portée contre Thérétique Apollinaire et Timothée, son disciple. Saint Damase, en écrivant à ce sujet aux évéques d'Orient, les félicita de leur soumission au Saint-Siège : « Quand votre charité, leur dit^^il, rend à la chaire apostolique le < respect qui lui est dû, le plus grand avantage vous en revient à c vous-mêmes, nos bien-aimés flis. » Ce fut le dernier acte solennd du pontificat de ce grand homme. L'Orient et l'Occident, réunis dans la mâme foi, reconnaissaient l'autorité légitime du successeur de saint Pierre. Pour assurer dans l'avenir et Axer irrévocablement le texte des saintes Écritures, le Pape venait d'en faire exécuter, sous ses yeux, par saint Jérôme, une traduction exacte sur l'original h^ breu. C'est la même que, plus tard, le concile de Trente déclarera authentiqw. Dans cet immense travail, saint Jérôme, outre lesen* couragements du Pape, recevait ceux des plus illustres dames romaines, qui faisaient des saintes lettresleur unique étude. Les saintes Mélanie, Marcelle, Asella sa sûBur, Paule et Pauline sa fille, Léa et Fabiole, la vierge Ëustochium, appartenant aux familles les plus distinguées de leur temps, se faisaient les disciples de l'iiustère anachorète de la Palestine, qui a rendu leurs noms et leurs vertus célèbres, dans ses éloquents ouvrages. Le Pape prodiguait à saint Jérôme les honneurs que méritaient ses talents, et que sa modestie repoussait. Il eu fit son secrétaire particulier, et le chargeaitde rédiger sa volumineuse correspondance. C'est au milieu de telles préoccupations que la mort vint terminer les glorieux travaux de saint Damase P' (1 1 décembre 384). Il avait encore eu le temps de désigner à Théodose, pour l'éducation du César Arcade, son (ils, le diacre Arsène; et, par ce choix, il rendait, en mourant, le plus grand service au monde, puisqu'il eût contribué à lui préparer un maître formé k l'école de la vertu, si Arcade avait répondu aux soins d'Arsène.

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