CHAPITRE IV. 48t
âtatueet le temple de Sérapis furent renversés ; on découvrit les mys^
lères d*iniquité dont les prêtres païqns s'étaient rendas si longtemps
€Oupables,et les supercheries auxquelles ils avaient recours pour
tromper les peuples (391 ). Attentif à réprimer tous les abus, Théodose
porta une loi contre le vagabondage des Massaliens, moines héréti*
ques déjà condamnés dans un concile par saint Flavien d'Antioche
(390). Ils soutenaientque la priëreseuleétailnécessaireau salut, àrex-
clusion même des sacrements. Sur ce principe d'une morale Irès-rel^
cbée, ils se livraient à l'oisiveté, parcouraient les provinces de la
Syrie, et s'abandonnaient à tous les désordres. — Des affaires d'une
nature plus grave nécessitèrent bientôt l'intervention de Théodose. Le
comte Arbogaste fit étrangler, dans la nuit, l'empereur Valenti-
nien III, dont les bonnes qualités se développaient, depuis la mort de
sa mère l'impératrice Justine, sous l'influence de saint Ambitû^^
/<5 mai 392). Le meurtrier éleva sur le trône d'Occûi^*-"r^'*y , .,
de lettres, nommé Eugène, îantôme,J^-rr^^ "
prétendait régner.Sai----^^'^^^'''»'^*'^"''^.**^*'™^^^^ ^^j^^j,«srt:ofiamuniquer avec son meurtrier, et s enfuit de Milan
a son approche. Eugène et Arbogaste, dans leur fureur, jurèrent que. pour s'en venger , ils feraient une écurie de la basilique Ambrosienne et obligeraient le clergé de Milan à porter les armes. Théodose, ne leur laissa pas le temps d'exécuter leurs menaces. Il accourut contre eux, 60 Italie, à la tête de son armée; et la bataille d'Aquilée vit terminer la puissance éphémère et la vie d'Eugène et d' Arbogaste ( 6 septem* bre 394). Théodose manda immédiatement la nouvelle de sa victoire à saint Ambroise, pour le prier d'en rendre au ciel des actions de gi-âces. Le saint évêque ne profita de son influence sur Théodose que pour solliciter le pardon dé tous ceux qui s'étaient compromis dans a révolte d' Arbogaste : il Tobtint sans peine. L'empereur, dont la Mùié était ébranlée, s'occupa des dispositions nécessaires, pour prévenir les désordres que sa mort pouvait causer. Il partagea ses États «ntre ses deux fils : Arcade, l'atné, eut l'Orient; Honorius l'Occident. Ni l'un ni l'autre ne prit à tâche de faire oublier au monde la perte de Théodose-le-Grand, qui mourut à Milan, le 47 janvier 395, €Q prononçant le nom de saint Ambroise. Théodose fut le modèle d*ua prince chrétien. Son administration, ses lois, les grands actes
éS6 HISTOIRE OtNÉRALE DE L*ÉGL1SB.
de son règne s'inspiraient de Tesprit de TÉvangile. Le massacre de Thessalonique nous le montre plus grand, dans rhumilîation de la pénitence, qu'il ne parait au milieu de ses triomphes. Saint Am* broise, dans Foraison funèbre qu1l prononça aux funérailles de cê grand prince, arracha des larmes à la foule et aux soldats assemblés : € J*ai aimé, disait-il, ce héros, qui a pleuré publiquement ua < péché que d'autres lui avaient fait commettre par artifice; qui Ta « pleuré tous les jours de sa viel II venait de remporter une victoire € éclatante, dans la guerre la plus juste qui fui jamais, et cepen- « dant il s'abstint pendant quelque temps de la participation aux « saints mystères, pour ne pas présenter à'J'autel des mains teintes « de sang. J'ai aimé ce héros miséricordieux et clément , et c'est € pourquoi je le pleure du fond de mes entrailles. J'ai aimé ce héros : « mes prières et mes larmes ne cesseront point d'être offertes *'*^- -'^nr qu'il soit introduit sur la montagne sainte du Sei- « gneur, dans flvt>w..,,^ t^rrc des vivants. » Toute l'Église s'associa aux regrets de saint Ambroist., ^ ,. ^^^^.^^ ^^ Théodose y
est encore en .vénération. Le saint évêque de Miiau o, ^^,,^
à la mort d'un prihce qui avait été son ami. Il venait de recevoir ladéputation d'une reine des Mârcomans, nommée Frétigil, qui lui demandait d'être instruite dans la foi. La lettre qu'il lui répondit, en forme de catéchèse, est un chef-d'œuvre. Cette reine, touchée de ce que la renommée lui avait appris des vertus de saio( Ambroise, vint à Milan, pour y recevoir le baptême de ses mains, mains. Quand elle y arriva, le saint évéque n'était plus; il était allé recevoir la recompense de ses travaux, le 4 avril 397, dans la cinquante-septième année de son ftge. Les nombreux ouvrages de saint Ambroise, sur l'Écriture sainte, contre les hérésies, ses livres de morale et ses lettres sont remarquables par l'onction et la merveilleuse douceur du style. C'est dans ses écrits qu'on trouve, pour la première fois, le nom de messe , donné à la célébration des saints mystères. Nous chantons encore plusieurs hymnes qu'il avait composées. Elles ftirent si célèbres, qu'on appela longtemps ces hymnes, en général : Àmbrosianumy parce que saint Ambroise avait le premier introduit leur usage dans TÉglise latine. La tradition attribue à saint Ambroise le Te Deum, ce chant solennel d'actions de grâces, adopté par