CHAPITRE I?. 49S
Ihage (393-398) le consultent sur la question du baptême conféré par les Donatistes, et lui demandent s'il est permis d'élever aux ordres ceux qui l'ont reçu. — Un concile des évoques de Gaule, rassemblé i Turin, renvoie à la décision de Sirice la validité de l'élection de Félix, évêque de Trêves, ordonné par les Ithaciens (397). Les évéques des Gaules le consultèrent aussi, pour apprendre, de l'autorité du Siège apostolique, quelles étaient les règles canoniques, au sujet de la continence des clercs , des ordinations et des monastères des vierges. Sirice répondit par une décrétale, où il rappelle les mêmes instructions que dans celle adressée précédemment à Himérius, évoque de Tkrragone. Tout en maintenant, avec une fermeté et une vigueur apostoliques, les prescriptions de Tancienne discipline, le langage du Pape respire la modestie et l'humilité la plus sincère. Si l'on y reconnaît le prince de l'Église, le lieutenant de Dieu, à la dignité de sa parole, on y trouve aussi le Père de la chrétienté, le Pasteur des pasteurs, à la douceur, à la mansuétude, à la charité qui éclatent de toutes parts. Saint Sirice mourut, le 26 novembre 398, après un pontiflcat de près de quatorze ans. La tradition lui attribue l'introduction du Communicantes y dans les prières de la messe, et l'usage du titre de Pape, exclusivement affecté aux souverains Pontifes. Ce nom fut d'abord commun à tous les prêtres. Il exprime la paternité spirituelle du pasteur sur son troupeau. Plus tard, les évéques seuls le portèrent. Saint Sirice commença la tradition, universellement adoptée maintenant, de le réserver aux seuls Pontifes de Rome.
S 8 Pontifical de saInC Aaastase premier (26 nov. 398-27 avr. 402.)
48. Saint Anastase P' fut placé sur la chaire de saint Pierre, le 26 novembre 398. Saint Jérôme appelle le nouveau Pontife « un- « homme de très-riche paunreté et de sollicitiide apostolique. » L'antiquité lui attribue un décret qui interdit rentrée des ordres à ceux qui sont affligés de quelques difformités corporelles Cette mesure était fondée sur le besoin de faire respecter le ministère sacerdotal, et de le soustraire même à la plus injuste raillerie. Saint Ambroise, dont la miséricordieuse charité ne cédait qu'en présence d'un devoir de justice, écarta rigoureusement des saints ordres un
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clerc, doDl une épaule était plus saillante que Tautre* — Le sacerdoce catholique ne doit point être traité moins honorablement que celui de Tancienne loi, qui multipliait les précautions dans le choix de ses ministres. — Un. autre règlement pourvut à la réforme d*un abu^ qui sMntroduisait dans les Églises. Des clercs, ou des moines étrangers, étaient ordonnés prôtres dans les Eglises où ils se trouvaient, sans Taveu de leur évêque. Saint Anastase défendit de procéder, à l'avenir, h des ordinations de ce genre, si elles n*étaient point autorisées par une lettre signée de l'évêque des pays des ordioands, ayant seul le droit de juridiction sur eux. Telle est la véritable origine des lettres dimissoriales, — Enfin, saint Anastase P' ordonna que les prêtres se tiendraient debout pendant la lecture de TÉvangile, pour honorer par cette. attitude respectueuse la bonne nouvelle qui 41 apporté le salut au monde. Cet usage est aussi devenu général dans rÉglise.
Le court pontificat de saint Anastase P' continua les travaux commencés par saint Sirice, pour rétablissement d'une disripli ne régulière et uniforme, dans toutes les Eglises du monde. Le cinquième concile de Carthage (400) achevait de pacifier TÉglise d'Afrique, et combattait Terreur des Manichéens et des Donatistes, qui s*y perpétuaient encore. Le premier concile de Tolède (400), où assistèrent des évêques de toutes les provinces d'Espagne, reconnaissait solennellement et professait la foi de Nicée. Il réglait en outre tout ce qui regardait la vie des clercs, les dispositions relatives au mariage, dont il proclamait hautement Tunité et l'indissolubilité, méconnues par la législation romaine. En vertu du principe posé par saint Sirice, le concile de Tolède donne à l'évêque de Rome le nom de Pape, comme par excellence. C'est le premier monument de l'histoire ecclésiastique qui nous offre cette particularité.
49. Deux faits d'une nature bien différente occupaient alors l'attention de l'Orient. L'un, du domaine de la politique, ne se rattache à l'histoire de l'Église que par l'intervention de saint Jean Chrysoatdme, patriarche de Constantinople : c'est la disgr&ce d'Eutrope. L'autre est la fameuse querelle, survenue entre deux amis de vingt ans, illustres par leur sainteté, leurs travaux et leur science ecclésiastique : saint Jérôme et le prêtre Rufln. Nous allons analyser ces