CHAPITRE V
SiWàMUL
f . I^ettrcs* sitnf Itanocent premier I divers éfêirae» de FraiMe, #ffwpiiini et fàiirli^ftm^ -^
atàtm. ~ ^ IwmiÊ» de Poiae pv Alaric — ». Cité de Dieu, par saint Augustin. — PétagiauiMne. — 6. Mort du pape saint Innocent premier.
S t. roBtUleal ée saint xotlme. ;Aoûk Mi-décembre MS]. 1. Travaux et mort de saint Zoslme.
% 9. rMtlAcat et aalni BonlIlMC premier. (M décembre 4fS-2S octobre «»*. 8. Élection de saint iloniface premier. Anilpape Bulalius. Question du droit AppeT a«a Siège, agitée par les é\ éques d'Afrique. — 9; IYé«eMioBsd*AlUc«>v dvéqat 4»C • i»|w|llttiQ»Mr malt» les £glls»d*A«c. — U. Afort de aidât JésOme u <te saini icMsilift^prtmicr.
% k ro«<«PM^ aidiUCdlcMlA premier (S novembre 422-6 avril 452).
M..9tmi-P<iagi«ii8me^— 12. Cassian. Saint Siméon Stylite. Invasion de Genséric en AIHque. Mort de saint Augustin. — 13. Les Francs dans tes fisules. Safnt Lupus de Tnfftm^ Saint Zucber dfe Lyon, saint Germain d^AnMrru, 0€, <- Mt Nostorfai, CMkiln dPtgbHn» ttoMtanegénéraL MurtdesëniGélesti» premier.
$Sb WmÊÊtÊÊÊàê» MftM fllBtft Wm {» avril 43»-28 macs 4991.
tut tk ttion de minK Mima 0. — Mw Prudence. SéduUua. Prédestinatianisme. Satet Muspv. — 17. Code Tbéodosien. Invasions des Barbares, dans les diverses provinces de l*empire. Mort de saint Sixte m.
S •• 9Mina#M 4e Mlmt iwanneai yMMlcv* (Avril 4ÛS-mar» 417.)
4. L0 einquièin^ siècle s'ouvire avec le pontîitcat de saint Innoe«nè V\ él«rvé, e% 402, sur la chaire de saint Pierre. L'époque de la décadence de j'empire romain d'Occident est arrivée. Par un dessein merveilleux de la Providence, qui veille sur les destinées de fÉglise, tout était préparé pour que, dans cette ruine du vieux monde, la seule puissance des Papes et des cvéques restât debout. Les Barbares, qui vont frapper, de tous les côtés, aux portes de l'empire, rencontreront partout la religion de Jésus-Christ, comme une force momie plus haute, plus imposante, plus souveraine que celle des armes. L'autorité du Pontife de Rome s'établira, au moment de la déchéance des Césars; vainqueurs et vaincus s'agenouilleront dev(pt la croix
tttidevaitvoirUprwûèFeiDvask^fiéeitoineparleseMlii^taiiY^ m wMiaMimr le stége po&(iâcal» ram^ire tomsàB mi paiiTwr de de«i prîiice» éfpderaeiàt îBcçtiMbles de régn^, «l^ui sebîMiieitdewnMr par leurs nuoistras. Honoriut^ en Occident, avait reim» tmite m» aularfti entre les mains d'un Vandale, s<m favori, iMHDéSÉîHeM^ dMtil avait éiM>asé la fille. Arcade, en Orient, se tadBsail gouveraer par ses eunuques^ et par les caprices de Timpmlriee Badome, sa femBie. La situation politique de Tempire était d^loraMe; rÉglise semblait gagner en force, en union, en concorde, m Tempire perdait en grandeur. Innocent !•' apporta à son ga»voi»» ment une prudence singulière, et les lunrières d'un esprit doBl niot Augustin vantait la justesse et la profondeur. Il ne changea m^ an personnel de Fadmimstration précédente : < Les nouveaux venus, € disait-il, ne font que g&ter les affaires, avant de les entendre. » Ses lettres décrétâtes allaient aux extrémités du monde» coHtnaiier les règles de la saine discipline. Dilns Tune, adressée h saint Vietriei^ évéque de Rouen (404), le Pape rappelle les canons relatif à Foiâl* nation des évoques et des prêtres, à la juridiction ecdésiasiîqne, à qui seule appartient la connaissance des causes spirituelles. Une anrtre^ adressée à saint Exupère de Toulouse (405), résout plusieuf» cas particuliers proposés par cet évéque à la décision du saint Siège. Les lois du célibat des clercs, de rindissolubilité du mariage^ le» règles de la pénitence, y sont exposées, d'après la tradition conslnte et inh variable de l'Église. — L'Afrique, toujours désolée par les violences des Donatistes, invoquait le secours du Pontife romain. Trois coneiteis s'étaient tenus à Carthage, pour aviser aux moyens de paciAcalîoii (40S, 403, 404). Des conférences publiques avaient été, dans diaqpw ville, proposées par les prélats catholiques aux évéquea donafistef. Ceux-ci les avaient refusées. Le troisième concile avait adérs résolu d'envoyer des évéques à Honorius, en qualité de députés, pour aip* plier l'empereur d'appliquer aux Donatistes les leis formiléea par ïhéodose-le-6rand, contre les hérétiques. Une lettre fut adressée ali pape saint Innocent I*', pour lui recommander cette ambassade. Le demande fut accordée par l'enqpereur. Mais, dans sa itfpMsa an» Pères du concile, saint Innocent leur rappelle les régi» caMnicpiM
500 HISTOIRE OiNftlIALB BC L*iGL»K.
s-orTidOligatioii de la résidence éfuscopale^ et leur reeommaiide de mller à oe que les évêques nes^absentent de leurs diocèses que pour les plus graves motifs. -^ Verslemême temps, Tinterventioii desaint iMioceiit I*' étouffa, dans sa naissance, un schisme prêt à édaler dans l'Église d*Espagne. Le concile de Tolède avait admis à la communion Symphosius, Dictinuset quelques autres évéques de la Galice, qui avaient odbjuré l'hérésie des Priscillianistes. Les prâats avaient été maintenus dans leur juridiction et leurs dignités. I^ évéques de la Bétique et de la province de Carthagène trouvèrent ce jugement d*une indulgence excessive, et refusèrent de communiquer avec ceux qui le suivaient. L*afibire fut déférée au Pape, qui confirma la décision du concile de Tolède, et ordonna aux évêques d'Espagne de communiquer avec tous ceux que ce concile avait réhabilités.
2. Mais ce qui préoccupait surtout le saint Pape était la situation rdigieuse de l'Église d'Orient. Le plus éloqu^t et le plus zélé de ses pontifes, saint Jean Chrysostôme, se voyait accusé, condamné, persécuté, exilé par ses collègues dans l'épiscopat, et ne trouvait de soutien que dans le successeur de saint Pierre. L'ardeur avec laquelle le patriardie de Constantinople poursuivait, dans sa province, la ré&Nrme du clergé et la répression de tous les abus, lui avait fait un grand nombre d'ennemis. Dans un concile qu'il rassembla à Éphèse, i fit déposer six évéques simoniaques, convaincus d'avoir acheté l'ordination, à prix d'argent, de leur métropolitain (403). n déposa aussi l'évéque de Nicomédie, Géronce, qui s'était fait ordonner par Hellade de Césarée (Cappadoce), en récompense d'un emploi consi^ dérable à la cour, qu'il avait obtenu pour un parent de ce métropoli-^ tain. Une affaire plus grave encore, dans laquelle saint Chrysostôme intervint avec sa droiture habituelle, lui suscita de nouveaux embar* ras. Théophile, patriarche d'Alexandrie, irrité contre les moines de Scété, qui avaient donné asile à un prêtre qu'il avait chassé de son Église, réunit un concile, où, sans les avoir appelés, il les fit condamna, sous prétexte d'Origénisme. Par une inconcevable fureur^ il se mit lui-même à la tête d'une troupe de soldats, qui envahissaient les monastères, livrant aux flammes le texte des Écritures et les saints mystères , passant au fil de l'épée de pieux et inoffensifs solitaires (401 }. Chassés de leurs saintes retraites, les moines se rendirent
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d'abord à Jérusalem, d'où le crédit de ThéophUe parvint encore à te faire l)annir. Le patriarche d'Alexandrie leur cberohait partout des ennemis. Saint Épiphane, trompé par ses faux rapports, arait convoqué à Salamine un concile de toute la Chypre, oà l'on aYait renouvelé la condamnation de l'Origénisme. Saint Épiphane ne doutait pas que les moines d'Egypte ne fussent des sectateurs ardents de cette hérésie. Comme ils venaient de se rendre à Constantinople, pour s'y placer sous la protection de saint Jean Chrysostôme, il les y suivit, et refusa de communiquer avec le patriarche, qu'il croyait fauteur des hérétiques. Saint Jean Chrysostome lui envoya offlrirrhospitalilé dans son palais; Épiphime refusa, et ordonna même, de sa propre juitorité, un diacre, sans demander l'autorisation du métropditain. Cependant, les religieux égyptiens avaient trouvé dans saintChri--^ sostAme un appui. Ils se présentèrent devant saintJÉ*^^*'***''^»^^'** dirent : « Nous sommes ces moi^es^^^^t^jp^^^^ vous poursuivez ; « nous voudrions sasA^'^^^^^s avez jamais vu nos disciples et nos « éeri^^ "^ ^^^î^^ Ëpiphane répondit qu'il n'en avait jamais eu Foccasion. « Comment donc, reprirent-ils, pouvez-vous nous condamner « sans nous connaître? » Le saint fut touché de cette considération, et les accueillit avec bienveillance. Cette entrevue détermina sans doute son départ précipité. Il quitta Constantinople sans se réconcilier cependant avec saint Chrysostome. Il mourut dans la traversée (403), et rUe de Chypre, qui le vénérait comme un père, reçut ses restes mortels comme de pieuses reliques. Le débat élevé entre lui et riUustre patriarche de Constantinople, soutenu avec bonne foi de part et d'autre, n'a pas empêché les Papes de mettre Épiphanë au rang des saints. L'Église grecque le compte parmi ses docteurs. Il mérita ce double titre par la pureté de sa vie, l'ardeur de son zèle, et les savants ouvrages qu'il composa pour la défense de la vérité. CependantThéophiled'Alexandrieétaitvenului-mêmeàConstantinople, poursuivre contre les moines son système de destruction. Il se forma un parti puissant, composé de tous les ennemis de saint Jean Chrysostome. Un discours de ce dernier, contre le luxe et le dérèglement des femmes, fut représenté à l'impératrice Eudoxie comme une allusion personnelle dirigée contre elle, et contre les dames de sa cour. La vanité blessée pe pardonne jamais. L'impératrice, de concert avec
HISTOIRE GBMÉMLB DK L'ÉGUSë.
Iklophiii, poofttt remp^nor aux plus injuBtes oimwm. Un eonciiiabito* Imiu ^mùb te bourg da Ciwsae, près de Cbalcédoiae, éépost mtàCbïj^iMàmià (4ââ), La seule accusatioD OBûooique cpi'oB avail fH IrouwMr oNiIre lui, était celle de faire prondre aux fidèles ua pan fifmm apfésteeomomiiîoa, pour oe pu las exposer à rojelnr vfoc ia Aliw quelque paicelle des aatalea espèce^. On inaîsta davuitagp» eur une conipaiBisoB qu^ea pciftail à aaint Jean Cfarysostôme et oà las éréques courtisans voyaient un crime de lèse-majesté. fLu parlant de l*iaM>ér$trke, saint Jean Chr^sostônie av^t fait un rapproehamaiit amc ia reine Jézabel. Un ordne de bannissement centra le patriaiche «ttvit s* condamnation par le coneiliabuie du Ghesne. Saint Jean £3uryso#tâ0efut jeté, la nuit, dans un vaisseau, qui le transporta sur tes cAtes d*Aaie, près de la viite de Préneste, en Bitiiynie. Cet exil ne , '\^'""* kmr. Le peuple, en apprenant le départ de son saint eréque, remplit les i^^^ ^t 1^^ pj^^ publiques de gémissonieiits et de clameurs. La nuit suivante, m. w^^ement de terre «branla te ville et tous tes environs. Budoxie, épouvantée, y vu,.«. *h Aliment eéleste. Dès te point du jour, des barques couvraient te Bosphore, pour visiter te eote et ramener saint Cbrysostdme, dont la retraite n'était point eonnue. On le découvrit enfin ; un officier de Timpémtrie» lui remit une lettre de cette princesse : « Que Vptre Sainteté, < éeri?aitreite, soit persuadée qu'on a agi à mon insn. Jesuisinno- € cente de cet aete d'injustice. Le complot est Fosuvre d'boma^s i^ penrers et mécbants. Dieu m'est témoin des larmes que je lut offre â en sacrifice. Je me souviens que mes enfants ont reçu le baptême « de vos mains. » En rentrant le soir dans sa vilte épiscopate, saint Jean Cbrysostdme trouva tout le peuple accouru à sareneentre, et portant des flambeaux allumés, en signe de réjouissance. Arrivé à l'égliae des Apâtjpes, accompagné de pbis de trente évéques, au bniit des acotemations entbousiastes de la multitude, Chryiostôme parut m tfliaîre; mais son éloquence mtoie nuteit cette fois à ToreteuF, car tes appteudissements éclatèrent, avec tent d'énergie et d'opiniâtreté, ^'il ne pnt achever son discours (AOS). Tous tes ennemis du eaint patriarebe, réduits au sitence, disparurent devant cette maniteeCation î^posantedu sentiment catholique. Théophite d'Alexandrie lui-fliétte •m» di persécuter ies moioes de la Thânude. A fon» de^oiutemaa*
tesdoBlriiiM d*Origèflc, il vouluteoBfiattre ^66 libres. Cette étude Je cwHrerM à la pli» shicërG adiDiratîM pour ce grand docteur; et <}«mid on lui dénudait c^mfamH ilâtait ainsi pajisé de ia perséoution à TenthoiuiasiM, il r^iid«ii : « Ses ouvrages ressembleAt à un» € prairie émaillée : j*eo cueille les flews «ans m'arrëterau^ épines.» 3. Le calme fétabli à ComUantinople, d'une iaçofi si ioespérée, ne dura que deux mois. Un iœideat réveilla, dans r&me d'Eudoiie, sa tMttse mal éteinte. A l'oGcafiioB d'une statue d'arjpeni élevée à Timpérelrice, sur la place publique» en fijçe de la grande Jbasilkiue de Snnle'Sophie, dae danses et des spectacles s'étaient organisés, de maniàni à troubler le recueiUem^t de^ s^nts mystères. Le patriarche se plaignit de cet abus, avec une liberté tout apostolique. Ce fui Iraienal d'une nouvelle perséculion. Sudpxie se crut offense: eUe raieoa ses aacieanes iBtrigues avec les ennemis du saint oiateur. c BitûémàB est en furie, s'écria un jour saint GhrysostOme, elle € danse encoie, et demande de nouveau la tête de Jean 1 » Cette foift elle TobtiAt. Un conciliabulei formé de^ ennemis personnels du saint éféque, le condamna et le déposa sans l'entendre. Arcade lui intima Tordre de quitter »ob Église ; « Je l'ai reçue de Dieu, ré- « pondit le patriarche, je ne l'abamionnerai que si vos soldats m*eu- « lèvent. » Bientôt k basilique est envahie par des bataillons de Thrace. On était alors aux fêtes de Pâques (404), et saint Jean Ghrysestôme eonlérait le baptême solennel, suivant la coutume de cette époque* Les hommes,ies femmes, sont chassés à coups de sabre, les d»rm et les prêtres fidèles jetés dans les prisons, le corps et le sang de Jéius^Christ profanés. Cependant Chrysostome se retirait dans la maWon épiscopale, entourée et gardée par tout le peuple en armes. L*enipen^ur n*osait pas l'y attaquer-. Enfin, le 10 juin 404, il envoya Palliée, secrétaire de ses commandements, dire au patriarche que s'il ne consentait pas 4 s'éloigner volontairement, les soldats allaient engager In lutte avec le peuple. Saint Chrysostome, se tournant vars quelques évdques qui l'accompagnaient ; < Venes, leur dit-il ; prions « ei»semble, et prenons congé de L'ange de cette église. » Après ujie fervente prière, il ilonna à ces éveq^ies le baiser de {»aix, en Les. arrosant de ses larmes. Se dérobant alors à son peuple bien-aimé, il sortit de l'église, par une porte dérobée, et monte dans une barque
504 HISTOUE G&NÉRALB DE L'ÉGLISE.
qui le conduisit h Nioée. Ce fut la première halte de son ml. Ua ordre impérial, arrivé le 5 juillet 404, le fit transférer à Cucuse, ville déserte, dans les gorges du mont Tauras. La santé du patriarche ^ était ébranlée par tant de secousses, et par les fatigues d'un long et pénible voyage, accompli pendant une chaleur dévorante, au milieu des accès d'une fièvre qui dura plus de trente jours. Les soins de Sabinienne, diaconesse de Constantinople, que son dévouement avait appelée près du saint évéque, ne purent la rétablir entâènement. Cependant, Eudoxie n'était point satisfaite. Elle tourna sa fureur contre les clercs demeurés dans la communion de leur légitime pasteur. Eutrope, l'un d'entre eux, mourut entre les mains des bourreaux, qui lui déchiraient les côtés et le visage, avec les ongles de fer. Un évéque intrus, Arsace, fut placé sur le si^e du pasteur légitime. Dans ces douloureuses circonstances, l'Église désolée de Constantinople s'adressa au souverain Pontife, et le pria de venir à son aide. Saint Innocent I*' écrivit à saint ChrysostAme une lettre de consolation, qui fut remise k l'exilé, au fond des montagnes d'Arménie. Une autre fut adressée an clergé et au peuple de Constantinople: « Nous ne sommes pas, dit-il, tellement séparés de vous, que « nous ne prenions part à vos douleurs. Qui pourrait souffrir fat con- «4 duite, si injuste et si criminelle, de ceux dont tout le soin devrait
< être d'établir la tranquillité et la paix au sein de l'Église T Par un « renversement étrange des plus saintes lois, on airache à des ëvé-
< ques innocents le gouvernement de leurs diocèses. C'est l'injuste « traitement qu'on a fait subir à Jean votre évéque, qui nous est « uni par des liens si étroits. On a osé, contre toutes les règles ca- « noniques, lui donner un successeur; mais une telle élection n'est « qu'une intrusion sacrilège. » Non content de témoigner ainsi son intérêt pour cette Église affligée» le Pape pressa Honorius d'écrire h son frère Arcade, en faveur de saint Jean ChrysostAme. Des évéques furent députés, pour porter à la cour de Constantinople la dépêche d'Honorius ; mais Eudoxie les fit arrêter en chemin ; on les accabla d'outrages, et on ne leur permit de retourner dans leur pays qu'après leur avoir fait subir les tourments d'une longue et dure captivité. Jean Chrysostome, informé dans son exil des efforts que le Pape faisait en sa faveur, lui écrivit plusieurs lettres pour Ten re-
cHAprriiE Y. 508
mercier. « C'est snr vous» lui dit-H, que repose le fardeau du nonde € entier ; car vous avez à combattre à la fois pour les Églises déso- « lées, pour les peuples dispersés, pour les prêtres que les ennemis « environnent, pour les évêques mis en fuite, et pour les constitu- € lions de nos pères, outrageusement foulées aux pieds. » (306.) Cependant, le voisinage de ce patriarche exilé troublait encore le repos de ses ennemis. Ils obtiennent d'Arcade un ordre de renvoyer à Pytionte, lieu désert du pays des Tzanes, sur te bord du Pont-Euxin. Le voyage dura trois mois, et l'illustre proscrit n'obtint pas un instant de repos, quoique l'état de sa santé fût déplorable. Il n'arriva pas au terme de son bannissement. A Comane, il se trouva si mal, que les soldats qui l'accompagnaient n'osèrent aller plus loin. On le déposa dans une église dédiée à saint Basilisque. Il se fit revêtir d'habits blancs, en signe de délivrance, distribua aux assistants le peu qui lui restait, reçut l'Eucharistie, et mourut en iNrononçant ces paroles d'actions de gr&ces : « Dieu soit loué de tout I » (404.) Ainsi s'éteignait, dans une contrée étrangère, loin de son peuple bien* aimé, cette grande lumière de l'Orient, cette voix éloquente surnommée de son vivant: Bouche d'or. Plusieurs Papes l'ont appdé YÀugustin de l'Église grecque. Les littérateurs, frappés de celte brillante éloquence, qui rappelle à la fois l'énergie de Démosthène et la nombreuse élégance de Cicéron, ont dit de lui qu'il était VUo-mère des orateurs chrétiens. On a de ce Père plusieurs traités dogmatiques, des commentaires sur différentes parties de la Bible, des lettres et un grand nombre de discours, d'homélies et de panégyriques des saints. Les plus estimés de ses ouvrages sont les Traités du Sacerdoce, de la Promdence, de la Virginité. Après sa mort, le Pape prit soin de sa mémoire et refusa de communiquer avec les évêques d'Orient, jusqu'à ce qu'ils l'euâsent solennellement réhabilitée, en rappelant tous ceux qui avaient été exilés pour sa cause. Le persécuteur survécut peu à sa victime. Arcade, ce faible empereur, qui n'eut jamais de souverain que le nom, mourut, l'année suivante (408), laissant le trône d'Orient à son Fils Théodose-le- Jeune, qui n'était encore qu'un enfant. L'impératrice Eudoxie, sa mère, était morte deux ans auparavant : la perte de sa mère, malheur irréparable pour tant d'autres enfants, se trouvait, pour le jeune Théo-
S06 HISTOIRE GÉNélUliE OK L*ÉGUSE.
ém^uMlmédktkm tmrtiwliàfe 4e lu ProvkleoGe. Ses premiires aiwéfô lureol cM^ém bux tmir^ f^m» de Pulchérie. Anibémius, prébtdn pfétoii», wt U luAiUa de Tampire. Tl|iéod»se b J^ae, d*uii cafacicre dotti, lnuaiAiB, cpmpaMfisaot, «u^rait été un prince acoompU end'autnes iamps; mai^i uD^^M)que où l^ Barbares en armes eernaient Teoipire, Q eât follu 119 bras guerrier pour h» eontenir. Les Huos et les SquiëneB, mettafitàprofli U faiblesse de la co«r de ConstaotinopUr, envahirent la Tturace*^
4. Ces ÎAVBSÎODS partielles de rOrieot valent à peine d'être sigiialées, en présence du déluge de Aarbares qui inondait alors roc^ident. Dès l'an iûâ, une branche détachée de la grande nation des Gotlis, au nombre de deux cent millQ hommest avait passé les Al- Ijes, ayant à sa tête Radagaise. Stilicon, ministre d*]B[onoriu8, aidé d'une armée àe Huns» écrasa cette formidable invasion dans les mâfitagaes de la Hautes-Italie ; et, cette fois, Rome dut son salut aui Barbares eux-mêmes. Le danger n^étajt passé un instant que pour renaître plus terrible. En 407, une nuée de Vandales, de JSuèves, d'Alaios, d'Allemands et de Bourguignons se répandit dans les Gaules. Mayenoe fut prise et saecagée; plusieurs milliers de chrétiens furent égorgés, avec Auréus, leur évéqi^ie. Worni3, Spire, Strasbourg furent livrés aux flammes. Tournait Térouanne, Anas, SaintrQueotin, ne purent arrif^ter ce torrent. Les Barbares, iQoitié Amt^f ^^' tié idolâtres, firenl^dans toute la Gaule, un gi*and nombre de martyrs. Saint Nicaise, évoque de Reims ; saint Didier, évéque de Langres, eurent la tête tranchée; Besançon vil massacrer sonévique .^ïlidius. Marseille fut détruite. Toulouse, inutilement assiégée par lea Barbares, ne dut son salut qu'aux priëresdeson saint évéqueExupère. Ces horribles ravages durèrent trois ans entiers. Stilicon ne Ot rien pour les empêcher. Beau-père d*Honorius, on Taccusa de sooger à dépouiller son gendre, dans le dessein d'exalter Eucber, soo propre fils. Il entretenait alors des relations suivies avec AlariCf roi des YisigoAs. — Alaric était un de ces ravageurs de nations, appelés par la Providence à se partager les ruines du monde rosiaiP' ^ bords du Danube, 011 il était né, unç force inconiiue le poussait dans sa voie de destruction. < Une voix intérieure, di^aiHli nie cnc « 9»m cesse: U^obCj et va saccager Rome I » P^ux victoires rem-
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portées par StiHeon sur les Vîsifirtbs d'Aiaric (408-403)» avaient r<^ Uidé cèliri^oi dans sa marche. En 408, Aterio m retjwufaît aw froDlières dUtaiie. ÉfaitH» pour le salut^e Rome» ou pwr ds^ mo^ tifs d'anbitiM personoeUe queStilicoo eotana avec tai 4^ négO' ciaMoQs ? L'hisCoîDs se le sail pas. Honerius i*eUoa ¥frs le derakr parti. Un ordre impérial déclara ee génàfal eraeoiî de la patriBi #t SlilîeoB porta sa lète sur l'éeliafaud (448). Alaric, que rien m rete^ aaitplos, viat mettre le siège devant Rome: il aidait défwrae la Tilnre, fermé toutes tes comiDunioatioBs avec le dehors ; la famiae et la poste désolëmt bientôt la dté. Le roi des Visigoths consentit & s'étoigoer, moyennant une somme énorme. Honoriu», ronformé dans Baveone, n'ajnntpu remplir les conditions du traité, se vit opposer par Alaric un rivai à Vampire, Attale, préAst de Borne (499). L'année suivante (4t 0) ét^t marquée pour la prise de la Ville éter^ neile. Le 24 août, Alaric, avec ses Visigotbs, entrait dans la cité des Césars. Il permit le pillage à ses troupes ; maisla msyesté de la religion chrétienne dominait déjà les mœurs hariNures.L*église de Saint- Pierre et celle de Saint-Paul furent marquées par le vainqueur^ comme des lieux de refuge. Tous les vases sacrés de régUsede34io^ Piov«> apportés à Alarie, fufBnt renvoyés aux prêtres, comme da^ ehiets sacrés : t4 l'on vil les soldats conduire eux-mêmes des vierges aux asiles désignés, pour im sou^raire à tous leaoutmges. Le pape saint Innocent I^ ne quitta point Rom^ au miUeu de tant de désastres ; sa présmice ne fut point étrangère aux témoignages de respeet qu'Alarie rendit au christianisme. Déjà le Pape lui avait été député, en 408, pour lui porter les propositions d'Honorius, et en avait été honorablement accueilli. Les peuples s*babituaient à voir la majesté do souverain pontificat dominer le tumulte des armes, et TÉglise sortaittriofnphante de cette première invasion, qui devait se continuer d'Alaric jusqu'à Odoacre.
&. Cependant, l'empire romain ne pouvait s'écrouler» sans que le relaotîsaement de sa chute agitât le monde. U^ pa|eps i^ttribuaiei^t ce^ revers inouïs à la colère des dieux, et repdai^t la religipn de Jésus-Christ responsable de Thumiliation du Capitole. Les docteurs chrétiens se chargèrent de répondm à ces plaintes bières. Pendant que saint Jérôme, po^veau Jéfémie, plçiiraot m l^ mvm 4e
508 UISTOIRS GÉNiSALE BE L*ÉGLlSe.
Rome, prouvait, dans ses écrits, que la décadeDce de Tempire était due à la corruption des mœurs païennes, et à rabaissemeet des oh ractères et des courages, produit par des siècles d'une jouissance et d*un luxe effrénés, Paul Orose, prêtre espagnol de Tarrago&e, à la prière de saint Augustin, écrivait son Abrégé d'Histoire uné^erselle, où il établissait, par les faits, le même raisonnement. Saint Augustin lui-même composait son immortel ouvrage de la Cité de Dieu, où, dans un parallèle qui embrasse toute la suite de rhistoire, il montre le royaume de la vérité s*établissant sur la ruine des empires, et expose le plan providentiel dans l'institution de TÉgUse, et son développement à travers le temps. Cette œuvre immense, qui aurait suffi seule à occuper toute une vie, n'était qu'un încidentdaBs celle de saint Augustin. La controverse avec les Donatistes le trouvait, lutteur infatigable, toujours sur la brèche. Une conférence publique, avec les principaux d'entre eux, eut lieu (44 4 ) à Carthage, en présence du tribun Marcellin, chargé par l'empereur Honorius delà présider. Saint Augustin porta la parole, au nom des évéqnes catholiques. La conférence dura trois jours. L'éloquent orateur prouve avec évidence qu'il ne peut y avoir aucune cause légitime de se séparer de rÉglise; que la véritable église ne pouvait être ro^tatoèt dans un coin de l'Afrique, et que les Donatistes. par leur nom même, par le seul fait de leur rupture avec le preste du monde catholique, étaient d'avance condamna, ^oh discours fit une impression profonde; mais ce qui confirma, plus que toute l'éloquence humaine, la parole du saint docteur, fut l'exemple inouï du désintéressement donné, en cette circonstance, par les évêques catholiques. A sa persuasion , ces deux cent quatre-vingt-six prélats proposèrent aux évêques donatistes de leur céder leurs sièges, s'ils consentaient i rentrer dans la communion de l'Église. Tant d'abnégation, mise en parallèle avec l'opiniâtreté des évêques donatistes , rallia une foule d'hérétiques à la vérité. Dès lors, ce schisme obstine, qui désolait l'Afrique depuis le temps de Cécilien, alla se perdre dans le mépris public. Les restes de ce parti ruiné essayèrent d'en appeler à l'empereur de la décision de Marcellin. Honorius ne répondit à cette réclamation que par un ordre envoyé au gouverneur de Carthage, de traiter les Donatistes insoumis comme des rebelles déclarés. Ce
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schisme était à peine éteint, qa'nne nouvelle hérésie fut impliatée sur le sol d'Afrique, par deux étrangers, Pelage etCélestius, originaires de la Grande-Bretagne. Il s'agissait, cette fois, du dogme fondamental de la gràce^ base de la génération spirituelle de riKHinme. Cette doctrine, aussi ardue qu'importante, trouva dans Pelage un adversaire redoutable, et dans saint Augustin un intrépide défenseur. De nos jours , où le Jansénisme a rappelé l'attention sur ces matières, on a pu comprendre de quelle difiSculté il était de les traiteravec l'exactitude, la rigueur et l'intégrité théologiques. Pelage, qui donnait son nom à la nouvelle erreur, quitta, l'an 405, le monastère de Bangor, au pays de Galles, pour se rendre & Rome. Esprit subtil, séduisant, habile dans l'art delà dissimulation et de l'équivoque, il nourrissait, depuis longtemps, le germe de son système sur la toute-puissance de la volonté humaine. Il commença à se développer ostensiblement, dans un voyage qu'il fit avec Constantius, son disciple et son ami, à Carthage. Saint Augustin avait écrit, dans son livre des Confessions^ commencé en 397 : « Domine, da nobis quod jubés et jubé quod vis. » Pelage s'éleva, dans une assemblée d'évêques, contre cette proposition. C'était jeter le gant à l'évéque d'Hippone, qui le releva pour ne le plus déposer. Plus il devait à la grâce, plus il se crut obligé de lui rendre. Vingt ans , il poursuivit le Pelagianisme; et, en mourant, il put se rendre à lui-même le témoignage que l'hérésie, percée de tant de traits» ne tarderait pas à le suivre au tombeau. Les erreurs de Pelage regardent trois chefs principaux : le péché originel^ le libre arbitre, la nécessité et la gratuité de la grâce. Premièrement, l'erreur fondamentale de Pelage était de nier la transmission du péché d'Adam et d'Eve à leur postérité. Dans son système, le péché de nos premiers parents n'avait pu nuire qu'à eux seuls, et s'il portait préjudice à leurs descendants, ce n'était pas conune faute héréditaire, mais, tout au plus, comme mauvais exemple; par conséquent, le baptême n'est pas donné aux enfants pour effacer une tache originelle, mais pour leur imprimer le caractère, le sceau de l'adoption. Deuxièmement, sur le libre arbitre, Pelage enseignait : 4"* qu'il est aussi entier, aussi fort en nous que dans Adam, avant son péché ; 2* que les forces du libre arbitre, sans aucun secours surnaturel, sufiSsent à l'homme, pour accomplir tous les préceptes
•M HISTOIRE GiMÉBâLft M L'iOLiSE.
éMm^ mieÊÊùWÊÊÊ Umim iMlentfttiûM, s'élever à UpLssMiblkMper i66lîin,0l dèfCenir la vie élermHe. TtomkmeBkeiA^Ugfkte, àwm m M syilèttie, se trouvait, par le lait, amidée. Mais, cemme il oal été ItfEiponiMe d'ea supprimer le aom , Félage faisait consister ee doi gratuit 4aas lelitoe arbitie lui-iiiéaie, que I>ieu ueus accorde sa» aotts le devoir. Saint Aogttstia objectait que Jésus-Cbrisi avait apporté une grâce plus abondâmes sans que la soinaie du libre arbitre parut plus grande dans b loi nouvelle que dans Tancienne. Pelage répondit k cet argument que cette grâce du Nouveau Testunent eonsislait dans les bons exemples du Rédempteur. Saint Augostîa demandait alors pourquoi ces bons exemples agissaient si efficaceaMBtsur les uns, et laissaient les autres indiflérents. Poussé dans ses demierB retranchements , Pelage consentit alors à admettre une grftce intérieure d'illumination dans Teolendement, qui rendait plus lÉdIe l'opération de la volonté. Cette grâce utile n'était point indispensable : elle n'était non plus, ni prévenante, ni gratuite, et Dieu n'oBt pas libre de la refuser h qui la mérite par le bon usage de ses facultés naturelles.
Ces notions pr^minaires suffiront, pour comprendre le sens et la portée du Pélagiaenisme. La première condamnation fut prononcée eoBCre les nouveaux sectaires, par un concile tenu à Carthage (41 iy, eè saint Augustin ne put assister. L'anathème fut porté contre Cèles tins seul, parce que Pelage n'était plus alors en Afrique; U l'avait quittée, pour parcourir les villes de la côte de Syrie. Les erreurs de Gékstius avaient été réduites à sept principales : 4° Adam a été créé sujet i la mort ; i« son péché a été personnel, et no s*est point com- Auniqué àsarace ; S"" lesenfants,en naissant, sont dans lemémeétat d'innocence où se trouvait Adam avantsa chute; ^° Le péché d'Adam »'estpas la cause de lamortdetout le genre humain ; la résurrection de Jésus-Christ n'est pas la cause de la résurrection de tous les hommes ; 5° la loi de Moïse conduit au ciel aussi bien que la loi de Jéstts^hrist;6'' Avant la venuede Jésus-Christ, il y avait des hommes impeccables ; T Les enfants morts sans baptême ont droit au bonheur éternel. — Célestius appela de cette sentence au souverain Pontife, et, sans poursuivre son appel, il partit pour l'Asie, où if continua à dogmatiser. Cependant Pélngo, dénoncé par les évêquesdes Gaules.
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et en patHailier pv Hftrwd*AplMet LBare d'Aii, CMane liérélkiM, tsmjfÊài de te jMtifler an jwx de» évêquesde PalestiM, dan» vue confénoce poMî^uft tomie à JérlBftliaBi, el daw «n conctt» de quateneéviqtm è Diospolu. Oroaa d?£»fMigBe et saiat Jérâme étairot M» princ^iasi adversaires. Lea Père» de Diosp<Aia, IroMpéa pu las faBsaes pRylealatiana de Pélaee, l'avaient abaeiis du chef d'béré^, sanaailaadfe la réfonse d'iBHoeaiit l„, auquel ifl en avait été référé aprto la eoidëreMe de JéraMleia (445). Saint Augustin publiait, dans le Hléllletefl^>»,ona série d*euvrages contre les prineipales erreur» du PélÊilpÊammt: Truite d€ laNiUwtt et delà Gràeei du Mérite et ik la Rémiêiiên dei péchés ; de la Grâce é» N(nifli>eau TeetametU ; ie la Pêrfeeêion de la Justice de V Homme; du Libre Arbitre,— teî»t JérteMi le suivait daaa cette veie, et écrivait son iHalogue entre un Caikeligue e$ um Fétagien. Lacantroverae s'éclairait des lumières qu'j répandaient ces deux granda hommes. Le» ciincilea de Car- Ihage 6ldeMilève(446) établirent, con&Hmément à la foi catholique, q» le péché d'Adam a pasaé à ses descendants, et que, sans une grâce intérieure qui nous inspire la bonne volonté, Ton ne peut faim aucun bien surnature ou utile au saluL Les Pères de ces conciles écrivirent au pape saint Innocent I«, pour le prier de confirmer cette décision par l'autorité du Siège apostolique. Le souverain Pontilé répondit aux lettrea synodales des évéques d'Afrique : c Vous « avea, leur dit-il, observé, comme il convient à l'épiscopat, les in- « stittttions de ues pères. Us tienneot,^ en effet, par une tradition « divine, que rien ne peut être réglé, dans les contrées les plus loin* « taines, sansavoir été porté & la connaissance du Siège apostolique, c C'est de laque découlent, comme de leur source primitive, dans « toutes les régions de l'univers, les eaux vives et pures de la vérité.» Le Pape confiruM alors la décisian des deux eonciioa, el condamne saleanellement Pélace» CAlestius et leur» sectateur» : il Ibb dédareséparé» de la eouunuuoa de l'iglise, à moins qu'il» ne reuanceut à leurs erreurs. Après ce décret du Pape, saint Ausuetii» »*écria : € KoBie a parlé, la cause est inia. Plaise à Dieu que l'erreur le sait « ausai. »
S. Affligé du triste état o4 l'invaMeu des Barbares a¥aii réduit les 6aule»r.rKspagae et l'Italie, Innocent P' amit dilaté sa charité au
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niveau des désolations : il faisait tles collectes pour secoorir, dans ces provinces, les souffrances et les misères qu'une telle révolution avait multipliées dans une proportion effrayante. Alaric n'avail survécu (fue deux ans à la prise de Rome ; mais les Visij^ths lui avaient donné un successeur, dans la personne d'Ataulfe, son beau-frère. Le Pape faisait travailler à la conversion de ces Barbares, et, peu k peu, les habituait à courber la tête sous le joug de l'Évangile. Le désir d'établir, au sein de TÉglise catholique, Tunité de diseiidine, donnait une nouvelle ardeur à son activité et à son zèle. Nous en avons encore un monument précieux dans une décrétée adressée à Décentius, évêque d'Eugubio, dans TOmbrie, qui l'avait consulté sur divers points de liturgie et de discipline, c Si les évéques du « Seigneur, disait le Pape, voulaient observer, dans leur intégrité, « les institutions ecclésiastiques, telles qu'elles ont été transmises t par les bienheureux Apôtres, il n'y aurait ni diversité, ni variété « dans ce qui regarde les consécrations et la célébration des saints « mystères. » D'autres lettres de saint Innocent, à des évéques d'Italie et de Macédoine, contiennent des décisions du même genre. La mort vint enlever le pieux Pontife, au milieu de ces travaux (117]. Saint Innocent V" est le premier des Papes qui ait fait un voyage hors de Rome, pour le service des intérêts généraux de l'Église. En 400, il s'était transporté à Ravenne, pour engager l'empereur Honorius à exécuter avec plus de ponctualité les conventions passées avec Alaric. Si les conseils du Pape eussent été suivis, Honorius eût épar* gné à la Ville étemelle les horreurs de l'invasion de 410.
S e. rMtifleat «• MlMt Zoslne. (Août 417-26 décembre 418.)
7. Saint Zosime fut donné pour successeur à saint Innocent !**, ]e 49 août 447. Son pontificat, qui ne dura qu'un an, fut presque constamment absorbé par la question du Pélagianisme, qui n'avait pas cessé d'étendre ses ravages, sous le masque d'une hypocrite soumission à l'autorité de l'Église. Célestius vint à Rome (447), protesta de la pureté de ses intentions, déclara solennellement qu'il candamimit tout ce qu'avait condamné saint Innocent /^^ et Ait reçu par Zosime à la communion de TÉglise. Pelage écrivit au Pape une