‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 160 sur 190 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

lettre dans le même sens ; et le miséricordieux Pontife lui donna aussi l'absolution des censures portées contre lui. Cependant, les deux sectaires ne cessaient de prêcher leurs erreurs, avec d'autant plus d'assurance qu'ils se disaient en communion avec le Siège de Rome. Les évéques d'Afrique se réunissent en concile, à Carthage, au nombre de deux cent quatorze, et exposent au pape saint Zosime que, malgré leur apparente soumission. Pelage et Célestius continuaient à dogmatiser. Le souverain Pontife évoqua de nouveau l'affaire à son tribunal, et, après une mûre délibération, conflrma le jugement des évêques d'Afrique, renouvela la sentence portée par son prédécesseur, et déclara que si les deux hérésiarques consentaient à abjurer leurs erreurs, ils seraient admis à faire leur pénitence publique ; sinon, ils demeureraient excommuniés. La lettre doctrinale du pape fut envoyée aux évéques d'Egypte et d'Orient, aux patriarches des grands sièges, Antioche, Alexandrie, Jérusalem, Constantinople. A la suite de ce jugement ecclésiastique, intervint un rescrit impérial d'Honorius, qui condamna les deux hérésiarques et leurs sectateurs à l'exil (418). Dans le même temps, saint Augustin faisait formuler la foi catholique par un nouveau concile tenu & Carthage (4«' mai 418). Toutes les églises du monde acceptèrent la décicton du saint Siège. Julien, èvêque d'Éclane, en Campanie, refusa seul d'y souscrire. Il s'adjoignit quelques évêques pélagiens, pour rédiger une profession de foi hérétique, et en appeler de la sentence du pape à un concile général. Saint Zosime condamna nommément Julien et ses complices. Ils furent déposés, et leurs sièges donnés à des prélats catholiques. Au milieu des préoccupations occasionnées par l'examen de ces graves questions, saint Zosime avait réglé un débat sur la juridiction métropolitaine de la seconde Narbonhaise, réclamée à la fois par les Églises de Vienne et de Marseille, au préjudice de celle d'Arles, qui avait toujours joui de ce privilège. Le Pape confirme les droit» de cette dernière, « fondés, dit-il, sur l'apostolat « de saint Trophime, et condamne comme irrégulier tout ce qu'on « entreprendrait contrairement à cette décision. » Il écrivit au clergé et aux fidèles de Marseille, pour les informer que, si leur évèque s'obstinait à usurper, sur son métropolitain d'Aries, un droit canoniquement reconnu, il se verrait obligé de le déposer et de mettre à I. 33

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9ft place uft {Msleiir plu» digne d*étre à leor tète (Mir» 448). dette vigueur apostolique, déployée par le saint Pontife, s'étendait à tons les points de la diseîplîne ecdésiastique. Dans le même tempa^ il adressait à Hésyehîns, évêque de Sakne, métropole de bt Dalmatîe, une lettre décrétale, oA il s'élerait contre l'ambition des laïques et des moines, qui voulaient passer tout à coup aux degrés émineots d» sacerdoce, sans observer les interstices fixés par les canons. Une mort prématurée ravit à l'Église un Pape si vigilant et si zélé (dècembfe 448).

S 3. Pontineat de saint Boiiifa«e premier. (30 déc. 418-25 cet. 422.)

8. L'élection de saint Bonifaee V offrit, pour la première fois, l'etonple de l'intervention d'une puissance séculière dans le choix d'an pontife romain. Pendant que le clergé et le peu|de de Rome éMent réunis, ponr procéder à une élection canonique, le diacie Biiialius s'emparait violemment de l'Église de Latran, et s'y faisait sacrer de férce par l'évéque d'Ostie. Le lendemain, l'assemblée régulière proclamait le légitime pasteur dans la personne de Boni£ace !•% prêtre romain. Cependant Symmaque, préfet de Rome, adressa il Tempereur Honorius une relation des faits, facvorable à l'antipape. L'empereur évoqua l'affaire à son jugement, et manda BonifBu^ et Bnlalius à Ravenne, où il tenait sa cour, en les faisant souscrire l'engagement de ne pas rentrer à Home, avant qu'il eût prononcé mtre les deux partis. Malgré cette promesse solennelle, Eulalius se rendit à Rome, dans l'inlention d'y célébrer la fête de Pâques (449). Mais le peuple, ftdèle an Pape légitime, chassa l'usurpateur. Bonifaee fut reçH, deux jours après, en triomphe, et reconnu par l'empereur, le sénat et toute la ville. — L'autorité du souverain ponti-* fieat était à peine assurée à sa personne, que saint Bonifaee avait à la défendre, contre le sixième concile deCarthage (S5 mai 449), qui vettlait proscrire les appdialions au Pape. La discussi(m s'engagea à propos d'Apiarius, prêtre de Sicque, en Mauritanie, qui, ayant été excommunié par Urbain, son évéque, s'était pourvu devant le siège de Rome. Saint Bonifaee envoya au o&aeiU de Cartbage, pour examiner l'affaire, trois légats: Faustin, évéque de Potentine, en Italie; Philippe tl Aselloftt prêtres de l'Église romaine. Quand en mit en

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