‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 161 sur 190 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

question, ddM l8 chaleur du débat, le droit du souverain Pontife à évoquer à son tribonal les eauses portées devant lui par un vpipeï, les légats eitèrmt le texte des eanons du eoncife de Saidiqne^ repro^ duM daiKs les ins^etiona écrites que le Pape leur avait remises. Chose étrange ! le concile de Sardique, tenu en 347, aux séances daqtiel avait assisté Gratus, évéque de Cartbage, était cemj^étenent in^DBU auTi évêques d^Afrique 4e l'an 449. Les Pères du concile de Carlhage demandèrent «dors le temps de faire examiner les actes originatnc dû concile de Sardique^ Le différend se trouva ainsi suspendu, et ne fut déAnitiv^nent terminé que sous le Pontificat de Céteslm P^ en 437. Apiarius, preanière cause de ce d^at, fut rétabli dans la communion de TÉglise, ayrèsétre rentré dans les bonnes grâfces de son évéque.

9, La sollicitude de saint Beniface l^ s'étendait à la fois sur toutes tes Églises du monde. Dès le 43 juin 449, il déférait au jugement des évèqnes des Gaules^ Maxime, évéque de Valence, accusé de Maoïiehéisme et de crinres abominables. Le Pape ordonnait aux ^éques des Gaules des'assemMer en concile, le 1*' novembre^ pour exam mer cette afls^re, à la con(tftîon que l'autorité du Pape cwfirmerart te jogement. — Dans te même temps, saint Bomface afntefisait la frawstetK)» de Périgène, évéque de Patras, en Achaïe, sur le siège métropoMain de Corinthe (419). Atticus, patriarche de Constantinople, s'éleva contre cette décision de la cour romaine. Il pfélendit qu'aucuneordination d'évêque ne pouvait avoir lieu, dans l'Hellespont et les autves provinces d'Asie, sans l'aveu du patriarche de Consta»tinople. B- eut le crédit de faire porter, par Théodose-le^Jeone, uno loi dans ce sens (42t) , et réunit un concile à Corinthe, pour examiner te ti»aa»lation de Périgène, solennellement confirmée par l'autorité *i saint Siège. L'empereur, dans cette constitution, prétendait, en outre, enlever aux évéques de Thessalonique la juridiction* qu'ils exerçaient canoniquemont sur Tlllyrie,. pour la confier a»x évêques de Constenlinople, « qu» jouissent^ disailrU, des pré-- « rog^ivês ée l^amienne Rome. » Dans une conjoncturo oè il s'agissait de la primauté de la chatve de saint Pieme, saint Boni^ face P* se montra digne d'en être le gardiun et la dèfcneeuv. ft en^ voya des députés k Tempereur Honorius, pour oWeni» dq IhioèMe-

lé-Jeune, par son intervention, la révocation de son décret. Il écrivait, en même temps, une lettre pleine d'énergie à Rufus, évêque de Thessalonique : « Les tentatives récentes pour amoindrir votre « autorité, lui disait-il, ne peuvent ni ne doivent sortir leur effet. € Fort de votre droit incontestable, armez-vous comme un soldat de « Dieu. Ne vous effrayez point de ces nouvelles tempêtes ; le bien- « heureux apôtre Pierre sera avec vous, et ne souffrira point que Ton « porte atteinte aux prérogatives de son siège* » D'autres lettres pontificales, adressées aux évêques de Thessalie, n'étaient pas moins explicites : « Il est certain, disait-il, que TÉglise de Rome € est, pour toutes les Églises répandues dans l'univers, ce qu'est « la tète pour les autres membres. Quiconque s'en sépare devient € étranger à la religion chrétienne, parce qu'il n'est plus dans « l'unité. » Une autre circulaire, à tous les évêques de Macédoine, d'Achaïe, d'ÉpireetdeDacie, maintenait les mômes principes, avec une égale vigueur [H mars 422}. Le Pape rappelait les faits historiques qui appuyaient les droits du Siège de Rome : « Le grand « Athanase, Flavien d'Antiôche, Chrysostôme de Constantinople, « n'ont cessé d'avoir recours au successeur de saint Pierre, et leur « exemple suffit à prouver la tradition des grandes Églises d'Orient.:» Les efforts de saint Boniface furent couronnés de succès. Théodosele- Jeune retira le décret incriminé, et Périgène gouverna l'Église de Corinthe toute sa vie.

40. Pendant que cette discussion absorbait l'attention de VOrteiit, une grande lumière de l'Église s'éteignait en Palestine : saint Jérôme mourait, le 30 septembre 420, & l'&ge de quatre-vingts ans. De tous les Pères de l'Église latine, saint Jérôme est celui qui mit le plus d'érudition au service de la vérité. Ses travaux gigantesques sur l'Écriture ne sont surpassés que par ses mortifications incroyables, son amour pour la retraite et la pauvreté, et son ardente charité, qui l'a fait comparer à saint Paul par le grand Augustin. Son style véhément, plein d'images, de pensées fortes et concises, égale, en certains endroits, les plus beaux modèles de la pure latinité. On sait le reproche qui lui fut adressé dans une vision. Notre- Seigneur Jésus-Christ lui demanda s'il était chrétien. « Oui, Sei- « gneur, répondit le saint. — Non; tu es encore Cicéronien. » Cette

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