CHAPITRE Ul
< arrive chaque jour. > A TexeeptioQ d0 qualquies traite plus wiUate 4pu4 la inuUtioD eaastanle d^ TantîquUé cliretidiiiie mm a oou^ lervélâaeua, tdsquerappUeatioQ, à la vOtode Rome, d«fi4»ra«tèi«» tlt|rU»ttés par aaîDt Jean àBabyloue, le rQstedeo^tte^UioQ se prête anxsyatèmes d^îBterprélatioQ les plus varies. L*Égliae pe s'est pror QOiiQée aur quelque&mns d'entre eux que lonqu'ils attaquaieut laa principea derorthodoxie ;de sorte qu'après les travaux des cosunaat^* twrs ka plus érudits» la parole de saint JérAme conserve eqixm toute sa force: < L'Apocalypse, disait oe grand docteur, offre autant de f myatèius que de ntots. »
4S. Ges monuments augustes das siècles apostoliques furent reçus 4àa rorigine avec le respect dû à la parole de Dieu. On lee trouve <^ «ans le Pwletir d'Hermw, dans les Litres de «otnl Clémen^^ dans la lettre à Dioguète. Les hérétiques (dmchèrent de leur cAté A altérer SMtexIeasacréa, ou à faire adepte, sMsienomdes Apôtres, des bWB^ )mufoarftb»,ki$qoidYÉvangiU4€PBi^nce,^ attri^
talé a saint Jacques, etc. : mais leurs efforts pour corrompre l'ensei* gneaent aposialiqua dans sa source, n'<mt fdK>uti qu'à mieux fiilre vasaortir rimportance que l'Élglise attachait, dès lors, h la cqi^ aarvilion des livres du nouveau Testament, purs de tout mélauge élMiger. ~ les livres saints et les écrits des Pères apostoliques parvettua jusqu'à nous ne forment pmntun ensemble oii lesdogmei Arétfetts soient «j^posée d'une manière didactique. Ils reafsmewt phMâl rhistoite et la morale. La loi du secret, inviolablement gardée, en Iftce du paganisme ou du judaïsme, explique suffisamment cette réserve des auteurs ecclésiastiques. Le protestantisme a voulu tiieiti de tour silence, dea conclusions tostiles àtoualôs peints dogmatique oa disciplînaires, qui ne sont pas expU(^tement con»gaés dam ces monsmenta. Son argumentation repose sur une erreur biitorirr que cajûtale. Le protastmtianie a voulu procéder comme ^ riuitifi tiOB religieuse s'était fiiUe au premier siècle par l'enseignemeiàt écTÎt^ Or, c'est le contraire qui est vrai. La méthode orale ou la traditiW 4^ la vérité par la parole,, de vive voix et sans intermédiaire, tel e#t le caractère saUlant de Venseignemeiit apostriîque. Telle est l'origiue sacrée de cette tradition qui commence au Sauveur, poursuit son cours à travers les r»ersoctttîoii!? et le» hérésies, toujours immuable
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toujours respectée. La tradition complète l'enseignement écrit , le texte sacré confirme la tradition, mais on ne peut détacher l'un de l'autre ; Ton ne peut ébranler ces deux colonnes du temple sans faire crouler tout l'édifice. < Lorsqu'on entend les Pères du onzième « siècle, proclamer tout d'abord, comme un article fondamental et « préliminaire, l'existence de ta tradition orale, de cette transmission c secrète de la doctrine; lorsqu'on les entend poser pour règle der- < nière et finale de la foi cette tradition formant l'enseignement des « églises ; lorsqu'on voit les Pères qui ont suivi , jusqu'à sa mani- « festation complète, se plaire à en reconnaître de même l'existence c et l'autorité suprême, et en appeler toujours en dernier ressort à « cette tradition , à l'enseignement commun , aux écrits des Pères « antérieurs, on ne conçoit pas que la mauvaise foi ell^même ait « osé le nier *. » — Si maintenant nous voulons examiner en détail les points particuliers du dogme, établis çà et là, dans les divers passages des écrivains sacrés et des auteurs apostoliques, nous y retrouvons presque tout l'ensemble do la théologie catholique : 4^La raison d*être, la racine du christianisme, dans l'htstoire du peuple hébreu qui n'en a été que la promesse continuée, la prophétie et la figure ; par conséquent le mystère de la rédemption appuyé sur le dogme de la chute originelle, et l'Adam nouveau du Testament d'amour réhabilitant le premier Adam de la loi de crainte ; ^ La séparation , la distinction nette et tranchée de la loi du Christ d'avec la loi de Moïse : l'extension du règne de Dieu à tous les peuples, la diffusion de la vérité , jusque-là renfermée chez une nation privilégiée, à toutes les nations du monde; le décalogue ou loi morale des Juifs devenu le code de l'univers entier, pendant que les pi^scriptions cérémonielles, les rites particuliers, les observances légales de Moïse ont cessé d'avoir une force obligatoire ; 3» L'inspiration divine des écritures reconnue et proclamée ; 4» La hiérarchie ecdésiastiquoimisc m acâen, représentée à ses degrés principaux ; saint Pierre portant te premier la parole au concile de Jérusalem, les évêques établis par ks Apétres à la tête des chrétientés nouvelles , les prêtres et les diacres; 5' tes trois mystères fondamentaux du dogme catholique : la
* M, Ptbbé Blanc. Cowf d*Hùloire ecclé»:
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Tiinilé, rincarBatiOD, la divinité, de Jésus-Christ, son humanité : la Rédemption ou la satisfaction de Jésus-Christ et sa grâce qui est le fruit de la Rédemption; 6* Les sai^rements, canaux de la grâce ,1 source de vie et de régénération spirituelle; 7' La morale, dont les nodons ^nt les marnes qu'aujourd'hui; nous pouvons emprunter aux écrivains du siéK^ iqmtoliqtte leurs expressions mêmes, pouK exhorter aux bonnes œuvres, à la péQitence, au jeûne» à la fuite du monde, à la prière. — Cet enseignement, on le voit, est,, à l'origine de rÉgisse, tel qu'il se consearveia dans toute la suite des âges. Les nécessités de la p(riémique engagée contre rhjsrésie amèneront le développement successif de chaque point particulier de la doctrine : mais les Papes et les conciles, en définissant chaque dogme, neleront que s'cq>puyer sur la ti*adition venue directement des Apôtres.
U. L'intégrité de la Uoctiiue et du dépôt des traditions devait être garantie par une foroie de gouvernement régulier. Le pi'emier siècle de l'Eglise, siècle d'apostolat, où les premiers ministres de la bonne nouvelle se dispersèrent 4ans toutas les contrées du monde pour y prêcher le nom de Jésus-Christ, ne pouvait, on le conçoit, présenter sous le rapport hiérarclûque, que des éléments qui devaient se constituer plus tard d'une manière définilhe, quand le monde serait devenu chrétien. Hais ces éléments suffisent pour établir les principes actuellement encore en vigueur dans le gouvernement de l'Église. — La iHimautéde saint Pi^re, chef des Apôtres, ressort des faits euxmêmes ; c'est lui qui préside à l'élection de Mathias, c'est lui qui l«éche le premier aux Juifs ; c'est lui que saint Paul vient voir et étudier, eomme dit Bossuet ; c'est lui qui préside le concile de Jérusalem et qui en promulgue la décision ; c'est lui qui proclame le mystère de la vocation des Gentils, scandale pour le judaïsme ; c'est lui qui fonde à Antioche ce siège patriai'cal, devenu le premier de l'Orient, parce que Pierre s'y est assis ; c'est lui qui vient planter la croix à Rome, capitale de l'univers, centre de lacathoUcité ; c'est lui désormais qui enr voie de là son disciple saint Marc constituer l'église d'Alexandrie, qui
HISTOIRE GÉNÉRALE 0Ë l'ëGLISE.
devieM ftinM sidge {iatrlartali en souvenir de Pierre qui l't Fondée par 9811 etivoyé; Ctt marques d'honneur, ces pr^gàtives singulières m* mietit inexplicables, si Ton ne supposait le principe de la primauté dtf pënttflcat légitimement esm^etunaniment reconnu dans la per^ dnftné de Pieite par les autres Apôtres. Aucun avantage personnel n^atUribuait ces distinctions plus p^ouUèrement à Pierre, qu'à cha^ etth des ApAtres. Saint Jean n*étail-il pas le disrtple quê /ifêUê «î* mêit, auquel il avait confié sa Mère en monrant? Et c^ndaùt ce ii*ekt pas saint Jean qui préside, qui porte la parole^ qui promulgue les décisions. Saint Paul n*élait-il pas, par le miracle de sa eonver^ siOtt, par Téclat de son éloquence, par la profondeur et la sublimité dé ht doctrine, plus spécialement désigné à la vénération des fidèles? Jlt ^pendant c'est lui qui vient trouver Pierre pour lui rendre compte de son apostolat. Le fait même de la discussion fameuse, sùrrenuè «ntre les deux Apôtres, ne suppose-t-il pas que c'était à Pierre qu'on référait les questions de dogme et de discipline, (]u'on demandait un jugement? — La parole de Jésus-Christ: Vou^ êtes pierre et sur cette pierre jB bâtirai mon Église, était donc interprétée, au pr^ Mtii sièdc, dé la même manière que noiis l'entendons endoremaihte^ il^ht. Elle constituait la suprématie dans le pontificat et l'unlié dafis l'autorité. La primauté de saint Pierre existait et s'exerçait, sous la ibrine paternelle, telle que le demandait Tétat de TÉglise ûAtïs Ses eom^ meiicements.
15. Les évoques se trouvent placés au second rang de la hiérarchiéii L*fileelloti de saint Mathias à Tapostolat servit longtemps de modèle« dShs toute rÉgllse, pour le choix des évêques. Les suffi^ages s*étttM trbiivès également balancés entre deux sujets dignes, ab riiAtne tftrei de cet hôhnéur, on nteourut h la voie du sort, comme pour laisser fal décision à Dieu seul. Les évoques étaient de même élus par Tassett^ Wife du dërgé et des fidèles et sacrés par d'autres évéqttes. Cest un Jtilt dièné de «marque que presque tous les évêques deé premiers sièctes furent mscrits au catalogue des saints. L'Héritage de la vertd semblait se transtUellre comme celui de la dignité épiscôpllé î retemple vehalt de la chaire de Rome, où, jusqu'à l'an 800, en ne trouve guèir; qtic trois ou quatre papes qui ne soient pas necottlltts Ixmr saints. Aussi Tempcr^ir Alexandre-Sévèl«, au SMmA *iè<*>
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pm|Mul l'exonple dps chréliens^ pour nvmtfer qudie sévérité on defttlt «niorter dam le choix dea diicier» publics. « Uévêque était t MU «I prAsmce du peuple, par les évéqUe» de la province assem*- « blés dans Fé^so vacante» au moins au nombre de deux ou trois ; € bar il était dtfhale en ces temps de tenir de grands conciles, sinon « dam Fulervaile des persécutions, et quelquefms les sièges des églic ses demeutiient longtemps vacants. La présence du peuple était t jugée nèoBsaaife, afin que tous^ p^^uadés du mérite de Félu, lui € obMssait plus volobtiers^ » Saint Paul avût fait une loi de ne pbiat âever à la dignité épisoûpale les néophytes, pour ne point expo^ ser le gouvemeairat de TBi^se à la dominatiofi superbe d'un ambitieux» et le d^M de la tradition à la science insuffisante d'un nouveau dùéHen. L'évêqtie était en eflet le juge et le père de8 dirétiens du premier siècle. Il terminait, par ses décisions, les procès survenus entre les fidèles. D imnait som des pauvres, des veuves, des wphsMaéf et présidait à radministration des aumdoes que la charité dte prraiiem chrétiens mettait à sa di^sition. Ces aumônes sont Mqoemment rappdées dans les ÉpMves de saint Paul, sous le nom de eoUeetès. C'était aussi aux évèques qu'appartenait le soin de prércher ; le ministère de la parcde fut longtwps leur privilège presque exctainf, et au quatrième »èole nous^va*rons encore Valére, le vieil évêque d'HIniotie» faire une exception glorieuse à cet usage, en confiant à Augustiti» quoique sin^e prêtre, Thonneur tie le remplacer dans la chaire évangélique. L'i^eoticMi des évéques était donc un événemrat d'une importance extrême dans les diverses églises. On la (aisail loiJ^aurs précéda d'un jeûne et de prières publiques : elle avait lieu ordînaireDient la nuit du samedi au dimanche; on procédait ensutte^i l'ordination, dont la principale cérémome a tour jours été rimptmition d«s mains : et die était suivie immédiatement du saaifioe. *^ On trouve, dans les anciens auteurs, des passages qui peuvent faire croire que les premiers évoques portaiebt, dans les oértaloiiies, quelque marque extérieure de leur dignité. Polycrato, évèque d'Épbèse à la fin du second siède, écrit que TApétrc siiiut lecm partait sur la tête une lame d'or. Saint Épiphane nous ajipivnd
' Fleury. M<Bun des Chrétiens,
0() HISTOIKE tiÉi>îfiHALE DE l/ÉGLlSE.
la même chose de saint Jacques, premier évéqiie de Jérusalem ; quelques-uns font la même remarque sur Tévangéliste saint Marc, premier évéque d'Alexandrie. — « Du reste, le gouvernement des « évêques était un gouvernement de charité* Les dercs et surtout « tes prêtres formaient comme le conseil permanent de l'élue, ils € l'assistaient, dans toutes les fonctions publiques, eomme des « disciples qui suivent leur mattre : car ils lui étaient attachés « comme les Apôtres à Jésus-Christ *. > Les évêques ne manquaient jamais de présider aux prières publiques , d'expliquer ks saintes Écritures et d'offlrir le sacrifice, tous les dimanohes ou les jours de station. On trouve, dans les canons des pruniers siècles, la déiense aux prêtres d'offrir les saints mystères dans une église où se trouve Tévêque, S moins que celui-ci ne soit empêché par la mahidie de remplir cette auguste fonction. La dignité de Tévêque était environnée par les fidèles des plus grands honneurs, et saint Polyoarpe fait la r&* marque que c'était à qui le déchausserait le premier. Cas témoignages de vénération, dont nous retrouvons les traces dans la phis haute antiquité, répondent suffisamment aux calomnies de l'esprit de parti, qui prétend accuser l'épiscopat d'avoir, avec le temps, usurpé des distinctions et des honneurs inconnus au siècle apostolique.
46. Après les évêques venaient \e$ presbyteri, semoresùvi prêtres, choisis, comme leur nom l'indique, ou parmi les vieillards, ou parmi les clercs les plus recommandables par la pureté de leurs moeurs et ta sainteté de leur vie. L'évêque faisait leur élection souvent sur la prière du peuple, du moins avec sa participation, et toujours avec le conseil de son clergé, après un examen sérieux. Du reste on étaitsou* vent obligé, dans les temps apostoliques et dans les premiers siècles de l'Église, de contraindre les ordinands à accepter un honneur que l'hunûHté leur faisait opiniâtrement refuser. Les prêtres de chaque église étaient presque toujours choisis parmi ceux qui y avalent été baptisés et y avaient exercé les fonctions cléricales pendant plusieurs années. Après leur ordination, on les obligeait à la résidence, i moins que leur propre évêque ne les cédât à une autre province. Ils recevaient une rétribution spéciale, à raison de leur ministère
* I-'abbé Flcury. ifœur* des Chrétiens^
CHÀPITHSIU. d7
et vivaient de Faulel, selon l'^pfesaiott môiat» de l'ApAtm. L'£gli«B fournissait de son trtsor tout œqui était néœssaire peur la subsistanee des dercs, et clmcun d*em recevait, par Hiois ou par semaine, une dia^ Iribution en nature ou en^^gent^ Ces sortes de distributions étaient habîtndlfrinent coniHes à un diacre, qu*on trouve, dès le second siè* de, 9Lppe!lé arehidiacre, duis les annales de réglise romaine. On a va que les diacres avaî^t été institués par les Apôtres, pour les sou* lager dans ht répartition des aumônes de rÉglisè. Us joignaient à cette fonction celles plus relevées, de distribuer, à déiaut de prè* très, le sacrement de rEucharistie aux fkléles» et de prêcher même rÉvangBe, comme on le voit par Fexemple de saint Etienne, le pre-* mier des diacres et le premier des martyrs^ — La prêtrise et le diaconat furent, jusqu'au douzième siècle, les seuls ordres appelés mo^ jeurs ou sacrés. Ce fait résulte d*un canon du concile de Bénévent» présidé en 1094, par Urbain II. « Nous appelons ordres saci'és, dit- € il, le diaconat et la prêtrise. » On attribue à Innocent III, à la fin du douzième siède, rélévation du sous-diaconat au rang d'ordre sacré. Quoi qu'il en soit, « on trouve, et ce sont les paroles mêmes dir c oondlede Trente, dès le commencement de ITglise, le nom etles c fonctions particulières des ordres du sous-diacre, de Tacolythe, de € Texoreiste, du lecteur et du portier, déjà en usage. » Dès le premier siècle, le célibat ecclésiastique était rigoureusement exigé pour les deux ordres sacrés, le diaconat et la prêtrise. Saint Épijrfiane et saint Jérôme, qui constatent ici la tradition, ne laissent point de doute à cet égard. Ils affirment que Tusage des trois grands patriarchats de Rome, d'Alexandrie et d'Antiodie était de n'ordonner que des denrs vierges ou continents : et que, s*ils avaient été mariés, avant leur ordination, ils cessaient dès lors de vivre en commun avec leur femme. Dès le premier siècle, nous trouvons le germe des ordres religieux, destinés à devenir comme Vâme de rÉgHse. Il y avait, dès lore, des chrétiens appelés à une perfection plus grande, qui pratiquaient volontairement tous les exerdces de la pénitence pour s'exercer à la piété, dit saint Paul, « en châtiant leur corps et en le réduisant en ser- « vitade. » On les appelait ascètes, c'est-à-dire exei-citants. Ils vivaient dans fe retraite, gardant la continence, et ajoutant à la frugalité chrétienne des abstinences et des jeunes extraordinaires. Ils
pmliquAienl la xéroph^ie, ne mangaant qte des alimenls mcs» la ekûmBnnie, coachaot sur la terre nue et partageant leur temps enti*c la prièi^e» l'étude de récriture et le travail des mains* -- € Nous « les avons vus, dit saint Paul, œs hammes dont le monde n*élait « pas digne, errants dans les montapes, couverts de peaux, vivant 4t dahs les rochers et les plosaffireuses solitudes. » Dès le premier siècle, nous trouvons aussi la virginité, oette autre gloira de l'Âglise» pratiquée en faœ des désordres et de rinunoraUté du monde pafen. Si tout n'était pas également admirable, dans la transfonnation que rÉvangile opère tout à coup au milieu de la société païenne, on pourrait regarder comme un miracle extraordinaire d*héroisme, de voir surgir des générations de pieuses jeunes filles, qui ofltent h Dieu le sacrifice de toutes les joies du monde, pour enaevetir leur vie dans la Retraite, le jeûne, les veilles et les mortifications^ Un pareil etemple n'aviiit d'antécédent ni dans le judaïsme, où la virginité était regardée comme un opprobrer ni dans le paganisme» où les passions les plôs infâmes avaient des dieux^ des prêtres et des aïK tels. Lsa vierges chrétiennes du premier siècle menaient la vie aacé^ tique au milieu de leurs familles, renonçant aux parures et aux divertissements du siècle même les plus innocents. Le silencOf laretrûte, la pauvreté, le travaU» Tabstinence et les oraisons continuelles devenaient leur partage : etrÉglise naissante s'édifiait du spectacle de leurs vertus, des' mérites de leurs prières et de leurs bonnes œuvres. — Une autre institution, qui ne devait durer que pends^ les premiers siècles, prend son origine au ternp^ apostolique. C*est celle des diaeone$êe$. On choisissait, pour cet honneur, les veuves les plus sages et les plus éprouvées» L'âge fixé fut d'abord soixante an^» on le réduisit depuis à quarante. Les diaconesses exerçaient, à regard des femmes, une partie des fonctions des diacres. Leur charge était de visiter toutes les personnes do leur sexe, que la pauvreté, la maladie ou quelqu'autre misère rendait dignes du soin de l'Église. Elles instruisaient celles qui étaient catéchumènes, sous la direction des prêtres, elles les présentaient au baptême, et dirip[eaient ensuite les nouvelles baptisées pour les former à la vk chrétienne. Dans les assemblées^ elles gardaient les portes du eôté des femmes, et avaient soin que cliacuna fût pkicée en son rang, et
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oiMervii to silence et la modestie. Les diaconesses rendaient compte de teai^ leu» fonctions à Tévéque, et, par son ordre, aux prêtres et aoK diacres. L'institution des diaconesses tomba peu à peu en débuétade. Telle est la forme sous laquelle se présentent la hiérarchie cafliolique et le gouvernement de TÉglise au premier siècle.
n. La régénération de l'homme moral, apportée au monde par lavènement du Rédempteur, devait se traduire, au sein du christianisme, par une vie nouvelle et des mœurs inconnues à la corruption de la société antique. Le tableau de la chrétienté naissante forme donc un contraste frappant des vertus inspirées par les doctrines de révangîle, avec les vices du monde païen. La première Église juive se composa de trois mille convertis; ces convertis écoutaient leà instructions des Apôtres, priaient ensemble, et faisaient, datis les maisons particulières,lafraction du pain.IIs mettaient leurs biens eii commun et vendaient leurs héritages pour en distribuée le prix à leurs frères. Leur vie, conforme aux conseils de la perfection évangélique, a été bien retracée par les apologistes des premiers siècles, t Chez nous , dit Alhénagore, vous trouverez des ignorants , des « pauvres, des ouvriers, de vieilles femmes qui ne pourraient peut-
< être pas montrer par des raisonnements la vérité de notre doctrine ', € ils ne font pas de discours, mais ils font de bonnes œuvres. Ai- « mant notre prochain comme nous-mêmes, nous avons appris à ne « point frapper ceux qui nous frappent, à ne poînl faire de procès à
< ceux qui nous dépouillent ; sî Ton nous donne un souÔlet , nous « tendons l'autre joue ; si l'on nous demande notre tunique, nous c offrons encore notre manteau. Selon la différence des années, « nous, regardons les uns comme nos enfants, les autres comme nos
< frères et nos sœurs. Nous honorons les personnes plus âgéêâ t comme nos pères et nos mères. L'espérance d'une autre vie nous c fait mépriser la vie présente, et jusqu*aux plaisirs de Fesprit. Lé
< mariage est, chez nous, une vocation sainte, qui donne la grâce « nécessaire pour élever les enfants danâ la crainte du Seigneur.
00 HlSTOIliH: (ÎÉNÉHALK DE L'KULISE.
« Nous avons renoncé à tos spectacles ensanglantés, persuadés qu*i( « y a fort peu de différence entre regarder le meurtre et le com- « m£lttre. Les païens exposent lenrs enfants pour s*en débarrasser, « nous regardons cette action comme un homicide. » — « On nous « accuse d'être des factieux. La faction des chrétiens est d'être rëu- « nis dans la même religion ' , dans la même morale, dans la même < espérance. Nous formons une conjuration pour prier Dieu en « commun , et lire les divines Écritures. Si quelqu'un de nous a « péché, il est privé de la communion, des prières et de nos assem- « blées, jusqu'à ce qu'il ait fait pénitence. Ces assemblées sont pré- « sidées par des vieillards, dont la sagesse a mérité cet honneur. « Chacun apporte quelque argent, tous les mois, s*il le veut ou le « peut. Ce trésor sert à nourrir et enterrer les pauvres, à soutenir « les orphelins» les naufragés, les exilés, les condamnés aux mines « ou à la prison , pour la cause de Dieu. Tout est en commun entre « nous, hors les femmes. Notre repas commun s'explique par son € nomd'agape, qui signifie charité. > Certes, il a fallu au monde païen un étrange aveuglement, pour ne pas être saisi d'admiration à la vue de sentiments si nobles et d'actions si généreuses, au milieu de l'affaiblissement généi-al des mœuvs et des caractères. On peut trouver, du reste, un prétexte au dédain qu'il affecta d'abord pour la religion de Jésus-Christ, dans le choix des personnes parmi lesquelles elle semblait se recruter de préférence. Selon eux, les chrétiens n'étaient que des sectaires grossiers, ignorants, fanatiques, qui ne voulaient ni donner, ni discuter les raisons de leur culte , ayant coutume de dire : « Ne vous enquérez pas ; la sagesse de cette vie « est un mal et la folie un bien *. > Dans le premier siècle, les païens confondirent la religion de Jésus-Christ avec le judaïsme, et l'enveloppèrent dans un égal mépris. Cependant la propagation rapide de l'Évangile appela l'attention générale sur une doctrine qui dominait les intelligences les plus relevées comme les plus humbles, qui envahissait à la fois toutes les contrées de l'univers. La ruine de Jérusalem, en séparant, d'une façon si tranchée, le judaïsme d'avec
* Tertuliien. Apologétique.
* Origen. Cont. Cels., lib« 1.
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le chrisiiaDîsBie, ne permettait plus de les confondie. Le monde païen, épouvanté de voir ses temples déserts, ses dieux méprisés, ses sacrifices tombés en désuétude, sesmceurs, ses superstitions et ses fables ouvertement combattues, essaya de ressusciter par le glaive ses institutions mourantes et d'étouffer les contempteurs des idoles dans des flote de sang. La haine populaire, habilement exploitée par les empereurs, les magistrats et les prêtres des faux dieux, servit ces projets de vengeance, et Fhistoire présentera ce spectacle inouï de trois siècles de massacres, de meurtres et de tortures juridiques, publiquement exercés contre des milliers de victimes de tout &ge, de tout rang, de tout sexe, sur tous les points de la terre, sans qu'une seule voix, parmi les spectateurs, se 9oit élevée, pour jeter à la face des bourreaux uncii d'indignation.
Dans les citations d'Athénagore et de TertuIUen que nous avons rapportées, on trouve indiqués les principaux traits de la discipline en vigueur au premier siècle. Nous allons les examiner un peu plus en détail. Le baptême se donnait ordinairement par immersion. On plongeait trois fois les baptisés dansTeau, et à chaque fois on nommait une des personnes divines. Toutefois le baptême par aspersion était jugé suffisant en cas de nécessité, comme pour les malades. Le peuple donnait le nom de Cliniques, h ceux qui avaient été baptisés de la sorte dans leur lit. Au baptême on joignait Fonction de rhuile sanctifiée sur Tautel. Les baptisés étaient présentés à Tévéque, et, par l'imposition des mains, ils recevaient le Saint-Esprit, c'est-àdire le sacrement de confirmation. On faisait manger aux noyveaux baptisés du miel, pour marquer l'entrée de la vraie terre promise, et l'enfiance spirituelle. Pendant la première semaine, les néophytes portaient la robe blanche qu'ils avaient reçue au sortir de l'eau sainte, pour marque de llinnocence qu'ils devaient garder. — On ne voit pas que les adultes changeassent de nom, puisque nous trouvons au premier siècle plusieurs saints dont les noms venaient des faux dieux, comme Denis, Démétrius. La coutume de changer de nom et de prendre celui des martyrs et des confesseurs ne s'introduisit qu'après le concile de Nicée. -r Le baptême solennel ne se conférait que la veille deP&ques, afin que les néophytes ressuscitassent avec Jésus-Christ, ou la veille de la Pentecôte, afin qu'ils reçussent le Sîiint-Esprit avec
tes Apâtres. Le sacrement d'Eucharistie était administré aussitftt après aux néophytes. — On n'admettait au baptême qu'après de longues et sarieuses épreuves. Les gladiateurs, les comédiens, oeureurs de cirque, les femmes de mauvaise vie, les devins, ne pouvaient être baptisés qu'après avoir renoncé à leur ancien genre de vie et avoir donné des marques d'une véritable et sincère conversion, tes chrétiens avaient, pour signe de ralliement et comme pour symbole abrégé, le signe de la croix, qui précédait chacune de leurs actions. Tous leurs travaux, le labour, les semailles, la moisson et la récolte des fruits commençaient et finissaient par la prière. Une maison, récemment construite, ou nouvellement habitée, recevait une bénédiction spéciale ; et chaque repas commençait toujours par la prière. — L'étude et la méditation de l'Écriture sainte étaient l'occupation constante de toutes les familles chrétiennes. On a trouvé plusieurs saints des premiers siècles enterrés avec le livre des Évangiles sur la poitrine. — L'austérité de la vie entretenait dans les premiers chrétiens cet esprit de prière. On ne compta d'abord pour jeûnes d'obligations que les jours qui précédaient la Pâquc, c'est-à-dire le carême. L'Église les observait en mémoire de la passion de Jésus-Christ. Ceux dti mercredi et do vendredi étaient laissés à la dévotion des fidèles. Tous ces jeûnes avaient différents degrés fondés sur leur durée et sur la rigueur de l'abstinence. Ceox du mercredi et du vendredi ne duraient que jusqu'à none, trois heures après midi. Ceux du carême, beaucoup plus rigoureux, allaient jusqu'à vêpres, c'est-à-dire Jusqu'au coucher du soleit, à peu près six heures do soir. La raison de jeûner jusqu'à none était d'honorer la mert de Jésus-Christ; jusqu'à vêpres d'honorer sa sépulture. Les degrés d'abstinence étaient encore différents : les uns oh^evy^ienîVkùmophaffie, c'est-à-dire l'abstinence de tout aliment cuit ; d'autres la xérophagie, qui consistait à ne manger que des ffuits secs tels que noix, amandes et autres semblables : d'autres se contentaient de pain etd^eau. — Les agapes, ou repas des chrétiens en commun, avaient été institués en souvenir de la cène, où Jésus-Christ donna son corps et son sang en nourriture et en breuvage à ses Apôtres. Chacun y contribuait pour sa part. Saint Paul signale quelques abus qui tendaient dès Vsk ft s'introduire dans ces sortes de réunions. A l'origine, les Agapes étaien précédées de la fraction du pain of de la réceplloii de l'Eucharistie ;
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mais, dès la fin du premier siècle, par respect pour ce mystère auguste, il était déjà passé en usage, da^ on grand nombi*e d*ég!ises, de ne l'administrer que le matin à des personnes à jeun. Les persécutions Mquentes avaient donné lieu aussi à une coutume p^culière. Chaque chrétien emportait quelquefois dans sa demeure les espèces eucharistiq[U68, pour se communier lui-même, en cas de néeesaité. — On a beaucoup parié, en ces derniers temps, de la communauté de biens, qui semble indiquée par le passage des Aetes des Apétreis, oft il est dit que < les ehrétitm vendaient leurs propriétés et ent^ c portaient le prix aux pieds des Apôtres, y^ Des systèmes tàcenta, qui, sous le nom moderne de socialisme, cberchent à renouveler ditiis l'esprit public les utopies des plus anciens spoliat^J^ ont voulu se ^acer eotts le patronage de TÉglise primitive, et faice croire que \mn principes étaient las principes mêmes de TÉvangile. Il y a 1^ unç doubk» areur de &it et de droit qu'il suffit de signaler. £n f^t, la mise en communauté des biens des fidèles n'était point, méoie ap premier siècle, une mesure gén&^e. La veuve Tabitbe, dont la lir béralitéest louée dans les Actes des Apdtrse, avait conservé TadminiS' tmtion de ses biens. Saint Fftul dit aux riches, qui se plaignaient de la simidicité des Agapes, quUls avaient la liberté défaire bonne dière dans leurs maisons. Bn droit, la mise en commuoautédes biens n*étaîtpoint une mesure obligatoire pour les premiers chrétiens ; el)f) ét^ seulement pour quelques-uns roccosion de pratiquer, d'une manière spéciale, la perfection évangélique. Aussi quand Ananie et Saphire n'apportent au chef des Apôtres qu'une partie de leurs richesses, ssint Pierre leur dit: « Vous étiez libre de garder entre vos mains la < Malité de votie fortune, mais parce que vous avez voqlu tromper « le Seigneur, voici que sa main va s'appesantir sur vous. » Vouloir doue éleodre à tous les chréliais de nos jours l'usage de la mise en oommonai^ des biens serait la même erreur que de déclarer obtigsr toiresetuiUvers^ les vosux de pauvreté, d'obéissance et de chasteté que s'imposent les religiaiix. -* Nous voyons, dès le premier siède, s'introduire, dansT^^lise, lapénit^ice publique pour les grandes fauteg. Les divers degrés de cette pénitence furent réglés sucoessiyement par les canons.
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48. I^ prière publique faisait la partie principale de la vie des premiers chrétiens. Chaque église s'assemblait le dimanche, que les païens nommaient le jour du soleil, et qui fut, immédiatement après la résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ, substitué au séonedi des Juifs, par les Apôtres. Le lieu de la réunion fut d'abord une de ces salles à manger, que les Latins nommaient oénacles, et qui étaient au haut des maisons. Telle était la salle d'où tomba le jevne Eutychius quesahit Paul ressuscita. — Plus tard, la persécution obligea de se retirer dans les cryptes ou caves souterraines, formées imr les carrières, hors des villes. Telles étaient les catacombes que Ton voit encore à Rome, et dont nous avons la description, dans le magnifique ou\Tage de Rome sotUerrame^ L'objet capital de ces assemblées était la célébration du sacrifice, auquel on donnait les différents noms de cène, de fraction du pain, d'oblation, de collecte (collecta, assemblée), A' eucharistie (action de grâces), de liturgie [office puiflic) . Il n'y avait qu'un sacrifice, dans chaque église ; il était otTrrt par révéque assisté de ses prêtres. La célébration ne pouvait en être faii^ par les prêtres qu'à défout de l'évêque absei^ou malade. L'onlre de la liturgie a changé selon les temps et les lieux, on y a retranché ou ajouté quelques cérémonies : mais l'essentiel est toujours resté \^ même. Voici ce que nous en trouvons écrit dès les premiers temp^- Après la prière, on lisait quelques passages, d'abord de l'ancien Testament, puis du nom^eau. La lecture de rËvangileéliiitsuivie<le l'explication qu'en donnait l'évêque, en y ajoutant les exhortations convenables aux besoins de son troupeau. Cette première partie du sacrifice était la seule à laquelle les catéchumènes, c'est^-dire ceux qu'on instruisait dans la foi et qui n'étaient pas encore baptisés, eussent le droit d'assiister. Après qu'on les avait fait retirer, on offrait les dons, c'est-à-dire le pain et le vin mêlé d'eau, qui devaient être la matièredu sacrifice. Le peuple se donnait alors le baiser de paix, les hommes au^ hommes, les femmes aux femmes, en signe de parfaite union. L'a(^ tion du sacrifice commençait ensuite : les paroles de la consécration étaient prononcées sur les espèces sarrées : on récitait en commun