CHAPITRE IV
gislaiion romaine défendait de reconnaître aucun dieu, sans fat^robation du sénat. Aussi Trajan, voulant s'opposer aux progrès de TÉgiise, ne fit point publier d'édit sanglant; il se contenta d'interdire, dans les provinces» les associations et les assemblées nocturnes. La p^^ution devint une affaire de politique : on n'accQsait les chrétiens d^aucun crime; on ne contestait pas leur innocence : encore moins les juges prenaient-ils des informations sérieuses sur le caractère, renseignement, la portée de la religion de Jésus-Christ. Il suffi* sait que cette reKgion fût récente, qu'elle contredît les cultes officiels, que le sénat ne l'eut point approuvée, pour qu'on se fit un devoir de mettre à mort ses disciples, et qu'on s applaudît « de corriger la mul- € titude d une superstition où l'on s'obligeait, par serment, à éviter < tous les crimes. »
2. Pline-Ie-Jeune, gouverneur de Bithynie, l'ami de Trajan, écrivait à ce prince : « J'ai voulu examiner, par moi-même, la conduite « des chrétiens; ils ont coutume de s'assembler, à un jour marqué, « avant le lever du soleil, et de chanter ensemble des hymnes en € l'honneur du Christ qu'ils révèrent comme un I)ieu. Hs s'obligent, « par serment, à éviter tous les crimes, à ne commettre ni fraude, ni « vol, ni adultère, à ne jamais manquer à leur parole, à ne point « nier un dépôt Ils se retirent ensuite, et s'assemblent de nouveau « pour prendre en commun un repas ordinaire et innocent '. »
Ces dernières paroles répondent évidemment au préjugé populaire, qui accusait les chrétiens d'immoler, dans leurs assemblées, un enfant dont ils se partageaient les membres pour les dévorer : interprétation absurde du dogme Eucharistique.
€ Par la proscription qu'on dirige contre les chrétiens, ajoutait € Pline, on met en péril une multitude de personnes de tout ftge, « de tout sexe et de toute condition , puisque cette superstitieuse c contagion a gagné, non-seulement les villes, mais encore les bourgs « et les campagnes. On abandonne les temples des dieux, les sacri- « fices solennels sont interrompus depuis longtemps, et nul n'achète « maintenant de victimes. Je n'ai pas peu hésité pour savoir s'il « faut, dans les procès de ce genre, admettre quelque différence d'âge
« Plinii Lib. x, EpUi, 97.
€ OU de rang ; si les plus tendres enfants ne doivent point être dis- « tingués des grandes personnes, s'il faut pardonner au repentir, ou « s*il ne suffit pas de n'ôtre plus chrétien, dès qu'on Ta été une fois ; « enfin, si ce que Ton punit, c'est le nom seul, sans autres crimes, « ou les autres crimes attachés au nom.
3. L'empereur répondit par cette règle inouïe» de ne pas recherc-her les chrétiens, mais de les punir, s'ils persévéraient dans leur profession de foi, après avoir été dénoncés et convaincus. Conquin rendi non sunt : «i deferantur et arguantur puniendi sunt. € Étrange décret, s'écrie TertuUien, qui, en défendant de rechercher « les chrétiens, reconnaît implicitement leur innocence, et qui or- € donne néanmoins de les punir comme coupables, sur une simple « dénonciation. » Telle était, à l'égard des chrétiens, la politique romaine, se souciant peu de la justice et de la vérité, tout appliquée & pourvoir à ses intérêts 'du moment.
4. Les proconsuls, envoyés dans les différentes provinces de l'empire, y rencontraient partout ces chrétiens qu'on faisait passer pour les ennemis des lois. Pendant que Pline gouvernait le Pontet la Bithynie, Arrius Antoninus persécutait, avec violence, la religion, dans l'Asie proconsulaire. A sou passage, dans une ville de son gouvernement, tous les chrétiens se présentèrent à la fois devant son tribunal : effrayé de leur nombre, il se contenta d'en faire conduire au supplice quelques-uns et ditaux autres : « Malheureux, si vous avez € tant envie de mourir, vous atez des précipices et des cordes. »
5. Vers le même temps, Atticus, gouverneur de Syrie, fît saisir le saint évêque de Jérusalem, Siméon , cousin-germain de Jésus- Christ, alors âgé de 420 ans. Il fut appliqué ii la torture pendant plusieurs jours, et supporta ce supplice, avec une telle constance, que le proconsul lui-môrae s'étonnait de trouver tant de force, en un vieillard de cet âge. Enfin, il fut attaché aune croix, et termina ainsi sa glorieuse carrière, après avoir quaranle ans gouvorné^l'Église de Jérusalem, qu'il eut le bonheur de préserver de l'invasion des hérésies et des sectes, pendant tout son pontificat. Mais lorsqu'il ne se ti'ouva plus sur la terre aucun des disciples qui avaient vu le Seigneur de, leurs yeux, l'erreur commença à se répandre, avec plus de succès, * dans rÉglise.
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6. A Toccasioa même du siège de Jérusalem, que la mort de SimeoQ laissa vacant, il s*éleva un schisme dans cette église. Thébutis, juif converti, avait brigué Thonneur de succéder au saint évéque. Le choix des chrétiens s^étant fixé sur Justus, dont la doctrine et les mœurs inspiraient plus de confiance, Thébutis, pour s*en venger», se fit le chef d* une nouvelle hérésie. Il enseignait, avec les autres secr taires nés du judaïsme, la nécessité des œuvres de la loi mosaïque pour le salut, considérant le baptême et les autres sacrements comme insuffisants pour la régénération spirituelle.
7. Le principe de Tunité du gouvernement, établi dans TÉglise par Jésus-Christ même, comme la sauvegarde de la doctrine, avait été aussi méconnu par quelques chrétiens de Philadelphie. Uillustro évêque d'Antiocbe, saint Ignace, surnommé Théophore, vint à passer dans cette église. Quand il fut au milieu des fidèles, réunis pour eatendre l'héritier des traditions apostoliques, Tévêque le plus célèbre derOrieat, il s'écria tout à coup, inspiré par Tespritde Dieu qui lui révéla les secrètes dispositions des cœurs : « Attachez-vous à votre « évêque, aux prêtres et aux diacres : demeurez inébranlables dans € Tunité et la subordination. » A ces paroles inattendues, les coupables crurent quMl avait été instruit de leurs tendances par Tévêque de Philadelphie; mais il prit Dieu à témoin qu'il n'en avait rien connu par une voie humaine, et que TEsprit-Saint lui avait inspiré de dire : « Ne faites rien sans l'évêque ; aimez Tunité, et fuyez les « dissensions. » Son exhortation rétablit le calme parmi les chré-* tiens de Philadelphie. Ce fut, en quelque sorte, le testament du saint évêque, aux églises d'Asie.
8. Peu de temps après, Trajan vint à Antiocbe, en se rendant à une expédition contre les Parthes. Saint Ignace fut amené devant son tribunal. — « Qui es-tu, mauvais démon? lui demanda Tempe- « reur. — Personne n'a jamais appelé ainsi Théophore. — Et qui est « Théophore? demanda l'empereur. — Celui qui porte le Christ « dans son coeur. — Crois-tu donc que nous ne portions pas aussi, « dans nos cœurs, les dieux qui nous aident à vaincre? — Il n'y a € qu'un Dieu qui a crée le monde. Il n'est qu'un Jésus-Christ, son « fib unique, s'écria saint Ignace. — Quoi ! ce Jésus que Ponce-Pi» « late fit attacher à une croix l »
Après Finterrogatoire, Trajan pronon^ cette sentence : « Nousor- « donnons qulgnace, (^ui se fait gloire de porter le crucifié dans son « cœur, soit enchaîné et conduit à Rome, pour être exposé aux bêtes « de l'amphithéâtre, pendant les jeux publics. »
9. L'empereur Youlait-il, en transportant à Rome le supplice du saint évêque, dérober le spectacle contagieux de sa constance et de sa foi aux populations chrétiennes d'Asie, et faire perdre, au sang qu'il allait verser, la fécondité surnaturelle qui en faisait une semence de nouveaux martyrs; pensait-il, en exposant les évêques chrétiens aux outrages du peuple, dans la plus grande ville du monde, en les montrant confondus avec de vils criminels et des captifs barbares, éteindre la religion dans le mépris public; ou peut-être conser^'ait-il encore Tespoir qu'un voyage long et di£Bcile, que le poids des chaînes, que les privations et les fatigues de la captivité triompheraient des forces et de la patience d'un vieillard débile? Quoi qu'il en soit, l'événement trompa toutes ces prévisions. Jamais la sainteté d'Ignace n'attira autant d'hommages que dans les fers; ja* mais sa parole n'eut autant de retentissement et d'éclat. Son voyage fut un triomphe continuel. Arrivé à Smyrne, saint Pol) carpe, qui en était évêque, vint baiser ses chaînes. Il y reçut les députations des églises d'Éphèse, de Magnésie et de Tralles, remit à chacune d'elles des lettres où respire la charité des Apôtres. Il craint surtout que, par leurs prières, les fidèles n'obtiennent, de Dieu, le délai de son martyre : ou que, par des voies humaines, ils ne sollicitent sa grâce près de l'empereur. Il adresse à l'Église, qui préside à Rome dans la charité, de touchantes supplications à ce sujet. De Smyrne il fu* mené à Troade, d'où s'étant embarqué pour la Macédoine, qu'il traversa, il reprit la mer à Épidamne (Durazzo) , descendit le golfe Adriatique, et, par le détroit de Sicile, entra dans la mer de Toscane. 11 avait hâte d'arriver à Rome, avant la fin des jeux, pour y consommer son martyre : et les soldats qui le conduisaient, révérant sa sainteté dans les fers, s'aflBigeaient, en voyant approcher le moment où ils allaient se séparer de l'homme juste. Enfin il mît pied à terre. Les fidèles vinrent à sa rencontre, avec une joie mêlée de ti'istesse; heureux d*embrasser le saint évêque, afiligés de sa mort prochaine. Quelques-uns se promettaient de gagner le peuple et d'obtenir, peut-
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Mre, sa grâce de Tempereur. Saint Ignace, éclairé par l'esprit de Dieu, conatti lears pensées et les supplia d*ayoir pour lui un amour véritable; de ne point empêcher son bonheur, en retardant son martyre, n s*agenouilIa ensuite sur le rivage et pria avec toute Tassem* blée, demandant au Fils de Dieu d'avoir pitié de son Église, de mettre fin à la persécution et de conserver parmi les chrétiens l'esprit de charité. Enfin, conduit à l'amphithéâtre, il fut, par ordre de Tempeleur, exposé aux bétes. Mis en pièces par deux lions, il eut le bonheur qu'il avait tant sonhaité, d'être moulu, suivant ses propres expressions^ comme un pur froment, pour être admis au festin de l'Agneau. Son martyre arriva le âO décembre de l'an 407 (après Jésus- Christ). Les actes en furent recueillis par des témoins oculaires, et envoyés aux églises d'Asie, afin que le souvenir de sa mort continuât à affermir les fidèles, que sa parole et ses exemples avaient édifiés pendant sa vie. Le diacre Philon de Cilicieet Reus Agatliopode qui avaient accompagné leur saint évêque, dans ce dernier voyage, portèrent pieusement à Antioche les ossements les j)lus considérables du martyr , reliques précieuses que la dent des bétes avait épargnées.
40. Vers le même temps, saint Évariste donna sa vie pour Jésus- Christ, dont il était le représentant sur la terre. Dans ce siècle, la chaire de saint Pierre était un trône de mailyre. I.e pape saint Éva^ risie institua les titres de l'Église de Rome, dont il partagea le gouvernement spirituel entrexlilTérents prêtres. Il ordonna que sept diacres accompagneraient Tévêque, quand il prêcherait, soit pour relever la majesté de son ministère, soit pom* servir de témoins à la venté, propter iiglum vtritatii. Dans le cours de son pontificat, depuis l'an 96 à 109, il donna l'institution et l'ordination à quinze évêques.
g %. Saint AleMlidre, Pape. (109-119.)
41. Saint Alexandre, Romain de naissance, lui fut donné pour successeur. Au milieu des persécutions qui faisaient passer l'Église naissaBtepar un baptême de sang, il ordonna que les prêtres rappelassent le souvenir de la passion du Sauveur, avant la consécration; souvenir exprimé par ces mots : Quipridiè gtiâm pateretur^ etc.
n ordonna aussi le mélange de Teau et du vin dans le calice. Pour repousser les attaques du démon, le plus redoutable ennemi des chrétiens, il voulut que les demeures des fidèles lussent purifiées par l'eau, mêlée de sel, qui aurait reçu ht bénédiction des prêtres. Dans cette sollicitude de saint Alexandre, pour les besoins spi* rituels de l'Église, on reconnaît sa vigilance à conserver et à fixer, par des décrets, les traditions apostoliques. Ces trois institutions venaient en effet des Apôtres. La dernière avait un avantage particulier pour les peuples récemment convertis. Elle sanctifiait une coutume enracinée dans les mœurs des .païens, et remplaçait l'eau lustrale par un symbole tout chrétien des larmes de la pénitence, et un souvenir de l'eau du baptême, à laquelle le sang de Jésus-Christ, comme un sel divin, avait donné la vertu régénératrice. Il y eut, dès lors, des prières spéciales pour la bénédiction de l'eau. Quelques^ unes de celles que l'Église a conservées, pour cette cérémonie, et qui respirent un parfum de sainte et antique simplicité, sont peut-être encore les prières dont saint Alexandre, au deuxième siècle, régla la composition et l'usage. Ainsi, suivant la remarque de Baronius, les pieuses traditions venues des Apôtres étaient confirmées, et recevaient une sanction régulière de leurs successeurs immé" diats.
42. Pendant qu^Antioche envoyait son saint évêque à Rome pour y recevoir la couronne du martyre, l'Église d'Éphèse avait la même gloire. Onésime, disciple de saint Paul, fut conduit, enchaîné pour Jésus-Christ, dans la capitale de l'empire, où il fut lapidé. Il semblait que les plus grands exemples de constance et de nobles sacrifices devaient être donnés au centre même du paganisme, pour faire éclater, sur un plus vaste théâtre , la fécondité prodigieuse du sang chrétien.
Peu de temps auparavant, saint Timothée, aussi disciple de saint Paul, auquel saint Onésime avait succédé sur le siège épiscopal d'Éphèse, avait pareillement scellé sa foi de son sang. Tite, évêque de Crète, avait eu la môme gloire. Il fut martyrisé à l'âge de 94 ans. Saint Antistius, évêque de Dyrrachiura, en Macédoine, mourut, comme son divin Maître, du supplice de la croix. Saint Phocas, évêque de Sinope, dans le Pont, donnait aussi sa vie pour Jésus-
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Christ. La persécution s*étendait jusqu*aux extrémités du inonde, pour frapper partout à la fois une religion qui, encore à son berceau, embrassait déjà tout l'univers. A mesure que le glaive des bourreaux enlevait leurs évêques aux églises^ réiection des clercs et des fidèles, en union avec le Siège de Rome, donnait des successeurs aux prélats martyrs. Héron succédait à saint Ignace sur le siège d'Antio-^ che, Zachée succédait à révoque Juste sur le siège de Jérusalem, Prn mus snccédait à révoque Cerdon * sur le siège d'Alexandrie. Les autres églises ont également leur succession épiscopale. Ainsi, en faisant mourir chaque jour les évéques, les tyrans faisaient éclater da- \imtage l'immortalité de l'Église et la divinité d'une institution qui avait, dès lors, une telle abondance de vie, qu'elle se développait d'autant plus qu'on la persécutait davantage.
13. Saint Polycarpe, évéque de Srayrne, disciple de saint Jean l'Évangéliste, hérita de l'influence que saint Ignace exerçait sur les églises d'Asie. A l'occasion même du martyre de l'èvéque d'Antiodie, son ami, il écrivit aux Philippiens une épttre célèbre qu'on lisait encore, du temps de saint Jérôme, dans les assemblées solen- DeOes des fidèles d'Asie. Quoiqu'elle soit plutôt une exhortation mo* raie qu'un traité dogmatique, on y trouve néanmoins des témoignages précieux sur les dogmes de l'Incarnation, de la satisfaction de Jésus-Ghrist, de la réalité de sa chair et de sa passion, et sur la hiérarchie ecclésiastique. Dans les règles de conduite qu'il adresse à toutes les conditions, aux jeunes gens, aux vierges, aux fidèles engagés dans le mariage, aux veuves, aux diaconesses, aux ministres des autels eux-mêmes, aux diacres et aux prêtres, il insiste particulièrement sur la nécessité de la prière, du jeûne et des autres mortifications, de la crainte du jugement, de la chasteté, de la subordination, de la condescendance et de la charité mutuelles. Ses paroles, souvent empruntées aux saintes Écritures, surtout au nouveau Testament, aux Évangéiistcs, aux Actes des Apôtres, aux Épltres de saint Paul, de saint Pierre, de saint Jean, prouvent surabon-
* Cerdon, évèque d'Alexandrie, différait de Cerdon Thérétique, qui vécut sous le règne d'Ântonin-le-Pieux,
78 HISTOIRE GÉNÉnALB DE l/ÉGUSE.
daroment le respect dontrÉglise entouraiti dès lors, lesmotiumests apostoliques. '
4i. Vers le même temps, saint Papias, évéque d'Hiéraple» en Phrygie, ami de saint Polycarpe et peut-être, comme lui, disciple de saint Jean, recueillait dans ses écrits les traditions ondes concer* nant le Sauveur et ses Apôtres. Il composa cinq livres qu*il intitula Exposition des discours du Seigneur y dont Eusèbe nous a couséné quelques fragments. L'antiquité a loué Téloquence, le zèle et la piété du saint évéque. Il tomba cependant dans Terreur des raillé^ naires, attribuée avant lui à Thérétique Cérinthe. Égaré par une fousse interprétation de ce passage de FApocalypse : Les justes res^ susciteront et régneront pendant mille ans avant Jésus-Christ^ il en conclut qu'après la résurrection il y aurait un règne terrestre des justes. Toutefois il ne peupla point ce nouvel Éden de jouissances matérielles, de délices chamelles, comme Pavait fait Cértntiie, imbu des idées grossières du judaïsme, sur le règne du B&essie. Saint Papias n'admettait, à ce second avènement de Jésus-Christ, qu'une félicité spirituelle et plus digne des espérances chrétiennes. L'austérité de sa doctrine et de sa vertu flt adopter plus tard h quelques Pères l'erreur du millénarisme ou chiliasme, du mot grec x'^»»-
45. Parmi les écrivains contemporains de ces saints personnages, il ne faut point omettre le nom de saint Denys TAréopagite. Quelques critiques des xvi« et xni« siècles ont voulu mal à propos contester l'authenticité des ouvrages qui portent son nom. Cette erreur a été savamment réfutée par les PP. Honoré de Sainte-Marie et Noël Alexandre. Les livres de ce docteur qui sont parvenus jusqu'à nous, sont le Traité des noms divins, les Livres de la Hiérarchie céleste, de la Hiérarchie ecclésiastique, un livre de la Théologie mystique et des lettres. Embrassant, dans une sublime trilogie, l'ensemble du monde des intelligences, « son vol d'aigle, dit saint « Thomas d'Aquin, Fa porté successivement dans le ciel de la très- « sainte Trinité, dans le ciel de la nature angélique et dans le ciel de « la nature humaine. » La magnificence de son style répond à la grandeur d'un pareil sujet. On y trouve cependant parfois une obscurité que les critiques attribuent h trois causes : 1* à la difficulté d'ex-