‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 28 sur 190 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

leur salut, Tencens à la main, au pied des idoles, pendant que les chrétiens innocents et fidèles couraient au martyre.

22. Ces calomnies avaient excité au plus haut degré la haine populaire contre les chrétiens, dans les premières années du règne d* Adrien [m). Sans que ce prince portât aucun édit contre les fidèles, la persécution, qui s'était ralentie, sur la fin du règne de Trajan, reprit un nouveau degré de fureur, et l'on n'entendait plus queles cris tumultueux de Mortaiix chretieiisl qui firent tantde martyrs. Parmi ceux qui scellèrent alors la foi catholique de leur sang, TÉglisehonore particulièrement sainte Symphorose et ses sept fils. Cette veuve illustre habitait avec sa famille la collinede Tibur,où l'empereur Adrien venait de faire construire un magnifique palais, qu'il voulut inaugurer par des sacrifices solennels en l'honneur des dieux de Tempire. Suivant sa coutume superstitieuse, il interrogea les oracles, au milieu de la cérémonie. Leur réponse, suggérée peut-être par la haine des prêtres contrôles chrétiens, fut que la veuve Symphorose, qui habitait le voisinage, les rendait muets en invoquant son Dieu, et qu'il fallait d'abord la contraindre d'offrir de l'encens aux idoles. Amenée en présence du prince, l'héroïque veuve répondit à ses instances : « Gétulius mon époux et Amantiusson frèreétaicnt tribuns € dans vos armées. Ils ont préféré la mort à l'apostasie ; et si leur « supplice a pu paraître un opprobre aux yeux des hommes, il les a* * couverts dans les cieux d'une gloire immortelle. — Ou sacrifie à nos « Dieux tout-puissants avec tes fils, ou je te ferai offrir toi-même en « sacrifice avec eux. —Et d'où me vient le bonheur de mériter avec « mes enfants d'être offerte en holocauste à mon Dieu? — Ce n'est

< point à ton Dieu que je vous sacrifierai, mais aux miens. — Vos t Dieux ne peuvent me recevoir en sacrifice. Si vous me faites brûler « pour le Christ, le feu qui me consumera tourmentera vos démons « plus que moi-même. — Choisis , de sacrifier à mes Dieux ou « d'expirer dans les supplices. — C'est en vain que vous pensez

< m'ébranler par vos menaces. Mon plus ardent désir est de reposer « avec mon époux, que vous avez fait mourir pour le nom du Christ. » L'empereur ordonna qu'elle fût conduite au temple d'Hercule, qu'on lui meurtrît le visage à coups de poing, et qu'on la suspendit ensuite par les cheveux. Comme elle demeurait inébranlable dans sa sainte

résolution, il la fit jeter dans le fleuve, avec une pierre énorme au cou. Le lendemain, il fit planter autour du temple dllercule sept poteaux, sur lesquels on étendit les sept frères avec des poulies, et on les fit mourir par divers genres de supplices. Crescence, Taîné, fut perce d'un coup d'épée dans la gorge; le second, nomme Julien , eut la poitrine traversée de plusieurs pointes de fer qu'on y enfonça; Némèse reçut un coup de lance dans le cœur; Primitivus dans Testomac; Justin eut les reins bristîs; on ouvrit les côtes à Stracteus, et Eugène, le plus jeune de tous, eut le corps fendu du haut en bas.

23. Vers le même temps, sainte Sabine, veuve, et sainte Sérapie, vierge, reçurent la couronne du martyre dans TOmbrie ; sainte Zoé, avec son mari et ses enfants, dans la Pamphylie. A Rome, saint Eustache soufl'rit également la mort pour son Dieu. Il fut supplicié, avec sa femme et ses enfants. C'était un illustre capitaine des armées impériales , mais il préféra donner sa vie pour le roi des cieux que la passer dans la gloire et les honneurs, en trahissant sa conscience et la vérité. Un autre militaire, probablement tribun des soldats , souffrit alors le martyre. Sa mémoire s'est conservée dans l'inscription suivante, gravée sur la pierre de son sépulcre, dans les catacombes : « Du temps de l'empereur Adrien, Marins, « chef des soldats et jeune encore, a vécu assez, car il a donné son « sang avec sa vie pour Jésus-Christf II repose en paix. »

24. Le Pape saint Sixte fut une des dernières victimes de la persécution soulevée pendant le règne d'Adrien. Il fut mis à mort, vers l'an 128, après avoir gouverné l'Église pendant dix ans. Il ordonna, dit le Liber Poniificalis, que les ministres seuls pourraient toucher les choses sacrées, et que l'on chanterait, pendant la célébration des sîiinls mystères, le trisagion Sanc/U5, Sanc^t*^, Sancttis Dominus, etc. Son décret le plus remarquable fut celui que la tradition romaine lui attribue, au sujet des lettres de communion, appelées par le Liber PontificalûiLiUermformatœ. Hic constituit ut guicumque Episcoporumevocatus fuisset ad sedem apostolicam, et rediens adparoehiam (diœcesim) suam, non susciperetur, nisi cum litteris sedis apostolicœ salutationis plebi, q\m est formata. Le sens naturel de ces paroles est que les Pai>es dès lors mandaient à

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