‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 37 sur 190 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

« ncr à de meilleurs sentiments, vous ne les rendiez encore plus 4 obstinés; car ils souhaitent moins de vivre que de mourir pour € leur Dieu. Comme ils sont toujours prêts h donner leur vie pour « ne pas se rendre k votre volonté , ils demeurent toujours vain- € queurs, dans les combats que vous leur livrez. A propos des trem- « Wements de terre passés et présents, souffrez qu'on vous aver- € tisse de comparer votre conduite à celle des chrétiens. Lorsque € ces malheurs arrivent, vous vous découragez entièrement, € tandis que les chrétiens, au contraire, sentent redoubler la con- € fiance qu'ils ont en leur Dieu. Au milieu des calamités publi- « ques, vous paraissez ne plus connaître les Dieux, vous négligez « le culte sacre, vous oubliez la divinité, et ne pouvant pas souffrir € que d'autres Thonorent, vous leur portez envie et les persécute» « jusqu'à la mort. Plusieurs gouverneurs de provinces ont déjà « écrit à mon divin père à ce sujet ; il leur a été répondu de ne paA € inquiéter les chrétiens, à moins qu'ils ne fussent convaincus « d'avoir violé les lois de l'empire. Un grand nombre de lettres « nous ont été adressées à nous-méme, demandant également des « instructions relatives au même objet : nous leur avons fait des ré- € penses conformes aux intentions de notre divin père. Si Ton con- « tinue donc à intenter des actions à quelque chrétien au sujet de « sa religion, que l'accusé soit renvoyé absous, et que l'accusateur « soit puni, suivant la rigueur des lois. »

Cette ordonnance d'Antonin fut promulguée solennellement à Éphèse, chef-lieu des assemblées générales de l'Asie *. On prit soin, d'en envoyer des copies aux gouverneurs des autres villes, à Larisse, Thessalonique, Athènes, et la paix fut accordée pour quelques jours à l'Église.

n. Dans cet intervalle, le Pape saint Pie P' était mort (150). Quelques martyrologes lui donnent le titre de martyr, sans que nous sachions rien du genre de son supplice. Le Liber Poniificalis nous

* On trouve, dès cette époque, une sorte de représentation nationale pour les diverses provinces de l'empire romain. Les députés de chaque cilé se réunissaient, dans une ville, appelée commune, pour y délibérer ensemble sur les affaires publiques.

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apprend qu'il ordonna de faire baptiser ceux qui reviendraient à la foi, en quittant Thérésie des Juifs : Constùuit hmreticwm venientem ex Judmorum hœresi suscipi et baptixari. Par cette hérésie des Juifs, il faut entendre les sectes nées au sein du catholicisme, et l'erreur des Juifs convertis qui demeuraient encore attachés aux observances légales, les croyant obligatoires et indispensables pour le salut. Ce décret de saint Pie P' insinue, suivant la remarque de Baronius, qu'il y avait des sectes détachées de Tunitc où le baptême s'étiiit conservé, de sorte qu'il n'était pas besoin de le renouveler, lors d'une conversion ù la foi catholique, et d'autres où il avait été altéré, spécialement parmi les hérésies nées du judaïsme. Telle était probablement celle des Cérinthiens. Saint Anicet succéda à saint Pie !•% dans le gouvernement de l'Église (450).

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