‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 4 sur 190 · CHAPITRE. PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE. PREMIER

SOMMAIRE

1. Liaifoii litt chrittianirase avec le passé. — 2. PlénltiMle des temps. Etat rellgieax et inornl duBoïKleà ravéïieinenl de noire Seigneur Jésus-ChriHt. —S. Les inMi» premières années dt* la vie de notre Sei^Baur Jésus-Cbrist. — k. Vie publique de notre Seigneur Jésus-Christ. — 5. EnaeigiienMiM du Saureur, Institution des Sacrements. — d» Fondation de l'Eglise. — 7, Passion et mort de notre Seigneur Jésus-Clirlst sur la croix. ~ 8. Ascension de notre Seigneur Jésna-Ctarist,

r L'établissement du Christianisme, qui a séparé en deux Thisioire des temps, ne fut point un fait isolé et sans liaison avec le passé. Les quai^nte siècles qui le précédèrent lui forment comme une immense avenue : « La chute de rAdam terrestre appelait, dit « saint Augustin, l'Adam céleste, rédempteur du premier. » La promesse d'un .Sauveur, faite sur le seuil du jardin de délices , est emportée, dans Texil , par nos premiers parents , et son souvenir se perpétue au cœur des générations : Dieu la renouvelle aux Patriaiches : Abraham , Isaac et Jacob se la transmettent , avec le privilège de voir naître, de leur race , le Messie attendu. Un peuple est constitué, phénomène unique dans Thistoire, avec la mission exclusive de garder le dépôt des traditions, le Testament de Talliance contractée ratre Dieu et Thumanité. Ce peuple, boi^né aux limites étroites de la Judée, sans éclat, sans le prestige des conquêtes, survit seul ù toutes les vicissitudes des empires. Égyptiens, Assyriens, Mèdes et Perses, Grecs et Romains se succèilent autour de lui, passent et tombent tour à tour, lui seul reste debout. Scsostris, Nabuchodonosor, Cyrus, Alexandre, César, font taii-e le monde, au bi'uit de leura vie- I. 1

toires. Le peuple juif , tantôt le protégé, tantôt le captif de tous ce& conquérants , résiste à leur oppression , subit leur joug , sans que sa constitution soit radicalement altérée, sans que son sang se mêle à celui des races étrangères et disparaisse jamais , comme celui de tant de nationalités secondaires et vaincues. lfi$ erreurs les plus diverses, les cultes les plus variés, les croyances les plus absurdes et les plus opposées, parcourent successivement la terre, sous la bannière des grands conquérants du monde. Leurs religions suivent le sort de leurs empires. Anubis est détrôné par Mithra, qui fest par le ztOs des Grecs, le Jupiter des Romains. Le peuple juif seul n*offre pas un exemple de variation dans sa foi. Il porte avec lui un livre dicté à Moïse, plusieurs siècles avant l'époque assignée par les Grecs à Tinvention de récriture. Ce livre renferme une législation , un cérémonial , un code religieux, civil et militaire ; lois, rites, croyances susbistent dans la même forme,depuis l'époque du Sinaï, jusqu'à celle de César. Une seule espérance, une seule figure, une seule aspiration dominent toute son histoire; c*est l'espérance du Rédempteur, la figure du Messie représentée par les patriarches et les justes de l'ancien Testament ; l'aspiration vers ce Christ promis, fils de David et d'Abraham , roi pontife, dont le règne ne doit point avoir de fin. Quel que soit le point de vue d'où l'on se place pour juger ce grand fait, d'un peuple le plus obscur, le moins puissant de tous les peo^B, qui offre, au milieu du renversement de toutes les nattons, le spectacle d'une perpétuelle durée, il faut y rec/Onnaître une merveille historiqiie sans précédents et sans imitation. Des poètes tels qu'Homèreou Hésiode, des génies tels que Socrate, Platon, Aristote^ passionfient le reste du monde pour leurs théogonies ou leurs systèmes philosophiqoes. Le peuple juif reste en dehors de ces écoles, dont l'écho retentit jusqu'aux limites de la terre. Il laisse élever des autels et sacrrier des victimes à toutes les idoles ; il dédaigne la voix des sages de la Grèce. Ses sacrifîces sont pour Jehoi^ah; ses maîtres, ses docteurs sont tes prophètes, depuis Moïse jusqu'à Malachie, en passant par DaVid, ÉKe, Elisée, Isaïe, Jérémie, Ézéchid, Daniel et les autres, qui viennent tous retracer quelque image du Messie attendu, ajouter quelques traits à son histoire anticipée, révéler, d'une manière plus précise, la date certaine de .<;on avènomenf. La préoccupation iTn'ique, exclù-

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