‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 6 sur 190 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

au Christ, au Fils de Dieu, au Messie dont le règne n'aura point de fin. Neuf mois après, « on publia un édit de César Auguste pour < faire le dénombrement des habitants de toute la terre. » Mario vint avec Joseph, saint vieillard son époux, se faire inscrire à Bethléem, ville de David. « Or, comme le temps était arrivé, elle enfanta son € premier-né, et, l'ayant enveloppé de langes, elle le coucha dans « une crèche, parce qu'il n'y avait point de place pour eux dans Thô- « toilerie. > Des pasteurs vinrent les premiers reconnaître Jésus- Christ le roi du monde, qui naissait d'une façon si étrange. Des Mages de l'Orient, avertis par une étoile miraculeuse, arrivèrent à leur tour, et déposèrent aux pieds de cet enfant, qui était Dieu, le tribut offert à la royauté, à l'humanité et à la divinité : l'or, la myrrhe et Tencens. Les cérémonies légales s'accomplirent autour de son berceau. Jésus-Christ subit la cérémonie expiatoire de la circoncision. Marie, vierge avant, pendant et après l'enfantement, accomplit les rites de sa purification, comme les Juives ordinaires; le Dieu rédempteur, présenté au temple qu'il devait remplacer par le temple de son Église immortelle, fut racheté des mains du grand Prêtre, au prix de deux colombes. Cependant le Fils de Dieu ne pouvait descendre sur la terre sans inquiéter les puissances du siècle. Hérode, roi de Judée pour les Romains, crut son trône menacé par l'avènement du roi du ciel. Il ordonna le massacre général de tous les enfants de Bethléem et des environs, « depuis deux ans et au-dessous. » Marie et Joseph emmenèrent l'enfant en Egypte, d'où Dieu le rappela, après la mort d'Hérode. L'Évangile garde le silence sur les premières années de Jésus. A douze ans, il apparaît à Jérusalem, au milieu du temple, parmi les docteurs étonnés de sa science. Puis il rentre dans l'obscurité, « croissant en âge, en grâce et en sagesse, » aidant, suivant la tradition, son père adoptif, dans les travaux de son métier de charpentier. — Presque tout le peuple juif croyait, d'après une ancienne prophétie, que le retour d'Élie précéderait l'avènement du Sauveur. Élie ne reparut point en personne, mais, la quinzième année du règne de Tibère, les rives du Jourdain virent descendre du désert un homme vêtu d'une peau de chameau, qui ne buvait ni ne mangeait en la compagnie des autres hommes, dont la vie était aUstère et mortifiée, dont les paroles prêchaient la pénitence, et qui

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s*appelait lui-même « la voix du Seigneur, cliargée (l*annoQcer Tavèneraent de T Agneau de Dieu. » C'était Jean, fils d'Elisabeth et de Zacharie, dont la naissance avait aussi été annoncée par un ange, et qui avait tressailli, dès le sein de sa mère, à la visite de la Vierge Marie. Le peuple courait en foule aux pieds de Jean, et lui demandai^ le baptême de la Pénitence. Mais il ne donnait à son ministère qu'un caractère transitoire, et il renvoyait les Juifs « à celui dont il n'était « pas digne de dénouer les cordons des souliers, » suivant qu'il s'exprimait dans sa sublime humilité. Jésus vint lui-même demander à son précurseur le baptême dans les eaux du Jourdain. Une voix se fit entendre du ciel, qui disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en « (^ui j'ai mis toutes mes complaisances. ^ Le Saint-Esprit, planant sou$ la forme d'une colombe, acheva de manifester la Trinité tout entière par la voix du Père, la présence corporelle du Fils de Dieu fait homjpe, et la figure mystérieuse de la colombe, désignant le Saint- Esprit. Désormais, dit Jean : « Il faut que Jésus croisse et que je dij minue. » Le précurseur allait s'effacer devant son maître : il eut la Çloire du martyre et mourut, à la prière d'une femme impudique, pour avoir reproché en face, au ïétrarque Hérode, sa vie incestgeuse.

4. Ici commencent la vie publique de Jésus-Christ, et sa mission dans le monde, que le baptême de Jean avait, en quelque sorte, inaugurée. De même que Moïse sur le mont Sinaï, Jésus se retire quarante jours au désert, et y lutte victorieusement contre le prince du mal; pour que, semblable en tout à ses frères, l'Apôtre pût dire « qu'il avait passé par toutes nos tentations. » Pour bien établir la différence de sa royauté spirituelle avec les souverainetés de ce monde, Jésus-Christ tout d'abord manifeste sa puissance par des miracles. Les noces de Cana, qu'il voulut honorer de sa présencje, comme pour sanctifier l'humanité dans le mariage qui en est la source, le virent changer l'eau en vin. Dès lors, cliacun de ses pas fut marqué par des prodiges. Toutes les infirmités, toutes les maladies, toutes les souffrances cèdent à sa pai'ole. La fille de Jaïr, étendue sur son Ut de mort, ressuscite à la voix du Dieu qui est l'auteur de la vie ; les aveugles recouvrent la vue; les possédés sont délivrés de leur obsession. Un paralytique de treqlç {^unces est guéri publiquement

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Je jojur du sabbat. Jésu$ guérit eucore le lépreux, le serviteur du conleoier. U rencoQ,tre sur soû chemin la veuve de Naïm, qui conduisait les funérailles de son fils. Il s'approche de la bière, commande à la mort et rend le fils à sa mère. — Les éléments lui obéissent, les ^^ents et la tempête s*apaisent à son ordre ; il marche sur les flots et y iait marchei' à ses côtés TApôtre saint Pierre : image vivante de FÉ- ^ise catholique, dont saint Pierre devait être le premier Pontife, et que les flots ne submergeront jamais. Le simple attouchement des vêlemepts du Sauveur guérit rhémorrhoïsse. Une vertu secrète et divine s'échappaii de Uii et opérait des prodiges. La foi de la Ghananéenne est récompensée par la gnérison de sa fille. Le sourd et muet retrouve par sa puissance, Fouïe et la parole. La foule qui le suit jusqu'au désert, oublie d'emporter des pi*ovision$ pour la route. Jésus- Christ multiplie sept pains et cinq poissons, qui suffisent à la nourriture de plus de cinq mille personnes. En présence de Pierre, de Jacques et de Jean, ses disciples, Jésus-Christ, transfiguré, apparaît dans toute sa gloire sur la montagne du Thabor. Redescendu parmi les JuifSi 11 continue à passer en faisant le bien et en accomplissant des miracles. Un aveugle de naissance ouvre les yeux à la lumière, une femme malade depuis dix-huit ans recouvre la santé à sa parole ; un hydropique est également guéri. Enfin, il termine cette série de merveiUes constantes, avérées, publiques, dont, pendant trois ans, toute la Judée fut témoin, par la résurrection de Lazare, depuis trois jours enfern^é dans son tombeau et dont le corps était déjà en proie à la corruption de la mort.

5. Nous avons d'abord indiqué sommairement les principaux miracles de Jçsus-Christ, parce qu'ils étaient, aux yeux des multitudes, le signe le plus ^nsibJ^ de sa divinité. Sa doctrine n'était pas moins merveilleuse : elle devait produire, dans le monde religieux et moral, la même transformation que la puissance du Fils de Dieu opérait sur le monde matériel. Sa manière d'enseigner n'avait rien qui ressemblât aux méthodes des philosophes et des sages; sa parole n'aflectait ni éclat, ni recherche oratoire. Il était simple, familier dans ses discours : il présentait ses idées sublimes sous la forme de paraboles cl d'images ; c'était dans le cœur qu'il voulait gi-avcr sa loi toute de charité ; c'était au cœur que sa poiole s'adressait. Il mettait une iusis-

tance paiiiciilière à enseigner r unité de Dieu, père de tous les hommes. Il établissait ce principe fondamental, non par des arguments et des dissertations, mais avec le ton simple, naturel, vrai, du Fils qui parle de son Père. Les pratiques qu'il recommandait sans cesse, la prière, l'adoration en esprit et en vérité, Tamour pour ses frères, ne renfermaient rien qui fût purement local, temporaire ou national ; elles pouvaient être observées partout, et devaient remplacer la loi mosaïque par la loi de la catholicité, qui ne reconnaît pour limites que celles mêmes de l'univers. Les principes de sa doctrine prenaient naturellement, dans leur expression parabolique, une forme éminemment populaire, et s'adressaient ainsi à tous les degrés d'intelligence. Aussi firent-elles, dès le principe, une profonde impression sur le peuple qui, dans son étonnement et sa joie, disait : « Celui-ci « enseigne comme ayant autorité et non à la manière des Scribes et « des Pharisiens. » — L'idée qui dominait tout le monde antique était celle d'un Dieu irrité et terrible qu'on ne pouvait voir sans mourir, et qu'il fallait apaiser par le sang des victimes et dés hécatombes. Dans la doctrine du Sauveur, Dieu n'apparaît plus que comme le Père de l'enfant prodigue; comme la fontaine d'eau vive pour l'âme altérée, ainsi qu'à la Samaritaine, près du puits de Jacob ; comme le bon pasteur qui ramène sur ses épaules la brebis errante; enfin comme le Dieu de la miséricorde et du pardon. C'est le caractère propre et saisissant du Testament nouveau, qui s'appelle, pour cette raison, la loi de Grâce. La grâce de Dieu apparaissant ainsi à la terre, Jésus-Christ établit les canaux [«r lesquels elle se doit communiquer aux hommes. Ce sont les sacrements, signes sensibles de l'opération mystérieuse et invisible de la grâce sur les âmes : Le Baptême, la Confirmation, VEucharisiie, la Pénitence, l'Extrême- Onction, V Ordre et le Mariage.

Il faut bien le reconnaître, rien dans le passé ne ressemblait à de telles institutions, à une telle doctrine, à de telles œuvres. « Comme l'enseignement de Jésus-Christ se détache divinement de toutes les erreurs qui l'entourent, au milieu de ces docteurs hypocrites, de ces Scribes captieux, do ces Pharisiens superbes! Comme l'flomme- Dieu déjoue toutes les ruses par sa sagesse ! Comme il foudroie tous les vices par sa sainteté ! Comme il épuise toutes les fureurs par sa pa-

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