‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 62 sur 190 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

située la fameuse Tabema meritoria, au sol de laquelle on disait, qu'en l'an de Rome 71 8, une fontaine d'huile avait jailli et coulé tout un jour comme un fleuve mystérieux ^ Sous le pontificat de saint Callixte I»', ce lieu célèbre était passé en la possession des chrétiens. Le Pontife l'érigea en église, et le dédia à la Mère du Sauveur. Le nouveau sanctuaire porta le nom de Sainte-Marie au-delà du Tibre. Cependant les popinarii portèrent leurs plaintes à Alexandre, de ce qu'un local, jusqu'alors ouvert au public, à leur profit, leur avait été enlevé pour être consacré au culte d'une religion qui n'était pas reconnue par les lois de l'empire. La bienveillance du prince envers les chrétiens parut avec éclat,dans l'arrêt qu'il poîta sur cette réclamation: « J'aime mieux, répondit-il, que Dieu soit honoré dans ce lieu, « d'une manière quelconque, que de le livrer de nouveau h des venf deurs de vin. »

9. Cependant l'Orient, préoccupé de la gloire et de la réputation d'Origène, se passionnait dans la discussion qui venait de s'élever à Alexandrie au sujet de ce grand homme. Un concile des évoques de la province, présidé par le patriarelie Démétrius, avait d'abord examiné TafTaire de son ordination. Il avait été décidé qu'Origène ne serait pas déposé du sacerdoce, mais qu'il s'éloignerait d'Alexandrie, et n'aurait plus la faculté d'y continuer ses leçons. Le célèbre catéchiste n'avait pas attendu le résultat des opérations de l'assemblée, il s'était d'avance retiré en Palestine, laissant la direction de l'école des catédiumènes à saint Héraclas, son disciple. L'affaire ne devait pas en rester là. Dans le nombre prodigieux d'ouvrages sortis de la plume du docteur Alexandrin , on crut remarquer de nombreuses erreurs. Étaient-elles le fait des hérétiques qui les y avaient interpolées à son insu, étaient-elles de simples hypothèses que sa riche imagination avait pris plaisir à créer sur des points non encore définis; étaientelles enfin le fruit de la faiblesse humaine à laquelle les plus beaux génies doivent payer leur tribut, aussitôt qu'ils s'écartent des règles tracées par l'Église? Quoi qu'il en soit, examinées dans un second

' Ce fait est rapports dans la Chronique d'Eus^be, dans cxîlles de saint Prosper, d'idacius, d*5rose. Dion Cassius le mentionne dans son Histoire de Rome, lib. XLiit, p. 383 ; édit. de 1806.

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concile, rassemblé de nouveau à Alexandrie, par les soins et aous la présidence de Démétrius, elles furent jugées assez graves pour amener la déposition et même Texcommunication d'Origëne. Saint Jérôme, tout en embrassant avec chaleur la défense du savant Alexandrin, nous apprend que Rome et les évéques de TÉglise universelle adhérèrent aux actes du concile d'Alexandrie. La Palestine, TArabie et la Phénicie seules se refusèrent à croire à la culpabilité d'Origène. Il est de fait que cet illustre docteur, en apprenant sa condamnation, écrivit aux Églises d'Egypte une lettre,dans laquelle il s'exprime,'d*une manière orthodoxe , sur tous les points contestés, et demande qu'on ne le rende pas responsabV^ des interpolations faites, à ses écrits. Ces témoignages spontanés d'attachement à la vérité catholique suffirent aux amis d'Origène pour soutenir son innocence. Néanmoins voici quelques-unes des doctrines erronées qu'on lui attribuait. Elles sont pour la plupart extraites de son livre Periarchon, ou Des Principes. Il y disait: V Que la matière a été créée de toute éternité; qu'après ce monde il y en aura plusieurs autres, de même qu'avant lui beaucoup d'autres ont existé, Dieu n'étant jamais oisif et ne pouvant se passer de monde ; 2* Que tous les esprits ont été créés avant le monde, dans une égalité parfaite et avec un corps subtil, qui en est inséparable ; qu'étant tombés dans diverses fautes,ils furent relégués dans la nature angélique, dans le corps humain, et même dans le soleil et les astres, suivant leur degré de culpabilité ; que l'àme, qui resta intimement unie par la charité à son Créateur, mérita, par sa persévérance, de s'unir d'un lien indissoluble à la personne du Christ. 3* Que, délivrées de leur esclavage, les âmes vont au ciel recevoir le prix de leurs mérites, ou dans l'enfer, subir la peine de leurs péchés ; mais que ni la récompense ni la punition ne sont étemelles, parce que les damnés et les bienheureux, conservant leur libre arbitre, ceux-ci peuvent être expulsés du ciel pour une nouvelle faute, et ceux-là, par leur repentir, participer au bienfait de la rédemption universelle, dont la bonté divine n'exclut même pas le démon; 4* Que le feu de l'enfer n'est autre chose que le remords de la conscience. — On a encore reproché à Origène de favoriser le Pélagianisme, de supposer l'homme capable de s'élever à une perfection qui l'affranchisse de tout péché et même de toute tentation ; de ne pas avoir une croyance ferme sur la

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