‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 77 sur 190 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

cnne desquelles on établit des pénitences canoniques. A mesuoe que la persécution se mlentissait, par épuisement, ou parce que les gouverneurs attendaient Fissue de la guerre dans laquelle Tempereur Dëce s'était engagé contre les Goths, un grand nombre de chrétiens iombesy parmi le clergé et parmi le peuple, voulaient rentrer dans rÉglise, participer à la sainte Eucharistie, ou reprendre leurs fonctions, sans pénitence préalable. Ils abusèrent pour cela d'une pratique très-sainte. Les martjrs ou confesseurs donnaient à ceux qui avaient eu le malheur d'apostasier des lettres de recommandation pour les évéques. L'Église y avait beaucoup d'égard, et lorsque les suppliants étaient bien disposés d'ailleurs, elle abrégeait pour eux le temps de la pénitence satisfactoire. Mais on ne s'en tint pas là. Plusieurs confesseurs, et particulièrement und'entre eux, nommé Lucien, àCarthage, se mirent à donner indistinctement, soit en leur nom, soit aunomdesmartyrsdont ils disaient avoir reçu l'ordre, de ces lettres de recommandation, conçues en termes généraux : « Que N. soit admis € à la communion avec les siens ; » en sorte qu'une seule personne pouvait en présenter vingt ou trente autres, comme membres de sa famille ou de sa maison. Il se trouva même des gens qui trafiquèrent de ces billets d'indulgence : et quelques prêtres, s^ns en référer à l'évéque, s'arrogeaient le droit de réconcilier avec l'Église et d'admettre aux sacrements tous ceux qui se présentaient munis d'une pareille recommandation.

7. Saint Cyprien réclama fortement contre ces indignes abus. Il donna, du lieu où il se tenait caché, les instructions les plus précises, et envoya au clergé de Rome toutes les pièces de cette affaire, en même temps qu'il lui écrivait pour expl iquer les motifs de sa retraite, qui avaient été mal interprétés à Rome. De son côté, Lucien, poussé d'ailleurs par quelques prêtres et diacres indisciplinés, pressait la réconciliation des apostats, en vertu des billets des martyrs. Il osa même adresser à saint Cyprien, au nom de tous les confesseurs, cette lettre : « Tous les confesseurs au pape (1) Cyprien, salut. € Sachez que nous avons donné la paix h tous ceux sur lesquels vous

• Le nom de Pape ou de Père se donnait alors généralement à tous les évoques, et quelquefois même aux simples prêtres.

4t aurez pris des informations au sujet de leur conduite depuis la « chute, et nous toulons que vous le mandiez aux autres év&jues. € Nods souhaitons que vous ayez la paix avec les saints martyi^. « — En présence d'un exorciste et d'un lecteur. — Écrit par Lu- « cleii. » Par suite de cette étltinge lettre, on vit, en divers endroits, les peuples s'élever contre leurs prélats, eteisigei* d'eux sUr-le-champ \û communion qu'ils croyaient leur avoir été accordée h tous par les tnartyrset les confesseurs. Saftit Cyprleti, dans cette difficile situatloii, prît encore le parti d'écrire à l'Église de Rome, et il lui adressa, avec le billet de Lucien, tous les autreâ documents relatifs à cette affaire.

6. Les prêtres qui administraient l'Église romaine^ penddtit la vaéaiice du saint Siège, répondirent par une adtnirable lettre, où Ils approuvententièrement la conduite du saint évequo, blâment Tai-rogance des apostats, et encore plus l'indiscrétion de ceux qui les excitaient. « Rien de plus convenable dans la paix,discnt-lls,rich dé plus « nécessaire dans la guerre d'une persécution, que de se tenir invio- « lablemenlattachés à ladisciplinede l'Église; l'abandonner, sei*alt « abandonner le gouvernail au milieu de la tempête. Ce ti'est pas € une maxime récente chez nous; cette sévérité, cette foi, (Jette dis- « ciplines'y retrouvent dès les premiers temps. L*Apâtre n'aurait pas « dit que l'on parlait de notre foi dans tout le monde, si dès lors elle « n'eût jeté de profondes racines; et ce serait un grand (îWme de dé- € générer d'une telle gloire.

« A Dieu ne plaise que TÉglise romaine perde sa vlgileur, pdr une t facilité profane, et qu'elle relâche les nerfs de la sévérité, en reh- € versant la majesté de la foi. Eh présence de défections chaque Jour « plus nombreuses, accorder à ceux qui sont^ tombés le rem(^d(< « d'une réconciliation qui ne leur servira de rien, c'est, par tit\(* « fausse miséricorde, ajouter de nouvelles plaies à celles de l*ît|ios- « tasie, en ôtant à ces malheureux le refuge d'une salutaire péhi- « tence ; ce n'est pas guérir, c'est donner la mort. Depuis le martyre « de Fabien, de glorieuse mémoire, nous n'avons pu encore, k Cause « de la difficulté des temps, élire un évêque qui règle toutes cesaf- « faires, et examine avec autorité et prudence ceux qui sohf tombes. « Cependant nous pensons comme vous (pi'il /aul attendre la Un de la

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« persëeotion, peur traiter la qoestion de» apostats, en consultant c aree les éfAques, les prêtres, les diacres» les confesseurs et les c laïques qui sont demeurés fermes. Car il nous semble qUe ce serait t attirer trop de haines, si un seul prononçait sur un crime aussi « unirersel.

« Voyez, en effet, le monde entier plein des ruines de ceux qui « sont tombds. Un mal si étendu demande beaucoup de prudence et « des remèdes eflktices; et ceuxqtii veulent le réparer doivent agir € avec circonspection, de peur que ce qui serait fait contre les règles « ne soit jugé de tous comme nul. Prions donc les otis pour les « autres. Prions pour Ceux qui sont tombés, afin qu'ils se relèvent, « qu'ils reconnaissent la grandeur de leur crime; qU*ils en de- « viennent pénitents et patients, qu'ils ne troublent point par leur € inquiétude l'état encore flottant de TÉglise, de peur d'y allumer

< une persécution intestine. Qu'ils frappent aux portes, mais qu'ils « ne les brisent pas.

« Rassemblés avec quelques évoques des villes voisines, et aveé

< ceux que la persécution a chassés ici des autres provinces éloi^ « gnées, nous avons cnl qu'il ne fallait rien innover avant rélectioti t d'un évêque de Home. Jusque*là, qu'on tienne en suspens ceux « qui peuvent attendre. A l'égard de ceux qui sont dans un péril t imminent de mort, s'ils donnent des signes d'un vrai repentir,

< qu'on les îidmette. Mais prenons garde que les méchants ne loueiit « notre extrême facilité, et que les vrais pénitents ne nous accusent « d'une rigueur et d'une sévérité outrée. *

Ce décret, adressé particulièrement à saint Cyprien, fut envoyé aussi à toutes les chrétientés du monde, parce qu'il répondait h un besoin général. Telle était dès lors l'Église romaine. Privée de son chef par le martyre, exposée aux plus rudes coups des persécuteurs, non-seulement elle demeure inébranlable, mais elle conlnlunique de sa fermeté aux autres églises, sur qui elle ne cesse de veiller. Attentive à toutes les démarches de l'erreur, elle sait résister à ses pièges et en prémunir les fidèles. C'est ainsi que Privât, évêque hérétique de Lambése, profitant de la persécution et de la vacance du siège, avait envoyé à Roniepour obtenir des lettres de commuûlort. Saint Cyprien, dans une de ses lettres, avertit le clergé romain de se

tenir en garde contre ses artifices. « Vous avez suivi votre coutume, « répondent les prêtres de Rome à i*évêque de Carthage, en nous « donnant avis de ce qui vous touche ; car nous devons tous veiller « pour le corps de TÉglise, dont les membres sont distribués par « toutes les provinces. Mais, avant d'avoir reçu vos lettres, les me- « nées de cet hérétique ne nous avaient point échappé. Futurus, « adepte de Privât, est venu pour obtenir de nous des lettres de « communion ; ses démarches ont été infructueuses. » L'histoire enregistre avec soin des faits de ce genre, qui prouvent d*un côté Tintérét avec lequel les hérétiques cherchaient, dès lors, à se faire appuyer par le siège de Rome, comme par le centre de la doctrine et de Tautorité ; de l'autre, la vigilance avec laquelle le siège de Rome gardait le dépôt de la foi.

9. La question des apostats ne laissa pas, malgré cette décision, d'agiter encore TÉglise de Carthage. Saint Cyprien avait envoyé dans sa ville épiscopale deux prêtres, pour examiner Tâge, la condition et le mérite de ceux qui devaient être promus, d son retour, aux fonctions ecclésiastiques, et pour rendre compte de la conduite de ceux qui étaient tombés. Cette mission excita Tenvie de quelques mécontents. Un homme artificieux nommé Félicissime, soutenu des cinq prêtres qui s'étaient opposés à l'élection de saint Cyprien, se déclara ouvertement en révolte contre son évêque. Parmi eux se trouvait Novat, prêtre indigne, dont les crimes étaient aussi notoires qu'épouvantables. Il établit de sa propre autorité Félicissime diacre, et, le laissant à Carthage, il prit le chemin de Rome, dans l'intention, sans doute, de présenter les faits sous une couleur qui pût lui être avantageuse.

S ». Saint Corneille, Pape. (2 juin 251-14 septembre 252.)

1 0. L'Église de Rome venait de voir cesser son veuvage. Plusieurs évêques, que la persécution avait amenés dans cette ville, réunis au clergé et aux fidèles, élurent pour Pape saint Corneille. « Il fallut, « dit saint Cyprien, contraindre le nouveau pontife pour lui faire « accepter cette dignité. On ne vit en lui que la tranquillité et la « modestie naturelle à ceux que Dieu choisit pour évoques. C'est « ainsi qu'il arriva au suprême degré du sacerdoce, après avoir passé

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€ partous les ministères de la hiérarchie, et s'être montré, ^sms chac con d'eox, l'instrument de la grâce divine. »

4 4 . Une élection si conforme à la discipline ecclésiastique fut cependant contestée. Novat avait apporté à Rome son esprit turbulent et brouillon. Il s'y lia avec un prêtre ambitieux nommé Novatien, qui briguait le souverain pontificat. Novatien protesta contre l'élection de saint Corneille, en Taccusant calomnieusement d'être un HMlatique, c'est-à-dire» comme nous l'avons expliqué, d'avoir acheté la vie à prix d'argent, pendant la persécution. Enfin, cédant aux conseils de Novat, il se sépara entièrement de saint Corneille avec cinq prêtres de Rome, se fit ordonner par trois évêques du fond de l'Italie, doni il surprit grossièrement la bonne foi, en les plongeant dans un état voisin de l'ivresse, et devint définitivement le premier antipape, dont l'orgueil ait désolé l'Église. Au schisme il joignit l'hérésie. S^elon lui, l'Église n'avait pas le pouvoir d'accorder la paix à ceux qui étaient tombés dans la persécution» quelque pénitence qu'ils fissent, et jamais il n'était permis de communiquer avec eux. Il condamnait aussi absolument les secondes noces. Ses disciples se nommèrent, à cause de cette affectation de rigorisme, x^^ex^s purs ou puritains. Afin de les retenir dans le schisme, il les faisait jurer sur la sainte Eucharistie de lui rester fidèles. € Jure-moi, leur disait-il, en leur donnant la communion, t jure-moi, par le corps et le sang de notre Seigneur Jésus-Christ, de « ne me jamais quitter pour retourner à Corneille.» Le malheureux à qui il s'adressait, ne recevait l'Eucharistie qu'après avoir fait ce serment, et une malédiction contre le véritable Pontife tenait lien du mot Amen^ qu'on avait coutume de dire en communiant. Ce qui rendait surtout ce schisme dangereux, c'était la réputation d'éloquence et d'autorité dont Novatien jouissait. Il n'épargna rien pour entraîner dans sa voie perverse la multitude des fidèles. Saint Jérôme nous a conservé la liste des nombreux écrits qu'il composa alors. II envoyait des députés aux diverses églises, avec des lettres dans lesquelles il rendait compte de son élection. Il parlait sérieusement de la contrainte qu'on lui avait imposée, pour le forcer à accepter le pontificat. Le nom des confesseurs qu'il avait séduits contribuait à tromper les simples, et à jeter le trouble dans les consciences. I. 15

296 HISTOIRE OÉNÉBALK DE l/ÉOIJSE.

12. Ainsi, aux horreurs delà sq>tième perséoutlan ^nérale, guc^ cédait le désordre d*un schisme. Après la mort dé r>einpereur défait ettu6parlpgOoths(254),prôsd6 Philippopolis, les instrument» de supplice cessèrent dedéehiver les chrétiens. Les violences de Dèoe furent passagères comme son empire. Il avait été le fléau dont Dieu s^étftit servi pour punir le relâchement des fidèles. De sa courte mais terrible persécution, date le mouvement qui porta plus tard les fidèles au dé^eyt, et enfanta les merveilles des institutions monastiques. Un jeune homme d6 la basse l^ébalde (254), nommé Paul, fuyant les bourreaux, trouva une grotte ombragée d'un palmier, près de laquelle coulait une fontaine. Paul s'enferma dans cette grotte, y vécut, sous Tesil de Dieu, quatre-vingt-dix ans, et remporta cette gloire de la solitude, qui a fait de lui le premier ermite chrétien.

43. Le schisme etPhérésie de Novatien rencontrèrent de dignes adversaires dans cette société chrétienne qui venait de sortir, toujours invincible, de la persécution do Dèce. Saint Denys, évéque<rAlexandrie, répondait en ces termes aux lettres de notification de l'antipape : «Si Ton vous a ordonné malgré vous, donnez-en la « preuve en abdiquant de votre plein gré : car il fallait tout soufMr « plutAt que de diviser TÉglisede Dieu. Le martyre que vous au- « riea enduré, pour éviter un schisme, n'eût pas été moins glorieux « que Tautre. » Un concile de soixante-dix évêques, réuni h Carthage par les soins de saint Cyprien, se prononça de même, et saint Corneille y fut reconnu comme le Pape légitime. FéUcissime et les cinq prêtres qui avaient causé tant de troubles dans cette Église furent anathématisés. La question des apostats, sérieusement examinée, y fut résolue par des canons pénitentiaux qui se résument ainsi : 4 «Les HbeUatici qui avaient embrassé la pénitence aussitôt après leur chute, seront dès lors admis à la communion ; 2' Lessaeri/tcati seronttraités plus sévèrement, sans toutefois leur ôter l'espérance du pardon-, de peur qu'une rigueur excessive ne les jette dans le schisme ou l'hérésie ; la durée de leur pénitence canonique sera proportionnée à leur degré de culpabilité et à leurs dispositions actuelles. Ceux qui n'ont cédé qu'à la violence des tourments, seront admis après trois ans de pénitence. — On régla tont le détail de l'examen qu'on ferait subir aux ta/^«*, et des pénit^ncef? diverses à

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tour imposer. Ces âlvers réglemente, avec les actes du eanoîle, forent adressés au pape saint Corneille. Pour eomm€«ter ces ordon*^ nances disciplinaires, saint Gyprien composa et publia son traité De lapsis, où Ton trouve toute Téloquence d'un Père de t*£glise et Iputi rame d'un bon pasteur. Il le fit bientôt suivre du livre De uniiaiti Sccksim, pour prémunir les fidèles contre le schisme de Novatien.

44. Saint Corneille avait réuni lui-même à Rome oq oondle de soixante évéques. On y apathâmatisa Novatien et ses erreurs. Le Pape en donna avis à toutes les Églises, et les schismatiques demeu* rèrentéorasés par cette unanimité puissante qui s'élevaitooDtreeax. Maxime, Urbain, Sidoine, Macaire, prêtres de Rome, qui avalent suivi le parti de l'antipape, se soumirent avec les fidèles qu'ils avaient entraînés dans leur rébellion. Saint Corneille les accueillit avec bonté à la communion de l'Église, et les rétablit dans leur dignité. Il eut la joie de recevoir aussi Tabjuration d'un des évéques qui avaient sa<ci^ Novatien ; mais il l'admit seulement à la communion lû'que, et nomma un autre évèque à sa place. Ces heureuses nouvelles CMh blèrent de joie la chrétienté tout entière. Saint Cyprien en écrivit au Pape pour lui témoigner toute celle qu'il en ressentait.

45. Il tenait en ce moment un second concile de quaraBle-dimx évéques, à Carthage. Les canons pénitenttaux relatifa aux apostats y ftirent modifiés dans un sens plus miséricordieux. On devait admettre les lapsi à la communion , sans attendra qu'ils fussent en danger de moN, et sansinsisler sur la durée précédemment fixée de la pénitence. C'est ainsi que dès lors l'Église, attentive au bien spirituel de ses enfants, savait appliquer, modifier, tempérer les règles suivant les circonstances, et, immuable dans sa foi, proportionnait la discipline auK besoins divers des temps. Privât, Tévéque hérétique de Laml>èse, en Numidie, dont nous avons déjà signalé les efforts séditieux, se présenta au second concile de Carthage pour se justifier des crimes qui l'avaient fait déposer. Cette nouvelle tentative échoua comme les précédentes. Pour se venger, U réunit un conciliabule dans lequel, après avoir anathématisé saint Cyprien, il ordonna, comme évêque de Carthage, Fortunat, un des cinq prêtres séditieux qui entreteniûent le trouble daos cette ÉgU^. Lçs sclUsnuUiques dépéchèrent à Rome Félicissijue, el l'adresaèmdt» eihose

remarquable, non pas à Novatien, tant l'influence de Tantipape s'était amoindrie aux yeux mômes de ses partisans-nés, mais h saint Corneille. Le Pontife rejeta de telles avances avec une vigueur apos* tolique, et en écrivit à saint Cyprien pour lui reprocher en termes pleins de bienveillance de n'avoir reçu, h ce sujet, aucun avis de sa part. L'illustre évéque de Carthage répondit en ces termes ' : « Les « scblsmatiques osent donc encore franchir les mers et porter leurs € lettres à la chaire de Pierre, à l'Église principale d'où est émanée « l'unité sacerdotale, sans penser que ceux à qui ils s'adressent sont « ces Romains, dont l'Apôtre a loué si hautement la foi, et près « desquels l'infldclité ne saurait trouver accès... Condamnés par « notre concile, ces désespérés ne regardent sans doute pas comme « suffisante l'autorité des évéques d'Afrique. Leur cause a été c examinée, leur sentence prononcée. » Quelques écrivains peu favorables à la primauté du siège de Rome, ont prétendu voir, dans cette lettre de saint Cyprien, une protestation contre les appels au souverain Pontife en général. Mais Cécilien, successeur de saint Cyprien, qui en appellera à Rome contre les donatistes; saint Athanase, qui en appellera à Rome contre les ariens ; saint Jean- Chrysostdme, qui en appellera à Rome contre ses ennemis particuliers ; saint Cyprien lui-même, qui en avait appelé précédemment à Rome contre Novat et Félicissime, suffisent à établir, par des faits assez frappants, la doctrine de l'Église sur ce point. Dans le fait, les schismatiqnes dont il est question ici n'appelaient point: sachant comme tout le monde que la chaire de Pierre était, comme elle est encore, la source de l'unité et de la légitimité sacerdotales, ils voulurent en avoir deslettres de communion pourautoriserleurfauxévêque. 4 6. Le pontificat glorieux de saint Corneille touchait à sa fin. L'em* pereur Gallus, en succédant à l'autorité de Dèce, en avait conservé rhostilité contre le christianisme. Il fit emprisonner saint Corneille. « L'empire, suivant la magnifique expression de saint Cyprien, fut € encore vaincu par le sacerdoce. » Le Pape confessa généreusement le nom de Jésus-Christ et fut exilé à Civita-Vecchia, où sa glorieuse moW 'arriva le U septembre de l'an 252. ^ Il méritait, dit saint

< On peut voir ce passage tout entier, Op. S. Cypr., ÉpisL 55. * Pontificat de Bucbériiis.

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