CHAPITRE XII
« Cyprien, la palme des confesseurs, car il avait défié la fureur des « tyrans, en osant accepter un titre qui alors était une sentence de « mort. » Une pureté virginale, une retenue et une fenneté singulièi^s caractérissûent^aint Corneille. On lui attribue le décret qui défendait d'admettre aucun fidèle à prêter un serment, ou à prononcer des vœux, avant Fâge de quatorze ans.
S s. Saint Lvcius premier, Pape. (18 octobre 252-253, 4 mars.)
n. Saint Lucius I**", l'un des prêtres qui avaient été bannis avec le pape saint Corneille, lui fut donné pour successeur, aux applaudisse^ ments de l'Église universelle. Hais sa promotion ne fit que le désigner à la proscription de Gallus, dont la politique, à regard des chrétiens, semble avoir été de frapper particulièrement les pasteurs, pour mieux atteindre le troupeau. Saint Lucius fut donc exilé comme son prédé* cesseur, et reçut, au lieu de son bannissement, des lettres de saint Cyprien qui le félicitaient desa généreuse confession. Quelques mois après, le saint Pape fut rendu à I*affection des fidèles de Rome, qui le recurent avec des transports de joie. La persécution n'en continuait pas moins. L'empereur avait donné à ses gouverneurs Tordre d'épar-* gner tous les schismatiques du parti de l'antipape Novatien, espérant peut-être que les dissensions intestines réussiraient mieux contre rÉglise que la violence des armes. « Le Seigneur, dit à ce sujet saint « Cyprien dans une seconde lettre à Lucius, veut confondre par là « les hérétiques, et montrer quelle est la véritable Église, quel est « Tunique évêque légitimement élu; qui sont ceux que Tennemiat- « taque, et ceux au contraire que le démon épargne comme étant à « lut. » Saint Lucius ne survécut que quelques mois à ces témoi* gnages de fidélité et de dévouement de TAfrique chrétienne. Il mourut le 4 mars 353. Il avait, dans le court intervalle de son pon* tiflcat, sanctionné par un décret la doctrine de TÉglise touchant les lapsi, les admettant à la communion après une pénitence sufBsante. Il renouvela les ordonnances de ses prédécesseurs relatives à Texamen sérieux de la capacité et des mœurs des ordinands, et déf^dit aux clercs d'avoir, dans leur maison et à leur service, d'autres femmes que leurs proches parentes.