‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 79 sur 190 · Au commencement de cettt^ même année (253), s'éteignait · texte numérisé non relu

Au commencement de cettt^ même année (253), s'éteignait

180 msTdiKj!: géHéralk bE l'église.

une vie usée dans des tmvaux gigantesques, une renommée qui a laissé l'histoire incertaine. Origène mourut k Tyr, léguant à la postérité « autant de disputes Après sa mort que durant sa vie < . » Pour ne dire de lui que ce qui est incontestable, nous nous contenterons de résumer les faits principaux de son existence si orageuse. Sa vertu, son amour de la pauvreté, son humilité, le courage avec lequel il confessa la foi, ses immenses travaux ne sont mis en doute par personne. Il eut la gloire de compter pour disciples des martyrs, des docleUre, des évêques illustres : saint Héraclas et saint Denys, tous deux évéques d'Aletandrie, saint Grégoire Thaumaturge et son frère saint Atbénodore, aussi évoque dans le Pont, saint Firmilien, fiérylle, évéque de Bosra, qu'il retira de Thérésie, saint Alexandre, évéque de Jérusalem, etc. Mais, comme si tout devait être contraste dans ce qui touche à la réputation d'Orlgëne, autant ce cortège de disciples est illoitre, autant le hom des hérétiques, qui s'appelèrent origéniens^ est èbu vert d'ignominie. Cette secte, qui se perpétua jusqu'au tcmpà de saint épiphane, renouvelait toutes les abominations des gnostiques et prétendait les justifier par la doctrine d'Origène. Le nombre pnn digieux des écrits de ce grand homme contribua peut*^t^e à jeter de la dêftiveur sur sk doctrine. Il avait composé jusqu'à six mille ou^ vrages. Dans la rapidité de rédaction que suppose un chiffre si énorme, dans la nécessité oti il dut être d'en dicter deux ou trofe M ttlême temps,* et de laisser les sténographes d'alors, qu'on nommait èûribêÉ, recueillir et publier ensuite eux-mêmes sed discours, il est diffleile de croire que bien des erreurs involontaires ne se soient pas glissées. Si l'on ajoute que la doctrine de l'Église n'était point, à cette éf^oqué, fixée comme elle le fut depuis, et définie par les conciles à mesura que l'hérésie, en portant l'attention sur chacun des dogmes 6» particulier, provoquait une décision souveraine, on troorem peut-^ «Ire plus excusables les erreurs d'Origène, dont nous avons précé-^ dtmiMilt résoméles principales. Quoi qu'il en soit; on a cru pouvol^ Mre de son génie le mot qui épouvante : Nul ne l'a surpasté rtî AlM te bien ni danê le mal; Vbi bene, nemo melitis; ubi tmle^ %9mô pejus, son salut éternel est resté le secret de Dleti : « Maïs

» keoalD d0 TfileaHnH. Uisi, eccU. toni. \{\^ p. ô49.

QHAPITRK XII. tSi

« $11 iaul craindre pour lui» dit Lenain de TilletnoBt, craignons en- « core iHus pour nous-mêmes de tomber dans les faulBs qui nous « font tremblor pour un Origènow »

S 4. Saittt Étlemae premier, ^«pe. (13 mai 253-2 août 257.)

1 9. Etienne P'fot élu souverain Pontife^ le 1 3 mai 863. n était désigné d'avance aux. suffrages du clergé et des fidèles de Rome par la confianse dont ses deux prédécesseurs Tavaient investi. Saint Corneille ravaît chargé de Tadministration des biens ecclésiastiques. Saint Lucius PS en mourant, lui avait doMé le soin el laoondkiilBde rÉgiise.

30. Les deux preorîères années de son pontificat tarent marquées par une des pestas les plus horribles dont l'histoire ait conservé le souvenir. De TÉthiopie, où elle prit naissance, elle se répandit dans toutes les provinces de TEmpire, laissant des victimes par miUiehi sur son passage. A Rome on en compta cinq mille en un seul jour. Saint Etienne se montra le digne pasteur de ee troupeau désolé, li envoya des secours en Syrie, en Arabie» psurtout où frappait le fléktu. Saint Denys d'Alexandrie lui écrivit pour le remercier de son attentive charité. La conduite des chrétiens, dans cette circonstancev edm*^ manda Tadmiration même de leurs ennemis. L'horreur de la contagion était Mie que les païens, oubliant toutes les lois de la nature, jetaient leurs parents malades par les fenêtres, comme s*ite avaient pu chasser la mOrt en même tempe que le pestiféré. Saint CypHen, qui nous raconte ces aifrcux détails, dit^ qu'en particulier^ les rues de Cui-thage étaient pleines de mourants et de cadavres laissés sans sépulture. Les maisons vidées par le fléau, étaientla proie d'infâmes voleurs» qui frofliaient de cette calamité pour s'enrichir de la dépouîHe des morts. A la voix de leur évéque, les chrétiens se réunir«tit et 80 partagdrenttesdifférenta quartiers delà ville,secourant indistinct lement païMis et fidëlea. Les riches contribuaient de leurs biens> lel pauvret de leur pereoliile, et Tordre Hè tarda pas k renaître. Leë paiens, touchés de cedévouementstibiime, se convertissaient en foule h la religion qui Tinspirait. Saint Cyprien, qui se multipliait pour faire face & tant de besoins, encourageait les faibles» dirigeait l'nN deur des phis aélés et consolait toutes les misères. Au milieu dbs

232 HISTOIRE UÉiNERALË DE L*EGLISË.

ruines qu'entassait la peste, il écrlTait son Traité de la mortalité, où il mêlait, à toute la tendresse de ses effusions, les hautes pensées de la foi. A Néocésarée, saint Grégoire le Thaumaturge donnait le môme exemple à son peuple. Saint Denys à Alexandrie, saint Maxime à Noie, tous les évêques catholiques offraient au monde païen cet éloquent spectacle; et ces hommes que Ton faisait chercher de toutes parts par ordre des empereurs pour les jeter aux lions, se jetaient intrépidement au milieu des dangers delà peste et des terreurs de la mort, pour secourir ceux-là mêmes qui s'étaient faits tant de fois leurs bourreaux.

21 . La charité chrétienne grandissait avec les malheurs de l'empire. Les Scythes, les Goths, les Perses, précurseurs de la formidable armée de barbares qui resserrait son cercle autour des provinces romaines, désolaient tour à tour les frontières, ruinaient les villes et emmenaienten captivité ce que la peste avait épargné. Huitévéqoes de Numidie avaient eu la douleur de voir leur troupeau traîné ainsi en esclavage. Ils écrivirent ce désastre à saint Cyprien, qui lut leurs lettres à son peuple, en versant un torrent de larmes. U réunit, des aumônes des fidèles, cent mille sesterces qu'il leur adressa. « Si, « pour éprouver notre charité, Dieu vous envoyait encore une sem- « blable épreuve, ne craignez point de nous l'écrire. Nous prions « chaque jour pour que de tels malheurs ne se renouvellent point; « mais soyez assurés que, le cas échéant, nous vous donnmons « volontiers tout ce qui serait en notre pouvoir. » Pour entretenir de plus en plus les charitables dispositions de son peuple, l'éloquent évéque écrivait son livre : Des bonnes œuvres et de l^aumôney admirable exhortation à la charité chrétienne.

22. La réputation de vertu et de science de saint Cyprien le faisait consulter de toutes parts comme l'oracle de l'Église universelle. Il succédait à l'éclatant héritage d'Origène; et sa volumineuse correspondance atteste son zèle pour le maintien de la foi et de la discipline ecclésiastique* Il écrit à un évéque sur un étrange abus qui s'étsiit introduit, pendant la persécution, dans le saint sacrifice de la messe. Comme il se célébrait à l'aube du jour, et que la coutume de l'Église primitive était de distribuer aux assistants la communion sous l'espèce du vin aussi bien que sous celle

Page 1