CHAPITRE XIII
S01OIAIII& S 1. ronlillcat «e Mlnt Dcnys. (22 JoiOek 250-26 décembre 269.)
t. Biection en pape saint Denys. Charité des chrétiens. Progrès du christianisme. -- 2. Décadence de renplre soos Gallien. - 3. Hérésie de SabelUns. — h, Paul de Samosate. — 5. Mort de saint Denys d'Alexandrie et de saint Grégoire le Tbaumatorge» — 6, Mort du pape salDt Ocnys.
S S. rontfflcal de saint Wéfàx premier. (27 décembre 269-22 décembre 274.)
7. Election da pape saint Félix premier. — 8. Manès. — 9. Lettre de Manès Ji Marcel. — tO. Principes fondamentaox de Terreur de Manès. — 11. Conférence entre saint ArchélaOs, évéqœ de Carrhes, et Manès. Autre conférence entre le prêtre Diodore et Manès. — 12. NeuTième persécution générale sons Aurélien. — 18. Martyre du pape saint Félix premier.
S S. rondflcat de Mlnt BatycUcii. (ft JanTier 275-7 décembre 285.)
lik. Election de saint Eotychien. Fin de la neuTième pers^ution générale. — 15. Dorothée, prêtre d'Antioche. Achillas d'Alexandrie. <-> 16. Saint Félix de Noie. — 17. Progrès dn Manichéisme en Egypte et en Syrie. — 18. Mort du pape saint EuiycUen.
S ». l»mitiilcal tfc sidat cwtas. (16 décembre 288-22 a? ril 296.)
19. Election de saint Calus. —20. Martyre de saint Sébastien. ^ 21. Martyre de laMgion « Tbébaine. — 22. Martyre de saint Victor de Marseille. — 23. Groautés de Riccios Varus. — 211. Secte des Hiéracites, en Egypte. — 25. Conversion d'Amobe. Ses sept livres contre les Gentils. — 26. Election de ConsUnce Chlore et de Galérius à Temphre. — 27. Instmctions de saint Thomas, évéqoe d'Alexandrie, aux olBclers chrétiens de la cour de IMoclétieo. *- 28. Mort dn pape saint Gains.
§ 1. PoBfllieal de saint Btfiiyft. (22 juillet 259-26 décembre 269.)
h . Saint Denys fut élu pape le 22 juillet 259, et sacré par Maxime, évéque d'Ostie. L'ancienne coutume, dès lors en vigueur, et que saint Augustin remarquait de son temps , donnait aux évéques d*Ostie le privilège de sacrer les Pontifes romains. Les calamités qui désolaient Tempire offrirent tout d*abord un vaste champ au zèle et à la charité de saint Denys. Il envoya des sommes d*argent considérables à Césarée de Cappadoce, pour racheter les captifs tombés entre les mains des Barbares. On eût dit que les chrétiens n'étaient occupés qu'à payer par des bienfaits les maux que leur avaient fait souffrir leurs persécuteurs. L'autie saint Denys, Tillustre évéque
IM UISTOIHK Gij^fiAALE DE l'ÉGLISË.
d'Alexandrie, en revenant d*exil, trouva sa ville épiscopale livrée aux fureurs de la guerre civile. Chaque édifice, dans cette immense cité, devint une forteresse, chaque rue un champ de bataille. Une partie de la population avait péri, et le Brachion resta vide. On ne pouvait passer d*un quartier danâ un autre, et il était plus facile d'écrire et d'avoir une réponae d'Orient en Occident, que d'Alexandrie à Alexandrie. A la guerre civile succédèrent la famine et la peste. L*ëvèque et les chrétiens se multiplièrent pour faire face à tous les besoins, pour calmer toutes les haines, pour soulager toutes les misères. C'était un grand spectacle de voir le christianisme dominer toutes ces ruines, que les passions humaines accumulaient autour d'eUeSi et s'accroître de tout ce qui semblait devoir l'anéantir* Les Barbares eux-mêmes commençaient h subir son influence. Parmi leurs captifs, ils avaient emmené plusieurs saints cvêques et prêtres, qui guérissaient les malades, chassaient les démons au nom de Jésus-Christ, et enseignaient la vertu par leurs discours et leurs exemples. Les Barbares les admiraient et se persuadaient qu'en les imitant ils se rendraient Dieu propice. Plusieurs se faisaient les disciples de leurs esclaves, recevaient le baptême et formaient des églises nouvelles. Tel fut le commencement du christianisme chez les Goths, les Sarmates et les Germains.
a« Pendant qu'une vertu de vie s'épanchait ainsi du nom de Jéstts-Christ sur le monde romain et barbare, le pai^anismo s'usait dans les plaisirs ou dans des rêves insensés. A chaque nouvelle désastreuse» Gallien riait et demandait quels seraient les festins, les jeux du lendemain. Porphyreécrivait des traités contre les chrétiens qnc les empereurs faisaient mettre à mort, et Plotin, son maître en philosophie, obtenait de Gallien une ville ruinée de la Campanîe, à laquelle 11 donnait le nom de Platonopolis, et ou 11 voulait établir la jhmeuse république de Platon. Ces beaux projets avortaient malgré la faveur et les richesses impériales. C'étaltlàtout ce que le paganisme expirant trouvait à opposer à l'invasion des Barbares et à l'envahissement du christianisme, qui profitait de tous les coups dirigés Contre lui. A la mort de Gallien, trentegt^nérauxàla fois prenaient la pourpre,quilourservaitdelinceulplutAt(jue(lcmantcau. Le monde moral appartenait aux chrétiens, l'empire allait appartenir aux Barbares .
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a. hdè disMKiooB intestines ne manquaient cependant paa à cette religion, si souvent éprouvée par les persécutions violentes. En 2S7, SabeUius avait renouvelé, dans la Lybie Cyrénaïque, rbérésie de NDëtet de Pnaéaa, n niait comme eux la Trinité, et la distinction rérile des trois personnes divines. Plusieurs évéques d'Egypte adoptèrent ses erreurs, et Fhérésie se propagea tellement, qu'on n'osait presque plus appeler Jésus-Christ fils de Dieu. Saint Denys, évéque d'Alexandrie, en ^[>preQant ce péril de la foi, multiplia ses exhortar tiens, ses lettres, ses efforts, pour faire triompher la saine doctrine. Il insista donc vivement, dans ses discours et ses traités, sur la distinction des trois personnes de la sainte Trinité* « Jésus-Christ, € dans son Évangile, dit de lui-même : Je suis la vigne, mon Père € est le vigneron. Or, la vigne et le vigneron, Tœuvre et l'ouvrier ne € sont point la même chose. » Quelques fidèles bien instruits dans la foi, en lisant ces paroles de Tévéque d'Alexandrie, crurent s'apercevoir qu'il enseignait que le Fils était une créature, et qu'il ne le regardait point comme ^oû^mc, ou consubstantiel au Père, — Ce terme de oonBubstantùly qui soulèvera tant d'orages, est remar*quable dans la bouche de simples fidèles, soixante ans avant le concile de Nicée, — On prit de là occasion d'accuser saint Denys d'Alexandrie auprès du pape saint Denys. Le souverain Pontife assembla à Rome (264) un concile qui condamnait à la fois les deux impiétés opposées, mais également criminelles, de ceu)( qui soutenaient la doctrine de SabeUius, comme de ceux qui disaient que le Verbe avait été orée, fait ou formé, et qu'il n'était pas consubstantiel au Pire. Le Pape écrivit ensuite à saint Denys d'Alexandrie, pour qu'il eût à expliquer sa doctrine et à se justifier des erreurs qu'on lui imputait. Le patriarche d'Alexandrie répondit en protestant de sa foi «4 Verbe consubstantkL II expliqua, dans sa lettre au Pape etdans un traité spécial, les raisons qui l'avaient porté i. insister plus particulièrement sur les preuves de la distinction des personnes dans la sainte Trinité, pour répondre à l'hérésie de SabeUius. Sa justification fut complète, parce que son attachement à la vraie doctrine n'avait point varié, et plus tard saint Athanase se senait de sonnom etde sa parole pour confondre les Ariens,
4. yn bérésiarquei plus redoutable que SabeUius, dogmatisait en
Syrie. (Tétait Paul de Samosate,éyéque d*Antioche (263). DenuBurs plus que suspectes, d'un caractère arrogant, aimant Téclat et le faste, il n'avait tu, dans la haute dignité dont il était revêtu, qu'un moyen de satisfaire ses passions. Il affectait le luxe des magistrats et des proconsuls romains; sa chaire épiscopale ressemblait au tribunal des gouverneurs de province, et il voulait des applaudissements pour relever l'éloquence de ses discours. Ce qui contribuait à entretenir son orgueil, c'est la faveur dont il jouissait près de Zénobie, reine de Palmyre. Cette princesse, juive de religion, avait désiré être instruitede la religion chrétienne, et s'était adressée pour cela à Paul de Samosate. Cet évoque indigne prétendait expliquer le mystère de l'Incarnation en admettant en Jésus-Christ deux personnes, ou suivant le mot grec hypostases, Tune, Fils de Dieu par nature et préexistant aux siècles, l'autre, fils de David , née dans le temps, et qui n'avait reçu le nom de Fils de Dieu , après son union avec le Verbe, que comme une ville reçoit le nom de son souverain, une maison celui de son fondateur. Cette erreur, que développa plus tard Nestorius, et à laquelle il donna son nom, fut vigoureusement réfutée par saint Denys d'Alexandrie, qu'on retrouve partout sur la brèche, quand il s'agit de défendre la vraie foi. « Le Verbe s'est fait « chair, disait le saint Patriarche, sans division ni partage. On ne « distingue point en lui deux personnes, comme si le Verbe habitait € dans l'homme et ne lui fût pas uni. Comment osez-vous donc « appeler Jésus-Christ un homme distingué par son génie, lui vrai « Dieu, adoré par toutes les créatures avec le Père et le Saint- « Esprit, incarné de la sainte Vierge Marie, mère de Dieu? » Le nom de Mère de Dieu, Mtom, donné à la sainte Vierge par saint Denys d'Alexandrie, et confirmé plus tard par le concile général d'Éphèse, n'était point nouveau dans l'Église. Saint Méthodius de Patare l'avait déjà employé ; Origène s'en était servi dans son Commentaire sur l'Évangile de saint Luc; et dans son Traité sur l'Épltre aux Romains, il développe longuement les raisons qui l'ont fait donner à la sainte Vierge. Deux conciles, réunis successivement à Antioche (264-268) , condamnèrent les erreurs do Paul de Samosato ; mais leur auteur, en usant de subterfuges, et en protestant de sa soumission, avait réussi à éviter un anathème nominal. Enfin un troi-