‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 93 sur 190 · CHAPITRE XIV. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. S

— La main d6 Dieu s'étendit sur ces deux persécuteurs et sur leur race, dont Lactance nous a raconté la fin, dans son magnifique oufrage : De m&rie per^ecutorum. Maximien fut égorgé avec son fils âgé de huit ans, et st fille âgée de sept. Sa femme fut jetée vivante dans rOronle, oà die avait fait noyer tant de chrétiennes.Dioclétien, remperesr sans empire, bourrelé de regrets, et sans doute aussi de remords, ne dormait plus, ne mangeait, plus dans sa solitude de Salone : il se résolut h se laisser mourir de faim, et saint Jérôme BOUS apprend qu'avant d'expirer, il vomit sa langue rongée de vers. Prisca, sa femme, et Valérie, sa fille, fugitives, cachées sous de misérables habits, sont reconnues, arrêtées, décapitées à Thessalonique et jetées à la mer. Que n'avaient-elles eu, du moins, le courage de mourir pour le Dieu qu'elles avaient déplorablement renié 1

43. A ces diangements de Césars les chrétiens ne gagnaient rien encore, en Orient. Maximin Daïa, qui recevait cette paitie du monde à gouverner, ou plutôt à fouler aux pieds, ne savait ni la guerre ni les affaires ; il n'apportait au service de l'empire qu'une insatiable férocité: c'était par ce côté qu'il avait séduit Galérius. Celui-ci, monstre couronné, donna au monde le spectacle d'une cruauté qui pouvait paraître nouvelle, après Néron, Tibère et Caligula. Il nourrissait des ours domestiques, auxquels il avait donné son propre nom. Il leur faisait jeter, chaque jour, sous ses yeux, quelque chrétien, et riait, avec d*épouvantables jouissances, en voyant broyer ses membres palpitants. C'était suiiout pendant ses festins qu'il se donnait ce plaisir de béte féroce. Un autre supplice, de son invention, contre les chrétiens, lui plaisait encore plus, parce qu'il prolongeait davantage ses horribles spectacles. On attachait les martyrs à un poteau, et on leur mettait un feu lent sous la plante des pieds, jusqu'à ce que les chairs torréfiées se détachassent des os. Alors, avec des torches qui brûlaient sans flammes, on leur rôtissait successivement chacun des membres, en sorte que sur tout le corps il ne restât pas un endroit intact. Cependant on leur arrosait la tête avec de Teau fraîche, on leur humectait les lèvres et l'intérieur de la bouche, de peur qu'ils n'expirassent trop tôt. On en vit résister des journées entières à ces tortures, à la grande joie de Galérius, qui s*abrenvait à longs traits de leurs souffrances.

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4 4^ Le sang des martyrs continua donc à inondi&r TOrient. À Aquilée, sainte Anastasie, veuve d*un ambassadeur romain en Perse, fut décapitée le même jour que le prêtre saint Chrysogane^qui Tavait instruite dans la foi et soutenue au sein de sa captivité. Leurs noms furent placés tous deux par TÉglise dans les prières du canon. — A Thessalonique, sainte Agape, sainte Chionie et sainte Irène furent brûlées vives. Irène, avant son supplice» avait été exposée plusieurs jours dans un lieu de débauche, où Dieu prit soin de garantir sa vertu de toute atteinte. — A Tarse, en - Cicile, Taraque, Probus et Andronic, traînés successivement, de Tarse à Hopsueste et à Anazarbe, villes de Cilicie, pour y être interrogés par le proconsul Maxime, épuisèrent tour à tour tous les genres de supplices, le chevalet, les ongles de fer, les broches de fer rougies au feu. Au«cune partie de leur corps ne resta sans sa blessure; les yeux crevés, les dents brisées, la langue coupée, enfin, plus semblables à des cadavres mutilés qu*à des hommes vivants, ils furent jetés aux bêtes de Tamphithéâtre de Tarse, en présence de toute la population. Une ourse, une lionne furieuse vinrent successivement lécher leurs plaies saignantes, et se coucher à leurs pieds, en les caressant. Maxime, plus cruel que ces animaux, ordonna aux gladiateurs de trancher la tête des martyrs, qui allèrent ainsi recevoir la récompense de leur courage et de leur inébranlable constance. — Dans la même province de Cilicie, sainte Julitte, que le gouverneur fit arrêter, avec son fils âgé de quatre ans, Saint Cyrique ou saint Gyr. Ce jeune enfant^ en voyant torturer sa mère, criait qu^il était chrétien comme elle. Alexandre, le gouverneur, le prit par le pied, et lui fracassa la tête sur les degrés de son tribunal. La cervelle vint jaillir jusqu*auprès de la courageuse mère, qui ne dit que ces mots : t Merci, mon « Dieu, d*avoir couronné le fils avant la mère. » Le juge lui fit plonger les pieds dans de la poix bouillante, et déchirer le corps avec les ongles de fer. Julitte ne cessait de confesser sa foi. Enfin ce juge, ou plutôt ce bourreau, la fit bâillonner et conduire au lieu du supplice, où elle eut la tête tranchée. — Un autre martyre eut lieu à Tarse, en Cilicie, dans des circonstances extraordinaires. Boniface, païen, et intendant d'une dame romaine, nommée Aglaé, avait longtemps entretenu avec sa maîtresse une liaison criminelle,

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